Le 49.3 amuse la galerie, arrange les députés et occupe les tribuns. Mais sur le fond …

Mise à jour du jeudi 9 juillet 2015 : Et de trois. Recours au 49.3 pour l’adoption définitive de la loi Macron. Pas de motion de censure en perspective, puisqu’on a bien compris maintenant que ceux qui ne veulent pas voter la loi Macron tiennent quand même à leur poste de député.

Mise à jour du mardi 16 juin 2015 16 h 30 : Et de deux ! Manuel Valls vient d’annoncer le recours au 49.3 pour la seconde fois dans le cadre de l’adoption de la loi Macron. Le projet de loi est en effet revenu aujourd’hui en deuxième lecture à l’Assemblée nationale après son passage au Sénat. En dépit de plusieurs milliers d’amendements, ce texte passablement hybride ne parvient pas à trouver de majorité ni sur sa gauche ni sur sa droite, traduisant le grand écart permanent réalisé par le gouvernement entre ses promesses de campagne ancrées très à gauche « contre la finance » et la nécessaire modernisation de l’économie française. Sans surprise une motion de censure déposée par les groupes UDI et Les républicains sera soumise au vote des députés jeudi 18 juin. Le premier ministre défend sa décision en disant que le recours au 49.3 n’est pas pas « un acte d’autorité », mais « un acte d’efficacité pour l’économie française. » L’efficacité serait à ce prix ? La pente est dangereuse. Rappelons-nous que la réforme du collège est passée « en force » par décret. Manuel, tu vas où comme ça ?


Le vote solennel des députés sur la loi Macron aurait dû avoir lieu mardi 17 février dernier, mais en dépit de nombreuses heures de discussion en commission et en séance, en dépit de tous les efforts du gouvernement pour convaincre les députés socialistes récalcitrants, il est apparu mardi matin que le compte n’était pas bon. Entre les députés qui avaient clairement annoncé leur intention de voter non et ceux qui ne souhaitaient pas révéler leur vote, Manuel Valls a senti que la majorité risquait de lui échapper et a finalement pris la décision de faire adopter le texte sans vote comme le lui permet l’article 49 alinéa 3 de la Constitution.   Lire la suite