Au pays de l’or noir et des 1 000 coups de fouet

Mise à jour du mercredi 16 décembre 2015 : Le prix Sakharov 2015 pour la liberté d’expression, équivalent européen du Nobel de la Paix, sera remis aujourd’hui au blogueur saoudien Raif Badawi dont j’explique tout le calvaire dans l’article ci-dessous. Alors que fin novembre, des nouvelles rassurantes en provenance du pouvoir saoudien permettait d’envisager sa libération imminente, il a finalement été transféré dans une autre prison, ce qui laisse plutôt penser que sa peine a été confirmée. Son épouse Ensaf Haidar se rend aujourd’hui à Strasbourg pour recevoir son prix à sa place.


——–>     Cet article a également été publié le mardi 9 juin 2015 sur        logo-cp

Avant-hier, sortait sur papier et en e-book un petit livre (*) intitulé « 1 000 coups de fouet parce que j’ai osé parler librement » regroupant les quatorze articles qui ont valu au blogueur saoudien Raif Badawi sa condamnation à dix ans de prison, 1 000 coups de fouet et une amende de un million de Ryals (soit environ 226 000 €). C’est grâce au soutien et aux efforts conjugués de sa femme, de son avocat et de l’ONG Amnesty International qu’il nous est possible d’en prendre connaissance. Lire la suite

L’inversion de la courbe du Qatar

——>    Cet article a également été publié le lundi 4 mai 2015 sur           icone_redacteur3

Le Qatar achète 24 Rafale, vive le Qatar ! Vive Le Drian, vive Hollande et vive la France, bien sûr, ne les oublions pas, mais surtout vive le Qatar ! Voilà un son de cloche qu’on n’entendait guère sur notre gauche auparavant, et voir toute la Hollandie s’extasier sur des ventes d’armes à un pays jugé infréquentable quand c’est Sarkozy qui fréquente, c’est presque trop caricatural, et pourtant c’est bien ce qui se passe. Normalement, ou anormalement (on ne sait plus avec notre président normal) « armes + Qatar » aurait dû être la formule gagnante de l’indignation la plus véhémente. Début février, le journal Libération titrait avec satisfaction « Sarkozy, le très cher ami du Qatar », tandis que dans Le Monde, Thomas Guénolé enjoignait l’ancien président de « rompre avec le Qatar » (non sans certaines bonnes raisons, voir suite de l’article). Et maintenant toute la gauche se pâme, se congratule et se félicite d’un aussi beau contrat d’armement. Mieux que de l’incohérence, mieux que de l’amnésie sélective, c’est un concept hollandesque qui est à l’oeuvre : pour le 1er mai, on aura eu droit à l’inversion de la courbe du Qatar.  Lire la suite