Chine 1989-2019 : de Tiananmen au contrôle social intensif

REPLAY du 14 août 2019 : (2/2) Alors que les habitants de Hong Kong manifestent en masse depuis plusieurs mois pour conserver leur indépendance judiciaire face à la Chine, petit rappel supplémentaire tout aussi glaçant sur la façon dont, il y a 30 ans, le « réformateur » Deng Xiaoping avait lancé ses chars sur les étudiants contestataires de la place Tiananmen.

La Chine s’est éveillée mais le régime chinois ne lui a jamais permis d’atteindre le stade supérieur des libertés civiles. Premier soubresaut paroxystique de la remise au pas marxiste, la répression de Tiananmen se prolonge aujourd’hui « en douceur » dans le contrôle social intensif des citoyens.

Il y a 30 ans, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 et les jours suivants, le dirigeant communiste chinois Deng Xiaoping mettait brutalement fin à la contestation qui enflait dans le pays depuis le mois d’avril précédent en envoyant l’armée massacrer les milliers d’étudiants massés sur la place Tiananmen de Pékin ainsi que ceux qui tentaient de fuir dans les rues adjacentes. La vidéo d’un mystérieux jeune homme se dressant seul devant une colonne de chars est devenue emblématique du courage et de la détermination des manifestants face à l’implacable répression (26″) : Lire la suite

Oui, l’histoire est complexe. Licence to kill ? #CheGuevara

Mise à jour du 28 décembre 2017 : Pour Anne Hidalgo, qui vient d’inaugurer une expo sur le Che à l’Hôtel de Ville de Paris, Che Guevara est « une figure de la révolution devenue une icône militante et romantique. » Peut-on tomber plus bas dans l’ignoble ? Lisez plutôt l’article qui suit !

Il y a 50 ans, le 9 octobre 1967, mourait le délicieux Che Guevara.

J’ai parfois eu tendance à penser que certaines mises au point, certains combats, n’avaient plus vraiment lieu d’être menés car avec le temps, les avancées de la recherche historique et la diffusion de l’information dans le public ont fait leur oeuvre d’éclaircissement et ont permis de remettre définitivement et indiscutablement à leur place criminelle certains tyrans sanguinaires, trop longtemps adulés auparavant comme des sauveurs de l’humanité. Lire la suite

Michel Rocard ou la chimère de la « deuxième gauche »

contrepoints-2Michel Rocard est mort samedi 2 juillet 2016 des suites d’un cancer à l’âge de 85 ans. Ancien Premier ministre de François Mitterrand (de 1988 à 1991), lequel s’ingénia à contrarier ses ambitions présidentielles, il fut l’inspirateur de nombreux hommes politiques socialistes de la génération actuelle, dont l’actuel Premier ministre Manuel Valls ou le ministre de l’Economie Emmanuel Macron. Son décès a suscité beaucoup d’émotion dans la classe politique qui, de la gauche à la droite, se trouve d’accord pour saluer un grand homme d’Etat intègre, pragmatique et visionnaire, un réformateur inlassable, soucieux de concilier l’économique et le social, cherchant toujours à associer la société civile au rôle de l’Etat.  Lire la suite

« La route de la servitude » (I)

Publié sur Contrepoints le 25 octobre 2015

Publié sur Contrepoints
le 25 octobre 2015

Le mois dernier, dans une sorte de croisière libérale que mes enfants s’amusent à appeler mon speed-dating ferroviaire (17 h à Montparnasse, puis 19 h à Saint-Lazare, puis retour maison à 21 h par la Gare du Nord), j’ai fait successivement la connaissance réelle de deux personnes du monde libéral avec lesquelles je discutais jusque-là exclusivement sur les réseaux sociaux. Dans les deux cas, mes interlocuteurs m’ont demandé comment j’étais venue au libéralisme. J’ai expliqué que lorsque j’étudiais encore au lycée, mon père m’avait fait lire La route de la servitude de Friedrich HayekLire la suite

Contre la peine de mort

Mise à jour du mercredi 6 avril 2016 : Dans son rapport annuel sur la peine de mort publié aujourd’hui, Amnesty International fait deux constats :
1. Le nombre de pays abolitionnistes n’a jamais été aussi élevé, atteignant 102 depuis que la République du Congo, Fidji, Madagascar et Suriname ont aboli la peine de mort en droit cette année. Si on ajoute les pays qui l’ont abolie de fait, on arrive à 140 pays.
2. Par contre, le nombre d’exécutions n’a jamais été aussi élevé depuis 1989 : Au moins 1634 personnes ont été exécutées dans 25 pays, marquant une augmentation de 54 % sur 2014. L’Iran arrive largement en tête avec 977 exécutions dont des mineurs, puis le Pakistan avec 320 mises à mort, et enfin l’Arabie saoudite avec 158 exécutions (par décapitation surtout).
Selon Amnesty international, l’Iran présente des caractéristiques alarmantes  : Une fille peut être condamnée à mort à partir de 9 ans, contre 15 ans pour un garçon. Alors que le Président iranien Rohani se présente comme un réformateur modéré, un fondamentalisme de fond continue à faire planer le doute sur les objectifs véritables de ce pays.
Les chiffres sont des bornes inférieures, notamment en raison des exécutions capitales en Chine qui relèvent du secret d’Etat.


—–>      Cet article a également été publié le lundi 18 mai 2015 sur      icone_redacteur3

En dehors des situations de guerre, il existe toutes sortes de mises à mort décidées par une puissance étatique ou simili-étatique. L’actualité récente nous en fournit simultanément trois exemples qu’on pourrait qualifier de spectaculaires s’ils n’étaient tous horribles, chacun à leur façon, et confrontés les uns aux autres.  Lire la suite