Vous l’avez peut-être remarqué, j’ai profité de la pause estivale pour changer l’illustration de couverture de ce blog. C’est un changement de fond car si la nouvelle image n’est guère originale au premier abord – il s’agit de la Statue de la Liberté, quoi de plus rebattu ? – je passe d’un événement délétère et particulier, l’attentat islamiste contre les dessinateurs de Charlie Hebdo, à une valeur précieuse et universelle, la liberté. J’avais ce changement en tête depuis plusieurs mois, la rentrée 2018 me donne l’occasion de passer à l’acte. J’espère que vous apprécierez !
· J’ai commencé à écrire ici le 3 février 2015, c’est-à-dire un mois à peine après le massacre perpétré le 7 janvier 2015 par des terroristes de Daesh dans les bureaux du magazine satirique Charlie Hebdo. Si mon envie d’écrire, longtemps concrétisée dans des notes consignées au crayon dans des cahiers d’écolier, est beaucoup plus ancienne et si mes motivations pour passer à la forme moderne du blog sont nombreuses et diverses, il est certain que les événements « Charlie », pour pétrifiants qu’ils furent sur le moment, ont constitué le détonateur qui m’a poussée soudain à me lancer.
Alors que cette tuerie avait pour but de « punir » ceux qui osaient parler, écrire ou dessiner (contre le prophète Mahomet en l’occurrence), j’ai ressenti le besoin de refuser ouvertement le silence et l’enfermement idéologique auxquels Daesh voulait nous contraindre et, tout au contraire, de continuer à pratiquer toute la libre expression et tous les questionnements qui ont construit nos sociétés occidentales ouvertes et démocratiques.
L’État islamique est une menace contre la liberté, mais il n’est ni le premier ni le dernier ni le seul. Le temps a passé et il m’a semblé que le moment était venu de décoller mon blog de cet événement particulier pour l’inscrire plus largement dans mon projet de mise en valeur de « La Liberté dans nos Vies », conformément à la petite ligne que j’ai adoptée pour l’occasion comme sous-titre de blog.
Détail plaisant et original, Bartholdi l’aurait peinte depuis le paquebot qui le ramenait en France après l’inauguration de son œuvre à New York en 1886.
Il se trouve également qu’Édouard Laboulaye, l’initiateur de cette sculpture destinée à célébrer l’amitié franco-américaine, avait surtout dans l’idée de commémorer le centenaire de la liberté universelle établie par la Déclaration d’Indépendance des États- Unis du 4 juillet 1776 et de l’ériger en exemple pour les autres nations.
Pour reprendre les termes des rédacteurs de ce grand texte politique, la Statue de la Liberté a donc pour mission de rappeler au monde les « vérités suivantes » :
« Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. »
« Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. »
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Ce qu’il disait à la fin du XIXème siècle à propos de l’État n’a pas pris une ride au début du XXIème, bien au contraire :
« La sagesse de l’État est une chimère ; où donc prend-on ces sages administrateurs, sinon parmi ce peuple qu’à l’avance on déclare incapable et fou ? Consultez l’expérience. Les hommes qui forment l’administration, si habiles et si clairvoyants qu’on les suppose, en savent toujours moins que l’intérêt particulier. »
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À toutes ces excellentes raisons de procéder à l’évolution picturale envisagée, s’est ajouté le fait – sans doute plus anecdotique mais néanmoins significatif d’un déplacement des centres d’intérêt des lecteurs – que mon article le plus lu depuis l’origine n’est plus celui que j’avais consacré à l’organisation, aux objectifs et aux ressources de l’État islamique, mais, depuis un an environ, celui qui traite de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis.
C’est donc décidé, bye bye Daesh, hello Statue of Liberty !
De ce fait, j’ai écarté l’environnement géographique immédiat du monument – l’île arborée, la baie et les bateaux qui s’y croisent – détails locaux qui le rattachent indéniablement à la ville de New York et à l’Amérique, même si pour cet article particulier j’ai conservé l’intégralité du dessin.
· En cette rentrée 2018, le changement « décoratif » auquel je viens de me livrer me donne aussi l’occasion de replacer mon blog dans le sillage du libéralisme qui a motivé sa création. Comme l’ont écrit les rédacteurs de la Déclaration d’Indépendance, parmi les droits inaliénables des hommes figure « la recherche du bonheur ».
Or rien ne dit qu’il n’existe qu’une seule forme de bonheur sur terre. Tout l’enjeu posé par l’humanisme libéral consiste à admettre que le bonheur de notre voisin puisse être différent du nôtre. Ce qui me frappe particulièrement depuis que je tiens ce blog et que j’en discute éventuellement autour de moi, c’est la forte tendance de tout un chacun à prendre ce qu’il tient pour « bien » à titre personnel pour un bien absolu qu’il faudrait imposer à tous.
A l’inverse, l’esprit libéral aura à cœur de donner à chaque individu la possibilité de s’informer largement et diversement et de lui laisser la responsabilité de faire ses propres choix, à partir du moment où ils ne portent pas atteinte à l’intégrité des autres personnes et de leurs biens.
Aussi, quand je parle de « La Liberté dans nos Vies », j’envisage bien sûr notre degré de liberté par rapport à tout ce qui nous est dicté de façon étatique unilatérale sans raison autrement fondée que par les convictions arbitraires de notre personnel politique, mais je pense également à la nécessité de réactiver en permanence notre propre faculté d’accorder aux autres la liberté que nous réclamons légitimement pour nous-mêmes.
Excellent week-end à tous !
Rendez-vous ici très prochainement
pour renouer avec les réjouissances habituelles de notre vie politique !
En attendant, voici une petite liste d’articles plus spécialement centrés sur ce que j’entends par libéralisme et liberté :
(2 avril 2017)
(14 janvier 2018)
(9 avril 2018)
