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Pour l’UNESCO, le Mur des Lamentations est musulman !

L’UNESCO est l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture. Tout un vaste programme qui incline à penser que l’esprit des Lumières souffle sur cette institution théoriquement vouée à accompagner les peuples le long de l’exaltant chemin qui mène à l’émancipation par l’accroissement et la propagation du savoir.

C’est peut-être vrai lorsqu’il s’agit de développer des programmes d’aide à l’éducation dans les pays pauvres. C’est nettement plus douteux quand il s’agit de réécrire l’histoire sous la pression de pays musulmans qui utilisent les diverses instances de l’ONU pour pousser les revendications de l’islamisme le plus intransigeant, le plus destructeur et le plus conquérant. Dernière opération en date, une résolution, votée par la France, visant à nier les liens entre le peuple juif et ses lieux saints les plus emblématiques : le Mur des Lamentations et le Mont du Temple.

Si Louis de Funès, confronté à son chauffeur Salomon, lui dit avec l’étonnement de qui ne s’est jamais posé beaucoup de questions « Comment, Salomon, vous êtes juif ? (…) Ecoutez, ça fait rien je vous garde quand même », l’UNESCO lui dirait « Non, non, Salomon, vous n’êtes pas juif, dorénavant vous êtes musulman. » 

C’est en effet ce qu’il ressort d’une récente résolution proposée le 16 avril 2016 au vote des 58 Etats membres du Conseil exécutif de l’UNESCO. Sous couvert d’un flot de détails techniques sur la protection du patrimoine culturel palestinien, l’Algérie, l’Egypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, poussés par l’Autorité palestinienne, ont acté le rattachement du Mur des Lamentations, aussi appelé Mur occidental, et de la place qui le précède (rebaptisée Al-Buraq en arabe), à l’esplanade des mosquées, seule entité culturelle considérée dans le texte.

Cette dernière, appelée aussi Mont du Temple par les Juifs car c’est le lieu où se dressait le temple de Jérusalem avant ses différentes destructions, abrite maintenant deux mosquées : le Dôme du Rocher (coupole dorée) construite en 691 ou 692 après JC, magnifique mais ce n’est pas la question, et la mosquée Al-Aqsa (coupole grise) datant à peu près de la même époque.

La photo ci-dessous donne une vue de l’esplanade des mosquées. On devine dans le coin en bas à gauche le Mur des Lamentations et sa place d’accès. Dans la résolution, il n’est plus qu’un mur de soutènement de la mosquée Al-Aqsa et appartient de façon inclusive aux « alentours » de l’esplanade des mosquées.

La résolution en question a été approuvée par 33 pays dont la France, en bonne compagnie avec l’Iran, la Chine, le Brésil, la Russie, les pays musulmans qui ont proposé la résolution, et plus inexplicablement l’Espagne, la Suède et la Slovénie. Remarquons que le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis, moins sensibles aux intimidations absurdes des islamistes, ont voté contre.

Cette affaire avait déjà donné lieu à un projet de résolution de l’UNESCO en octobre 2015. Il s’agissait d’affirmer « que la place Al-Buraq [qui se trouve face au mur des Lamentations] est une partie intégrante de la mosquée Al-Aqsa et du Dôme du Rocher. » Mais à ce moment-là, la tentative de faire du Mur des Lamentations et son abord un lieu strictement rattaché à des monuments musulmans n’avait pas passé le barrage des discussions préalables et la proposition avait été enlevée in extremis du texte porté au vote. Ce n’était que partie remise, car si la résolution actuelle ne reprend pas cette affirmation, elle est rédigée comme si c’était bel et bien le cas.

On observe depuis plusieurs années un mouvement constant de la part des membres musulmans de l’UNESCO pour s’approprier des lieux de cultes juifs et les faire rentrer par ce biais dans le « patrimoine culturel palestinien. » En 2010, ce fut notamment le cas du Caveau des Patriarches dans la ville d’Hebron et du tombeau de Rachel à Bethléem.

Selon la tradition, le premier site abrite les sépultures de trois couples bibliques : Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et Léah. À l’époque d’Hérode le Grand, il y a plus de 2 000 ans, une grande enceinte fut construite pour protéger les caveaux. Mais dans le document de l’Unesco, le caveau a seulement 1 000 ans. Quant au second site, le tombeau de Rachel a toujours été considéré comme un lieu de culte juif, y compris sous l’Empire ottoman. Cela n’empêche nullement la résolution du 16 avril 2016 de réaffirmer le caractère intégralement palestinien de ces deux sites et de demander à Israël de les retirer de la liste de son patrimoine religieux.

Quitte à faire quelques erreurs de dates, des erreurs de 1 000 ans tout de même, les pro-palestiniens tentent et retentent par tous les moyens de dépouiller les juifs de leur héritage religieux et culturel multi-millénaire. Le Coran transforme les grands personnages de la Bible en prophètes de l’Islam, Abraham devient Ibrahim et ainsi de suite, jusqu’à nier purement et simplement l’Ancien Testament tout en s’appropriant son histoire et ses lieux saints.

La résolution va jusqu’à accuser les Israéliens de pratiquer eux-mêmes une réécriture de l’histoire en attribuant un caractère juif à des monuments musulmans, alors qu’aucune résolution aussi stupide n’a jamais été proposée par Israël à l’UNESCO :

« notamment la violation que représente la conversion persistante de nombreux vestiges islamiques et byzantins en soi-disant bains rituels juifs ou lieux de prière juifs. »

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Dans l’esprit de l’islamisme, tout se passe comme si rien ne devait exister en dehors de la confession musulmane. Les terroristes de Daesh, non contents de mettre à mort tous les humains qui leur résistent ou simplement qui leur déplaisent, s’acharnent sur tous les vestiges architecturaux juifs ou chrétiens. Ils massacrent les musées, détruisent les instruments de musique et font des autodafés afin d’éradiquer de leur monde de folie tout ce qui rappelle l’Occident et les valeurs de la liberté.

C’est ainsi qu’en Syrie la superbe ville antique de Palmyre fut profondément vandalisée, sous l’oeil complaisant du régime de Bachar El Assad qui n’a rien fait pour contrer l’avancée des djihadistes dans une zone désertique parfaitement découverte. C’est ainsi qu’en Iraq, le monastère Saint-Elie, vieux de 1400 ans, fut purement et simplement rasé.

Si la méthode brutale et voyante de Daesh soulève l’indignation des Occidentaux, ce n’est pas la cas de la méthode plus insidieuse utilisée par des États musulmans membres de l’UNESCO pour réécrire l’histoire, l’air de rien, au profit de l’islam. Il n’est pourtant guère besoin d’être un grand historien pour comprendre que si le prophète Mahomet a commencé à répandre l’Islam au VIIème siècle après JC, le Mur des Lamentations, vestige du temple juif reconstruit par Hérode(*) au Ier siècle avant JC, ne peut en aucun cas devenir par la seule obsession des Palestiniens un lieu de culte musulman.

Le temple était bien en place au temps de Jésus. On sait grâce aux Evangiles que ce dernier en chassa les marchands et on sait aussi qu’il allait fréquemment y prier et discuter avec les grands prêtres. Or Jésus est né approximativement vers l’an -5 et il est mort vers l’an 30 de notre ère. Le temple lui-même fut détruit par les Romains en 70 après JC. L’historien Flavius Josèphe, témoin de la chute de Jérusalem, relate que Titus, futur empereur romain, ordonna la destruction de toute la ville sauf les plus hautes tours et aussi « toute la partie du rempart qui entourait la ville du côté de l’ouest » pour les besoins de la garnison romaine.

La vidéo ci-dessous est une émission « C’est pas sorcier » consacrée au judaïsme. A partir de 12′ 40″ jusqu’à 16′ 30″ il y est question du temple de Jérusalem. On nous explique clairement et simplement ses origines et ses diverses vicissitudes au cours des siècles, tout en ne laissant aucun doute sur le fait que le Mur des Lamentations, ou Mur occidental, est bien ce qu’il reste du temple juif construit par le Roi Hérode :

Les contestations palestiniennes portent également sur le fait que les Musulmans n’auraient pas toute liberté pour circuler et accéder à « leurs » lieux de culte. Dans le document de 2010 publié par l’UNESCO sur le Caveau des Patriarches et le tombeau de Rachel, il est écrit que :

« En outre, Israël continue de refuser aux Palestiniens l’accès et l’utilisation de leurs lieux de culte historiques et de biens appartenant à leur patrimoine culturel. »

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Voici une autre charmante distorsion de la réalité, réitérée dans la résolution actuelle. Lorsque tous les sites en question étaient sous contrôle jordanien, c’est-à-dire avant 1967, les Juifs n’y avaient aucun accès. C’est au contraire depuis qu’Israël en a retrouvé l’administration que toutes les confessions ont un accès à tous ces lieux. Pire, les seules difficultés d’accès concernent les non-musulmans à l’esplanade des mosquées.

C’est précisément cette restriction à l’égard des Juifs qui a provoqué des tensions à partir de 2014. Pour mettre fin à l’escalade, Benjamin Netanyahou a accepté de faire respecter l’état de fait, largement exploité par les Palestiniens, qui permet aux non-Musulmans de visiter le site mais autorise les seuls Musulmans à y prier bien qu’il s’agisse « du site le plus saint pour les Juifs. » 

Ainsi, la résolution adoptée il y a quinze jours au mépris de toute réalité historique constitue une véritable faiblesse de certains pays occidentaux, dont hélas la France, à l’égard des propositions soumises par les pays musulmans. Les instances internationales sont coutumières de ce genre d’opération de pure propagande pro-palestinienne contre Israël.

Dans un article consacré au Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU, j’expliquais que la présidence de son Comité consultatif avait été donnée en 2015 à l’ambassadeur de l’Arabie saoudite auprès des Nations unies, M. Faisal Trad. Chacun sait que l’Arabie saoudite est l’image même de la probité candide en ce domaine. Hillary Clinton déplorait en 2011, alors qu’elle était Secrétaire d’État américain (équivalent de notre ministre des Affaires étrangères) que depuis cinq ans « Israël soit le seul pays sujet à un ordre du jour permanent » du CDH.

Tant le CRIEF (Conseil représentatif des institutions juives de France) par la voix de son président Roger Cukierman que d’autres personnalités politiques françaises se sont inquiétés du vote de cette renversante résolution et ont écrit au Président de la République pour lui faire part de leur incompréhension, lui demandant de prendre au plus vite ses distances avec ce texte, d’autant que les autres grands pays européens ont adopté une position inverse à ce sujet.

On ne connait pas pour l’instant la position du Chef de l’État, mais on imagine mal les diplomates français auprès de l’UNESCO ne pas prendre leurs instructions à la meilleure source gouvernementale. La « rue arabe » qui prévaut au Quai d’Orsay depuis De Gaulle semble en pleine forme et n’hésite même pas à tremper dans des opérations de parfaite désinformation historique. Quels sont les bénéfices attendus ? La remobilisation de l’électorat musulman au profit des socialistes en vue de 2017, après les secousses qu’il a dû endurer suite aux attentats de 2015 ?


(*) Il existe des discussions sur le fait que le mur des Lamentations aurait été construit  plus tard que le reste du temple en raison de pièces de monnaie postérieures trouvées sous ses fondations. Cela situerait la fin de la construction en 17 après JC, ce qui recouperait d’ailleurs le témoignage de Flavius Joseph, et ne change rien au fait que les prétentions de l’Islam sur ce mur sont complètement uchroniques.


Mise à jour du mercredi 11 mai 2016 : A l’Assemblée nationale, le premier Ministre Manuel Valls a déclaré que le texte de la résolution de l’UNESCO sur le patrimoine palestinien (voir ci-dessus) était mal rédigé et que son vote aurait dû être évité. La France ayant voté cette résolution, on se demande vraiment s’il existe la moindre coordination au sein des services de l’Etat ou s’il s’agit d’une déclaration pleine de cynisme après un vote parfaitement orchestré.

Mise à jour du vendredi 14 octobre 2016 : L’UNESCO a récidivé hier jeudi 13 octobre 2016 en adoptant à nouveau une résolution qui traite Israël de « puissance occupante » et réserve le caractère sacré du Mont du Temple à l’Islam. Cette résolution, poussée comme d’habitude par l’Autorité palestinienne, a été proposée par l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, le Liban, Oman, le Qatar et le Soudan. 24 pays ont votés pour, 6 contre (les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Lituanie, les Pays-Bas, l’Estonie et l’Allemagne) et 26 se sont abstenus, dont la France, qu’on aurait préféré voir dans le groupe précédent, après les déclarations de M. Valls à ce sujet.


Illustration de couverture : Le Mur des Lamentations à droite (Ier siècle av. JC) et la mosquée Dôme du Rocher au centre (an 691 ou 692 après JC) – Photo personnelle.

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