Site icon Le Blog de Nathalie MP

Quelques mots sur Greta & Co – et Bonnes Vacances 2019 !

TRÈS  BONNES  VACANCES  À  TOUS !
Et RDV ici jeudi 22 août 2019 pour une nouvelle saison de ce Blog ! 

.
Hier mardi 23 juillet 2019, la jeune suédoise Greta Thunberg, nouvelle figure ou – mieux dit – nouvelle coqueluche médiatique de la lutte contre le réchauffement climatique, faisait sa grande entrée à l’Assemblée nationale. Une opération finalement bien anodine au regard du « Prix de la Liberté » qu’elle a reçu deux jours auparavant. On nage en pleine confusion car rien n’est plus éloigné de la liberté que l’avenir qu’elle nous presse de préparer au nom de ses peurs climatiques.

Aussi, au moment de mettre ce blog en pause pour quelques semaines, et avant de vous souhaiter d’excellentes vacances via mon traditionnel petit concert de fin de saison, j’aimerais vous en dire quelques mots.

On comprend aisément que les jeunes générations, dont elle se veut la porte-parole auprès d’adultes pas assez inquiets et/ou pas assez actifs à son goût face à la « catastrophe » climatique qu’elle annonce inlassablement, puissent répondre positivement à ses messages particulièrement apocalyptiques.

Dimanche dernier, n’a-t-elle pas reçu le Prix Liberté 2019 en présence et de la main de vétérans du Débarquement de Normandie de 1944 ? Quel jeune de 16 ans intensément « sensibilisé » à la question environnementale par l’école et les médias pourrait rester insensible à la « justice » et à « l’urgence » d’un combat qui reçoit un aussi glorieux parrainage ?

« En tant que soldat, je me suis battu pour la liberté et pour libérer l’Europe et le monde du nazisme il y a 75 ans. Mais cela n’a aucun sens si notre mère Nature est profondément blessée et que notre civilisation s’effondre en raison de comportements humains inappropriés. » (Charles Norman Shay, vétéran américain du Débarquement)

Autrement dit, voilà Greta consacrée soldat de la liberté au même titre que tous ceux qui se sont battus en Normandie et ailleurs pour défaire les nazis et leurs alliés et voilà la guerre officiellement déclarée contre le réchauffement climatique.

Comme je l’ai déjà écrit ici, la guerre a ceci de bien pratique qu’elle autorise tous les états d’urgence, tous les couvre-feu, tous les rationnements et toutes les mesures d’exception. Or l’urgence est telle, la catastrophe est si imminente, elle est même tellement déjà là que la liberté que Greta, Aurélien, Fred, François, Jean-Marc et les autres font mine de nous vendre consiste avant tout à réduire nos libertés individuelles.

Ensuite seulement, peut-on espérer retrouver la seule liberté qui vaille, celle qui plait à Aurélien Barrau et qui consiste à avoir un rapport « jouissif, presque orgasmique » à la beauté du monde !

· En attendant, si rien n’est fait, ce sera déjà d’ici vingt ans la moitié, voire les trois quarts de la population mondiale qui mourront de soif, de faim, de chaleur, prophétisait Fred Vargas récemment.
· Exigeons du pouvoir politique qu’il impose le nécessaire, écrivait Aurélien Barrau qui détesterait évidemment l’avènement d’une dictature, mais…
· Limitons les soins aux personnes malades de 65 ans ou plus, proposait aimablement Jean-Marc Jancovici, tout en admettant que c’était un moyen un peu « brutal » de réguler la population.

Bref, nous voici confrontés une fois de plus à cette notion de liberté réduite à ses applications collectivistes systématiquement mise en avant par les socialistes lorsqu’ils s’apprêtent à piétiner impitoyablement les libertés individuelles, exactement comme Friedrich Hayek le décrivait déjà au chapitre II de La Route de la Servitude.

Aucun hasard, dans cette affaire. Greta Thunberg a beau plaider pour le climat, la planète et l’écologie, elle a beau appeler les dirigeants du monde à s’en remettre aux rapports scientifiques du GIEC(*) – teneur de son message d’hier devant les députés – elle a une curieuse tendance à vendre fréquemment la mèche.

Rappelons-nous qu’elle a 16 ans et qu’elle souffre du syndrome d’Asperger, c’est-à-dire d’une forme d’autisme qui altère ses capacités sociales. Suite à une dépression nerveuse sévère, elle développe des angoisses à propos du changement climatique, devient végétalienne, ne prend plus l’avion et réussit à convaincre ses parents de la suivre dans cette voie.

Depuis août 2018, elle passe ses vendredis assise devant le Parlement suédois avec un panneau orné du slogan « grève scolaire pour le climat » afin d’obliger son gouvernement à mettre en oeuvre les mesures drastiques qui permettront de réduire les émissions de CO2 conformément aux accords de la COP21. Un livre autobiographique qu’elle a écrit avec l’aide de ses parents sort très opportunément à ce moment-là…

Rapidement repérée par les mouvements écolos qui n’ont décidément aucun scrupule à instrumentaliser une jeune fille mineure et, qui plus est, fragile, elle intervient un peu partout en Europe pour sermonner les puissants, notamment lors de la COP24 qui s’est tenue en Pologne en décembre dernier.

On comprend vite qu’elle ne parle pas climat mais anti-capitalisme primaire, le climat n’étant plus qu’un prétexte dans un combat totalement politisé. La lutte contre le réchauffement climatique est transformée en « justice climatique » et passe par la mise en accusation des « riches » – encore eux. Un discours typiquement gauchiste qui n’a plus rien à voir avec la science du climat mais toutes les apparences de l’idéologie des lendemains qui chantent socialistes (vidéo, 03′ 46″) :

« Notre civilisation est sacrifiée pour permettre à une petite poignée de gens de continuer à gagner des sommes d’argent énormes. Notre biosphère est sacrifiée pour que les riches des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe de quelques-uns. »

Ces jours-ci, rebelotte. Interrogée sur son entretien de février dernier avec Emmanuel Macron, elle commence par dire qu’elle espère qu’il est sincère dans sa volonté de poursuivre le combat de la transition écologique, tout en observant que plus le temps passe moins il en donne l’impression. Mais, ajoute-t-elle – et tout est là – on ne peut pas totalement lui en vouloir car « c’est le système entier qui ne va pas » (à 01′ 41″) :

Quel système ? Mais le capitalisme, bien sûr ! Le libre marché, la libre entreprise, le libre-échange. C’est-à-dire exactement ce qui a permis à des millions et des millions de gens de sortir de la pauvreté, de la sous-nutrition et de la maladie pour rejoindre cette classe moyenne de plus en plus vaste décrite par Hans Rosling dans son livre Factfulness.

On parle aujourd’hui de 5 milliards de personnes dans le monde qui, elles aussi, sont désireuses d’améliorer leur vie et se hausser au niveau supérieur de revenu et qui, elles aussi, souhaitent envoyer leurs enfants faire des études dans de bonnes universités et disposer de téléphones portables, d’équipements électro-ménagers, de produits d’hygiène, de moyens de transport etc. comme nous y sommes parvenus nous-mêmes.

Il est extrêmement significatif de remarquer que certains députés – Alexis Corbière (LFI) et Julien Aubert (LR) notamment – ont raillé la venue de Greta Thunberg à l’Assemblée nationale non pas tant en raison de son jeune âge (qui la destine plus aux bancs de l’école qu’aux tribunes des Assemblées) et de son obsession climatique que parce que cet événement tombait précisément le jour où les députés allaient par ailleurs ratifier l’accord commercial entre le Canada et l’Union européenne (le CETA).

Dans leur esprit, la marque d’une grande hypocrisie. Et pour nous, la confirmation que l’écologie est d’abord utilisée politiquement comme l’instrument sympathique d’une guerre renouvelée contre le libéralisme et les libertés individuelles. Bref, contre tout ce qui a fait de nos pays ce qu’ils sont en matière de liberté, de prospérité, de science et de culture.

Il est également significatif de savoir que Greta Thunberg fut invitée à l’initiative du collectif de députés « Accélérons la transition écologique et solidaire. » Accélérer – et ne surtout pas réfléchir – tel est bien le programme de Greta, de la COP21 et de tous nos cavaliers de l’apocalypse.

Il en résulte des décisions idéologiques hâtives et mal goupillées sur le plan technologique qui, pour ce qui concerne la France, n’auront pour effet concret que de porter un coup fatal aux industries dans lesquelles nos savoir-faire sont élevés (nucléaire et automobile, principalement) sans aucune garantie que les énergies renouvelables seront capables d’assurer la relève dans de bonnes conditions écologiques et technologiques.

Ainsi que le notait le patron de PSA Carlos Tavares, les pouvoirs publics se sont engouffrés dans l’électrique et ils nous l’imposent maintenant à marche forcée sans que la question ait reçu une attention scientifique suffisante.

Il parlait même de « folie ». Ça promet…

J’ai développé tous ces sujets dans les articles suivants dont je vous suggère la lecture estivale :

· Capitalisme : L’objet idéal de votre indignation, Since 1750. (10 oct 2018)
· Carburants : qui met le « bololo » partout, M. Philippe ? (16 nov 2018)
· Le climat ou le nouvel enjeu de la tentation autoritaire (14 mars 2019)
· Ruffin (FI) : à nous de vous faire préférer le train – de force (5 juin 2019)
· A. Barrau : « J’exécrerais l’avènement d’une dictature, MAIS… » (18 juin 19)
· Climat: Fred Vargas sème la peur et inquiète… son camp (30 juin 2019)

.
Mais je m’en voudrais de vous abandonner sur une note aussi sombre et désabusée !

Je vous propose donc maintenant d’écouter le 3ème mouvement (allegretto) de la sonate pour piano n° 11 de Mozart, autrement dit le célèbre rondo Alla Turca, dans une version pour cinq violoncelles agrémentée de quelques variations à la clarinette, tel que je l’ai enregistré lors d’un concert donné ce week-end dans le cadre du festival « Violoncelles en folie » de Briançon auquel j’ai assisté :

https://leblogdenathaliemp.com/wp-content/uploads/2019/07/mozart-alla-turca-avec-violoncelles-imporo-de-clarinette.mp3?_=1

TRÈS  BONNES  VACANCES  À  TOUS !
Et rendez-vous ici fin août pour une nouvelle saison de ce Blog ! 


(*) Le GIEC, ou « Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat » a été fondé en 1988 par l’ONU et l’OMM (Organisation météorologique mondiale). Il a pour mission d’étudier les conséquences du réchauffement climatique anthropique (c’est-à-dire causé par l’homme à travers ses activités économiques).


Illustration de couverture : Greta Thunberg le 23 juillet 2019 à l’Assemblée nationale à Paris. Capture d’écran LCI.

Quitter la version mobile