TRÈS BONNES VACANCES À TOUS !
Et rendez-vous ici le lundi 24 août 2020 pour la reprise de ce blog !
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D’un point de vue bolchévique, tout avait très bien commencé pour l’écrivain russe d’origine juive Vassili Grossman (1905-1964). Convaincu que seul le communisme pouvait faire obstacle au fascisme et à l’antisémitisme qui allaient culminer lors de la Seconde guerre mondiale, il commença par se livrer à sa passion de l’écriture dans le strict respect des cadres de la littérature soviétique officielle.
Mais peu à peu, la réalité va avoir raison de lui. Correspondant de guerre pour le journal de l’armée rouge L’Étoile rouge pendant la bataille de Stalingrad (juillet 1942 à février 1943), ses convictions socialistes se mettent à vaciller à tel point que son grand opus façon Tolstoï, décliné en deux romans successifs qui se déroulent précisément dans le contexte de cette bataille – Pour une juste cause d’abord puis Vie et Destin ensuite – semble écrit par deux personnes différentes.
Le premier roman reste peu ou prou conforme au récit que Staline souhaitait donner de la guerre tandis que le second s’en écarte jusqu’à tracer un parallèle implacable, un parallèle révoltant et inacceptable pour les communistes, entre le nazisme et le bolchévisme.
C’est ainsi que Pour une juste cause sera publié en 1952 – non sans être d’abord largement expurgé de ses passages les moins conformes à la pensée officielle et non sans que La Pravda ne taxe Grossman d’ennemi du peuple. Mais le roman est publié, et même republié après la mort de Staline.
Il en va tout autrement de Vie et Destin, achevé en 1962. À ce moment-là, Grossman a perdu toutes ses illusions : il a dû admettre, notamment à travers le prétendu Complot des blouses blanches de janvier 1953, que l’antisémitisme n’est pas moins terrible en Russie soviétique qu’il ne l’était dans l’Allemagne nazie et il a compris avec effroi que les Goulags sibériens ne sont pas moins concentrationnaires et inhumains que les camps nazis d’Auschwitz ou Treblinka.
Effaré de ce qu’il lit, son éditeur soumet le manuscrit au KGB qui se présente quelques jours plus tard au domicile de l’écrivain et s’empare de toutes les copies du roman. Mais Grossman avait eu l’heureuse intuition d’en cacher deux chez des amis. En 1980, après un cheminement clandestin long et mystérieux vers l’Occident, le texte de Vie et Destin est finalement publié en Suisse.
« Un seul objectif détermine le sens des grands conglomérats humains : gagner pour les hommes le droit d’être dissemblables, de sentir, de penser, de vivre chacun à sa manière. Pour conquérir ce droit, ou bien pour le défendre, ou encore l’élargir, les hommes s’unissent. C’est là que prend naissance un préjugé effroyable mais puissant ; préjugé qui fait croire que de telles unions au nom de la race, de Dieu, d’un parti, de l’État, constituent le sens de la vie et non un simple moyen.
Non, non et non. C’est dans l’homme, dans sa modeste particularité, dans son droit à cette particularité que réside le seul sens, le sens véritable et éternel de la lutte pour la vie. »
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Je voulais aussi vous dire que mon traitement anti-cancer s’est achevé à la fin du mois de mai dernier sur des résultats extrêmement satisfaisants et encourageants : les fameuses « chaînes légères kappa » qui étaient surveillées comme le lait sur le feu en tant que marqueur principal de mon myélome et qui, chez une personne en bonne santé, restent dans un intervalle de 4 à 19 mg par litre de sang, sont passées chez moi de 1 600 mg/L avant traitement à 13 mg/L !
Je suis maintenant dans la phase dite d’entretien : je prends un anti-cancer oral tous les soirs trois semaines sur quatre, mon sang est analysé tous les mois et je dois rencontrer mon hématologue tous les trois mois. Il me reste à récupérer physiquement d’une maladie sévère dont le traitement met aussi le corps à très rude épreuve.
Pour cela, je compte sur mes retrouvailles avec les Hautes-Alpes qui ont eu lieu il y a quelques jours déjà, je compte sur le bon air des cimes, les douces balades sur des sentiers pas trop ardus et les douces baignades dans des lacs pas trop froids.
Je compte aussi sur les spectacles magnifiques de la nature montagnarde comme ces deux biches qui sont venues faire un petit tour au bas de notre jardin dimanche soir dernier. Scène plutôt rare à observer mais dans l’ordre des choses, car il s’agissait pour elles, comme pour un certain renard qui nous rend visite de temps en temps, de descendre se désaltérer dans les eaux de la Durance qui coule quelques mètres plus bas (afficher la vidéo en plein écran pour mieux voir) :
Sur ces images, je vous remercie chaleureusement de votre attention, de vos lectures, de vos encouragements, de vos commentaires et de vos partages, et je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour la suite des aventures de ce blog !
TRÈS BONNES VACANCES À TOUS ET À BIENTÔT !
