PASS SANITAIRE : perseverare diabolicum

Info du 12 septembre 2021 : Le ministre de la santé du Royaume-Uni a annoncé que son  gouvernement renonçait à instaurer un pass sanitaire en Angleterre en raison du taux élevé de vaccination de la population… Qui est à ce jour légèrement inférieur à notre couverture vaccinale française… Cherchez l’erreur…

Victoire, victoire, Emmanuel Macron a réussi son pari vaccinal ! L’objectif d’avoir 50 millions de primo-vaccinés à fin août débordera nettement sur le mois de septembre, mais après un démarrage laborieux, et grâce à des menaces, pardon, des méthodes de persuasion redoutablement, pardon, démocratiquement efficaces du style « pas de vaccin → pas de cinéma, pas de restau, pas de job », la France est parvenue à se hisser au 5ème rang mondial pour la couverture vaccinale, devançant l’Allemagne, les États-Unis et même les champions des débuts comme Israël et le Royaume-Uni !


Dans ce graphe du site Our World in Data, les chiffres France sont arrêtés au 26 août 2021.

D’après les données du gouvernement au 29 août 2021 reprises par le site covidtracker, 72 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 65,1 % ont reçu toutes les doses requises. Si, plus logiquement, on ne considère que la population éligible, c’est-à-dire les personnes âgées de 12 ans et plus, ces taux montent à 83,7 % et 75,6 % respectivement :

   

Et finalement, si l’on ne considère que la population majeure, on arrive même à un taux de 78,6% de personnes complètement vaccinées :

On se rappelle tous qu’Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas rendre le vaccin obligatoire, pays de Pasteur et des Lumières, raison, science, blablabla :

On se rappelle tous ensuite qu’il avait promis que le pass sanitaire ne serait jamais un outil de discrimination entre les Français et qu’il ne concernerait pas les actes de la vie quotidienne :

« Le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français. Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis. » (La Provence, 29 avril 2021)

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Mais bref. Au vu de la couverture vaccinale obtenue et si, comme se plaisent à le répéter partout les macronistes, ces reniements successifs de la parole présidentielle n’avaient d’autre objectif que de pousser les Français récalcitrants vers la vaccination sans trop le dire explicitement, ne serait-il pas temps de mettre fin à la sinistre blague du pass sanitaire ?

Notons d’abord qu’à la veille de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron instaurant l’obligation de présenter ce pass dans les lieux réunissant plus de 50 personnes (et non plus 1 000 comme décidé seulement un mois auparavant), le point vaccinal atteint par la France était déjà excellent.

Dans la mesure où la vaccination fut d’abord ouverte aux populations à risque, c’est-à-dire aux personnes de plus de 65 ans ainsi qu’à toutes celles présentant un risque covid spécifique tel qu’obésité, diabète ou traitement anti-cancer, il était parfaitement normal de constater que la vaccination était la plus avancée dans ces catégories : au 11 juillet, plus de 75 % des personnes de plus de 55 ans et plus de 85 % des personnes de plus de 65 ans avaient reçu leur première dose de vaccin et allaient recevoir la seconde sous peu.

De plus, l’analyse INSEE de la mortalité en 2020 a clairement mis en évidence que si les plus de 65 ans avaient été touchés par une surmortalité significative due à la pandémie, celle des moins de 65 ans avait été « négligeable ».

Le Covid-19 ne se résume évidemment pas à une question de mortalité ; il signifie aussi maladie pénible et parfois longue, hospitalisations et passages en réanimation – donc possible embouteillage dans les services de soin et déprogrammation délétère de certains traitements. Mais comment justifier moralement que les Français eux-mêmes, via de multiples restrictions et maintenant via le pass sanitaire, deviennent la variable d’ajustement d’un système de santé dont la France se flatte souvent qu’il fait l’envie du monde entier et qui s’est pourtant montré incapable de s’adapter aux nécessités sanitaires de l’heure ?

Ensuite, et comme on pouvait le prévoir au vu de l’absurde bureaucratie qui a caractérisé la gestion des confinements et des couvre-feux, la mise en place du pass sanitaire s’est illustrée par de multiples incohérences : exigible dans les restaurants et les cafés, y compris en terrasse, il ne l’est pas dans la restauration collective ; imposé dans les TGV, il ne l’est pas dans les TER, etc. Il respecte tellement bien les libertés individuelles et les besoins élémentaires des citoyens que plusieurs tribunaux administratifs (Versailles, Strasbourg) ont suspendu les arrêtés pris par les préfets pour rendre le pass sanitaire obligatoire dans les centres commerciaux de plus de 20 000 m2. Motif : entrave à l’accès des personnes sans pass sanitaire aux biens de première nécessité.

Enfin, comment expliquer que l’argument qui consiste à dire contre le gouvernement qu’il n’y avait pas lieu d’imposer le pass sanitaire et qu’il y a encore moins lieu de continuer à l’imposer aujourd’hui en raison d’un excellent taux de vaccination puisse sembler valable à nos ministres pour certaines catégories de population et pas pour la population générale ?

C’est pourtant l’argument retenu par Jean-Michel Blanquer (tweet ci-dessous) pour éviter d’avoir à en passer par une obligation vaccinale pour les enseignants et c’est également celui de Gérald Darmanin vis-à-vis des forces de police qu’il estime vaccinées à plus de 70 %.

En cette période de rentrée scolaire, Blanquer a peut-être surtout le souci d’éviter tout mouvement social parmi ses troupes (ainsi que l’a suggéré Le Canard Enchaîné) et il mesure peut-être le ridicule qu’il y aurait à imposer la vaccination à des enseignants auxquels il a refusé la priorité vaccinale quand ils la réclamaient à cors et à cris en début de campagne. Quant aux forces de l’ordre, quoi de plus grotesque qu’une grève contre l’obligation vaccinale alors que ce sont elles qui ont la charge de contrôler l’application du pass sanitaire ?

De plus, personne ne semble en mesure de confirmer les chiffres de vaccination annoncés par les ministres. Polémique assurée, mais là n’est pas le plus important. Ce qui compte pour nous autres, citoyens ordinaires, c’est de voir que lorsqu’ils ont besoin d’un argument présentable à l’opinion publique, Blanquer et Darmanin n’hésitent pas à mettre en avant la bonne avancée de la vaccination associée au sens des responsabilités des enseignants et des policiers.

Eh bien, il se trouve que la couverture vaccinale complète des Français majeurs frôle effectivement les 80 %. Difficile d’admettre qu’ils seraient moins responsables face au Covid que les enseignants et les policiers.

Cher M. Macron, vous qui êtes si attaché aux Libertés et aux Lumières, vous qui ne reculerez pas sur les caricatures, vous qui n’hésitez jamais à pourfendre de votre mépris les « démocraties illibérales », qu’attendez-vous pour lever la contrainte du pass sanitaire qui ravale la France à un vulgaire régime de contrôle social ?

D’entrée de jeu, c’était une grave erreur de principe que de l’instaurer. À partir d’aujourd’hui, perseverare diabolicum.

Et pourtant, depuis hier, les salariés des établissements recevant du public sont tenus de le présenter. À défaut, leur contrat de travail pourra être suspendu jusqu’à régularisation de la situation.

Et pourtant, Olivier Véran envisage déjà de le prolonger au-delà du 15 novembre 2021, date de fin initialement prévue, « si le Covid ne disparaissait pas de nos vies ». Le fanatisme sanitaire du gouvernement semble inextinguible. Ça promet.


Illustration de couverture : Au 29 août 2021, 78,6 % de la population majeure a été complètement vaccinée. Site gouvernement.fr, capture d’écran.

48 réflexions sur “PASS SANITAIRE : perseverare diabolicum

  1. Bonjour,

    De deux choses l’une, ou bien nous sommes administrés par une bande d’incompétents qui ne cessent de se tromper, qui affirment une chose puis font le contraire, ou bien ce qui se passe est d’une autre ordre…
    Que conclure quand le même ministre affirme qu’un passe sanitaire ne sera jamais mis en place puis affirme la nécessité d’un passe sanitaire sans même se soucier de justifier le revirement, sans que les médias et autres instances ne pointent l’incohérence, ne demandent un minimum de justifications ?
    Quand on lit le livre « The great reset » écrit par Klaus Schwab en pleine pandémie, on comprend mieux.
    Le contrôle des individus à travers le traçage numérique est facilité par le Covid-19 au nom duquel tout devient possible.
    Une fois le passe sanitaire instauré, il demeurera.
    Ceux qui croient encore la parole de M.Macron sont d’une naïveté qui confine à l’aveuglement mais cela s’explique. Il est beaucoup plus confortable de croire que tous ces dirigeants ne veulent que notre bien de même que l’industrie pharmaceutique abusivement confondue avec la Science ne veut que notre bien plutôt que se retrouver propulsé dans le camp des complotistes/antivax/égoïstes/poltrons dont on va « pourrir la vie »
    Il n’y a pas de fanatisme sanitaire, le sanitaire n’est qu’un prétexte. Le « changement climatique » est là pour prendre le relai.
    L’important est de marginaliser les masses de moins en moins bien éduquées et de plus en plus soumises à la pensée unique véhiculée par les GAFAM, les masses qui ne comprennent rien, ni du virus, ni du climat, les masses qui auront un revenu minimum pour survivre et des tas de jeux, films et autres « divertissements »pour s’occuper.
    Pendant ce temps, les « experts » prendront la main sur un nouveau capitalisme autoritaire et sur le pouvoir et l’argent qui vont avec.

    En effet, cela promet !

  2. Merci Nathalie pour cet excellent article. Effectivement, le passe sanitaire n’a plus lieu d’être d’autant plus que la 4ème vague aurait été selon Véran tout juste évitée. Mais alors pourquoi dans le même temps menace-t-il de prolonger le passe sanitaire au delà du 15 novembre, en contradiction avec la limitation dans le temps que le conseil constitutionnel a exigé pour valider la mesure ?

    Dans votre article j’aime particulièrement le passage suivant qui pose bien le problème : « Mais comment justifier moralement que les Français eux-mêmes, via de multiples restrictions et maintenant via le pass sanitaire, deviennent la variable d’ajustement d’un système de santé dont la France se flatte souvent qu’il fait l’envie du monde entier et qui s’est pourtant montré incapable de s’adapter aux nécessités sanitaires de l’heure ? »

    Une analyse politique complémentaire à la votre commencerait par constater que le revirement à 180 degrés de Macron est intervenu quelques semaines après la débâcle aux élections européennes et départementales, élections dont on peut tirer les conclusions suivantes : 1) Macron, LAREM et son faire valoir le RN, n’arrivent à mobiliser ni les abstentionnistes ni les votants, 2) la popularité de LAREM est extrêmement faible et 3) aussi bien LAREM que le RN, sont incapables de former une alliance avec d’autres partis, contrairement par exemple aux écolos ou à l’extrême gauche.

    Pour se sortir de cette impasse, Macron a utilisé une des vieilles ficelles des régimes autoritaires : rassembler autour de lui une majorité de français en désignant à la vindicte populaire une minorité supposée porter la responsabilité de la situation et désignée sous le nom de « militants antivax ». C’est à la fois une première et une manoeuvre indigne pour un pays comme la France.

    Fort heureusement pour Macron, les médias du régime ont su préparer habilement le terrain et ont soigneusement évité de poser les questions qui fâchent en instaurant un climat de terreur. J’en veux pour preuve qu’aucun artiste ou intellectuel ne sort actuellement du bois pour s’opposer au passe parce que tous savent pertinemment qu’ainsi ils grilleraient leur carrière. Et je ne parle même pas des campagnes de harcèlement et de dénigrement sur les réseaux sociaux, qui sont de véritables lynchages et en même temps des dénis de justice.

    Pour terminer, on peut penser que le deuxième étage de la fusée sera l’extension du passe sanitaire aux bureaux de votes et comme il faudra assurer l’accès de tous aux élections, le gouvernement risque de proposer le vote par correspondance voire le vote électronique. Quand on connait l’absence de scrupules des gangsters qui nous gouvernent, on ne peut que s’inquiéter de l’usage qu’ils pourraient faire de ces méthodes de vote.

  3. Vos articles donnent du relief à l’information et leur qualité stimule le lecteur qui ne partage pas vos avis. Mais la position critique que vous adoptez quasi systématiquement est confortable. Macron a protégé l’économie et nous n’assistons pas pour l’instant à des faillites en série. Et bien on peut toujours dire que cette respiration artificielle momentanée de l’économie a coûté cher et que les faillites sont à venir. Il y en aura sûrement mais moins que sans l’intervention de l’État. Qu’auriez vous écrit si l’économie s’était effondrée ?
    Les dégommeurs de Macron fustigeaient il y a quelques mois le retard pris dans la vaccination en France. Et bien aujourd’hui ils défilent contre le passe sanitaire et souvent contre la vaccination.
    Certains nous disent je reviens de tel pays, les autorités sont super cool et il y a peu de malades. On peut donc en déduire que la coolitude est corrélée avec la lutte efficace contre l’épidémie et dans la foulée que Macron n’est qu’un dictateur qui veut nous contrôler à chaque instant de notre vie (le but ultime étant de dénigrer son action dans tous les domaines). Peut-être que la décontraction de la police n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Curieusement personne ne revient de Martinique ou de Guadeloupe ou le faible taux de vaccination fait des ravages. Qu’auriez vous écrit si la situation des Antilles était celle de toute la France ?
    Le passe sanitaire limite dans une très faible mesure notre liberté individuelle et nous conduit à assumer nos choix. En contre partie il nous permet de vaquer à nos occupations en limitant la circulation du virus et de jouir de la liberté de limiter les risques d’être contaminés et contaminants. La liberté collective n’est pas la somme de libertés individuelles mais une construction politique.
    Enfin, je souhaiterais émettre une idée pour ceux qui s’opposent à la vaccination : seraient-ils prêts à signer un engagement indiquant qu’en raison de leur choix ils acceptent de ne pas être traités en soins intensifs s’ils en avaient besoin et que les places venaient à manquer ?

    • @herederien : Pour ma part, je n’aurais rien à signer vu que je suis vacciné.

      Par contre je reprends votre idée en plein vol et propose comme vous de virer des soins intensifs tous les obèses, tous les fumeurs, tous les consommateurs d’alcool et de cannabis, y compris les occasionnels car le risque commence dès les premiers grammes, ainsi que les gens qui mangent trop de viande et trop de charcuterie, ceux qui ne mangent pas assez de légumes, ceux qui consomment trop de bouffe ultra-transformée, ceux qui pratiquent des sports extrêmes et ceux qui n’en pratiquent aucun. Sans parler de ceux qui regardent la télé plus de 4h par jour puisqu’on sait désormais qu’ils risquent plus d’attraper le cancer. Par contre je tiens à ce que tous ces gens paient leur URSSAF et leurs cotisations.

      On peut aller loin à ce petit jeu. Est-ce que vous réalisez la cruauté des mesures que vous proposez ? Quand je parle de stigmatiser une minorité en l’accablant de tous les maux, je n’étais pas loin de la réalité et votre réaction le prouve. Bon maintenant faut que j’aille chercher un seau pour vomir.

      • Vous déformez mes propos. Je ne veux virer personne des soins intensifs. Il s’avère que dans certains cas les médecins doivent choisir qui rentre et qui reste dehors. Ils doivent aussi choisir ceux dont il vont repousser les traitement et les opérations su fait de l’afflux des malades COVID. Un choix individuel a des conséquences collectives même si vous ne voulez pas l’envisager. Je pose donc la question à ceux qui ne veulent pas être vaccinés s’ils assumeraient jusqu’au bout leur choix en cas d’affluence dont ils seraient en partie responsables. Je pensais que les libéraux étaient des gens qui assumaient leurs choix mais j’ai dû me tromper. Ils ne voient rien de contradictoire à dire je ne veux pas être vacciné parce que je suis libre mais j’exige d’être soigné si je suis malade, s’il y a trop de monde virez donc un vieux qui va crever dans pas longtemps de tout façon.
        Et vu que je ne partage pas cette option
        Je suis favorable au passe sanitaire qui permet d’affronter ensemble l’épidémie.

      • Bien d’accord avec vous. Tous sont bien au courant des risques qu’ils prennent et, contrairement au COVID, il y a des dizaines d’année de recul et de prévention. On n’a jamais interdit la voiture parce que certains boivent au volant mais on paie des millions d’euros pour sortir des inconscients de leurs voitures défoncées et les soigner.
        On veut appliquer à une population qui n’est pas forcément antivax des mesures drastiques qui semblent inappropriées au vu du risque. Nous vivrons avec le Covid comme avec d’autres virus, tels que la grippe (au hasard), qui ont fait des millions de morts au fil des années sans que nos gouvernements et les réseaux sociaux s’en émeuvent. Continuons, on s’en porte bien mieux. Et on s’en porterait encore mieux avec un système de santé adapté aux vivants et non pas des vivants adaptés au système de santé.
        Je pars vomir également.

      • Ne vous inquiétez pas, je vais vous expliquer avec un exemple. Un jeune en bonne santé veut pouvoir sortir faire la fête et boire des coups avec des potes. Comme il ne risque rien ou presque et il refuse de se faire vacciner. Il veut jouir de sa liberté individuelle. Pendant ce temps, le petit vieux qui habite en dessous ne sort plus de chez lui parce qu’il a peur de choper le COVID et de mourir. Vouloir la liberté collective consiste organiser la société de façon à ce que le jeune comme le vieux puissent sortir avec des contraintes et des risques acceptables pour chacun. Par exemple avec le passe sanitaire. Sinon c’est la liberté pour le mieux doté en santé et le confinement strict pour l’autre. Ca marche avec 2 mais aussi à plus grande échelle, celle de la France par exemple. J’espère que c’est plus clair maintenant, a moins que vous ne vouliez pas envisager les choses sous cet angle mais là je n’y peux rien.

      • @herederien
        Le petit vieux n’a qu’à se faire vacciner. Les vaccins sont super super efficaces (c’est le gouvernement qui le dit et le gouvernement veut notre bien).
        Et le petit vieux peut sortir. S’il a peur, je ne vois pas pourquoi le jeune devrait avoir des restrictions parce que le vieux a peur (d’ailleurs, il a une retraite, lui, et qui lui est payée par le jeune (je sais je ne devrais pas dire ça)).

      • @herederien : le concept de « liberté collective » est un concept creux qui peine à masquer le profond mépris des libertés individuelles de ses instigateurs. Lorsque nos pères fondateurs ont fondé la démocratie en Angleterre, en France et en Europe, ils se sont battus pour les libertés individuelles vous ne trouverez nulle part dans la déclaration des droits de l’homme la notion de liberté collective ou quelque chose d’approchant.

        Lorsque Zola a défendu Dreyfus ce n’était pas au nom des libertés collectives, et lorsque tous les Dreyfus de la terre ont été injustement condamnés c’était toujours par des dirigeants qui ne se souciaient guère des libertés individuelles. Par ailleurs, la défense des libertés individuelles n’a jamais empêché les nations de défendre les intérêts communs lorsque c’était nécessaire.

        Dans un commentaire vous écrivez que les libéraux qui ne se vaccineraient devraient accepter de ne pas être soignés. Où avez-vous vu une telle ânerie ? Sur le PDF que vous avez téléchargé de BFM ? Ca me fait penser à ceux qui critiquent le libéralisme en expliquant que son idéal type c’est la Somalie.

        Je voudrais revenir sur votre exemple du jeune qui « veut pouvoir sortir faire la fête et boire des coups avec des potes ». Mon pauvre vieux, vous êtes complètement à côté de la plaque. Le problème c’est qu’à partir du 1er octobre les ados non vaccinés ne pourront plus aller dans leur club de sport, dans leurs cours de danses, dans les bibliothèques, dans les piscines, dans les théâtres, dans les salles de concert, etc. On ne les prive pas de quelques bières mais d’aspects essentiels à la construction de leur personnalité.

        Ce que le gouvernement a fait est un chantage odieux à la relégation sociale pour tous les mineurs qui ne sont pas vaccinés. Ca ne se voit pas encore parce qu’ils ont un sursis jusqu’au 1er octobre, mais quand la discrimination des mineurs jouera à plein sur des activités essentielles pour eux, vous pourrez contempler l’ampleur de l’action néfaste du passe sanitaire.

        Et, cerise sur le gâteau, ce gouvernement criminalise la jeunesse puisqu’il suffira que des jeunes se fassent contrôler sans passe dans une bibliothèque, une salle de théâtre ou une piscine pour avoir un casier. Chapeau bas Macron, vous avez enfin trouvé une solution pour faire payer la racaille qui traîne dans les cours de danse et dans les bibliothèques !

      • Wahou, c’est violent. Vous m’envoyez à la figure l’affaire Dreyfus. Là je ne m’y attendais pas tellement c’est hors sujet. Il s’agit d’une affaire judiciaire dont j’ai du mal à voir le lien avec le passe sanitaire. Vous balancez tout ce qui vous tombe sous la main. Et le vase de Soisson ? Non, pas d’idée ? Plus sérieusement la vaccination obligatoire existe pour plusieurs maladies. Les gamins non vaccinés en petite section de maternelle ne sont pas admis à l’ecole… euh pardon sont ostracisés. Rien de nouveau donc.
        Concernant la Declaration des Droits de l’Homme on peut tout interpréter. Tenez, l’article 4 « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. » me parait compatible avec le passe sanitaire et définir la liberté collective ou publique mieux que je ne saurais le faire. Mais vous pouvez l’interpréter autrement. Beaucoup de lois et de règles limitent les libertés individuelles pour le bien commun : les limitations de vitesse, l’alcool au volent, les impots que vous devez payer, l’interdiction de faire du bruit pour ne pas déranger les voisins … là il s’agit de limiter les sorties sans être vaccinés pour protéger les plus fragiles.

      • @herederien : je veux bien répondre à ce commentaires mais je commence à me lasser parce qu’à chaque fois vous ne répondez pas aux arguments qui vous sont opposés. Dernière tentative.

        L’argument de l’obligation des 11 vaccins qui ne serait pas différente sur le fond du passe sanitaire puisque on l’exige la preuve vaccinale à l’entrée en maternelle ou à l’école primaire.

        Ben si, justement, c’est complètement différent. D’une, on ne demande pas de passe vaccinal aux parents et aux enfants pour : les bibliothèques, les restaurants, les piscines, les salles de sport, les activités associatives et sportives, les théâtres, les salles de concerts, les transports longue distance, conserver son boulot, continuer à être payé. Si vous ne voyez pas la différence de nature, je ne peux plus rien pour vous.

        De deux, les 11 vaccins sont justement obligatoires ce qui n’est pas le cas du vaccin anti-covid. Et s’il ne l’est pas ça signifie que les citoyens ont la liberté de ne pas le prendre que ce soit pour des raisons médicales (eh oui il y en a !) ou pour des raisons philosophiques. Dans tous les cas, instituer la relégation sociale de ceux qui ont fait un choix différents, notamment des mineurs, est une ligne rouge que personne n’avait osé franchir auparavant.

        D’autant plus qu’on sait maintenant que les vaccinés peuvent transmettre le virus. Après vous pouvez inventer les termes les plus nobles pour donner à cette régression sociétale un air d’avancée démocratique, ça me rappelle juste les expressions bureaucratiques du genre « plan de sauvegarde de l’emploi » pour dire « plan de licenciement ».

        Alors je sais bien que le gouvernement suivi par le conseil d’état a précisé que les citoyens ne sont pas exclus puisqu’ils peuvent toujours se faire tester. Mais compte tenu du fait que les tests sont payants et contraignants et que pour les ménages les plus modestes c’est carrément ingérable, il s’agit in fine d’un chantage à la relégation sociale.

    • En dehors de votre rhétorique de compétition pro-machin pleine de contradictions ou d’éléments de langage gouvernementaux, un point intéressant à la fin de votre commentaire, mais qui ne fonctionnera pas hélas sur un forum libéral.

      En effet, votre question « seraient-ils prêts à signer un engagement indiquant qu’en raison de leur choix ils acceptent de ne pas être traités en soins intensifs s’ils en avaient besoin et que les places venaient à manquer ? », combien de fois me l’a-t-on posée (dans le but de coincer le récalcitrant que je suis) ?
      Or dans un système de santé libéral, cette question ne pourrait pas exister, puisque l’assurance santé fonctionnerait de manière individuelle, un peu à la manière de l’assurance auto : Cotisation proportionnelle au risque, et aux garanties souhaitées. Vous pourriez soit signer, soit vous voir proposer un supplément « couverture covid », par exemple.

      Votre question ne peut non plus exister dans notre système collectiviste, dictateur par nature, puisque l’état a directement choisi d’ostraciser une catégorie de personne sans leur poser la question. Vous auriez voulu signer une décharge en échange de l’abandon du pass que de toute façon, les collectivistes ne vous le proposeront jamais. Par contre, ils vous interdisent l’accès au soin.

      Pour ma part, j’adorerai pouvoir signer un tel document, non seulement pour le covid, mais aussi pour tout ce que couvre le régime d’assurance collectiviste. En échange, juste une chose : je peux cotiser au régime de mon choix. Donnant / donnant.

  4. En réponse à herederien.
    Continuons : virons des soins intensifs les personnes accidentées qui conduisaient trop vite ou sous l’effet de stupéfiants ou d’alcool. Ne soignons plus non plus les fumeurs atteints de cancers du poumon ou de la gorge (ils prennent des ressources et des places dans les hôpitaux).
    Laissons crever les personnes qui se nourrissent mal du diabète, d’hypertension, d’infarctus (ils prennent des ressources, par exemple via des traitements à vie qui seraient mieux utilisés pour traiter les personnes saines).
    En fait, le pass n’a rien de sanitaire, puisque des personnes vaccinées infectées sont susceptibles de contaminer des personnes testées comme saines.
    Vous indiquez que vous êtes prêt à restreindre des libertés, car c’est uniquement ce que fait le pass (avec le flicage, puisque l’on sait où vous êtes et avec qui).
    Mais alors pourquoi ne pas rendre la vaccination obligatoire ? Pourquoi refuser avec acharnement tout type de soin, traitement ou suivi précoce. Si certains produits (hydroxychloroquine, ivermectine) ou protocoles (suivi de l’oxygénation du sang) ne fonctionnent pas à 100% mais restreignent les entrèes à l’hôpital, ils sont aussi utiles que les vaccins. Mais le gouvernement refuse de considérer cette option et les ordres menacent les médecins qui souhaitent en discuter. Pour information, un médecin japonais réputé vient de conseiller l’ivermectine comme outil.
    A vous écouter, on va bientôt résoudre le problème du trou de la sécu, si on écarte tous les patients susceptibles d’avoir contribué à la dégradation de leur état de santé. Cela permettra aux gouvernements de continuer à réduire le nombre d’hôpitaux et de lits !

  5. Votre commentaire a le gros avantage d’être cohérent. Pourtant il reste abstrait et ne tranche pas le débat : depuis que l’épidémie est arrivée il faut faire avec l’organisation de la santé en place, pas avec celle que vous appelez de vos voeux.
    Par ailleurs vous utilisez avec légèreté le mot dictature. Notre système de santé dans son principe général de mutualisation des risques à l’échelle du pays est celui qui convient au plus grand nombre, ce qui est plutôt le signe d’une démocratie. Si ce n’était pas le cas il serait aisé à un candidat aux prochaines présidentielles de proposer dans son programme de privatiser le système de santé, d’être élu haut la main et de le faire la semaine suivante. Je ne suis pas favorable à une telle privatisation mais si elle arrivait de cette façon je ne dirais pas que nous sommes en dictature.

      • C’est ce que je pensais, je dois être le seul à avoir employé le mot dictature.
        Je vous ai répondu, ça doit être en attente de validation…

    • Faire avec l’organisation en place à l’instant T : c’est vrai, et ce, dans tous les domaines.

      Mais il est étrange qu’à partir du moment où on déclare « nous sommes en guerre », on décide de fermer les usines d’armement. Parce que c’est ce qui s’est passé : l’hôpital n’a jamais pu augmenter ses capacités d’accueil (déjà très faibles), ce qui normalement aurait dû être le cas. Tout a même été mis en oeuvre pour ne rien développer. Une petite partie des centaines de milliards d’euro aurait largement pu bénéficier aux hôpitaux et personnel soignant.

      Donc même en faisant « avec », il était évident qu’il fallait booster le secteur médical (avec un petit emprunt) plutôt que de sacrifier le secteur économique en le noyant sous les dettes.

      Et étrangement, le « avec » a mis sur la touche tous ceux qui prônaient des solutions médicamenteuses. Ce qui revient alors, non pas à faire « avec », mais plutôt à faire « sans » une partie de son organisation de santé.

      Quant au mot dictature de notre système de soin, je ne l’utilise pas à la légère, puisqu’arbitrairement, il a été décidé d’en écarter une partie de la population tout en continuant à en percevoir les cotisations. Où est la démocratie là-dedans ?

  6. @herederien: Macron a protégé l’économie et nous n’assistons pas pour l’instant à des faillites en série.

    Vous plaisantez? Les confinements et restrictions en tout genre ont plombé l’économie pour longtemps. Le « quoi qu’il en coûte » est financé par nos impôts. Les faillites en série viendront, c’est une certitude. On sait même quand: lorsque l’URSSAF reprendra les procédures pour impayés, après l’élection présidentielle.

    • Il suffit de constater le prix des denrées en tout genre en grande surface. Le Covid a bon dos.

      Je croyais les grandes surfaces exemptées de contrôle sanitaire. Là encore, notre Ceaucescu de supermarché s’est dédit. Il parait toutefois que c’est laissé à la discrétion des préfets.

      J’en ai donc fait les frais, l’ausweis sanitaire est en vigueur. Le chantage alimentaire est lancé; on ne peut se passer de manger.

      Je n’ai jamais eu une telle aversion pour un exécutif et son équipe de branques à roulettes; pourtant nous eûmes quelques champions qui se distinguèrent.

    • Vous faites allusion à une opinion de Monsieur Olivier Maurice qui n’est qu’une opinion surtout lorsqu’il insinue que l’on peut se poser la question s’il n’y a pas plus de mortalité chez les vaccinés ou en donnant l exemple du chanteur mort après ses trois doses de vaccins.il a oublié de dire qu’il était immunodeprimé suite à une greffe.

  7. «Le Danemark s’en est bien sorti et a fait nettement mieux», voir le bilan :
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/le-danemark-affiche-le-plus-petit-deficit-public-d-europe-20210830
    Bon d’accord, leur fiscalité est championne avec la nôtre, on se bouscule à la première place, mais au moins eux, ils ont des résultats, sanitaires + économiques !

    Ce qui est reprochable à la gestion de notre gouvernement, outre les absurdités bureaucratiques depuis 18 mois, c’est cette volonté forcenée de croire à une solution unique applicable à tous les individus considérés comme uniformes. Évidemment, la technostructure monolithique ne sait rien faire d’autre que d’asséner des directives lourdes, tout sauf pragmatique.

    C’est depuis le début de l’année l’hystérie sur la solution vaccinale pour tous. On peut accepter que nos gouvernants puissent être désemparés mais pourquoi ne pas « laisser faire » les soignants qui sont tout de même ceux qui savent et sont du métier ? Avec cette option de la part d’autorités en retrait, alors tous les moyens seraient à retenir, vaccins ou traitements préventifs ou curatifs à chacun des stades de la pathologie d’un malade que celui-ci choisirait et accepterait en connaissance.

    Dans la solution unique et vaccinale trop rapide parce que peu éprouvée mais compréhensible, on constate une diminution de protection au cours du temps, on pouvait s’y attendre semble-t-il face à un virus à transmission respiratoire peu immunogène, soumis à une évolution antigénique (variants). Les données israéliennes ont déjà mis en évidence cette évolution qui expose à nouveau à un risque significatif 6 à 8 mois après la 2ème dose vaccinale. Israël a d’ailleurs initié une campagne vaccinale pour l’administration d’une 3ème dose chez les plus de 20 ans. Cette tendance à la baisse de protection a été également récemment confirmée par le Qatar avec une forte diminution de protection contre les formes sévères de COVID après 5 mois environ post-2ème dose.

    L’intérêt d’une 3ème dose vaccinale pour l’ensemble de la population ne fait donc plus de doute avec l’option prise uniforme et autoritaire. Cette façon de gérer la crise sanitaire a été constante depuis plus de 18 mois, en usant d’une communication focalisée sur le court terme, et présentant des objectifs illusoires.
    Allant ainsi de déconvenue en déconvenue, les autorités ont trouvé refuge dans l’argument « d’imprévisibilité ». Au final, cette stratégie sanitaire n’a nullement réglé le problème de la COVID, tout en érodant à chaque fois un peu plus l’acceptation populaire des mesures sanitaires, en exacerbant les dérives idéologiques nauséabondes, tout en laissant une balafre sanitaire historique.

    Alors il est fort probable cet automne, que nous aurons un nouvel épisode avec la 3ème dose contrainte et assortie du passsanitaire prolongé, le désarroi de la population, une perte de crédibilité supplémentaire envers nos gouvernants, un désastre économique, budgétaire et social déjà colossal et encore approfondi.

    • 3ème dose, puis 4 puis 5 etc…

      Et dire qu’environ la moitié de la population a chopé le virus, ll vaudrait mieux faire une sérologie d’abord avant de se faire piquer.

      L’ayant attrapé il y a 18 mois déjà, ma dernière sérologie (qui date d’une semaine) fait état d’un nombre d’anticorps qui correspond d’après le compte-rendu à « vaccination récente ».

      Bon, l’ennui c’est que j’ai beau être immunisé naturellement, la nature ne délivre pas de pass sanitaire.
      Et l’important dans cette histoire n’est pas d’être immunisé, mais de se plier aux injonctions (aux injections devrais-je écrire) étatiques, nous sommes d’accord.

  8. C’est beaucoup plus simple que cela : aucune maladie ne justifie de perdre une seule liberté.

    En effet, la bataille pour la santé est perdue d’avance (je rappelle à ceux qui l’aurait oublié que nous finirons tous par mourir et qu’il y aura toujours des maladies), donc faire de la santé un motif valable de perdre des libertés signifie qu’il est justifié de perdre toutes les libertés éternellement (c’est ‘ailleurs ce que le gouvernement Macron a en tête).

    C’est d’ailleurs aussi la raison d’être fondamentale du système de santé que de permettre de vivre libres malgré, hier, aujourd’hui et toujours, l’existence des maladies.

    On peut mettre en place des mesures de prévention, mais toujours sous la contrainte forte de ne pas porter atteinte à la liberté..

    Vivre libres (et soigner les malades, de toutes les maladies, il n’y pas de motif de faire un sort particulier au COVID).

    Ceux qui ont de la mémoire et de l’humour, rigolerons bien en imaginant le tollé qu’aurait provoqué la moitié du quart de ces mesures si elles avaient été prises contre le SIDA dans les années 80.

    • Je suis assez d’accord avec vous. La lutte contre la pandémie ressemble de plus en plus à la recherche d’un idéal virus-free impossible à atteindre, et comme toutes les quêtes politiques de pureté, elle s’hystérise peu à peu dans une accumulation de coercitions sans fin.

      • @nathalie : d’accord avec vous deux, et où l’on voit la nouvelle religion d’Etat à l’oeuvre. Peu importe au fond que les représentants de l’Etat croient au mythe du zéro virus, l’essentiel est que la population elle y croit.

      • La quête du Zéro-COVID est une idéologie suicidaire et génocidaire.

        Le seul moyen infaillible d’éviter la contamination, c’est de se suicider ou de tuer tous les autres.

        Le fond en est le transhumanisme : on veut maîtriser quand et comment on naît, quand et comment on tombe malade et quand et comment on meurt.

        On veut maitriser et dominer notre nature à 100 %, nier notre finitude.

        C’est pourquoi il n’y a eu aucun scrupule à euthanasier en masse au Rivotril : tant que la mort est décidée, c’est bien. C’est quand elle est naturelle et imprévue que c’est mal.

        Bien sûr, inutile que je vous fasse un dessin : c’est une pulsion de mort, comme le nazisme ou le communisme. A mes yeux, le transhumanisme est le véritable néo-nazisme.

        Et comme ses délirants prédécesseurs, elle ne s’arrête jamais de détruire.

        C’est à l’opposé de la pulsion de vie : prendre soin, soigner, être bienveillant non dans l’abstrait avec d’hypothétiques cibles du virus mais dans le concret, avec des personnes réelles. Vivre libres, avec nos limites et avec nos incertitudes.

        Oui, je peux contaminer et être contaminé, et alors ? C’est ainsi depuis la nuit des temps.

        Ce n’est pas une raison valable pour ne pas te sourire, pour ne pas te serrer la main, pour ne pas te rendre visite, pour te forcer à une injection que tu refuses.

        L’humanité est fragile mais elle est vivante.

      • @ Frank Boizard

        Je ne vous suis plus.

        Le Rivotril n’est pas une « euthanasie » (ou alors supprimons tous les soins palliatifs…)
        https://ethique-soin.blogs.la-croix.com/lutilisation-de-rivotril-en-ehpad-nest-pas-de-leuthanasie-deguisee/2020/04/08/

        « Oui, je peux contaminer et être contaminé, et alors ? C’est ainsi depuis la nuit des temps. »
        Mais quand on le sait, on peut faire attention. Dans certains cas de contagion et de pathogénicité importantes, on peut même envisager une protection préventive par vaccination, comme on le fait depuis Pasteur.

        Peut-être ne faudrait-il pas tomber dans l’absolutisme miroir de celui de nos dirigeants.

      • @nathalie : vous pouvez voir le rivotril comme un soin palliatif, mais on peut aussi se demander si au lieu d’utiliser ce toxique on n’aurait pas pu essayer des traitements de base. Le premier scandale du rivotril c’est le choix binaire et incroyable entre rivotril et doliprane. On n’avait vraiment pas mieux à proposer ?

        Par ailleurs, et c’est plus grave, les soins palliatifs sont normalement décidés par des équipes, ce n’est pas un choix qui est pris par le seul médecin traitant d’un EHPAD, et normalement la famille et l’intéressé, s’il le peut, sont impliqués. Les résidents des EHPAD ont-ils eu droit à cette collégialité ? Y-a-t-il eu des cas où la décision a été expéditive ? Feu Serge Hoffer, disait que dans un EHPAD près de chez lui, on refusait d’envoyer les vieux à l’hôpital du coin dans lequel il y avait pourtant des places vides. Enfin, les patients touchés par la décision étaient-ils tous atteints du COVID? Quand la famille est à l’écart et que la décision est laissée à un seul homme, tous les abus sont possibles.

        Perso, ce rivotril a m’a révolté.

  9. Je résume votre raisonnement : le passe sanitaire a marché, donc il ne fallait pas l’instaurer ; et maintenant qu’il a prouvé son efficacité, il faut le supprimer.

    Excusez-moi, mais c’est typique de la mauvaise foi gauchiste. (Le socialisme ne marche pas ? c’est qu’il faut encore plus de socialisme.)

    Pour éviter ce genre d’erreurs de raisonnement, je vous propose un petit jeu intellectuel : pour les prochains billets sur le Covid, astreignez-vous à ne jamais écrire le nom d’Emmanuel Macron, pas plus que celui d’aucun de ses ministres.

    Astreignez-vous, en fait, à ne pas parler du tout de politique. Analysez la situation, les mesures prises et préconisez les mesures à prendre exclusivement d’un point de vue scientifique.

    Je suis bien conscient que cela n’est pas possible à 100 %, puisqu’une mesure de santé publique, collective, est par définition un acte politique. Mais entre votre approche actuelle, et une approche non polluée par des considérations de politique partisane ou idéologique, il y a un gouffre.

    Considérez, en fait, ce que les savants du monde entier ont dit du comportement de Didier Raoult lors de la pandémie : sa très grande faute a été d’introduire des considérations politiciennes dans ce qui aurait dû être, de sa part, une démarche exclusivement scientifique.

    Je ne crois pas que vous ayez jamais pris la défense de Raoult, ce qui signifie que vous êtes consciente de ses errements. Comparez son attitude à celle qu’ont adoptée les conseillers scientifiques les plus respectés parmi les gouvernements qui s’en sont dotés : Allemagne, Etats-Unis, Corée du Sud…

    Techniquement, la raison pour laquelle il ne faut pas encore supprimer le passe sanitaire est simple : le variant Delta est beaucoup plus contagieux que ses prédécesseurs, le taux de vaccination conférant l’immunité collective n’est pas encore atteint (et certains savants doutent qu’il soit atteignable, vu les caractéristiques du variant Delta), et enfin un risque supplémentaire est introduit ces jours-ci, avec la rentrée scolaire.

    Sans compter que dans certains pays, et non des moindres (les Etats-Unis en particulier), des voix s’élèvent pour rendre la vaccination obligatoire de par la loi.

    Le passe sanitaire est la solution élégante (ici, un jugement politique de ma part) pour contraindre le peuple français, fameusement ingouvernable quel que soit son bord partisan, à se faire vacciner.

    Aux Etats-Unis, pays libéral, l’équivalent est obtenu non pas par l’intervention législative de l’Etat, mais par l’obligation faite par les chefs d’entreprise, à leurs employés, de se faire vacciner.

    Comme pour le passe vaccinal, ce n’est pas une obligation au sens strict : vous êtes parfaitement libre de refuser la vaccination. En contrepartie, votre patron (ou votre président d’université, et ainsi de suite) est parfaitement libre de vous licencier ou d’annuler votre inscription.

    La liberté de chacun de ne pas risquer la mort, à cause d’une minorité rétive à la vaccination, prend le pas sur la liberté de cette dernière de ne pas se faire vacciner.

    De même que la liberté des vaccinés de ne pas être soumis à des restrictions exagérées, rendues nécessaires par la subsistance d’une minorité significatifs d’opposants au vaccin, prend le pas sur la liberté de ces derniers de refuser l’injection.

    C’est la notion d’intérêt général, centrale à toute philosophie politique — y compris libérale.

    • « Je résume votre raisonnement : le passe sanitaire a marché, donc il ne fallait pas l’instaurer ; et maintenant qu’il a prouvé son efficacité, il faut le supprimer.Excusez-moi, mais c’est typique de la mauvaise foi gauchiste. »

      Pas du tout.

      J’étais contre le pass sanitaire (mais pas contre la vaccination) avant son instauration et je suis toujours contre maintenant. Comme il est en place, je cherche des arguments pour inciter à sa levée ; je me borne à adopter le point de vue du gouvernement et à constater que :

      1. Si l’objectif était de pousser (par la menace) les gens à la vaccination, peut-être est-il temps d’arrêter les frais.
      2. Que les ministres n’hésitent pas à utiliser l’argument de la bonne couverture + responsabilités personnelles des personnes pour ce qui concerne la gestion de leurs propres troupes.
      3. Qu’il apparaît de plus en plus que c’est bien l’éradication totale du virus qui est recherchée (voir propos de Véran) et que cet absolutisme sanitaire probablement impossible à atteindre (un peu comme les virus de la grippe) risque de nous enfermer sans fin dans les restrictions et le contrôle.

      Je précise que quand j’écris : « EM a réussi son pari vaccinal », je parle du nombre d’injections réalisées, pas du fait que l’introduction du pass sanitaire aurait eu un effet réducteur sur la circulation du virus. Cela, le plus important, on n’en sait encore rien.

    • @oblabla : oui c clair, on en a pris pour un bout de temps, ce passe ne sera pas temporaire. Regardez en Israel le passe n’est plus valable tant qu’on n’a pas fait la 3ème injection, y compris pour les ados ! Aux US, Fauci parle d’un renouvellement possible tous les 5 mois. Et en plus on est en année électorale et tout est subordonné à la réélection de Macron. Ce passe n’a rien de sanitaire.

  10. Franck Boizard, vos interventions – trop rares d’une manière générale – sur Madame Covid me donne le courage d’exprimer une pensée intime – forcément choquante – qu’il y a dans les épidémies quelque chose de divin comme si le Créateur se réservait la faculté d’intervenir quand l’Humanité ( le but ultime de sa Création) optait pour des démarches par trop démentes mettant en danger son existence même.

    Et pour les démarches démentes on est vachement gâté aujourd’hui !

      • Yapaque Madame Covid dans la vie … ya aussi les tremblements de terre et les tsunamis, les incendies de forêt et les éruptions volcaniques, la sécheresse et sa petite sœur les inondations, l’infime variation de l’activité solaire et le risque de se prendre un parpaing [*] venu de l’espace – lequel pourrait provoquer la disparition de monstres vivaces comme cela s’est déjà vu d’antan – la formation d’îles de détritus en tout genre qui empêchent les poissons de dormir et la dérive de ce con d’ours blanc sur son glaçon, la désertification des campagnes et la formation d’agglomérations monstrueuses aux favelas des transhumances multiples, les fleuves comme des égouts et l’exploitation à ciel ouvert de la lignite boche … mais cela, j’en conviens, est proprement humain.

        Et, bien sûr … les commentaires de blogueurs !

        Parfois, quand on est trop déprimé, on rêve au déboutonnage de la faille de San Andreas qui expédierait au fond de l’océan la Californie, lieu dont provient toutes les aberrations contemporaines.

        [*] Ceux qui connaissent la théorie de la stabilité des équilibres savent qu’il pourrait en résulter une modification néfaste de la trajectoire de la Terre !

    • Faudrait alors que le Divin revoit son réticule de visée.

      Car de la façon dont il intervient, il favorise l’émergence de nouvelles démarches toujours plus démentes les unes que les autres, et de fait, sanctionne ceux qui, de sa Création, ne recherchent qu’un bonheur simple et détaché le plus possible des contingences matérielles.

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