Couvre-feu : la LIBERTÉ, cette coquetterie d’un ancien monde…

Oui, je sais, les Français sont très majoritairement favorables aux couvre-feux et autres restrictions de la vie sociale annoncés par Emmanuel Macron dans son interview télévisée de mercredi 14 octobre dernier (vidéo complète en fin d’article) pour lutter contre la propagation du Coronavirus : 73 % des personnes interrogées approuvent les mesures, 94 % sont prêtes à les respecter, 60 % ont trouvé le Président convaincant et 56 % le jugent courageux.

On dirait que la posture de l’homme fort et chef de guerre a encore une fois fait merveille ! Car rappelez-vous, dès son intervention du 16 mars, à la veille du début du confinement, le chef de l’État nous l’affirmait : « Nous sommes en guerre ! »

Or comme je l’écrivais l’an dernier à propos de « la guerre contre la fin du monde » dans laquelle l’écologie radicale nous entraîne à marche forcée, la guerre a ceci de bien pratique qu’elle autorise tous les états d’urgence, tous les couvre-feux, tous les rationnements et toutes les mesures d’exception. C’est du reste l’une des raisons pour lesquelles l’action politique se décline de plus en plus souvent sous forme d’une guerre impitoyable contre toutes sortes de maux épouvantables contre lesquels le dirigeant promet de protéger son peuple en échange d’une obéissance absolue à tout moment et en tous lieux.

Emmanuel Macron n’allait certainement pas rater les possibilités offertes par la crise sanitaire pour étendre les filets du paternalisme et de l’Etat providence sur les Français. Il ne lui reste plus maintenant qu’à faire durer l’affaire jusqu’à la présidentielle de 2022 et le voilà réélu. Il a du reste vendu la mèche sans le vouloir en affirmant qu’on en avait encore jusqu’à l’été prochain avec la pandémie – et ensuite, c’est la campagne électorale qui commence, réunions, meetings, bains de foule, etc.

À ce stade, objections nombreuses, bruyantes, méprisantes : pures spéculations que tout cela, chère Madame, complotisme, même ! Vous semblez oublier qu’un virus mortel court nos rues et nos poumons, qu’il court même de plus en plus vite – voyez les contaminations chaque jour plus nombreuses – et qu’il faut y mettre un terme radical pour endiguer le flot des victimes sanitaires et économiques. Ras-le-bol des délicatesses prétendument libertariennes d’individus tout bêtement égoïstes qui n’ont pas compris que le virus se transmettait. Et les autres ? Et la so-li-da-ri-té ?

Ah, certes, le virus se transmet, mais « l’infantilisation » – comme dénoncé dans le récent rapport sur la gestion du Covid-19 en France – la mise au piquet, l’interdiction unilatérale de sortie constituent-elles la meilleure méthode pour s’en sortir ?

Il y aurait beaucoup à dire sur les incohérences et les ratés qui jonchent le parcours anti-Covid du gouvernement, d’abord sur les masques dont le manque a entraîné chez nous un confinement extrêmement sévère et souvent ubuesque de deux mois, et maintenant sur la gestion brouillonne des tests et des cas contacts qui débouche sur un nouvel assaut prolongé d’autoritarisme et de mise en danger économique.

Que penser, par exemple, d’une mesure qui revient à demander aux restaurants, théâtres, cinémas, etc. qui s’échinent depuis la sortie du confinement (avec succès d’ailleurs) à se mettre en conformité avec des règles sanitaires changeantes, de fermer purement et simplement leurs portes pour le service ou les séances du soir, compte tenu du couperet de la permission de 21 heures ? Quelle différence pour eux et pour leurs clients entre ce qui se passe la journée et ce qui se passe le soir ?

Mais plus fondamentalement – et c’est là que les délicatesses libertariennes sont furieusement alertées – la gestion de la pandémie de Covid-19 telle qu’elle est menée par Emmanuel Macron apparaît de plus en plus comme un simple élément d’un projet de société qui joue le collectivisme imposé contre les libertés individuelles.

Voyez la fin de l’interview. Alors que le journaliste Gilles Bouleau fait remarquer que les perspectives qui se profilent pour les Français sont « assez sombres » et demande en conséquence au Président s’il y a quand même une raison d’espérer, voici la réponse :

« La raison d’espérer, je vais vous dire : c’est que nous sommes en train de réapprendre à être pleinement une nation. C’est-à-dire qu’on s’était progressivement habitués à être une société d’individus libres. Nous sommes une nation de citoyens solidaires. » (minute 43′ de la vidéo)

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Autrement dit, avant la pandémie, nous vivions dans la fausse idée que la liberté se déclinait au niveau des individus et signifiait que ceux-ci, dès lors qu’ils ne portaient atteinte ni aux biens ni aux personnes, étaient souverains dans leurs choix de vie. Une fausse idée propagée bien à tort par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui figure inexplicablement dans notre bloc de constitutionnalité !

Heureusement, depuis la pandémie et les courageuses décisions que le gouvernement a dû prendre pour enrayer sa progression, on sait qu’il existe quelque chose qui supplante largement les libertés individuelles et qui transforme une société informe en Nation et des individus en roue libre en Citoyens conscientisés et surtout dociles : la solidarité !

Mais attention, pas n’importe laquelle ; uniquement la solidarité organisée et imposée par l’État. Ce que vous pouvez faire de votre côté pour « vivre avec le virus », on s’en fiche, c’est couvre-feu de 21 h à 6 h pour tout le monde.

Quand Emmanuel Macron déclare ensuite :

« Nous ne pouvons pas nous en sortir si chacun ne joue pas son rôle, ne met pas sa part. Voilà la clef. (…) J’ai besoin de chacun d’entre vous, nous avons besoin les uns des autres pour trouver des solutions, pour inventer »,

il ne s’agit nullement de s’en remettre à l’esprit de responsabilité et d’inventivité des personnes ni à leur désir de venir en aide aux autres, mais de demander à chacun d’obtempérer à l’injonction supérieure imposée à tous, dans le plus pur esprit de la propagande de guerre, comme l’atteste l’utilisation de la formule éculée : « J’ai besoin de vous ». Non pas que j’aie besoin de vos idées – les idées, c’est moi et mon administration qui les apportons – mais j’ai besoin de votre obéissance pour qu’advienne le nouveau monde que j’ai dessiné pour vous.

Bref, c’est seulement à partir du moment où tout le monde se plie d’un seul mouvement aux obligations et interdictions émises par le pouvoir (ici le couvre-feu) que s’exprime la liberté façon Macron, tandis que les objections relatives à la réduction des libertés individuelles deviennent autant d’attaques contre la solidarité et contre le peuple. Difficile de faire mieux en fait de détournement du sens des mots. 

Imposer la solidarité, c’est exactement comme dire à quelqu’un : « Je t’oblige à m’aimer ».  Joli amour que celui qui viendrait d’un individu non libre de ses choix.

Mais ne nous étonnons pas de cette dérive rampante de notre vie en société. Cela fait longtemps que le mot « solidarité » qu’on nous rabâche en toute occasion a perdu tout sens d’entraide directe et spontanée entre des personnes libres et responsables. Il n’est plus qu’une façade démagogique, un maquillage flatteur utilisé par les collectivistes enragés (de quelque horizon politique qu’ils viennent) pour imposer de façon collective, à travers l’impôt par opposition aux dons notamment, leur propres fins sociales et il n’est jamais in fine qu’une expression très révélatrice de leur haine de la liberté des autres.

Alors oui, un virus mortel court nos rues et nos poumons et il faut s’en protéger. Mais faudra-t-il aussi qu’il tue jusqu’à l’idée de libertés individuelles, ces libertés qui font la beauté du mode de vie occidental ? Faudra-t-il qu’il aille jusqu’à nous transformer en créatures dociles et malléables aux mains de politiciens de plus en plus décidés à organiser la société selon leurs conceptions collectivisées de l’existence ? 


Vidéo intégrale de l’interview d’Emmanuel Macron, 14 octobre 2020 (45 minutes) :


Illustration de couverture : Emmanuel Macron est interrogé sur les restrictions anti-Covid et les couvre-feux par les journalistes Anne-Sophie Lapix (France 2) et Gilles Bouleau (TF1) le 14 octobre 2020. Photo Elysée.

39 réflexions sur “Couvre-feu : la LIBERTÉ, cette coquetterie d’un ancien monde…

  1. Tous des esclaves avec la 5G, vers une société  »Orwellienne », au service de l’élite étatiste mondiale

    Depuis le début de la crise sanitaire liée au Coronavirus il n’y a pas un jour sans que les gouvernements du monde entier tentent de nous imposer la société de surveillance.

    Ce n’est pas des GAFAM qu’il faut se méfier et dont les gouvernements du monde entier pointent les défauts liés aux données.

    Car si vous ne souhaitez pas dépendre de ces GAFAM vous pouvez basculer dans le monde de l’open source et n’avoir sur vos outils électroniques que des logiciels et applications sécurisées et protéger vos données.

    En revanche avec des technologies comme la 5G la société de surveillance voulue par les gouvernements du monde entier se mettra en place. Car la monnaie disparaîtra et toutes les opérations de votre quotidien seront surveillées et traquées afin d’utiliser vos données dans une optique de surveillance comme dans la distopie 1984. Le BIG BROTHER étatique vous surveillera en permanence.

    Car la 5G est belle et bien l’entrée dans l’ère du tout numérique. La prochaine étape sera la mise en place de puces électroniques de nano-composants connectés, dans votre corps sous prétexte de vaccination puis le contrôle à distance de votre vie.

    Pour l’économie ce sera l’outil rêvé des planificateurs. N’oubliez pas la Chine a déjà commencé à utiliser le numérique pour mettre en place la vraie société totalitaire. En Chine il existe déjà un grand nombre de technologies dédiées à la surveillance généralisée.

    Depuis toujours le rêve de tout gouvernement est de contrôler et de manipuler les humains à titre expérimental. Ne vous y trompez pas l’utilisation des technologies par les gouvernements est la porte ouverte à la fin du monde libre. Car pour vivre libre vous devrez fuir le monde tel qu’il sera mis en place par ces gouvernements.

    La gestion de la pandémie et maintenant la 5G font partie d’un plan de contrôle des êtres humains du monde entier. Si vous avez vu des films comme Matrix, 1984, Minority Report et autres fictions de ce genre alors vous comprendrez qu’il est temps de vous réveiller et de vous rebeller contre toutes ces violences liées uniquement à l’Etatisation généralisée de la société et au contrôle des êtres humains.

    Nous pouvons organiser la résistance à ces évolutions mais il faut beaucoup de bonnes volontés et du courage. Nous pouvons y arriver. Il existe des solutions. Si la 5G triomphe vous deviendrez tous des esclaves au service de l’élite étatiste mondiale.

    • L’Allemagne de l’Est, pour prendre un exemple de surveillance totale, n’a pas eu besoin de la 5G pour mener ses opérations. Bien sûr que la tentation totalitaire se nourrit efficacement des avancées technologiques de son temps, mais à mon avis, c’est la tentation totalitaire qu’il faut combattre, pas le progrès scientifique qui génère d’autres applications excellentes pour l’homme.

      • C’est vrai. Mais j’ai bien peur qu’à partir de maintenant, vu que l’objectif totalitaire est bien dévoilé, toute avancée scientifique ne soit utilisée qu’à des fins totalitaires… Tant que nous ne serons pas venu à bout de ces dingos adeptes du « total control ». Détruire, ou au moins ralentir la 5G serait les priver d’une arme redoutable.

  2. Merci de cet article, juste comme très souvent pour ne pas dire toujours ! Je vis à cheval entre deux départements, dans l’un, la Gironde, il y a eu fermeture de salles de sport, de restaurants et de bars, tandis qu’en Lot-et-Garonne, je vais à la piscine et au restaurant ! Une adhérente parmi plus de 300 a eu le Covid, notre « coach » a eu droit à un appel de l’ARS afin d’avoir les noms des personnes qui avaient été au contact, dans l’ensemble, elles ont envoyé promener les « inquisiteurs » !

  3. Bonjour,

    « Alors oui, un virus mortel court nos rues et nos poumons et il faut s’en protéger »

    Question : mortel à quel degré ?
    Sans ce préalable, il est impossible de réfléchir au prix que chacun serait prêt à mettre pour s’en protéger et de contester les décisions prises d’office, autoritairement, par le gouvernement.

    Population mondiale : 7,5 milliard d’individus
    Nombre moyen de décès dans le monde chaque année : entre 55 et 57 millions
    Nombre de décès dus au Covid-19 sur une année : 1,08 million (taux de mortalité : 0,00013%)
    Les catégories de personnes les plus vulnérables sont connues, très majoritairement âgées et/ou ayant plusieurs pathologies.

    Les modèles épidémiologiques proposés au début de l’épidémie par Neil Ferguson de l’Imperial Collège de Londres avec un nombre apocalyptique de décès prévu, ont tétanisé l’OMS et conduit l’ensemble des pays à prendre des mesures coercitives en mode panique.
    Une fois cette voie prise, il n’y a pas de changement de stratégie possible au niveau d’un état (mais aussi d’un individu) sauf à se saborder en reconnaissant une erreur majeure d’appréciation.

    Compte tenu de la gestion anxiogène de la situation, la population vit dans la peur, pour certains dans la terreur comme si la peste noire, celle qui a décimé Marseille, était revenue.
    Une population effrayée ne raisonne pas.
    Globalement, les partis politiques et autres instances représentatives ne contestent pas les mesures liberticides (sauf Florian Philippot et N.D.A. qui ne représentent pas grand monde)
    Parallèlement, les scientifiques, médecins, épidémiologistes, réanimateurs se succèdent sur les plateaux et prennent goût au pouvoir (sans même que leurs liens d’intérêt avec les labos et groupes pharmaceutiques soient portés à la connaissance du public) et leurs analyses divergent.

    Pour ma part, je ne vois pas comment une population effrayée par le virus, infantilisée par des injonctions parfois contradictoires, plongée dans des difficultés économiques, inquiète à juste titre de l’avenir, soumise à une propagande permanente des médias serait en mesure aujourd’hui de s’interroger sur l’importance de ses libertés.
    Elle préfère « faire confiance » à n’importe qui et s’en remettre à « l’autorité » forcément compétente.

    Le plus triste pour moi, ce sont les jeunes, ceux qui ne risquent rien ou presque avec ce virus, qui sont accusés de tous les maux, de négligence, d’irresponsabilité, par des dirigeants qui accumulent les dettes sur leur dos.

    Il reste quelques îlots de bon sens, « Contrepoints », quelques philosophes, quelques libéraux dont vous faites partie mais peu et leurs voix sont peu relayées.

    Le pays n’a pas besoin d’un homme ou d’une femme providentiel(le) mais de bon sens.

    • Permettez, libreséchanges, mais je pense que le qualificatif « effrayée » est de trop dans votre phrase.

      Je dirais « une population ne raisonne pas », qu’elle soit effrayée ou non. quoi qu’il arrive, le raisonnement reste individuel.

      C’est justement ce qui gêne l’état et qui fait qu’il mettra tout en oeuvre, jusqu’au bout, pour détruire l’individu, seul entité dotée de la faculté de raison.

  4. Bravo et merci pour cet article très lucide ! Vous avez bien raison de pointer le danger essentiel de l’autoritarisme et de la fin des libertés individuelles, qui était déjà en germe dans les programmes socialistes et écologistes et qui s’épanouit dans le discours gouvernemental. La fondation Mises a publié d’excellents podcasts et articles qui vont dans le même sens que vous, et que j’encourage tous vos lecteurs à consulter. Quel recul !

    Il y aurait par ailleurs beaucoup à dire sur cette crise du COVID, sur ce qu’elle révèle de la sur-médicalisation des problèmes humains et de l’emprise des administrations centrales sur la société, sur la manière hystérique et irrationnelle dont les décisions sont prises, sur l’absence totale de réflexion critique chez les décideurs, sur cette croyance infondée et malsaine selon laquelle ce qu’il faut c’est un tour de vis supplémentaire, parce que tous les problèmes viendraient des individus indisciplinés, et égoïstes. C’est pathétique, et surtout mensonger.

    • Déjà, s’il passe son temps à chercher les écueils pour ensuite dire qu’il les a évité, clairement non. Or c’est ce à quoi s’échine l’état : créer de faux problèmes pour y apporter de mauvaises solution, avec grosse facturation à la clé.

      De plus, le chef de l’état n’est pas le chef du gouvernement. Et comme son nom l’indique, c’est le gouvernement qui dirige (qui gouverne, soyons fou), selon les ordres donnés par le peuple, en accord avec la constitution.

      C’est tout simplement la théorie de la démocratie dans un pays libre (j’insiste sur les deux mots Démocratie ET Liberté, l’un pouvant exister sans l’autre)

      Si le peuple décide qu’il n’y aura pas de couvre-feu, le mignon poudré peut se carrer ses ausweiss où il veut. Ca pourrait même lui faire plaisir.

  5. Bravo, je lis plutôt vos articles – tous très bons – sur Contrepoints, mais pour celui-ci je préfère vous féliciter directement sur votre blog.
    Un parisien amoureux comme vous du briançonnais et inquiet de l’évolution de notre société.

  6. Merci Nathalie. Cette opposition entre individus libres et citoyens solidaire me donne la nausée.

    La subordination des intérêts des individus à ceux de la nation est une partie intégrante de tous les régimes autoritaires, de tous les totalitarismes. Macron nous entraîne sur une pente glissante qui mène directement vers la dictature. Je trouve cela terrifiant et ce d’autant plus qu’une majorité de Français approuve.

  7. Bravo Nathalie.
    Hélas, il est probable que cette stratégie de gouvernance par la peur, que l’on observe aussi en Europe et chez les démocrates aux USA, poussera les peuples à suivre docilement le troupeau vers le bord de la falaise, comme les moutons de Panurge.
    Stratégie d’ailleurs souvent utilisée avec succès par les grands prédateurs, loups, lions, ours, pour attaquer les troupeaux.

  8. Quoique mon article soit hélas beaucoup plus général que le simple cas du couvre-feu, je signale que le tribunal administratif de Berlin vient d’annuler la décision municipale de fermer les bars de 23 h à 6 h du matin. Raison : mesure disproportionnée au regard du profil de l’épidémie.
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/16/covid-19-la-justice-administrative-allemande-casse-les-restrictions-imposees-par-le-gouvernement_6056311_3210.html

  9. « 73 % des personnes interrogées approuvent les mesures »
    Évidemment effrayées comme elles le sont les populations n’ont pas d’autre secours que de s’y accrocher.
    Le chef de guerre évidemment en profite politiquement mais tout cela repose sur une grande fragilité de lui-même et de l’opinion qui pourrait basculer totalement dés qu’une occasion nouvelle se présente.

    Le big data, l’intelligence artificielle, la 5G sont certes des outils prometteurs mais font exagérer des fantasmes soit vertueux, soit pervers. Ce ne sont que des outils rien de plus et on mesure au passage l’immense progrès encore nécessaire pour les utiliser de façon réussie.
    La séquence COVID en est d’ailleurs une preuve. Personne n’a prévu ou ne sait prévoir l’avenir de ce type de pandémie ou de celles à venir. Tous les pronostics « scientifiques » les plus affolants se sont plantés lamentablement. Les chercheurs les plus éminents se sont vautrés, les autres plus pragmatiques se taisent et mesurent leur ignorance avant tout.
    On croyait tout savoir puisque post-modernes , voila que c’en devient effrayant !

    Il y a certainement des risques au progrès mais nous devrions savoir que ceux-ci conditionnent les succès. L’humanité a toujours fonctionné ainsi.

    La liberté ne sera pas une coquetterie de l’ancien monde. Quand le pendule exagère dans un sens, il repart dans le sens contraire vers l’autre extrême, avec une grande vigueur.
    Le pragmatisme est de rigueur et les enjeux économiques et politiques conditionnent les positionnements collectifs au final et pas les sursauts désespérés collectivistes ou soi-disant solidaires quels qu’en soient les outils.

    Pas par hasard que ce soit le TA de Berlin qui déclenche, cette capitale historique des dictatures demeure très chatouilleuse concernant les libertés !

    Bravo pour votre synthèse.

  10. Vous me permettrez, chère Nathalie, de mettre en doute la véracité du pourcentage de gens qui « approuverait l’action de notre président bien-aimé ». Tout cela est pipeauté, ne serait-ce que par la manière dont on pose les questions. L’énervement (bien légitime, je le ressens moi-même suffisamment que pour m’empêcher de dormir sereinement depuis des mois) vous fait imaginer que la liberté n’intéresse plus les Français, mais je pense que vous vous trompez en bonne partie. Ils sont juste paumés et ne comprennent plus rien.
    J’essaie, à mon modeste niveau, de convaincre les gens que je rencontre, avec qui j’engage la conversation (et beaucoup éprouvent un vrai besoin de parler). La confusion règne dans les esprits, ce qui est normal pour un « bonus pater familias », nom qu’on donnait jadis à l’honnête homme, qui essaie de faire de son mieux pour vivre une vie rangée et honnête. Cet homme regarde en général les infos à la TV, donc il craint le virus, il le pense dangereux, puisque tout le monde le dit. Il ne peut pas imaginer que TOUT LE MONDE ment dans les médias « normaux » qu’il suit.
    Donc pour une fois, regardons l’homme tel qu’il est, en s’abstenant de le juger, mais surtout en éprouvant beaucoup de bienveillance, de miséricorde et d’amour fraternel, comme l’enseigne le Christ. Il faut aider son prochain, lui ouvrir les yeux. En l’abordant, par exemple en y moquant ces mesures stupides, vous vous rendrez compte que beaucoup sont prêts à entendre un autre discours, qui relativise la dangerosité de cette « pandémie ». Le dialogue s’établit facilement (il faut néanmoins éviter les personnes qui sont manifestement dans une méfiance totale, et regarde tout le monde avec des yeux exorbités), et il nous faut convaincre, « porter la parole » à nos concitoyens. Car il ne faut pas titiller les gens longtemps, la plupart ont compris que les dirigeants ont perdu la boule.
    Surtout, éviter la violence, même verbale. Garder le contact, même avec des gens qui sont « pro-masques », car en fait, on a juste réussi à leur foutre la trouille. Je l’ai expérimenté la semaine dernière à une réunion diocésaine. Nous devons rester unis. C’est notre seule chance de triompher. Montrer aux gens qui ne font pas confiance aux gouvernants qu’ils ne sont pas seuls, même et surtout s’ils ont peur. La peur est un sentiment légitime quand on est dans une situation incompréhensible.
    Même si on a parfois l’impression d’écoper l’océan avec une cuillère à café, il faut y aller. C’est la seule manière que j’ai trouvé pour résister, puisque la réaction violente doit être à tout prix évitée, car c’est ce qu’ils espèrent pour restreindre encore plus ce qu’il reste de nos libertés. Le nom même du diable signifie « celui qui divise, qui amène la confusion » montre que le comportement des gouvernants est de nature diabolique.
    Au travail!

    Je suis bien entendu ouvert à toute proposition de résistance non violente, qui n’est d’ailleurs qu’un simple devoir de chrétien…

    Et surtout, portez-vous bien.

    • « mettre en doute la véracité du pourcentage de gens qui « approuverait l’action de notre président bien-aimé ». »

      Je n’ai pas écrit et le sondage donné en lien n’a pas dit « approuver l’action du président « mais « approuver les mesures annoncées mercredi soir » donc essentiellement le couvre-feu.

      • C’était plutôt de ma part une réflexion sur les sondages en général, qui ont l’air d’approuver les actions décousues de nos chers dirigeants. Surtout que bien souvent, certains désapprouvent parce qu’ils n’en « feraient pas assez ». Ça fait longtemps que je ne crois plus trop aux sondages. Bref, je ne pense pas qu’une majorité approuve, tout ça me semble pipeauté. Bien sûr, je peux me tromper, mas ça ne change pas le fond du problème: comment sortir de ce merdier?

  11. Attention à ne pas faire passer l’idéologie, même libérale, avant les nécessités de l’action.

    Les récentes mesures sont très bénignes. Elles concernent une petite partie du territoire, n’affectent qu’une toute petite partie de l’économie, et ne restreignent que très modérément la liberté d’aller et venir.

    La plus grande partie des responsables médicaux alertent sur la gravité de la situation, et la nécessité de porter un coup d’arrêt à la contamination.

    Le fait de savoir si Emmanuel Macron a un inconscient socialiste n’a pas à rentrer en ligne de compte. On peut interpréter ses paroles à n’en plus finir. C’est tout à fait secondaire. On s’en moque, d’Emmanuel Macron.

    La priorité consiste à lutter contre la pandémie. Très concrètement, le choix est entre autoriser quelques écervelés à s’enivrer en groupe en se défonçant les oreilles avec de la « musique » d’abrutis (en ajoutant à cela la drogue qui va bien), et sauver la vie à des cancéreux auxquels on serait obligé, sans cela, de refuser traitement ou diagnostic.

    Ce n’est pas de la spéculation : c’est que qui s’est produit en Angleterre, et c’est ce contre quoi les médecins français mettent en garde :

    https://www.dailymail.co.uk/news/article-8848991/Dead-31-chemo-paused-Covid-Cancer-sufferers-fighting-lives.html

    Au demeurant, cela s’est aussi, probablement, produit en France. C’est juste qu’entre Didier Raoult et la polémique sur le bout de chiffon qu’on doit se mettre sur le nez (horrible mesure nazie), il y a des malades qui ne sont plus à la mode.

    • « La priorité consiste à lutter contre la pandémie. Très concrètement, le choix est entre autoriser quelques écervelés à s’enivrer en groupe en se défonçant les oreilles avec de la « musique » d’abrutis (en ajoutant à cela la drogue qui va bien), et sauver la vie à des cancéreux auxquels on serait obligé, sans cela, de refuser traitement ou diagnostic. »
      J’aime beaucoup votre sens de la mesure. D’un côté tout noir (les écervelés, abrutis, drogue…) de l’autre tout blanc (sauver la vie des cancéreux). Prenez du recul que diable, votre texte sonne comme du bfm de la meilleure cuvée mâtinée france info.

      • Qu’est-ce que vous avez contre BFM ? C’est un excellent média.

        Si vous avez des faits et des arguments à présenter contre ce que j’ai dit, faites le. Votre commentaire fait partie de ce déluge de sarcasmes imbéciles et inopérants qui pollue la mentalité française.

        Vous me conseillez de « prendre du recul », mais c’est précisément ce que je fais ici. J’explique pourquoi ma position est différente de l’unanimisme sectaire et idéologique que je constate sur ce fil.

        Avez-vous lu l’article du Daily Mail que j’ai mis en lien ? Vous en pensez quoi ? Vous croyez que des faits similaires ne se sont pas produits en France ? Faites une petite recherche sur Internet.

        Donc à nouveau : qui est gêné par le couvre feu ?

        – Les propriétaires de bars et de restaurant d’une poignée de villes de France. C’est bien malheureux, mais qu’est-ce qui est prioritaire ? La vie humaine, ou les profits des restaurateurs ?

        – Des jeunes cons qui se collent à cinquante les uns contre les autres en écoutant de la musique de nègres, en se beurrant la gueule et en prenant des drogues. Quel est l’inconvénient de le leur interdire ? On leur rend service, en fait. C’est, massivement, ces gens-là qui sont visés par le couvre-feu.

        – Des gens normaux qui boivent une bière ou bouffent un steak à 10 heures du soir. Que vaut la gêne infinitésimale qu’ils subissent, au regard des vies sauvées ?

        La décision coule de source. On s’en fout, que ce soit Macron qui la prenne. Ca aurait pu être Hitler ou Ayn Rand, qu’elle aurait toujours été bonne.

        Qu’est-ce que vous me cassez les couilles avec BFM ou France-Inter ? Quel rapport ?

      • Pauvre bob, vous avez à votre tour expérimenté ce qu’il en coûte d’apporter la contradiction à monsieur Marchenoir !
        Je vous présente mes condoléances émues, mais ne vous en faites pas, vous vous en remettrez !
        En revanche, cette façon si élégante que ce monsieur a de s’exprimer est devenue une véritable marque de fabrique qui commence à lui coller à la peau et à le résumer tout entier !

      • RM nous surprend parfois par des montagnes de bêtises :
        « Attention à ne pas faire passer l’idéologie, même libérale, avant les nécessités de l’action. »
        1. Le libéralisme n’est pas une idéologie mais d’abord une liberté d’entreprendre par échecs et réussites successives, rien n’étant écrit par avance ;
        2. Nécessité de l’action, à condition de ne pas agir en répétant toujours les mêmes erreurs.

        Or en la matière qui nous intéresse, lutte contre la COVID, je renvoie à l’article du « Laisser faire » ou pour le dire autrement, il vaut mieux que l’Etat ne fasse rien et laisse agir les protagonistes principaux, patients et soignants (expérience d’ailleurs qui devrait nous pousser à supprimer le mal suprême, la Sécu, de toute urgence) .
        https://www.temoignagefiscal.com/la-covid19-ou-la-dictature-hygieniste-suite/

        Evoquer la GB pour argumenter chez les franchouilles qui subissent tous les deux un système de soins hyper-étatisé, est assez cocasse.

        Car il y a déjà des corrélations (certes à confirmer) qui interpellent.
        Les populations les plus consommatrices de médicaments, les plus aseptisées et les plus « assistées » médicalement au monde (UE de l’Ouest et USA) et qui disposent des moyens financiers les plus élevés ont été beaucoup plus affectées que celles des pays moins développés. Plus de 40% des décès pour moins de 8% de la population mondiale…

        Les pays dans lesquels les populations ont fait confiance à leur gouvernance, celle-ci les traitant en adulte, sans mentir pour dissimuler les impréparations et les insuffisances, décentraliser la gestion de l’épidémie, faire confiance aux personnels soignants et leur laisser la LIBERTE de prescrire, ont obtenu de bons résultats.
        Cela a pu être observé en Europe du Nord (Pays scandinaves et Pays Baltes), de l’Est (Groupe de Visegrad), du Sud Est (Grèce, Slovénie, Croatie) et en Europe germanophone (Allemagne, Autriche).
        En revanche, lorsque ces conditions n’ont pas été remplies, en continuant à diriger du sommet de l’état, à la soviétique, on a obtenu des résultats désastreux. Et les économies ont été dévastées pour longtemps sans résultats vraiment probants sur la létalité de l’épidémie.

      • @ Tino

        Les bêtises et l’idéologie sont de votre côté.

        Le libéralisme, comme n’importe quelle famille de pensée ou théorie politique, peut tourner à l’idéologie. C’est exactement le piège dans lequel tombent ce billet de Nathalie, ainsi que votre commentaire.

        Je suis libéral, donc le libéralisme c’est bien, donc plus on applique des solutions libérales, en la matière, mieux on luttera contre la pandémie.

        Voilà ce qui s’appelle penser de façon idéologique. Ou sectaire, si vous voulez.

        Figurez-vous que le libéralisme n’est pas un formule magique contre tout et n’importe quoi. Figurez-vous qu’il y a autre chose, dans la vie, que libéral ou pas libéral. Figurez-vous que le virus du Covid n’en a rien à faire, du libéralisme.

        Une pandémie mortelle et invalidante sans remède connu nécessite des mesures autoritaires acceptées par les citoyens. C’est un truc, vous allez rire, ça s’appelle une exception. C’est comme la guerre : en temps de guerre, le jeu politique normal et les libertés normales sont suspendues.

        Prétendre que l’Etat ne devrait rien faire en cas d’épidémie relève de l’idéologie la plus enragée. Il y a, vous savez, des tonnes de libéraux sectaires et idéologisés. Plus particulièrement en France. En France, les libertariens sont particulièrement gratinés dans ce domaine.

        Ce sont des gens capables de nous expliquer, par A + B, ainsi que vous le faites présentement, que les routes doivent être privées, parce que c’est mieux. Petit problème : les routes ne sont privées nulle part dans le monde. Mais c’est la réalité qui a tort, pas la théorie.

        Votre tentative de prouver, par des exemples, que plus on est libéral, moins on est affecté par le Covid, est complètement fallacieuse. Dans votre liste de pays, il manque ceux qui se sont le mieux défendus contre la pandémie : Taïwan, la Corée du Sud, Singapour, Hong Kong, et quelques autres pays de la région dans une moindre mesure.

        On sait pourquoi ils ont eu beaucoup moins de morts que d’autres, bien qu’ils soient à proximité immédiate de la Chine, et qu’ils accueillent de nombreux voyageurs internationaux. Les motifs sont à l’opposé de ceux que vous alléguez.

        Premièrement, ils ont réagi très tôt, sous l’impulsion étatique. Cela est dû à un facteur qui n’est ni libéral ni anti-libéral, qui s’appelle l’histoire. Ils avaient déjà connu des épidémies similaires. Ils avaient donc eu le temps de se préparer, à la fois techniquement, et, surtout, psychologiquement.

        Nous, à l’Ouest, nous n’avons jamais subi ça. Mieux : en France, nous avons eu l’alerte de la grippe aviaire, suite à laquelle la pauvre Roselyne Bachelot avait commandé un nombre massif de vaccins. La menace ne s’est pas concrétisée, et les Français, qui sont plus malins que la terre entière, en ont conclu qu’ils étaient invulnérables aux maladies.

        C’est le gouvernement qui avait eu tort, et la ministre s’est fait traîner dans la boue pour avoir planifié et avoir voulu protéger ses compatriotes. Quelques années plus tard, les Français ont traîné leur gouvernement dans la boue au motif inverse : il n’avait pas prévu les masques…

        A Taïwan, et dans les quelques confettis asiatiques que j’ai cités, les structures étatiques spécialisées, les procédures, existaient avant la pandémie.

        Elle ont été activées très tôt. Taïwan, en particulier, est bien placé pour se méfier systématiquement de la Chine. Ses dirigeants savent que les Chinois mentent. Ils n’ont pas eu l’angélisme des Occidentaux. Cela n’a rien avoir avec le degré de libéralisme.

        En revanche, Taïwan a enclenché très vite des mesures étatistes. Autoritaires. Fascistes, si vous voulez. Taïwan a bloqué ses frontières. Il a contrôlé très tôt les voyageurs à l’arrivée. Il a interdit les vols en provenance de l’étranger, et en particulier en provenance de la Chine.

        D’autres mesures ont relevé de l’étatisme le plus énergique. Tests systématiques, suivis d’un traçage des contacts parfaitement fasciste, employant des méthodes informatiques invasives : obligation de télécharger des applications de flicage, recherche systématique des contacts qui n’ont pas la possibilité de se dérober aux contrôles, emploi de la reconnaissance faciale par les caméras de surveillance dans la rue, etc.

        Les personnes testées ou suspectées ont été soumises à des mesures de quarantaine très strictes. La police débarquait chez vous pour vous contrôler.

        Il y a peu encore, lorsqu’un étranger débarquait en Corée du Sud, non seulement il était testé obligatoirement à l’arrivée, mais, quel que soit le résultat, il était emmené dans ce qu’il faut bien appeler une prison.

        Une prison bien tenue, mais une prison quand même : un immeuble de quarantaine, gardé par la police, où il avait obligation de rester dans sa chambre (minuscule) deux semaines. Repas froids fournis à la porte. Menaces de poursuites par haut-parleur si jamais vous mettez les pieds dans le couloir.

        Bien sûr, le voyageur paye pour avoir le droit d’être mis en prison. Ca lui coûte le prix d’un hôtel, en gros.

        Au bout des deux semaines, s’il est exempt de contamination, il a le droit de se déplacer, mais il continue d’être fliqué électroniquement.

        C’set uniquement à ce prix que ces pays ont pu éviter le confinement généralisé qui fut le nôtre. En France, on a beaucoup parlé de cette absence de confinement, mais on a moins insisté sur ce flicage intensif et ciblé qui en était la contrepartie.

        Et puis il y a autre chose. La discipline spontanée des Asiatiques. La mentalité de ces gens ne les conduit pas à penser que plus ils disent merde au gouvernement, plus ils sont vertueux.

        Le peuple avait l’habitude de porter le masque en public longtemps avant l’épidémie. Il a continué de se soumettre de bonne grâce aux contraintes imposées d’en haut pour le bien public.

        Personne n’a eu l’idée baroque, comme dans un certain pays aux 300 fromages, de prétendre que le gouvernement voulait l’empêcher de guérir, afin de toucher des pots-de-vin des laboratoires pharmaceutiques. Il n’y a pas eu de Raoult taïwanais, ou coréen.

        Cette mentalité s’est aussi manifestée, mutatis mutandis,dans deux pays européens de ma connaissance. La Suède a fortement été vantée pour son absence de confinement, mais ce que l’on a oublié de souligner, c’est que les Suédois, habitués à l’auto-discipline, se sont imposés spontanément un certain isolement.

        De même, si la Grèce a été fort épargnée, contrairement à l’Italie qui lui est comparable, c’est pour les raisons propres à l’Asie : elle a réagi plus tôt que les autres, et les Grecs, connaissant fort bien l’état désastreux de leurs hôpitaux, ont tout fait pour respecter des mesures de confinement fort strictes.

        De plus, pour une fois, l’unité nationale s’est faite. Contrairement à un pays en forme d’hexagone où tout le monde se croit plus malin que le gouvernement, les querelles politiques ont été temporairement mises de côté, au profit de la lutte commune contre un péril plus grave.

        Alors je veux bien qu’on nous dise que les Français ne sont pas des Asiates disciplinés, ni des Scandinaves, qu’on ne peut pas les mener à la baguette, mais il faudrait avoir l’honnêteté de distinguer ce qui est, de ce qui devrait être.

        Et ne pas mettre sur le dos de l’étatisme ce qui est imputable à l’anarchie, à la révolte érigée en idéal politique, à l’incapacité de se plier à des contraintes en faveur du bien commun, à la lutte de tous contre tous qui fait l’ordinaire de la vie en France.

        Sans parler du sectarisme, qui se rencontre aussi bien à droite qu’à gauche, et aussi bien chez les libéraux que chez les étatistes.

      • @ RM

        « plus on est libéral, moins on est affecté par le Covid »

        Ce n’est pas mon propos, d’ailleurs le virus circule aujourd’hui toujours autant à Taïwan, en Grèce ou en Suède !
        https://ourworldindata.org/coronavirus/country/taiwan?country=~TWN
        Seule l’immunité collective ou un vaccin ou les deux, le feront disparaitre. Rien de vraiment nouveau pour l’humanité.

        Mon propos est qu’il y a corrélation entre liberté de la médecine (et du reste) et la baisse de la létalité devenue maintenant quasi inexistante à Taïwan, en Grèce ou en Suède.

        Mesures autoritaires, discipline d’un peuple plutôt qu’un autre très très relative, ont seulement pour effet de retarder la propagation pour gagner du temps afin d’adapter les soins.
        Sauf que chez nous en Franchouille, le temps passe et rien ne s’améliore, ni la létalité, ni la liberté de circuler et de vivre, ni une reprise économique, rien, pas de bout du tunnel, ni d’ailleurs la moindre révolte !

  12. Merci Nathalie pour votre sagacité et votre justesse.

    Je ne peux m’empêcher (d’aucuns me contesteront peut-être) de faire un parallèle entre un Pétain qui fait don de sa personne à la France au lendemain du 17 juin 1940 et un Macron qui s’érige autant qu’il le peut en sauveur de la France à grands coup d’opportunisme covidien.

    Cette hystérie collective entretenue profite à tous ces impétrants. Je ne m’attarderai pas sur cette « seconde » vague dont la comptabilité mortuaire semble moins opportune à dévoiler puisque contraire à la doxa ambiante.

    Ma mère a été diagnostiquée hier positive à 85 ans. Asymptomatique à l’heure où j’écris.
    La vigilance ne doit céder la place ni à la paranoïa ni à la frénésie qui justifieraient les restrictions prônées par le Conducator du 55.

    Il a besoin de nous (de notre soumission), il n’aura ni ma voix ni mon assentiment ni mon approbation ni mon soutien ni ma considération.

    Tout ce qu’il aura est mon sourire narquois lorsqu’il se sera fait éjecter à grands coups de pompe dans le fondement.

  13. Merci pour cet article brillant (comme tous vos articles) qui permet aussi, c’est un gage de qualité, de clarifier les idées de ceux qui ne sont pas tout à fait d’accord.
    Oui le gouvernement a été particulièrement mauvais au début de la crise, oui les mesures qu’il prend manquent de cohérence, oui elles portent préjudice à l’économie même si elles tentent de ménager la chèvre et le chou, oui elles constituent des limitations de certaines de nos libertés (pas de notre liberté d’expression ni de se cultiver comme nous y invitait le président en annonçant le confinement, ce qui en principe n’annonce pas une dictature). Mais une fois qu’on a intellectualisé la liberté, la responsabilité individuelle, le refus de l’infantilisation, on fait quoi pour empêcher les gens les plus faibles de mourir ? Les pays dans lesquels rien n’a été fait ont connu des drames qui ont touché en priorité les plus pauvres. Ils ont montré tragiquement que de tout miser sur la responsabilité individuelle est une erreur. La seule question qui me paraît pertinente est de savoir si les mesures annoncées seront efficaces ou non. Certains médecins disent que oui, d’autres que non. Le couvre-feu a été efficace en Guyane, pourquoi ne le serait-il pas en métropole.
    Par ailleurs il est également vrai que depuis longtemps nous avions perdu de vue que nous étions les citoyens d’un même pays hormis lors des matchs de foot et de la déclaration d’impôts. Nous en étions réduits au statut de supporters ou de contribuables. Bien entendu je ne me réjouis pas de la crise. Mais elle révèle que chacun à une place importante dans la société. Tout n’est pas qu’argent. Nous avons un patrimoine commun qui ne se résume pas à deux étoiles sur un maillot bleu. Nous bénéficions tous d’une organisation, d’un environnement, d’un éco-système, d’un accès à la santé, à la culture et à l’éducation, de choses si abstraites à qualifier mais si concrètes lorsque nous voyageons, un univers français auquel chacun d’entre nous participe. Préserver ce capital commun passe maintenant par des contraintes provisoires. Soit.
    1984 est toujours en vente libre, tout va bien.

  14. Je me permets de rappeler aux membres de cette discussion qu’au-delà du cas particulier des mesures de couvre-feu (dont on voit mal pourquoi on ne pourrait pas les discuter et les évaluer), cet article porte plus fondamentalement sur « l’espoir » que constituerait le fait de passer d’une « société d’individus libres » à une « nation de citoyens solidaires » dont la solidarité (dans quelque domaine que ce soit) est imposée par le pouvoir en place.

    • Une « société d’individus libres » est un oxymore. Faire société implique un partage, des règles. La question est de savoir quelles règles, par définition contraignantes, laissent le plus de liberté aux membres de la société. La question porte sur le degré des contraintes, pas sur leur existance.

      • La règle est très simple : on ne porte pas atteinte à l’intégrité physique et aux biens des autres personnes. L’Etat avec sa police et sa justice (le régalien) est justement là pour faire respecter cette règle attachée aux droits naturels des hommes qui naissent sur cette terre. Appliquez cela partout, tout le temps, sans fléchir, et vous aurez une société juste qui s’appuie sur des individus libres et responsables.

        Vous êtes nouveau ici, donc vous n’avez peut-être pas encore eu l’occasion de tomber sur un de mes articles consacrés à expliquer ce que libéralisme signifie. Par exemple :
        Etre libéral, cela veut dire … (I)
        Être libéral – Take Two

  15. @ Mildred : en effet, j’ai compris. J’appuierai pas sur le bouton « touche pas à ça p’tit con » la prochaine fois 😉


    … Ou alors si, mais juste pour rire encore un peu 😉

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