Biches, Stalingrad et LIBERTÉ – et Bonnes Vacances 2020 !

TRÈS  BONNES  VACANCES  À  TOUS  !
Et rendez-vous ici fin août pour une nouvelle saison de ce blog !

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D’un point de vue bolchévique, tout avait très bien commencé pour l’écrivain russe d’origine juive Vassili Grossman (1905-1964). Convaincu que seul le communisme pouvait faire obstacle au fascisme et à l’antisémitisme qui allaient culminer lors de la Seconde guerre mondiale, il commença par se livrer à sa passion de l’écriture dans le strict respect des cadres de la littérature soviétique officielle.

Mais peu à peu, la réalité va avoir raison de lui. Correspondant de guerre pour le journal de l’armée rouge L’Étoile rouge pendant la bataille de Stalingrad (juillet 1942 à février 1943), ses convictions socialistes se mettent à vaciller à tel point que son grand opus façon Tolstoï, décliné en deux romans successifs qui se déroulent précisément dans le contexte de cette bataille – Pour une juste cause d’abord puis Vie et Destin ensuite – semble écrit par deux personnes différentes.

Le premier roman reste peu ou prou conforme au récit que Staline souhaitait donner de la guerre tandis que le second s’en écarte jusqu’à tracer un parallèle implacable, un parallèle révoltant et inacceptable pour les communistes, entre le nazisme et le bolchévisme.

C’est ainsi que Pour une juste cause sera publié en 1952 – non sans être d’abord largement expurgé de ses passages les moins conformes à la pensée officielle et non sans que La Pravda ne taxe Grossman d’ennemi du peuple. Mais le roman est publié, et même republié après la mort de Staline.

Il en va tout autrement de Vie et Destin, achevé en 1962. À ce moment-là, Grossman a perdu toutes ses illusions : il a dû admettre, notamment à travers le prétendu Complot des blouses blanches de janvier 1953, que l’antisémitisme n’est pas moins terrible en Russie soviétique qu’il ne l’était dans l’Allemagne nazie et il a compris avec effroi que les Goulags sibériens ne sont pas moins concentrationnaires et inhumains que les camps nazis d’Auschwitz ou Treblinka.

Effaré de ce qu’il lit, son éditeur soumet le manuscrit au KGB qui se présente quelques jours plus tard au domicile de l’écrivain et s’empare de toutes les copies du roman. Mais Grossman avait eu l’heureuse intuition d’en cacher deux chez des amis. En 1980, après un cheminement clandestin long et mystérieux vers l’Occident, le texte de Vie et Destin est finalement publié en Suisse. 

Au moment de mettre ce blog en vacances, voici un extrait, parmi tant d’autres passages puissamment significatifs des dégâts des collectivismes, que je souhaitais porter à votre attention (Vie et Destin, Le Livre de Poche, page 300) :

« Un seul objectif détermine le sens des grands conglomérats humains : gagner pour les hommes le droit d’être dissemblables, de sentir, de penser, de vivre chacun à sa manière.

Pour conquérir ce droit, ou bien pour le défendre, ou encore l’élargir, les hommes s’unissent. C’est là que prend naissance un préjugé effroyable mais puissant ; préjugé qui fait croire que de telles unions au nom de la race, de Dieu, d’un parti, de l’État, constituent le sens de la vie et non un simple moyen.

Non, non et non. C’est dans l’homme, dans sa modeste particularité, dans son droit à cette particularité que réside le seul sens, le sens véritable et éternel de la lutte pour la vie. »

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Je voulais aussi vous dire que mon
traitement anti-cancer s’est achevé à la fin du mois de mai dernier sur des résultats extrêmement satisfaisants et encourageants : les fameuses « chaînes légères kappa » qui étaient surveillées comme le lait sur le feu en tant que marqueur principal de mon myélome et qui, chez une personne en bonne santé, restent dans un intervalle de 4 à 19 mg par litre de sang, sont passées chez moi de 1 600 mg/L avant traitement à 13 mg/L !

Je suis maintenant dans la phase dite d’entretien : je prends un anti-cancer oral tous les soirs trois semaines sur quatre, mon sang est analysé tous les mois et je dois rencontrer mon hématologue tous les trois mois. Il me reste à récupérer physiquement d’une maladie sévère dont le traitement met aussi le corps à très rude épreuve.

Pour cela, je compte sur mes retrouvailles avec les Hautes-Alpes qui ont eu lieu il y a quelques jours déjà, je compte sur le bon air des cimes, les douces balades sur des sentiers pas trop ardus et les douces baignades dans des lacs pas trop froids.

Je compte aussi sur les spectacles magnifiques de la nature montagnarde comme ces deux biches qui sont venues faire un petit tour au bas de notre jardin dimanche soir dernier. Scène plutôt rare à observer mais dans l’ordre des choses, car il s’agissait pour elles, comme pour un certain renard qui nous rend visite de temps en temps, de descendre se désaltérer dans les eaux de la Durance qui coule quelques mètres plus bas (afficher la vidéo en plein écran pour mieux voir) :

Sur ces images, je vous remercie chaleureusement de votre attention, de vos lectures, de vos encouragements, de vos commentaires et de vos partages, et je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour la suite des aventures de ce blog !

TRÈS  BONNES  VACANCES  À  TOUS  ET  À  BIENTÔT  !


Illustration de couverture : L’écrivain de moins en moins soviétique Vassili Grossman (1905-1964). Photo AFP.

40 réflexions sur “Biches, Stalingrad et LIBERTÉ – et Bonnes Vacances 2020 !

  1. Passez se bonnes vacances, reposez vous bien et revenez nous en pleine forme. Vie et destin est un très beau livre. J’ai aussi le j’ai choisi la liberté de Kravchenko qui ne semble pas avoir été réédité depuis sa sortie.

  2. Bon rétablissement sur les rives de la Durance !

    Pour vous remercier de proposer la lecture de  » Vie et Destin « , et parce qu’Alexis Corbière en déteste le compositeur, je vous adresse le lien de  » Jour d’été à la montagne  » :

  3. Merci de nous avoir donné des nouvelles de votre santé. .. de bonnes nouvelles…. j’en suis très heureuse pour vous!
    Merci pour vos analyses et pour le partage de vos réflexions…
    Bonnes vacances!

  4. Merci pour ce billet sur V.Grossman dont je connaissais le passé de chroniqueur de l’Étoile Rouge, conforme à la pensée du Parti mais sans connaître ses revirements de conscience ultérieurs.
    Souvent cité dans les reportages historiques sur Stalingrad.
    Cette époque de la Grande Guerre Patriotique, puisque il fallait changer le nom de notre Seconde Guerre Mondiale comme pour exalter une unicité, une identité valeureuse, où, plus volontiers, l’enrôlé, souvent sans fusil, avait le choix entre une balle allemande ou une balle russe, selon la direction qu’il décidait de prendre.

    Ça avait peu de chances d’être relaté,en effet, dans les chroniques officielles. Il était plus convenable d’attribuer le massacre de Katyn aux nazis.

    Ce qui permit à Staline de s’asseoir à la table des vainqueurs à Potsdam en se prévalant de 22 ou 25 millions de morts (selon sources) pour dépecer l’Europe, à son profit, et verser des millions de civils sur les routes.

    Surtout, ravi de la bonne nouvelle que vous nous donnez de votre bilan de santé.

  5. Très heureux d’apprendre que votre santé va mieux et que vous êtes sur le chemin de la guérison, long forcément, mais avec force de l’observation, ma qualité d’écriture, vous saurez occuper ces moments qui demandent patience et force de caractère. Profitez bien de la nature….et je vous souhaite d’excellentes vacances. Serge HOUSSARD

  6. Bonnes vacances ! Profitez bien de ces Hautes Alpes si belles, et de la douceur de l’été qu’on peut savourer au bord d’un torrent ou sur les pentes herbeuses au gré des balades. Vous allez me manquer. J’ai hâte de vous retrouver en bonne forme et parfaite santé. A bientôt

  7. Une question me taraude cependant : doit-on faire payer à Poutine les crimes de Staline ? A-t-on le droit de marquer notre mépris pour le peuple russe en n’invitant pas Poutine aux cérémonies commémoratives de WW2, malgré les millions de morts russes, alors que les historiens s’accordent à dire que c’est en Russie que la guerre contre Hitler a été gagnée ?
    Passez de bonnes vacances et revenez-nous vite en bonne santé.

    • Oui, il faut faire payer à Poutine les crimes de Staline. Bien sûr. Car il les défend. Il a repris à son compte l’héritage de Staline. Il a réhabilité de stalinisme, d’une façon que même ses prédécesseurs communistes n’avaient pas osé envisager.

      Oui, on a non seulement le droit, mais le devoir, de marquer notre infini mépris, non pas pour le peuple russe comme vous le dites avec une malhonnêteté consommée, mais pour le régime mafieux qui opprime ce dernier.

      « Les historiens » ne s’accordent pas à dire que « c’est en Russie que les guerre a été gagnée », d’abord parce qu’une caricature de ce type est stupide et relève de la propagande, et non de l’histoire ; ensuite parce qu’elle fait bon marché du fait qu’avant de « gagner la guerre » (à supposer qu’on soit d’accord avec votre point de vue), la Russie a été co-responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, à égalité avec l’Allemagne nazie. La Russie a commencé par faire la guerre à la France et au monde libre.

      Ce que vous sauriez si vous aviez véritablement lu les ouvrages « des historiens », au lieu de répéter comme un perroquet ce que vous lisez sur les sites de propagande pro-russe.

      Les Russes qui contestent l’interprétation historique que vous venez de donner, ils sont passibles de longues peines de prison. Ça ne vous met pas la puce à l’oreille, concernant la vérité des propos émis par vos soi-disant « historiens », et la distinction qu’il convient de faire entre Poutine et les Russes ?

      Enfin, et surtout, il faut faire payer à Poutine les nombreux crimes qu’il a, lui, commis contre nous, contre la France, contre l’Europe, contre l’Occident, contre nos intérêts fondamentaux, contre notre sûreté nationale, contre notre souveraineté.

      Et aussi, bien sûr, les crimes qu’il a commis contre le droit des gens, contre les règles de bon voisinage admises entre nations, et contre son propre peuple.

      Profitez de vos vacances pour découvrir quelques sources d’information et quelques livres qui ne font pas partie du réseau de désinformation russe, ça vous aérera les idées.

      • Je serai moins radical contre Poutine. D’après mes connaissance ayant des attaches en Russie, le taux d’approbation de Poutine est élevé, y-compris chez ceux qui sont hors du pays. Il ne semble pas que la main de fer du dictateur soit trop pesante au quotidien, selon les témoignage de première main que j’ai pu recueillir. L’exaltation de la « grande guerre patriotique » (WW2) est une attitude typiquement russe, qui consiste à s’enivrer de leur propre grandeur. C’est toujours mieux que la Vodka pour oublier le nième virage de la modernisation raté de leur histoire.

      • Cher Jacques Huse de Royaumont,

        Concernant la popularité de Vladimir Poutine, vos sources sont en retard sur l’actualité. Ce que vous dites a été vrai par le passé. C’étaient les fameux « 80 % d’approbation » qu’il recueillait dans les sondages. Dieu sait si ce slogan a été propagé à d’innombrables exemplaires, par tout ce que la France et le monde comptent de sites relais de la désinformation russe.

        Cependant, outre qu’il faut accorder aux sondages faits en régime autoritaire une importance toute relative, vous n’entendez plus ce slogan sur les sites en question. Plus aucun poutinophile ne se hasarde à l’argument prêt à l’emploi : oui, mais les Russes aiment Poutine.

        Il y a à cela une raison bien simple. Les services secrets russes, et la machine de mesures actives du Kremlin en général, ont cessé d’injecter cet « élément de langage » dans les réseaux qu’ils influencent. Comme les poutinistes occidentaux ne font jamais que répéter comme des perroquets ce qu’ils lisent et entendent sur ces sites, le refrain a cessé.

        Et il y a à cela une raison bien simple : ce n’est plus vrai, et c’est tellement faux que le risque de démenti serait bien trop grand. La popularité de Poutine s’est littéralement effondrée au fil des années.

        Déjà, au temps des scores staliniens de Poutine, il fallait distinguer entre les sondages (très nombreux sur ce point en Russie). Si la question traditionnelle sur la popularité du président produisait les scores les plus élevés (le fameux 80 % vient de là), lorsque la question était plus précise, par exemple : faites-vous confiance au gouvernement pour mener les politiques qui s’imposent, les réponses positives étaient beaucoup plus faibles. Une différence de l’ordre de plusieurs dizaines de points.

        Lorsqu’on utilise le même instrument de mesure, la même question, posée par le même institut de sondages au fil des décennies, on constate que la baisse de soutien au président est tout à fait spectaculaire. Vous pouvez trouver les chiffres précis sur le site de l’institut Levada, par exemple, le plus réputé des sondeurs russes.

        L’un des derniers sondages publiés a posé une question dont le contenu était, en substance, celui-ci : à quelle personnalité politique faites-vous le plus confiance pour défendre les intérêts du pays ? Il s’agissait d’une question ouverte. Aucun nom n’était suggéré. Celui de Poutine n’a été cité que par 20 % des répondants, en ordre de grandeur (je garantis le chiffre des dizaines). Et ce n’est pas faute de le connaître…

        Voilà pourquoi nos amis poutinophiles français se font si discrets, ces derniers temps.

        Ajoutez à cela les manifestations de rue massives dans la province de Kabharovsk, en ce moment, dans l’extrême-orient russe. Rien que le 11 juillet, on estime que 60 000 personnes ont défilé contre le gouvernement central, dans la capitale et dans d’autres villes. Même en supposant que ce chiffre soit de 30 000 personnes seulement, cela serait l’équivalent d’un million de personnes manifestant à Moscou. D’après un commentateur russe, si un tel épisode survenait, Poutine ne pourrait pas se maintenir au pouvoir.

        Pire : les manifestants évoquent des idées séparatistes. Ils rappellent ouvertement les années 1920 à 1922, où Khabarovsk constitua, de façon éphémère, une république autonome. On entend les slogans : « A bas Poutine ! On est chez nous ! Moscou, dehors ! »

        Dans le journal Vedomosti, le commentateur Alexeï Sakhnin écrit carrément : « La situation est révolutionnaire ».

        Le prétexte des manifestations est la destitution, par le Kremlin, du gouverneur de la province. Non qu’il fut particulièrement exempt de corruption, ou estimé de la population. Mais c’était leur gouverneur, ils l’avaient élu, et Moscou voulait le leur enlever. Dans un ultime acte de provocation, le nouveau gouverneur envoyé par Moscou est un technocrate falot, issu de l’administration centrale, qui n’a jamais mis les pieds à Khabarovsk. Le message est clair : c’est le Kremlin qui commande, et on vous emm…

        C’est d’autant plus inquiétant, pour le régime, que les Russes commencent à manifester dans la rue dans d’autres provinces, en soutien aux protestataires de Khabarovsk. Même le quartier de Tushino, à Moscou, s’y met.

        Pire, Poutine est en train de perdre le soutien de la classe qui lui restait fidèle : les pauvres, les vieux, les moins éduqués, les habitants de la province. Bref… les Gilets jaunes. Sachant que les bobos de Moscou et de Saint-Pétersbourg, eux, font déjà partie des opposants de façon disproportionnée.

        Même l’institut de sondage étatique VTsIOM (dont les chiffres sont réputés manipulés par le pouvoir) reconnaît cette tendance.

        Allez, encore une tartine de m… pour le petit poutinou d’amour : les manifestations de rue se multiplient aussi en Biélorussie, à la veille de l’élection présidentielle. Pourquoi c’est inquiétant, pour le Kremlin ?

        Parce que cela pourrait donner des idées aux Russes. Et aussi parce que cela met le bololo dans un pays que Moscou considère comme une colonie de fait, bien que son président, le dictateur Lukashenko, entretienne une relation d’amour-haine avec Poutine.

        En fait, Lukashenko est plus poutiniste que Poutine. Son régime est bien plus dictatorial que celui de la Russie. Juste pour rigoler, la police politique biélorusse s’appelle toujours… le KGB. Et la Biélorussie est l’un des plus fidèles alliés de la Russie. Mais, et c’est un gros mais, Lukashenko résiste vigoureusement aux tentatives de Poutine d’accroître la sujétion de son pays à Moscou.

        Les commentateurs russes et les russologues étrangers évoquent constamment l’hypothèse d’une invasion de la Biélorussie par la Russie, éventuellement d’une façon hypocrite, comme en Ukraine.

        Dans ce contexte, la plupart des commentateurs russes indépendants estiment que Poutine ne fera qu’accroître la répression et l’autoritarisme. Ce qui a largement commencé depuis plusieurs années.

      • Eh bien, si je ne me trompe, voilà un commentaire qui risque de donner bien du fil à retordre au « Cher Jacques Huse de Royaumont » ?
        En effet, il lui faudra bien du talent, si d’aventure il décidait de défendre la position du « petit poutinou d’amour » mis en pièces par monsieur Marchenoir !

      • Que Mildred se rassure, je ne collectionne pas les peluches du « petit poutinou d’amour » en poils de rennes naturels ! Pour un ancien du KGB non repenti, ce serait malvenu…
        Ce qui confère à Poutine une certaine aura, ce n’est pas la corruption consubstantielle au régime, ni la férocité avec laquelle il traite les téméraires ou les malchanceux qui ont pu lui faire de l’ombre. Ce n’est pas non plus son échec concernant la modernisation de son économie, due d’ailleurs en grande partie à la corruption.
        Ce qui interpelle, chez lui, ce sont deux choses : la défense de la place de la Russie dans le concert des nations et sa résistance aux injonctions du politiquement correct mondialisé. Cela ne dit rien de notre appétence à être dirigé par un personnage aussi inquiétant, mais cela en dit long sur l’exaspération envers nos dirigeants.

  8. @Robert Marchenoir

    Je sentais bien, que devant vous contenter d’un simple « et bonnes vacances », vous seriez frustré, aussi je mentirais si je ne disais pas que c’est à votre intention que j’ai posé mes petites questions.
    La seule inconnue restait le nombre de paragraphes et le nombre d’insultes que contiendrait votre réponse. Eh bien, rassurez-vous, je n’ai pas été déçue ! Et j’imagine que Nathalie et les lecteurs de ce blog auront été heureux aussi, de vous retrouver tel qu’en vous-même !
    Mais si on vous suit, et s’il « faut faire payer à Poutine les nombreux crimes qu’il a commis contre nous, contre la France… », allons-y : déclarons-lui la guerre ! Voilà qui aurait de la gueule ! Après tout ne possédons-nous pas la première armée d’Europe et la force nucléaire, par-dessus le marché ?

    • Il faut avouer, Mildred, que déclarer « les historiens s’accordent à dire que c’est en Russie que la guerre contre Hitler a été gagnée », c’est chercher la polémique (et la trouver) car c’est exactement le fond de la propagande russe sur la WWII.
      Pour moi, les soviétiques dans la guerre, c’est d’abord le pacte Molotov-Ribbentrop de 1939, pacte qui a été rompu non pas du fait de Staline mais parce que Hitler s’est retourné contre son allié (en 1941, opération Barbarossa). Ensuite c’est le massacre de Katyn (1940) et son maquillage en crime de guerre allemand alors que nazis et bolchéviques étaient encore alliés. Et enfin, c’est le fait qu’en 1944, alors que la population de Varsovie était en train de se soulever contre les Allemands, Staline a donné l’ordre à son armée d’attendre à la frontière russo-polonaise que les nazis aient bien achevé leur travail d’anéantissement des élites polonaises afin d’y pénétrer ensuite et d’instaurer la rule communista.
      Alors la Russie soviétique dans la WWII… (je ne parle pas des Russes, qui ont énormément souffert).

      • Les soviétiques et les nazis s’étaient violemment affrontés en Espagne peu de temps avant, ce pacte était donc incongru et n’était que tactique. En le signant, Staline savait qu’il déclenchait une guerre à l’ouest. Il la souhaitait et l’a provoquée. Sa rupture était inévitable, entre deux monstres qui ne concevaient les relations que sur le mode de la domination ou de l’affrontement. Le prix du sang payé par les russes ne dédouane pas Staline de ses responsabilités.

  9. Chère Nathalie,

    Vous allez sans doute encore m’accuser de « chercher la polémique », mais pourquoi parler du « pacte Molotov-Ribbentrop de 1939 » sans en mentionner la cause, c’est-à-dire les Accords de Munich de septembre 1938 où, toute honte bue, Daladier et Chamberlain signèrent avec Hitler et Mussolini, un pacte scellant le sort de la Tchécoslovaquie à un moment où les Soviétiques étaient prêts à se porter au secours des Tchèques à condition que la France suive ?

  10. L’URSS au secours des Tchèques ? Vous remarquerez qu’au final, les Russes ont eu et la Pologne et la Tchécoslovaquie. Je ne suis pas sûre que les Tchécoslovaques ont été enchantés du « secours » soviétique. Printemps de Prague etc.
    Vous avez manifestement toutes les bonnes réponses communistes. J’arrête là car ce n’est pas franchement le sujet de l’article en général ni de la citation de Vassili Grossman. Quant au communisme, il a amplement prouvé sa malfaisance et son inhabilité complète à procurer prospérité, justice et liberté.

  11. En visitant Prague, ville ravissante, au hasard de vos déambulations, vous pourrez apercevoir l’affichette publicitaire sur le Musée du communisme (à deux pas de Václavské náměstí ou Place Venceslas); celle-ci représente une matriochka avec des dents de vampire.

    Ça, c’est fait .

    De l’autre côté de la rivière (Vltava) qui y coule, le quartier de Malá Strana où vous visiterez le Mémorial aux victimes du communisme. Il s’agit d’un escalier qui va en rétrécissant et le long duquel descendent sept silhouettes de bronze. La première, celle du bas, est entière, les autres disparaissant progressivement.

    Je pense qu’ils ont eu leur dose de secours soviétique, en effet..

  12. Les tchèques ont toujours haï les russes avant, pendant et après la 2ème guerre mondiale et toujours maintenant.

    Daladier et Chamberlain ont laissé Hitler envahir la Tchécoslovaquie pour mettre la main sur 500 chars Skoda parmi les meilleurs de l’époque (rebaptisés Panzer) pour réussir la campagne de France menée par Guderian et Rommel .
    Ce sont des faits !

    Jean Lopez fait un point récent sur le rôle des soviétiques dans cette guerre, assez juste il me semble :
    https://www.lefigaro.fr/vox/histoire/la-seconde-guerre-mondiale-a-t-elle-ete-gagnee-a-l-est-20200508

    Et beaucoup oublient que les anglos-américains avaient aussi les fronts pacifique et océan indien qui leur ont aussi coûté très cher. Ils furent au bord de la rupture (bateaux et péniches de débarquement notamment) et les russes n’ont manifesté AUCUNE aide réciproque de ce côté là de la planète !

    Vladimir Poutine manipule l’Histoire sans le moindre scrupule.comme beaucoup d’autres et pas seulement pour cette partie de l’Histoire.

    • Beneš en 1948 comme Dubček 20 ans plus tard souhaitaient une pluralité politique et furent écartés tout aussi promptement au profit de pantins dressés au fil à plomb soviétique.

      L’aide logistique américaine au profit des Russes pendant la 2GM fut déterminante alors que ce salopard de Staline exigeait un second front à l’ouest pour les soulager. Il s’interrogeait d’ailleurs sur les atermoiements anglo-americains à l’ouvrir.
      On pourrait se demander si le D Day n’avait pas été finalement décidé pour contrer l’avancée russe et livrer une course pour le premier à Berlin.

      Churchill était pour serrer la main des Russes, oui mais le plus a l’est possible. Patton estimait que c’était une erreur historique de ne pas arriver les premiers à Berlin et, pourquoi pas, de remettre les Russes à leur place. Curieusement il eut un accident en Forêt Noire.

      Yalta avait distribué les cartes, l’Angleterre était exsangue, Roosevelt mourant. Il fallait expédier la reconstruction et l’ours soviétique avait tiré ses marrons du feu en promettant des élections libres qui n’eurent lieu que 45 ans après.
      D’où une Pologne et une Allemagne déplacées puisque ce furieux entendait maintenir ses revendications de 1939 (pacte Staline-Ribbentrop) sur la Pologne d’alors et son partage, à l’est de la ligne Curzon qui devint la frontière est de la Pologne de 1945, avec une Prusse Orientale gommée pour permettre à ce despote un accès à la Baltique, en jetant des millions de pauvres gens sur les routes.

      Potsdam avait entériné.

      Alors le Poutine qui se permet quelque modification constitutionnelle pour espérer se maintenir jusqu’en 2032 n’a pas mon assentiment et se range parmi ses prédécesseurs peu regrettés
      .
      J’aime la culture russe et sa richesse, pas les ours du Kremlin.

      • @Léo C. Merci,
        J’ajoute: Excuser Stalin en affirmant que son régime était « moins pire » que celui d’Hitler est suffocant : le nombre et la « qualité » des atrocités en Urss est nettement supérieur à celles des nazis, les génocides sont « oubliés » ?

  13. @Léo C
    Certes j’ai bien noté que Poutine n’a pas votre assentiment, mais souffrez de lire ce qu’en dit Héléna Perroud qui lui a consacré un ouvrage intitulé : « Un Russe nommé Poutine ».

    « La plus grande réussite de Poutine aura peut-être été de redonner à ses compatriotes confiance en eux-mêmes et leur faire prendre conscience de leur identité propre, à un moment où les équilibres géopolitiques changent. Ni tout à fait l’Europe ni tout à fait l’Asie, mais une place stratégique au milieu du continent eurasien, à l’image de l’aigle bicéphale du blason de la Russie, qui regarde vers l’ouest et vers l’est. Et qui ne baisse pas la tête. »

    Qui oserait nier que nos compatriotes et nous-mêmes, n’aurions besoin d’un Président qui nous redonne confiance en nos instituions et nous fasse prendre conscience de notre identité propre ?

    Ah j’oubliais. Cette phrase est la conclusion d’un article paru dans le magazine communiste – forcément communiste – Valeurs Actuelles !

  14. Excellente nouvelle, Nathalie ! et poursuit ton rétablissement à la montagne.
    Je reviens de la vallée de Chamonix et c’est plus calme que d’habitude, les cars de touristes étant absents.

  15. Au moment de la chute de l’URSS, après que les hordes d’hommes d’affaires occidentaux, pour certains plus que douteux, aient endossé le rôle de Scylla (une femme pour un jean ou un parfum 1er prix), Poutinet joue Charybde.
    Après un court passage à la corruption, capitalistique voilà que les temps de la prévarication marxienne sont revenus et augmentée de surcroit.

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