Convention citoyenne pour le climat Bonjour la dérive AUTORITAIRE du citoyen CITOYEN !

Les craintes que j’exprimais récemment sur les manœuvres de différents partis ou groupes d’opinion dans le but de faire prévaloir leur point de vue en essayant de le forcer dans le marbre réputé inaltérable de la Constitution n’ont rien de théoriques. La preuve par la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qui adoptait ce week-end son rapport final dans lequel elle préconise notamment d’inscrire les impératifs climatique et écologique dans le texte fondateur de notre République.

Voilà qui devrait enchanter Emmanuel Macron car selon son propre projet de réforme constitutionnelle (qui attend toujours d’être débattu au Parlement), l’article 1er qui a pour objet de définir les contours fondamentaux de notre République serait complété de la façon suivante :

La République française « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques. »

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La CCC reprend la même idée à son compte dans une formulation très semblable pour l’article 1er :

« La République garantit la préservation de la biodiversité, de l’environnement et lutte contre le dérèglement climatique. »

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Mais elle va encore plus loin dans la place fondamentale donnée à la protection de la planète. Voici le texte du préambule et de l’article 1er de la Constitution de 1958 en vigueur actuellement (cliquer pour agrandir) :

La CCC propose d’insérer entre les deux paragraphes actuels du Préambule la précision suivante :

« La conciliation des droits, libertés et principes qui en résultent ne saurait compromettre la préservation de l’environnement, patrimoine commun de l’humanité. »

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Autrement dit, nos libertés publiques et nos droits civils deviendraient intégralement soumis à la préoccupation écologique. La planète d’abord, l’homme ensuite : c’est le renversement du siècle. 

L’évolution naturelle de la conscience écologique qui consiste à inscrire le développement de l’homme de façon aussi harmonieuse que possible dans son environnement sans le ramener aux époques de l’insécurité vivrière est battue en brèche par l’écologie radicale, décroissante et anticapitaliste au nom de la culpabilité initiale et inexpiable de l’homme : la maîtrise du feu, et par extension, la maîtrise progressive de l’énergie qui lui a permis de sortir peu à peu d’une trop courte vie de trop durs labeurs.

La culpabilité n’allant pas sans ses punitions et repentances, nous voilà maintenant avec les 149 propositions la CCC sur les bras – des propositions qui ne parlent que de punir, contraindre, taxer et interdire

Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Cette Convention a été imaginée par Emmanuel Macron à l’issue du grand débat national pour se sortir de la crise des Gilets jaunes. Ces derniers se sont mobilisés d’abord contre l’augmentation prévue (et annulée ensuite) des taxes sur les carburants et ils ont fini par réclamer le retour de l’ISF et une meilleure prise en compte des initiatives dites « citoyennes ». 

Avec la Convention citoyenne pour le Climat constituée de 150 citoyens tirés au sort et cornaqués de près par un comité de gouvernance très écolo-militant, sans doute Macron pensait-il se donner un peu de répit aussi bien du côté des revendications d’inspiration « citoyennes » que du côté des revendications climatiques qui font la une de nos journaux pratiquement tous les jours sous la photo de jolies actrices engagées ou d’adolescentes en colère.

Et ce d’autant plus qu’une sorte de convergence des luttes a fini par s’opérer entre ceux qui pensent à leurs fins de mois et ceux qui pensent à la fin du monde.

Il était dès lors évident que l’influence anticapitaliste serait à son comble au sein de la CCC, d’où la demande de taxation des dividendes (qui ont déjà subi l’impôt sur les sociétés) et la proposition de reconnaissance du crime d’écocide qui en pratique ne pourrait s’appliquer qu’aux entreprises.

De plus, la formulation de la mission confiée à la CCC par le Président de la République ne pouvait que déboucher sur un catalogue de restrictions économiques et comportementales. Il s’agissait en effet de :

« Définir une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990) dans un esprit de justice sociale. »

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Un tel énoncé pousse évidemment à s’en remettre intégralement aux revendications de l’écologisme radical dont l’opinion publique est abreuvée sans répit depuis les conclusions alarmistes du Club de Rome sur The Limits to Growth (Les limites à la croissance, 1972) et surtout depuis que Paris a hébergé la fameuse Conférence climat de décembre 2015 qui a accouché de l’objectif de limitation du réchauffement global à 1,5 °C depuis l’ère pré-industrielle.

C’est ainsi que nos conventionnels demandent par exemple l’interdiction des semences OGM selon le politiquement correct écologique en vogue chez les émules de José Bové. Une jolie façon de fermer le débat sur un sujet prometteur de progrès pour l’homme alors que les affolantes élucubrations de l’étude de Gilles-Éric Séralini sur des rats nourris avec du maïs transgénique NK603 de Monsanto ont été complètement et définitivement invalidées.

Sans compter que le GIEC lui-même reconnaît des avantages aux pratiques d’amélioration génétique des plantes, notamment pour leur permettre de s’adapter à la chaleur et à la sécheresse. Et sans compter qu’au sein du parti Vert allemand, plusieurs élus de premier plan ont publié récemment une tribune commentée par la Süddeutsche Zeitung demandant à leur parti de repenser son attitude « trop bloquée » vis-à-vis du génie génétique et aussi en ce qui concerne l’interprétation du principe de précaution.

Faute de quoi, disent-ils, « l’avenir sera discuté sans nous. »

Exactement ce qui nous attend si l’idéologie écolo-décroissante continue à bénéficier plus longtemps de la présomption de vertu dont elle est actuellement auréolée grâce à l’aimable façade présentée par les carottes bio et les gentilles Amap.

Alors que le Président de la République s’était engagé dès le départ « à reprendre sans filtre » les propositions qui émergeraient de la Convention et alors qu’il était question depuis plusieurs jours d’y faire participer les Français via un référendum à questions multiples, les membres de la CCC ont finalement décidé de ne soumettre à référendum que les deux points de modification de la Constitution et le crime d’écocide. 

« Pour le reste, que le pouvoir prenne ses responsabilités ! » ont décrété les conventionnels. Autrement dit, qu’Emmanuel Macron trouve un moyen de tout reprendre sans en passer par le choix des Français. Selon le Figaro,  les « citoyens » craignaient – tenez-vous bien ! – que les propositions en rapport direct avec la vie quotidienne (limitation de vitesse à 110 km/h sur autoroute, fin des vols intérieurs, etc.) ne soient rejetées !

Il est toujours tristement instructif de voir combien toutes ces personnes « engagées » qui revendiquent hautement de faire valoir leur droit de citoyen via des assises de démocratie participative les plus fréquentes et les plus larges possibles se transforment instantanément en idéologues beaucoup plus soucieux de faire triompher leurs idées que de demander leur avis à ceux qui sont concernés.

Résumons : soumission de notre Constitution à l’impératif écologique et climatique, fin de non-recevoir sur la question des OGM, déni de référendum par crainte que certaines propositions soient rejetées – nos « citoyens » tout émoustillés de faire vivre la démocratie participative n’ont pas mis longtemps à sombrer dans l’autoritarisme de qui sait mieux que vous ce qu’il vous faut et ce que vous devez faire.

D’ailleurs, à votre avis, pourquoi demandent-ils une régulation générale de la publicité ? « Pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation ». Eh oui, chers lecteurs ! Sachez que vous, moi et tous les autres, à l’exception des 150 esprits libres et citoyens de la CCC, sommes absolument incapables de faire nous-mêmes nos choix de vie. Nous sommes des imbéciles facilement impressionnables et influençables qu’il faut impérativement encadrer du matin au soir et de la naissance à la mort.

De ce point de vue, une vraie réussite, la Convention citoyenne pour le climat. Ça promet.


Pour compléter cet article, je vous suggère de lire également :
· Le climat ou le nouvel enjeu de la tentation autoritaire (14 mars 2019)
· A. Barrau : « J’exécrerais évidemment l’avènement d’une dictature, MAIS… » (18/6/19)
· Quand la Constitution se met à ressembler à un tract électoral… (8 juin 2019)


Illustration de couverture : Les 150 membres de la Convention citoyenne pour le Climat adopte leur rapport final, 21 juin 2020. 

25 réflexions sur “Convention citoyenne pour le climat Bonjour la dérive AUTORITAIRE du citoyen CITOYEN !

  1. Bonjour Nathalie,

    Les faux-culs qui président à nos destinées sont décidément dotés d’une imagination débordante et affublés d’une lâcheté sans nom. Les préoccupations premières des GJ initiaux étaient simples : arrêtez de nous em… et de nous taxer à tout va pour satisfaire vos lubies.
    Le salmigondis qui nous est servi dépasse tout ce qu’un esprit malsain peut imaginer. Le Mignon poudré et sa clique pourront toujours se retrancher derrière ces « citoyens » (ce mot me fait horreur) au cas où. Du grand art au royaume de l’hypocrisie institutionnelle. Je suis très pessimiste quant à l’avenir. Jamais le spectre d’une guerre civile n’a été aussi réel. La réflexion qui suit explique peut-être cela : http://fboizard.blogspot.com/2020/06/raoie-publique.html?m=1

    Bonne journée

  2. Merci pour cet article au ton toujours aussi juste. L’écologie punitive est le cheval de Troie des idéologies d’extrême gauche et liberticides. Nous sommes attaqués sur tous les fronts.

  3. On peut rajouter qu’ils n’ont pas travaillé seuls, mais ont été encadrés par des experts qui ont « déminé » les problématiques compliquées et qui ont aidé à rédiger les projets juridiques.

  4. Je propose d’ajouter au préambule de la Constitution un article disant : la République interdit aux casse-couilles de se mêler des affaires publiques. Une fois qu’on aura posé ce principe, on aura déjà déblayé beaucoup de terrain.

    Entendu l’autre jour un débat, sur France Culture, sur « le monde d’après ». Etaient invités des cultureux évaporés (metteur en scène, architecte…) et des activistes de l’environnement. Priscillia Ludosky, la gilette jaune du début, était là aussi. Elle a pu nous régaler de son QI de moule, et tenir l’antenne en brassant du vent sur le thème « il faut se mobiliser… on se mobilise… c’est le collectif… ».

    A noter que Ludosky a déclenché le mouvement des Gilets jaunes en réclamant le droit de brûler plus d’essence (c’était le sens de sa pétition contre la hausse des prix à la pompe), et qu’elle le termine en expliquant à tout le monde qu’il faut brûler moins d’essence, moins se déplacer, moins prendre l’avion, bref faire moins de ce que tout le monde a envie de faire.

    Autant pour la mascarade des « Gilets jaunes du début » qui ont été dévoyés par les méchants gauchistes. Alors que les gentils Gilets jaunes d’origine votaient tous impeccablement Marine Le Pen (paraît-il). Montrez-moi une déclaration de la Noire Priscillia Ludosky s’élevant contre l’immigration de masse, qu’on rigole.

    Sinon, le thème dominant de l’émission c’était la lenteur (côté cultureux) : il faut être plus lents… moins travailler… mais vous continuez à nous donner nos subventions, hein, pas de blagues ! Et côté barjots de la « planète », c’était : maintenant que le déconfinement a commencé, tout le monde se rue sur les terrasses de bistrot, les gens commencent à reconsommer… et ça, c’est pas bien !

    Arrêtez de boire des coups en terrasse, bande de salopards ! Arrêtez d’acheter des trucs ! On vous veut en résidence surveillée, enfermés chez vous, sans avoir le droit de bouger le petit doigt !

    Ca, c’était une idiote belge avec un nom arabe, militante écologiste, qui nous expliquait qu’elle n’était pas contre la violence, qu’il fallait l’utiliser en même temps que la non-violence, et d’ailleurs on fait rien qu’à s’opposer à la violence climatique.

    Sur France Culture, donc. Pas dans Décérébrés Magazine.

    • « On vous veut en résidence surveillée, enfermés chez vous, sans avoir le droit de bouger le petit doigt ! ». J’ai failli en éclate de rire, tellement c’est bien vu. Au final, il faut plutôt en pleurer.

    • « A noter que Ludosky a déclenché le mouvement des Gilets jaunes en réclamant le droit de brûler plus d’essence (c’était le sens de sa pétition contre la hausse des prix à la pompe), et qu’elle le termine en expliquant à tout le monde qu’il faut brûler moins d’essence, moins se déplacer, moins prendre l’avion, bref faire moins de ce que tout le monde a envie de faire. »

      C’est clairement pas incompatible je trouve ! Le droit de « brûler plus d’essence » qui était réclamé par les GJ c’était le droit de pouvoir aller au travail en voiture sans claquer la moitié de son salaire dans le carburant.
      Ne plus prendre l’avion, c’est renoncer à un luxe que seuls quelques privilégiés peuvent s’accorder. Perso, en renonçant à partir faire un voyage au Pérou pour préférer 2 semaines de rando dans nos belles montagnes françaises, je ne pense pas avoir fait un sacrifice démesuré pour mon petit confort … parce que oui, l’avion c’est du confort (à part peut-être les lille-perpignan), tandis qu’aller au boulot tout les matins c’est nécessaire.
      La consommation d’essence doit bien être un des rares points communs entre les deux.

  5. D’ailleurs, à votre avis, pourquoi demandent-ils une régulation générale de la publicité ? « Pour limiter fortement les incitations quotidiennes et non-choisies à la consommation ». Eh oui, chers lecteurs ! Sachez que vous, moi et tous les autres, à l’exception des 150 esprits libres et citoyens de la CCC, sommes absolument incapables de faire nous-mêmes nos choix de vie…..

    Heureux qui comme Ulysse…. a un QI comme le vôtre lui permettant de ne pas entendre les sollicitations des sirènes des publicitaires.

    Pensez-vous que le Pékin moyen soit aussi bien armé que vous ? Non je ne pense pas que tout un chacun (une énorme majorité) soit en mesure d’être totalement autonome dans le choix de sa vie.

    • classique… Vous êtes « absolument incapables de faire (vous)-mêmes (vos) choix de vie….. » et vous reportez sur le « pékin moyen » cet état de fait. Egoïsme collectiviste à l’état pur, qui marque l’inverse de la pensée libérale.

      Personne n’est en mesure d’être totalement autonome dans le choix de sa vie. Il y aura toujours un moment où ça coince, pour mille et une raisons. Mais l’important est que toute personne puisse exercer son libre arbitre. Elle doit rester libre de son choix, afin d’être qualifiée de personne « responsable » et donc « libre ». Aucune personne ne peut être décrétée libre sans responsabilité, ni responsable sans liberté.
      Or l’état français, au travers de ces multiples saloperies de comités, sépare bien les rôles : il s’octroie la liberté de décider pour vous, tout en vous décrétant responsable (surtout financièrement).

      • Mais avec la puissance du marketing actuel, a-t-on vraiment encore un libre arbitre ?

        https://www.youtube.com/watch?v=pcwrMebPz-w

        Cette petite vidéo sur Bernays montre à quel point les techniques de marketing sont capables de faire évoluer non plus les choix mais jusqu’aux mentalités …
        Un jour on finira par tous être pour l’IVG quand une entreprise décidera d’en faire la pub …

  6. Nous sommes soumis à des fous, mais comment faire taire ces débiles partout au pouvoir, artistes de pacotille, médias crétins, et politiques trouillards.
    De l’ordre et du bon-sens est-ce si difficile à mettre en oeuvre?

    • Ca me rappelle une blague lue quelque part à propos du bon sens.

      C’est un anglais qui à qui ont parlait de décision manquant de bon sens (« common sense » en anglais) et qui répondait « si le common sense était si « common », tout le monde en serait doté. Or, c’est loin d’être le cas. »

      Voilà pourquoi c’est si difficile à mettre en oeuvre 😉

  7. Je reviens sur un fait central, que je n’avais pas bien perçu : le refus des « conventionnels » de soumettre leurs propositions à référendum (sauf deux).

    Une preuve de plus de l’arnaque que constituaient les salades sur « les gentils Gilets jaunes du début ». On nous a suffisamment expliqué que les Gilets jaunes, c’était le Peuple lui-même, par opposition au 1 % des élites.

    Or, ces gens-là ont été tirés au sort, et ils étaient censés transcrire la voix des Gilets jaunes en propositions concrètes. On voit donc bien que le Peuple lui-même, les Gilets Jaunes AOC Du Début, sont des autoritaristes comme les autres, comme les méchantes élites qui nous gouvernent. Ça se voyait à l’oeil nu dès le début, mais bon.

    De plus, je suis estomaqué de constater que ce sont ces 150 gaziers tirés au sort qui décident, eux-mêmes, si leurs propositions seront, ou non, soumises à référendum. Cela me paraît complètement contraire à tous les principes constitutionnels d’une démocratie. Cela viole la séparation des pouvoirs à un point qui dépasse l’entendement.

    Vous ne pouvez pas, à la fois, confier des pouvoirs quasi-législatifs à un corps constitué, même occasionnel, même créé sur des bases baroques, et donner la latitude, à ce même corps, de décider, de son propre chef, comment ses propositions s’inscriront, ou pas, dans la loi !

    Et en plus, après coup ! Sur la base des propositions en question ! En vertu de considérations opportunistes selon lesquelles telle ou telle proposition n’a aucune chance d’être votée par les Français (donc on ne la soumet pas à référendum), mais telle autre devrait passer (donc on demande un référendum pour celle-là).

    Je ne suis pas historien du droit constitutionnel, mais je suppose, j’espère, que cette corporation a le poil qui se hérisse.

    • A quoi se bornent les référendums en France, lorsque cette consultation nationale est ouverte ?

      A choisir les couleurs des abribus nouvelle génération et consorts. Tant que ça ne bouleverse pas trop la vie publique et l’ordre en place.
      On vous donne cette impression citoyenne de pouvoir influencer la vie politique qui n’est qu’un leurre de plus.

      Un peu comme cette fumisterie de Grand Débat qui a fini aux ch….. , dont on ne tiendra jamais comptable le poudré.

      Quand c’est plus sérieux, soit ça présage d’une issue favorable pour les initiateurs et on laisse passer soit c’est Lisbonne 2005, résultat auquel ils ne devaient s’attendre.

      Il y a fort longtemps qu’ils s’essuient tous les pieds sur nos droits constitutionnels et que notre voix ne porte plus.
      Ça ne peut se finir que mal et dans la rue. Ça ne se fera pas en jaune cette fois mais à la Tchétchène. Je crois que nous en avons eu un avant-goût.

      Je ne vois pas ce qui pourrait inverser cela. Ou qui.

  8. Je ne suis pas un amateur de l’humour noir, mais celle-là, ( la blague CCC ) est arrivé à me faire rire ! Ils ont repoussé les limites de la connerie au-delà de notre galaxie. Macron a dit prendre les propositions « sans filtre »…eh, comment va-t-il faire ? D’un autre côté, si les Français acceptent cela, on ne sait jamais, je leur conseille de faire un tour au Venezuela pour se préparer à leur futur.
    Talleyrand disait « Tout ce qui est excessif est insignifiant », on est dans ce cas-là.

  9. D’abord le tirage au sort, quel que soit son mécanisme, il aurait été intéressant de connaitre la tendance politique de chacun des citoyens membres de la convention (ça se fait dans certains sondages). Bizarre, il paraît que Daniel Cohn-Bendit aurait été tiré et a décliné immédiatement.

    Ensuite c’est le choix de ceux qui ont animé, influencé, contrôlé le travail. On trouve deux co-présidents, dont Therry Pech, directeur général de Terra Nova et Laurence Tubiana qui a été négociatrice de l’Accord de Paris sur le climat, (COP21) et 12 personnalités « extérieures » Jean Jouzel (Prix Nobel de la Paix 2007). La liste complète, assez renversante est ici :
    https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/comite-gourvernance/

    On ne peut pas s’empêcher de soupçonner que les membres de la convention auraient subi quelques influences ou au moins auraient été encouragés à se lâcher. Évidemment ne figure aucun économiste juste pour analyser en direct les conséquences pratiques, un brun d’évaluation financière (budgétaire et fiscale et à l’occasion pour les citoyens), la faisabilité technique, l’organisation dans le temps (le contrecycle éventuel avec la pandémie). Mais là il s’agit d’un autre monde horrible, capitaliste. Bon c‘est vrai qu’après le discours d’un président qui a dit « quoi qu’il en coûte », on ne va pas finasser.

    « interdire, taxer, obliger », va falloir maintenant triturer la cohérence de notre constitution. Le plus gros c’est l’écocide : « adopter une loi qui pénalise le crime d’écocide pour sauvegarder les écosystèmes ». Cela veut dire qu’écraser une mouche, jeter le mégot de mon cigare dans l’herbe sera passible d’une mise en examen. D’avance je suis mort ! Ou alors me proposera-t-on un camp de rééducation à la Pol Pot…

    Si par malheur (hélas tout est possible par les temps qui courent) un référendum devait sortir des élucubrations de cette réflexion « citoyenne », je sais déjà quelle serait ma position…

      • Il faut dire que c’est totalement hallucinant. Encore un coup du « plus c’est gros plus ça passe » !
        De plus, les citoyens en question n’ont pas vraiment été tirés au sort. IIs ont été « composés » afin d’obtenir une sorte de représentativité de la société (âges, CSP, régions, H/F, etc.).
        Beaucoup ont été contactés, certains ont décliné et on peut supposer que ceux qui ont accepté se sentaient plus motivés, plus militants, plus enclins à pousser des idées écolos pour faire baisser les émissions de GES de 40 %. Entre les 150 « citoyens » et le comité de gouvernance, on ne pouvait qu’aboutir à ce brouet écolo-autoritaire.

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