UK : Boris made it brilliantly !

Mes plus anciens lecteurs le savent, je vois le rapprochement des pays d’Europe comme une sorte de « prodige » historique à préserver – et améliorer. Mais à choisir entre le Brexit avec Boris Johnson et le Remain avec Jeremy Corbyn, je n’hésite pas : Bravo Boris !

Quelle magnifique victoire pour le Premier ministre conservateur du Royaume-Uni Boris Johnson ! À l’issue des élections législatives anticipées du jeudi 12 décembre 2019 qu’il avait convoquées afin de sortir de trois ans d’impasse intenable sur le Brexit, il offre à son parti une majorité absolue en sièges d’une ampleur inconnue depuis l’époque de Margaret Thatcher, il dynamite en beauté le Parti travailliste de son premier opposant Jeremy Corbyn et il se retrouve les mains libres pour faire ratifier par le Parlement l’accord de sortie qu’il a négocié cet automne avec l’Union européenne (UE).

RÉSULTATS  DÉFINITIFS
(Source : BBC)

Participation : 67,3 %

Glossaire : CON : Conservateurs – LAB : Travaillistes – SNP : Parti national écossais – LD : Lib-Dem – DUP : Democratic Unionist Party (Irlande du Nord) – GRN : Verts – BRX : Brexit Party (Nigel Farage) – OTH : autres.

Résultats en sièges :
Il ya 650 sièges à pourvoir et la majorité absolue est à 326 sièges.

Résultats en voix :                               Gains ou pertes en voix depuis 2017 :

   

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Les nouveaux députés devant faire leur rentrée parlementaire dès mardi 17 décembre prochain, il n’est pas impossible qu’ils se prononcent sur l’accord de sortie de l’UE avant Noël. Dans ces conditions, le Brexit pourrait avoir lieu d’ici le 31 janvier 2020, date de la nouvelle échéance accordée au Royaume-Uni, et Boris Johnson pourrait dès lors se consacrer enfin aux « priorités du peuple britannique », ainsi qu’il l’a rappelé dans le discours qu’il a donné après l’élection depuis sa circonscription d’Uxbridge (vidéo, à partir de 02′ 10″) :

« This one-nation conservative government has been given a powerful new mandate : to get Brexit done, and not just to get Brexit done, but to unite this country and to take it forward, and to focus on the priorities of the British people, and above all on the NHS. »
Ce gouvernement conservateur a reçu un nouveau mandat fort : réaliser le Brexit, et pas simplement réaliser le Brexit, mais unir ce pays, le faire aller de l’avant et se concentrer sur les priorités du peuple britannique, et par-dessus tout sur le NHS. (Service national de santé).

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Le système de santé britannique, entièrement gratuit, figure parmi les plus collectivisés du monde – encore plus qu’en France si c’est possible – et il brille également par son mauvais fonctionnement et ses déficiences multiples. Véritable totem intouchable aux yeux des Anglais, il s’est retrouvé au cœur de la campagne du Brexit : tout ce qui n’ira plus en contribution financière vers l’UE sera redirigé vers le NHS. Boris Johnson a d’ailleurs répété hier qu’il allait embaucher 50 000 infirmières et construire 40 hôpitaux.

Typiquement une politique qui cherche à réparer ce qui ne marche pas par encore plus de ce qui ne marche pas. C’est là que mon petit tropisme libéral commence à me faire dire que le surplus de dépenses publiques envisagées, donc le surplus d’étatisation qui en découlera automatiquement, représente peut-être un coût exagéré par rapport aux éventuels bénéfices du Brexit en matière de contrôle retrouvé sur la législation, les frontières, la monnaie et les échanges commerciaux.

Mais Boris Johnson ne peut ignorer qu’il doit aussi sa belle victoire à de nombreux votes d’électeurs travaillistes en quête de Brexit qui ont contribué à faire basculer chez les Conservateurs des circonscriptions traditionnellement implantées à gauche, notamment dans le Nord de l’Angleterre.

Imaginant dans son discours de victoire (voir vidéo en fin d’article) combien la main de ces électeurs avait dû « trembler » au moment où ils cochaient pour la première fois – et peut-être la dernière – la case du Parti conservateur, il leur a assuré qu’il se faisait un devoir de leur prouver qu’ils avaient eu raison de voter pour lui. Comment gagne-t-on le soutien d’un ancien électeur travailliste ? En parlant libéralisme comme Margaret Thatcher ou en flattant certaines positions collectivistes bien ancrées à gauche ?

Mais il est vrai aussi que la chute de la maison Corbyn n’est pas qu’une question de Brexit. Si, au moment du vote de 2016, la position du Parti travailliste était effectivement du côté du maintien dans l’UE et si, lors de cette campagne législative, il était vaguement question de réorganiser un référendum sur le sujet, ce qui retardait et embrouillait encore plus la réalisation du Brexit demandé depuis 3 ans, d’autres éléments liés à la vie du parti et à sa ligne politique sont entrés en ligne de compte.

La personnalité même de Jeremy Corbyn, personnage férocement stalinien et antisémite, associée à un programme d’une telle radicalité que c’en est un véritable ascenseur pour la faillite (pas loin de 500 milliards d’euros de dépenses publiques en plus – on voit d’ici la tête des impôts et de la dette) a fait fuir nombre d’électeurs qui se sentaient proches du « New Labour » de Tony Blair, une aile du Parti travailliste qui n’a jamais remis en cause les réformes de Margaret Thatcher… Il est donc permis de penser que Boris Johnson dispose, s’il le veut, d’une certaine « latitude libérale » pour obtenir le soutien d’une partie de ses nouveaux électeurs travaillistes.

Aussi, même très attachée à l’idée d’Europe comme je le suis, je préfère mille fois voir le Brexit se faire avec Boris Johnson que voir le Royaume-Uni rester dans l’Union européenne avec une gouvernance Corbyn. Son programme, purement collectiviste, fondé sur des dépenses publiques quasi-illimitées dont on sait qu’elles seront inefficaces entre les mains des pouvoirs publics, n’est pas une promesse de prospérité et de justice pour tous comme il se plait à le dire, mais une assurance d’appauvrissement et de chômage. Il suffit de se reporter au désastre social du Royaume-Uni socialiste des années pré-Thatcher pour s’en convaincre.

L’Union européenne à vingt-sept telle qu’elle sera bientôt n’est déjà que trop encline à vouloir pousser des politiques de grands investissements en piochant dans les excédents budgétaires accumulés par les pays les plus rigoureux dans leur utilisation de l’argent des contribuables. Curieusement, ce sont les pays dépensiers comme la France qui trouvent le plus de vertu à cette idée de pomper dans l’argent des autres tout en laissant la dette s’envoler, modern monetary theory oblige. Dès lors, le maintien d’un Royaume-Uni corbynisé au sein de l’Europe, en poussant encore plus loin l’agenda keynésien, aurait été une véritable catastrophe.

À l’inverse, le Brexit peut être vu comme une occasion de repenser nos relations commerciales avec le Royaume-Uni. Facteur de libéralisme quand il était dans l’UE, il peut devenir un partenaire dont la concurrence à nos frontières nous obligera à plus de rigueur, plus d’innovation et plus de performance pour rester attractifs par rapport aux avances appuyées qui lui viennent des États-Unis.

En ce mois de décembre 2019, le Brexit est donc solidement en piste.

· À Boris Johnson, il ne reste plus qu’à se rappeler qu’avant d’être un débouché naturel du vote travailliste, il est l’héritier de l’esprit libéral britannique et de Margaret Thatcher.

· Aux Européens de l’UE, il ne reste plus qu’à se rappeler qu’ils ont entamé la construction européenne pour fonder un espace de paix, de prospérité, de liberté, de saine concurrence et de libre-échange.

· Et à nous Français, il ne reste plus qu’à nous rappeler que nous avons rejoint ce mouvement afin d’y inscrire une France enfin débarrassée de ses tabous économiques sclérosants.

Voilà qui place encore beaucoup de défis devant nous…

Mais pour l’instant, réjouissons-nous de la défaite plate et sans bavure du collectivisme radical de Jeremy Corbyn, réjouissons-nous que le choix des électeurs britanniques de sortir de l’UE soit enfin respecté, et commençons par dire : Bravo Boris !


Discours de victoire de du Premier ministre britannique Boris Johnson après les élections législatives du 12 décembre 2019 (07′ 40″) :


Illustration de couverture : Le Premier ministre britannique Boris Johnson (Conservateur) quitte son bureau de vote lors des élections générales du 12 décembre 2019. Photo Reuters.

19 réflexions sur “UK : Boris made it brilliantly !

  1. Pour moi ce n’est pas si brillant que ça. Quelle triste similitude entre les USA et la Grande Bretagne. Une gauche gauchiste et une droite conduite par deux tricheurs /menteurs/bouffons/..…

    « Wait and see » : l’écosse est une belle épine dans le pied, mais pire l’Irlande du nord est une poudrière qui peut exploser à la moindre étincelle. Mais comme le but principal de Johnson est de s’accrocher au pouvoir, personnellement, il lui faudra faire des concessions tous azimuth, et il est en position de le faire.

  2. « Aussi très attachée à l’idée de l’Europe comme je le suis… »
    Pourriez-vous nous préciser cette « idée de l’Europe » qui est la vôtre, au moment où le Brexit paraît n’être que la conséquence de l’inexistence d’un véritable projet politique de cette UE, autre qu’organiser le marché unique, sans la moindre légitimité démocratique.

    • Pour avoir une légitimité démocratique, il faudrait qu’il y ait un peuple européen; vous le connaissez?
      Je vois une convergence d’intérêts économiques et sécuritaires mais de là à faire une nation, le fossé est très large.

  3. Bravo au peuple britannique pour avoir préféré le moins pire mais… pour la « one nation » de BoJo, il s’est peut être avancé trop vite: c’est la fin annoncée du Royaume Uni avec une Ecosse quasi entièrement SNP et un DUP désavoué en Irlande du Nord.
    Le Brexit est acté, ouf!, mais n’est pas « done » pour autant; il reste à construire tous leurs partenariats commerciaux dans la limite de la période de transition, sinon… BACKSTOP! or whatever they may call it

  4. Je suis d’autant plus ravi de la victoire massive de Boris (comme disent les Anglais) que j’adore ce type depuis qu’il est journaliste. Il rêvait d’être premier ministre depuis qu’il était gamin, et non seulement il l’est devenu, mais il l’a fait en véritable homme d’Etat.

    Une partie des commentateurs le méprise au prétexte de ses défauts, qui sont réels. Mais ils ne voient pas que les uns sont bénins, que les autres sont des qualités, et que le dernier, le plus grave, il a su le transformer en vertu.

    L’une des choses qu’on lui a le plus reprochées, c’est d’aimer les dames, et d’en changer souvent. En France, c’est une qualité. La légende prétend qu’il ne connaîtrait pas le nombre de ses enfants ; c’est évidemment une flatterie tout à fait exagérée. Pour le première fois, il y a une « official girlfriend » au Number 10. Cela ne saurait nous impressionner, nous qui avons élu François Hollande.

    Au moins Boris a-t-il cassé la vaisselle avec sa girlfriend avant de devenir premier ministre (et la police s’est même pointée chez lui, tellement le fracas a alarmé le voisinage) ; Hollande nous a fait le coup à l’Elysée, ce qui était moins smart.

    On accuse Boris d’avoir beaucoup menti. Quand il était journaliste, et écrivait sur les directives de Bruxelles concernant la courbure des bananes, c’était de l’humour. Dans sa vie politique, c’est une composante du métier.

    L’accusation la plus grave qu’on lui fait, c’est d’être un bouffon dénué de toute conviction. Et, dans une certaine mesure, c’est vrai. Ses trucs pour emballer une salle sont toujours les mêmes, et il a été opposé au Brexit avant de s’en faire le champion.

    Mais il a su faire de ces tares une qualité. Il s’est fixé comme objectif de réaliser le Brexit coûte que coûte, et il y est arrivé. Quant à sa capacité à convaincre n’importe qui, elle est authentique, et il a su la mettre au service de ce qu’il a identifié, à juste titre, comme le but prioritaire : exécuter la volonté démocratique du peuple britannique de sortir de l’Union européenne.

    Boris Johnson est un homme d’Etat, car il sait présenter de façon simple une situation compliquée. Une fois que la décision est prise, tout est mis au service de l’objectif à atteindre.

    Les libéraux pourront s’offusquer de ses promesses de dépense publique, de recrutement d’infirmières (fonctionnaires) et de construction d’hôpitaux (communistes).

    Confronté au marxiste enragé Jeremy Corbyn, qui promettait la lune et qu’il était crucial d’écarter du pouvoir, sous peine de catastrophe, Boris Johnson ne pouvait certes pas proposer un programme de privatisation.

    Les Britanniques sont encore plus amoureux de leur National Health Service que nous de la Sécurité sociale. Même Margaret Thatcher, qui succédait à un gouvernement ultra-étatiste ayant dû mendier l’aide du FMI, n’a pas osé toucher au NHS. Ce n’est pas Boris qui aurait pu le faire.

    Il est caractéristique de constater qu’un éditorialiste libéral britannique conseille maintenant, au premier ministre, d’envisager une timide libéralisation du système de santé ; et que pour ce faire, il désigne comme modèle… le système français !

    Malgré l’augmentation annoncée de la dépense publique, la philosophie du programme de Boris Johson est très claire : il s’agit, d’un côté, de favoriser résolument le libéralisme (« free markets »), pour permettre, de l’autre côté, d’avoir « des services publics performants ».

    Sur le papier, le principe est impeccablement libéral, et nous pourrions avantageusement nous en inspirer. Le reste est « paramétrique », selon le jargon en vogue chez nous actuellement.

    Contrairement au parallèle souvent fait, Boris Johnson ne ressemble que de très loin à Donald Trump. Certes, il fait lui aussi partie de la vague populiste qui déferle sur l’Occident. Mais au-delà, tout les sépare.

    A commencer par son attitude envers les femmes. Boris a beaucoup trompé ses épouses et ses maîtresses. Mais il n’a jamais manifesté, à l’égard du sexe opposé, l’attitude méprisante, voire vulgaire de son homologue américain.

    Ses mensonges relèvent de la politicaillerie ordinaire, pas de la négation systématique de la réalité, comme le mensonge trumpiste qui imite le mensonge poutinien.

    Contrairement à Trump, Boris n’utilise pas la haine et l’insulte comme moteur de son discours politique ; et il ne s’emploie pas à dresser une partie du pays contre l’autre, mais au contraire à l’unifier en présentant un discours optimiste.

    Là où Donald Trump se montre un détestable meneur d’hommes, incapable de faire confiance à ses équipes, congédiant à un rythme infernal les collaborateurs qu’il a lui-même sélectionnés, les traînant dans la boue en public après les avoir portés au pinacle, Boris Johnson sait s’entourer, motiver et déléguer.

    Enfin, le contraste est saisissant entre un Donald Trump sans cesse collé à la télévision et à Twitter, incapable de lire un document de plus de quelques lignes, refusant de lire les rapports de la CIA pour lesquels n’importe quel dirigeant de la panète donnerait bras et jambes, manifestant une sidérante ignorance des dossiers et résolu à la conserver, et un Boris Johnson capable de réciter l’Iliade au pied levé, par coeur et en grec ancien.

    En fait, le plus remarquable chez Boris Johnson, c’est qu’il est la caricature du snob britannique, passé par les meilleures écoles, impeccablement lettré ; et que pourtant, il est capable de susciter l’adhésion immédiate de tous, y compris des plus modestes.

    Son éclatante victoire électorale est due au fait qu’il a massivement rallié l’électorat populaire. Une circonscription qui n’avait jamais voté autre chose que travailliste depuis plus d’un siècle a basculé chez les conservateurs. Cela rappelle Margaret Thatcher, qui, contrairement à ce que nous serinent nos socialistes nationaux, a dû ses trois victoires électorales à un solide soutien de la classe ouvrière. Au-delà, cela rappelle aussi des dirigeants comme Churchill ou Disraeli.

    • C’est l’éloge de « la fin justifie les moyens » ; tant qu’à faire transformons les Poutines, Erdogan et consorts en brillants tacticiens.

      C’est un menteur pathologique et j’ai une aversion viscérale pour les menteurs, les malhonnêtes, les perfides. Dans une fratrie de clowns (Boris, Donald), on peut très bien avoir le méchant et le gentil.

      C’est une sacrée insulte de le comparer à Disraéli, le plus grand de tous, à qui dans ce cas précis on aurait attribué la fameuse phrase « lies, damned lies, and Boris). Tout ce qu’il pourrait avoir de Churchillien est le Churchill des Dardanelles, mais malgré cela et le fait que ce brave homme tellement admiré était un bipolaire et dépressif notoire, il ne lui arrivera pas à la cheville. De Churchill, je possède non sans fierté les quatre tomes originaux de « The World Crisis » couvrant la période 1911-1918 : c’est brillamment écrit et chaque phrase est un délice. On est loin du journaliste Boris décrivant la courbure des bananes.

      Dans cette élection, Johnson a bénéficié du bon alignement des planètes, une d’elle étant le soutient indirect de Nagel Farage, un autre trémolo/alcolo de la politique anglaise.

      Finalement, tout le monde est perdant dans cette histoire du Brexit, mais les plus grands perdants sont les jeunes britanniques, plus éduqués, cosmopolites et ouverts que les vieux nostalgiques de l’empire britannique.

      • Mais Poutine est un excellent tacticien, effectivement. C’est juste un exécrable stratège.

        Quant au mensonge, quel est celui que vous reprochez à Boris Johnson, au juste ? D’avoir promis de tout faire pour obtenir le Brexit, et d’avoir tenu parole ? D’affirmer que la liberté d’entreprendre est essentielle au bien-être d’un peuple ? De dire que la Grande-Bretagne doit être libre de choisir quels immigrants elle admet en son sein, et qu’un pays n’est pas un hôtel ?

  5. Faisons contre mauvaise fortune bon cœur. Feignons la peur du Labour pour cacher la déception de l’écroulement des Lib-Dem.
    Mais alors, pourquoi ne pas dés maintenant soutenir Trump face aux Sanders et Warren ? Ou Biden.

    PS: Relu quelques articles, notamment d’après elections US. Vu les procès de RussiaGate et maintenant UkrainGate, et au vu du rapport de l’IG Horowitz, le satisfecit sur l’exemplarité de H.Clinton à accepter le résultat devrait être réécrit, pour la Vérité.

  6. Bon d’abord ce mec sait faire des synthèses rapides :
    https://www.dailymotion.com/video/x15g6zn
    Je n’arrive pas à me lasser : En une minute et demie, il a dépeint la situation française avec nos professionnels de la politique cumulars et le nombre d’expatriés français à Londres. Tout est dit ! Avec modestie et humour en plus parce que c’est une blague n’est-ce pas. Donc c’est un grand homme !
    Pour les expatriés de Londres dont la situation avec le brexit va devenir terrrrrrriblement compliquée, je parie qu’ils seront encore plus nombreux dans 2 ou 3 ans.

    Faisons faire l’exercice à notre Macron, 3 minutes pour faire la synthèse de la situation française et 3 mn pour annoncer les priorités. Je parie qu’il en serait totalement incapable !
    Nous sommes habitués ainsi que ses homologues étrangers, à des extrêmes longueurs stylées et prétentieuses qui de l’ennui à « en même temps » nous mène très vite à l’incompréhension. Certes il y a du panache mais nous voilà rendu où ? Synthèse et les bonnes priorités d’abord je vous dit.

    Alors vous pouvez les traiter de bouffons BoJo et Trump.
    Pour Trump je suis beaucoup plus indulgent, d’abord parce que c’est l’Amérique et rares sont ceux qu’on ne trouve pas vulgaire, différence de culture, mais surtout parce qu’il avait pour son élection et toujours à ce jour 95 % de la presse contre lui. Et donc il les ridiculise avec des tweets.
    Il a raison de ne pas lire les rapports de la CIA, des milliards jetés aux consultants connivents pour mal renseigner ses prédécesseurs, que d’erreurs accumulées.
    Il n’a aucune confiance dans les machins qui bouffent des milliards, ONU, OTAN, GIEC et lutte contre le réchauffement… Il veille tout doucement pour leur disparition.
    Congédiant à un rythme infernal les collaborateurs, il a raison de drainer le marigot ; qui d’autre pourrait le faire ?
    Simpliste que d’affirmer qu’un Président a pour premier rôle de protéger les citoyens des individus en situation de présence irrégulière sur le territoire ?
    En tout cas chapeau pour ne pas s’être fait assassiner ou frappé d’impeachment ! Et c’est énervant car les résultats sont toujours là :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Les-chiffres-cles/article/USA-grace-a-la-croissance-de-l-economie
    Et dire que le bougre qui n’a même pas de salaire, doit se marrer comme un fou à faire le président ; Bon il dit avoir perdu 1 Mds sur ses affaires personnelles dont il s’occupe de trop loin ; il doit exagérer mais il a dû sûrement perdre des sous.

    Pour BoJo on va voir mais je parie que dans quelques années les deux courbes France-GB du rapport qualité/coût des services de santé se seront croisées à notre désavantage au train où vont les choses. On traverse déjà la méditerranée pour certaines pathologies, ce sera bientôt la Manche !

    Synthèse et pragmatisme opposés à arrogance universaliste et égalitariste pour régir technocratiquement travail, retraite, santé, éducation, causes sociétales futiles, etc… Pourquoi s’aliéner à de telles prétentions qui réitèrent des échecs depuis 40 ans ?

  7. « Congédiant à un rythme infernal les collaborateurs, il a raison de drainer le marigot ; qui d’autre pourrait le faire ? »

    Arrêtez de répéter bêtement ses slogans de campagne. Trump vire ceux qu’il vient d’embaucher. Le « marigot » a bon dos. C’est lui, le nul. Quand un dirigeant est frappé d’un tel turn-over aux postes les plus importants, c’est que c’est lui, l’incapable. Il est la caricature du mauvais manager.

    Il contredit ses collaborateurs les plus proches devant les médias, il les diffame en public (y compris à l’étranger), il n’écoute pas ce qu’ils lui disent, quand il l’écoute il n’en tient pas compte, il annonce le retrait de l’armée de Syrie avant même d’en avoir informé l’état-major, il laisse des dizaines de postes stratégiques vacants pendant des mois… le catalogue ferait des pages et des pages.

    Aucune entreprise ne voudrait de Trump comme cadre moyen, et encore moins comme PDG. Vous remarquerez qu’il n’a jamais été dirigeant salarié.

    Quant à la CIA, non, il faut être fou furieux, irresponsable et méprisant pour refuser les briefings quotidiens du meilleur service de renseignement du monde.

    Et il faut être un traître à sa patrie pour annoncer, face aux médias et à côté de Poutine, qu’on fait plus confiance à l’ex-dirigeant de l’ex-KGB qu’à ses propres services secrets.

    Quant à l’immigration, Trump a une grande gueule, mais il ne fait rien. Le mur n’est toujours pas construit. En revanche, Trump se met à dos la totalité des touristes, des hommes d’affaires et des journalistes du monde entier, en imposant à tous ces gens-là des fouilles électroniques intrusives à la frontière.

    • Le récent rapport (même pas évoqué par nos médias) de Mr Horowitz, inspecteur général du ministère de la Justice est accablant pour les Démocrates et semble bien montrer qu’il y a eu un vrai complot de la part de l’administration Obama aidée par le Ministère de la Justice et le FBI pour essayer de faire tomber un Président légitimement élu. On risque prochainement de retrouver inculpés et bientôt en prison : le chef du FBI, le chef de la CIA, le chef de la NSA, la ministre de la Justice d’Obama et pas mal de sous-fifres,
      Rien que pour ça, la séquence Trump fait du bien !

  8. Cet observateur britannique met l’accent sur un autre défaut de Boris Johnson, très grave, celui-là, pour un homme politique : il a besoin d’être aimé.

    https://capx.co/boris-has-two-key-elements-for-greatness-what-about-the-third

    C’est une chose qui le distingue de Margaret Thatcher, écrit-il, et sur le diagnostic comme sur ses conséquences possibles, on ne peut que lui donner raison. Le risque de céder à la démagogie, au détriment des réformes libérales qui seraient nécessaires, est bien présent.

  9. Allez, encore une petite pour la route. Deux, en fait. Boris Johnson, qui est pourtant né aux Etats-Unis et se montre très fier de ses origines turques, incarne à merveille l’excentricité britannique.

    Réunissant sa majorité de choc de nouveaux députés à la Chambre des communes, pour une photo de famille, il leur a lancé cette exhortation complètement déjantée (et discrètement graveleuse, sans avoir l’air d’y toucher) : « Let the healing fountain of Brexit juices start – let people come together ! ».

    Je me garderai bien de traduire. Débrouillez-vous.

    Bon, il a droit à ce genre de délire pendant 24 heures, mais après, c’est terminé. Au boulot, pépère.

    Maintenant, visez un peu le clodo sur cette photo, pas rasé, hagard…

    https://tinyurl.com/vpptoks

    …vêtu de frusques sorties d’une poubelle…

    https://tinyurl.com/saxnb4a

    …sans doute sur le point de faire un mauvais sort à une jolie femme dans la rue…

    https://tinyurl.com/ua2x7t8

    …le voilà qui rôde à nouveau dans le quartier…

    https://tinyurl.com/qnns972

    …une canette à la main…

    https://tinyurl.com/tz2seo3

    …en sweat à capuche…

    https://tinyurl.com/vm9e8zg

    …mais… mais… que vois-je ? Il ressemble singulièrement au réparateur de ventilateurs, à droite sur la photo, qui acclame Boris Johnson à son entrée au Number 10, lors de sa première nomination comme premier ministre…

    https://tinyurl.com/yx6gpucs

    …saperlipopette ! Il a réussi à se glisser dans le bureau même de Boris Johnson, au fond, à droite, dans le fauteuil, à l’instant même où celui-ci apprend son triomphe aux élections !

    https://tinyurl.com/snojv5k

    C’est Dominic Cummings, le conseiller stratégique de Boris Johnson, son gourou électoral, qui est à son patron ce que Patrick Buisson fut à Nicolas Sarkozy !

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