Emma, 38 ans, dessinatrice de BD : Elle pense à la RETRAITE depuis son stage de 3ème !

Un lecteur que je remercie m’a communiqué la documentation diffusée par le syndicat Solidaires Finances publiques afin de motiver les agents à se mettre en grève contre la réforme des retraites à partir de demain jeudi 5 décembre 2019. Parmi les documents proposés, une BD vraiment très… « instructive » de la dessinatrice « engagée » Emma, BD que je me propose aujourd’hui de lire avec vous.

Titre : « C’est quand qu’on arrête ? »

Illustration :

Tout un programme de misère noire, dans le droit fil de la pensée marxiste qui fait du travail un instrument exclusif d’asservissement sans tenir compte du fait qu’il permet d’accéder à l’autonomie, à l’expérience, et, pourquoi pas, à l’innovation et la créativité. Tel le prisonnier, tel l’esclave d’un camp de travail, le travailleur compte les jours qu’il lui reste à faire jusqu’à sa libération – libération qui s’éloigne à chaque nouvelle réforme :

Dire qu’en France, nous en sommes arrivés à 62 ans ! C’est ignoble. Surtout quand on sait que dans pratiquement tous les pays de l’Union européenne, l’âge légal de départ en retraite est… plus élevé !

Emma n’est pas une inconnue pour ce blog. Dans mon article sur le congé paternité « obligatoire », j’avais déjà eu l’occasion de mentionner sa BD dénonçant la « charge mentale » portée exclusivement par les femmes au sein des couples. Qui planifie tout dans la famille ? Qui pense qu’il va falloir racheter du shampoing, débarrasser la table, lancer une lessive, signer les carnets de correspondance ? Les femmes, toujours les femmes, seulement les femmes ! Encore une criante inégalité H/F à redresser d’urgence !

Car oui, Emma (photo) est une militante des « idées féministes et révolutionnaires ». Des Nuits debout aux manifestations des Gilets jaunes en passant par la scandaleuse inaction climatique des gouvernements, elle a fait siens tous les combats politiques de l’ultra-gauche.

Son grand truc, c’est d’arriver à « faire péter le patriarcat en même temps que le capitalisme. » Et si, pour « faire péter », il faut en passer par la casse et les violences de ses amis Black Blocs, pas de problème !

« Nos gouvernants ne nous entendent pas quand on défile pacifiquement. Cela ne me dérange pas qu’il y ait parfois un peu de casse si cela peut faire avancer la cause du peuple. »

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Aujourd’hui, nouveau combat. Il faut faire tomber la réforme des retraites parce que :

« C’est le coup final porté à la solidarité intergénérationnelle ».

Et hop, nouvelle BD réalisée avec l’aide des « camarades du NPA », c’est-à-dire le Nouveau parti anticapitaliste de Besancenot et Poutou, et bien recyclée chez tous les syndicats de gauche.

Or pour eux, il existe un dogme absolument intouchable : la retraite par répartition, c’est bien parce que c’est collectif, et collectif, c’est bien parce que cela signifie solidarité entre les générations. Tandis que la retraite par capitalisation, c’est mal parce que c’est individuel. Individuel, donc égoïste, donc motivé par le seul profit personnel, donc synonyme d’aliénation et d’exploitation des travailleurs. Comme tous les dogmes, il n’y a rien à démontrer. C’est comme ça.

Le système actuel a beau n’être qu’une « maigre compensation à une vie d’exploitation dans des conditions souvent difficiles », c’est toujours mieux que la terrible capitalisation turbo-libérale – dont disposent pourtant certains régimes de retraite autonomes(*) comme celui des pharmaciens par exemple, avec la ferme intention de conserver ce qui leur donne accès à de bien meilleures retraites. Mais l’idéologie se fiche du réel. Mieux vaut de mauvaises retraites collectives (surtout quand on fait partie des groupes qui ont obtenu moult privilèges au fil du temps) que de bonnes retraites individuelles.

À noter que le gouvernement n’a nulle intention de libéraliser le système des retraites. Comme tous les gouvernements précédents, il se flatte que les Français ont un sens de la « justice » plus exacerbé qu’ailleurs et qu’ils sont « très attachés » à leur modèle social. Il se contente donc d’ajuster quelques paramètres (âge de départ, trimestres cotisés) et de lisser certains avantages inexplicables du secteur public pour essayer de maintenir la bête en état de fonctionnement quelques années de plus.

Avec le gimmick de la « simplification » des 42 régimes, il s’arrange même pour faire tomber les excédents des régimes autonomes(*) dans les caisses de l’État ! On a vu plus libéral et surtout, on voit se confirmer qu’en France, la solidarité, c’est le vol !

Mais selon Emma & Co, la casse sociale est une fois de plus en marche. La réforme n’a pas d’autre but que de déboucher sur de plus faibles pensions qui pousseront alors les gens à se tourner vers des assurances complémentaires, prélude funeste à la fin du système par répartition au profit du système par capitalisation.

Impossible de laisser passer ça ! Vous vous imaginez tous les bénéfices que les assureurs vont faire entre le moment où on place son argent et celui où on le touchera !

Profits, bénéfices : l’horreur ! Là encore, pas d’explication, pas de raisonnement, mais du bon gros dogme anticapitaliste : les profits, c’est mal. D’ailleurs, c’est connu, alors que les travailleurs triment comme des bêtes et font des gains de productivité, ceux-ci sont convertis en dividendes pour les actionnaires et ensuite en yachts de luxe :

Comme si les salariés n’avaient pas été payés auparavant. Comme si l’entreprise ne réinvestissait jamais ses bénéfices. Comme si les actionnaires ne réinvestissaient jamais leurs dividendes.

En début d’année, l’économiste Patrick Artus faisait justement remarquer que la progression générale des salaires était supérieure à celle de la productivité. De son côté, l’Institut économique Molinari a calculé que 71 % des 338 milliards d’euros de valeur créée par le CAC 40 en 2016 sont revenus aux salariés sous forme de rémunération, de primes et de protection sociale, 20 % étant tombés dans la poche de l’Etat via la fiscalité et 9 % seulement dans celle de leurs actionnaires.

On est très loin de l’image du capitalisme mortellement exploiteur véhiculée par Emma, le NPA et autres Solidaires. Mais peu importe, il faut absolument empêcher les entreprises de faire des profits. Bon courage pour trouver des actionnaires dans ces conditions et bonjour les faillites et le chômage ! Sans compter que si les assureurs font des profits, il faut croire que leurs clients sont plutôt satisfaits du rendement de leurs placements, retraite ou autres.

Mais il faut dire qu’Emma a un rapport au travail vraiment très particulier – et très noir. N’y voyant qu’aliénation et exploitation des travailleurs, elle s’est mise à penser à la retraite dès son stage de 3ème d’immersion en entreprise :


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L’idée qu’elle va devoir travailler toute sa vie l’obsède tellement depuis toujours qu’elle en a même fait une dépression à l’âge de 10 ans. Cette situation particulière n’est pas sans rappeler celle de Greta Thunberg qui a aussi fait une grave dépression dans son enfance à force de regarder des documentaires sur la fonte des glaciers et la disparition des ours polaires. Il n’est pas certain que cela prédispose à une vision sereine du monde du travail pour l’une et du changement climatique pour l’autre.

Depuis, Emma s’était efforcée de considérer que chaque fois qu’elle réussissait quelque chose – passer du bac ES au BTS informatique puis au diplôme d’ingénieur en informatique – c’était une confirmation du pouvoir de la volonté personnelle. Mais quand les choses ont commencé à devenir compliquées pour elle, elle a trouvé de quoi s’exonérer de toute responsabilité ou de toute erreur d’orientation :

« J’ai rencontré des ami·e·s politisé·e·s qui m’ont aidée à analyser la situation et à réaliser que si je rencontrais autant de difficultés, c’est d’abord parce que j’étais une femme. »

Simple et pratique, n’est-ce pas ? Et en contradiction flagrante avec son succès actuel de blogueuse et dessinatrice (Sa page Facebook a 327 000 abonnés).

Il est un point cependant où elle n’a pas tort, mais sans en tirer les conséquences qui s’imposent : la retraite par répartition place les travailleurs en situation de dépendance totale vis-à-vis des pouvoirs publics :

Ce n’est pas nouveau. Retraite par points ou pas, c’est bel et bien le gouvernement qui décide in fine de la revalorisation des pensions en fonction de ses équilibres financiers, ainsi que les retraités ont pu s’en rendre compte récemment : il fut décidé que les pensions augmenteraient de 0,3 % seulement en 2019 et 2020, soit bien moins que l’inflation prévue à 1,4 % (finalement de l’ordre de 1 % en 2019).

Mais pour Emma et tous les collectivistes, ce n’est certainement pas une raison pour abandonner ce système. C’est au contraire une raison pour militer, bloquer, faire grève et revendiquer encore afin de conserver voire étendre tous les intérêts catégoriels obtenus de cette façon auparavant.

C’est pourquoi il est très amusant de lire dans les commentaires qui s’alignent sous son article de blog que tel boulanger qui n’avait pas pu cotiser au régime général s’est créé sa retraite, celle de son fils et celle de son petit-fils en achetant de l’immobilier :

Au final, nous dit le commentateur :

« Ben l’Etat a tellement merdé sur le système général que c’est sa méthode « à l’ancienne » (celle, personnelle, du boulanger) qui s’avère tristement efficace. 😦Déprimant. »

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Déprimant, c’est le mot, même si ma déprime est très différente de celle du commentateur : quand est-ce que les Français se décideront à additionner deux et deux au lieu de continuer à rêver vainement à une solidarité et à une justice que leur collectivisme viscéral est par nature incapable de leur procurer ?


(*) Régimes autonomes : à ne pas confondre avec les régimes spéciaux de la SNCF ou de la RATP. Ces derniers sont financés par les impôts de tout le monde, tandis que les premiers sont financés par les cotisations des bénéficiaires.

Remarque : J’ai bien noté que la BD d’Emma sur les retraites « est en libre accès pour toute utilisation militante ». Idem pour cet article !


Pour compléter la réflexion sur les retraites, je vous invite à lire Retraites : changer le système. Mais vraiment. (mars 2019)


Illustration de couverture : La réforme des retraites en BD selon la dessinatrice Emma et le syndicat Solidaires.

20 réflexions sur “Emma, 38 ans, dessinatrice de BD : Elle pense à la RETRAITE depuis son stage de 3ème !

  1. Excellent !
    Ajoutons que ces militants du NPA n’en sont pas à une contradiction près puisqu’ils revendiquent le maintien du système répartition au nom de la dogmatique « solidarité intergénérationnelle », ce qui devrait mécaniquement ajuster le montant global des retraites de l’année sur celui des cotisations des actifs de l’année…. c’est-à-dire faire baisser les retraites lorsque le nombre d’actifs diminue (conjoncture et chômage) ou lorsque l’espérance de vie des retraités augmente.
    Ce n’est bien entendu pas ce qu’ ils veulent ! ce qu’ ils veulent, c’est un système de répartition avec effet de « cliquet » qui empêche les retraites de baisser y compris lorsque cette belle mécanique théorique l’imposerait.
    Et donc on finance comment le delta ?
    Pas compliqué au NPA, mais surtout on ne le dit pas, soit on emprunte et donc on augmente la dette ce qui n’est quand même pas terrible au plan intergénérationnel, soit on augmente le taux de cotisation et/ou on réduit les pensions, soit on taxe les riches..

  2. Je trouve très tristes ces millions de personnes qui vivent le travail comme une aliénation. Je trouve très tristes ces foules qui rêvent d’un avenir idéalisé et méprisent leur quotidien. Ils se gâchent la vie à force de la dénigrer. Ils se dévalorisent eux-mêmes en crachant sur ce qu’ils sont devenus. Ils ne voient que le mauvais côté de leur vie présente. Ils n’ont toujours pas compris ce que les philosophes nous ont appris depuis l’antiquité: carpe diem!

    A contrario j’admire et je cite en exemples certaines personnes de mon entourage qui choisissent leur vie. Ils trouvent du travail même sans diplôme. Si leur boulot ne leur plait plus, ils en changent. Leur vie n’est pas forcément facile, mais au moins ils la vivent pleinement!

    • +1
      Libres à ceux qui refusent l’exploitation du grd capital de s’acheter un petit lopin de terre au fin fond de la France, de cultiver et d’en vivre. Mais je ne suis pas sûr qu’à y regarder de près, ils ne préféreront pas le salariat du grd capital quitte à cracher dessus.

  3. bonjour
    ci dessous, un échange (lointain rapport avec le billet du jour) pour illustrer le degré de folie administrative auquel nous en sommes arrivés dans ce pays
    *
    Question posée à l’administration :
    Bonjour

    Nous venons de recevoir notre CFE et nous avons une interrogation : pourquoi une différence de la valeur locative entre l’avis taxes foncières et l’avis CFE (documents joints) :
    -taxes foncières 6 480.00 €
    -CFE 6 925.00 €

    Merci de votre réponse par retour

    Cordialement
    *
    Réponse reçue de l’administration :

    Bonjour
    pour répondre à votre question : dans le cadre de la Révision des valeurs locatives, plusieurs dispositifs ont été mis en oeuvre pour atténuer les impacts de la réforme.

    La valeur locative révisée brute (surface x tarif x coefficient de localisation) n’est pas utilisée directement dans la détermination de la base d’imposition. Deux dispositifs sont successivement appliqués pour obtenir la valeur locative révisée nette qui permet de calculer la cotisation.

    Le dispositif de la neutralisation

    La neutralisation consiste à éviter, que dans l’attente de la révision des valeurs locatives des locaux d’habitation, les locaux professionnels ne pâtissent de la hausse de leur valeur locative brute révisée. L’application d’un coefficient de neutralisation à la valeur locative brute révisée de chaque local professionnel permet de maintenir la proportion contributive des locaux professionnels avant et après la révision. En 2017, un coefficient de neutralisation a été déterminé une seule fois pour chaque impôt et chaque niveau de collectivité.

    Coefficient de neutralisation = base imposable calculée avec les données 70/base imposable calculée avec les données révisées.

    Le dispositif de planchonnement

    Le planchonnement a pour objet de limiter les variations, sans les éliminer, en diminuant de moitié, (tant à la hausse qu’à la baisse), l’écart entre l’ancienne VL70 2017 et la valeur locative révisée neutralisée pour chaque local. Le planchonnement a été calculé une seule fois en 2017 pour chaque local existant au 01/01/2017 et sera appliqué sur une période de 10 ans.

    Les étapes de calcul des bases d’imposition

    1ère étape : calcul de la valeur locative brute (VLB)

    VLB = tarif de la catégorie du local au sein du secteur d’évaluation de situation du bien x surface pondérée du local (x coefficient de localisation)

    2ème étape : calcul d’une valeur locative neutralisée (VLN) (différente selon les collectivités)

    VLN = VLB x coefficient de neutralisation

    3ème étape : calcul d’une valeur locative brute planchonnée (VLP) (différente selon les collectivités)

    VLP = VLN + ou – planchonnement

    4ème étape : calcul de la base d’imposition (différente selon les collectivités)

    Base imposée = VLP/2

    Base d’imposition à la taxe foncière pour la part communale de votre local :

    VLB : 153,3 € x 180 m² x 1 = 27594
    VLN : 27594 x 0,325482 = 8981
    Le montant du planchonnement est de : + 3978 €
    VLP : 8981 + 3978 = 12959 €
    La base d’imposition est égale à 12959/2 soit 6480 € en ce qui concerne la taxe foncière

    Pour la CFE la VL révisée brute est de 27594 et de 27594 x 0.173741 coeff neutralisation soit = 4794.
    Le planchonnement calculé est de 2131 € soit une base de 4794 + 2131 = 6925.

    Donc pour résumer, le coefficient de neutralisation est différent pour le calcul des bases de TF et de CFE et le planchonnement est différent également.

    Merci de votre compréhension pour le délai de réponse.

    Sincères salutations

    • Le dispositif de planchonnement ?… mais oui, ils ont osé.

      Lorsque des fonctionnaires des finances sont autorisés à inventer des mots sans encourir la peine de mort, tout le reste suit.

      Imaginez le nombre de types payés par vos impôts qui est nécessaire pour concevoir, puis expliquer, l’usine à gaz ci-dessus.

    • Ah tiens, je n’avais pas vu ça :

      « Merci de votre compréhension pour le délai de réponse. »

      Oui, effectivement. Parce qu’on n’est pas aux pièces, hein. C’est pas l’exploitation ultra-libérale et la course au profit, chez nous.

      • Ceci étant, la forme est extrêmement polie, et le fond répond parfaitement à la question posée (pour autant que je puisse en juger, n’étant moi-même ni un spécialiste ni un passionné de cette matière ardue). Mon caractère naturellement optimiste me pousse à penser que la personne qui a commis cette réponse s’est fait plaisir en l’écrivant, car si on la lit au deuxième degré, c’est un sketch… après tout, même un fonctionnaire des impôts est un être humain, créature de Dieu, et aimée de Dieu. D’ailleurs un publicain faisait partie des disciples du Christ. Bref, à mon avis, il a montré sa lettre à ses collègues avant de l’envoyer, et ils se sont bien marré devant la machine à café…

  4. Je ne sais si c’est avec un regard marxiste que j’ai lu ma dernière feuille d’imposition, mais je n’ai pu que constater que mon revenu imposable avait diminué de 1 000 euros par rapport à la précédente.
    Il semblerait donc que les pensions de reversion n’ont pas eu besoin de la réforme pour commencer à diminuer.

    • C’est exactement ce que dit l’article, et je ne crois pas que l’auteur soit marxiste.

      Vous avez l’air de considérer que marxiste = j’ai plus de pognon dans ma poche et que libéral = j’en ai moins. L’article explique justement le contraire.

      Retraite par répartition = zéro épargne, 0 % d’intérêts.

      Retraite par capitalisation = épargne sur toute une vie, intérêts composés sur 40 ans et plus.

      A votre avis, dans quel cas votre pension, imposable ou non, sera la plus élevée ?

      C’est de l’arithmétique assez simple, vous savez. Mais vous avez toujours la liberté d’être « contre » les mathématiques. Ou « contre » l’économie. Vous en avez le résultat sur votre feuille d’impôt, mais vous refusez de comprendre.

  5. Tous les blablas et gribouillis de la « dessinateuse » n’ont qu’un seul objectif: se faire entretenir par les autres, comme tout bon anticapitaliste qui se respecte… Tout en donnant des leçons d’altruisme aux autres, cela va sans dire.

  6. Merci pour ce billet ! Ce qu’il ne dit pas toutefois, sauf erreur, c’est qu’on sait depuis quelques décennies que, dans une économie en régime de croisière (lorsque le taux de rendement des titres financiers (taux d’intérêt ou taux de rendement du capital) égale le taux de croissance de l’économie (règle d’or)), répartition et capitalisation sont des régimes strictement équivalents (pour ceux qui ont fait de l’économie, voir le modèle à générations imbriquées de Maurice Allais et de Paul Samuelson). Que ce soient les actifs d’aujourd’hui qui paient les pensions des retraités d’aujourd’hui ou que chaque actif accumule individuellement des avoirs financiers pendant, disons, 40 ans et qu’il les « revende » aux actifs au moment où il part en retraite pour se payer sa propre pension, c’est le même résultat, le même niveau de pension moyen. Voir par exemple le « Repères » d’Anne Lavigne intitulé Économie des retraites.

    • Comment l’explique-t-on dans le principe ? En admettant que le montant des pensions soit le même, la qualité d’un système de retraite ne se limite pas à ce chiffre. La responsabilité est un facteur essentiel.

  7. @RM c’est toute la différence entre un modèle mathématique et la réalité. Le modèle repose sur des hypothèses précises et permet des calculs incontestables. Dans la réalité les hypothèses ne sont pas toujours vérifiées…

    • Je suis d’accord. On peut peut-être, en théorie, démontrer avec un tableau Excel que la répartition équivaut à la capitalisation (quoique j’aimerais bien voir la démonstration : je ne suis jamais tombé dessus).

      Mais dans la vraie vie, ce n’est pas le tableau Excel qui décide. Avec la répartition, c’est le gouvernement au pouvoir dans quarante ans qui décidera ; et tous ceux en activité d’ici là…

      A qui faites-vous le plus confiance pour assurer vos vieux jours ? A un gouvernement dont les membres ne sont pas encore nés ? Ou à vous-même ?

      L’un des critères de qualité les plus importants pour un système de retraite, c’est la sécurité (qui ne peut jamais être totale, bien entendu). Qui peut croire à la sécurité d’un système entièrement livré à la démagogie de gouvernements successifs ? Lesquels sont élus pour quelques années, alors que la retraite est un enjeu sur toute une vie ?

  8. J’ai assisté à la manifestation à Dijon ce jeudi 5 dec, il y avait du monde et des provocateurs à l’égard des gardes mobiles qui étaient en retrait d’au moins 100 mètres derrière moi. Les provocateurs étaient tous petits et frêles, il y avait aussi des femmes ! Ce n’était pas le motif de la manif. Puisqu’il s’agissait d’être contre la réforme des retraites, des drapeaux et des pancartes qui demandaient la SOLIDARITÉ, je vous laisse le soin de constater par vous même ce qu’il faudrait dire dans les médias:
    • La SOLIDARITÉ c’est ça, comparez le niveau des retraites de ceux qui étaient dans la rue au vôtre :https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/panorama-retraite-2019.pdf, attention à la page, c’est page 60 sur le document en bas à gauche, vous verrez aussi les évolutions en % sur les trois dernières années, édifiant.
    • 802.000 manifestants représentent 1,47 % des français de plus de 15 ans et 1,5 mio c’est 2,74 %. Est-ce le pouvoir de la rue et des syndicats qui doivent piloter la démocratie ou le vote ?
    Enfin le système par RÉPARTITION doit être conservé d’après les manifestants et les gouvernants et là est l’erreur puisqu’il repose sur la pyramide des âges et donc le rapport cotisant retraité qui est de 1,7 et qui continuera à se détériorer jusqu’en 2050. Qui mieux que l’INED pourrait informer de la situation?
    https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/focus/evolution-demographique-france/
    Tout le monde a tout faux, il faut soit faire la pédagogie qui ne vient pas au niveau des neurones des dirigeants soit laisser le système aller dans le mur puisqu’il y va. Et que chacun s’assume sans demander à l’autre sa solidarité

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