Marche contre l’islamophobie : Mélenchon déteste les religions … sauf si elles sont de gauche !

Marcher contre l’islamophobie le 10 novembre 2019 au motif que les musulmans sont de plus en plus souvent l’objet de « discriminations, de projets ou de lois liberticides, d’agressions physiques de femmes portant le foulard, d’attaques contre des mosquées ou des imams, allant même jusqu’à la tentative de meurtre » alors même que la France est à 3 jours de commémorer les attentats islamistes du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 victimes décédées et 350 blessés et qu’elle cumule depuis 2012 le douloureux score de 263 tués et plusieurs centaines de blessés dans des violences de même obédience, il fallait le faire.

Monter en épingle la récente attaque de la mosquée de Bayonne qui a fait 2 blessés, qui a été unanimement condamnée par toute la classe politique française et dont l’auteur, un homme isolé de 84 ans décrit comme « instable » par son entourage, a été dûment appréhendé par la police, alors même que les profanations de cimetières et d’églises catholiques ainsi que les attaques violentes contre des juifs ou des synagogues sont devenus le lot tristement courant de nos faits divers (encore le 9 novembre dernier), il fallait le faire.

Se retrouver tout sourire dans une manifestation où l’un des meneurs, Marwan Muhammad – ex-dirigeant du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) dont les liens idéologiques intégristes avec les Frères musulmans ne font aucun doute même s’ils sont soigneusement absents de la présentation juridique de l’association – a fait reprendre en coeur le fameux cri « Allahu Akbar » qui a précédé et, en quelque sorte, signé tous les attentats islamistes perpétrés en France et dans le monde, il fallait le faire.

Il fallait le faire et Jean-Luc Mélenchon l’a fait.

Mais qu’est donc devenu le franc-maçon initié dès 1983 au Grand Orient de France ? Qu’est devenu le bouffeur de curés qui ne jurait à une époque que par la défense de la laïcité et la promotion d’un idéal républicain dépouillé de toute religion ? Qu’est devenu le farouche dézingueur du régime tibétain qui n’hésitait pas à accuser le Dalaï-Lama de vouloir déstabiliser la Chine et à qualifier le Tibet d’ « État théocratique dans lequel l’équivalent de la charia bouddhiste serait appliqué » (vidéo) ?

Apparemment, l’idée de la charia, c’est-à-dire de la régulation sociale intégrale par une religion, en l’occurrence l’islam – idée clairement défendue par les organisateurs initiaux de la marche du 10 novembre – n’est plus tout à fait aussi répugnante aux yeux de Jean-Luc Mélenchon.

Il faut dire que passé le boom électoral enregistré lors de l’élection présidentielle de 2017, tout ne va plus pour le mieux pour le lider maximo de la France insoumise (FI).

Pour commencer, l’expérience de l’info selon Mélenchon portée depuis janvier 2018 par la web TV soi-disant indépendante Le Média a amplement démontré que « l’information en liberté » qu’elle prétendait délivrer était en fait très surveillée, sans compter tous les règlements de comptes internes qui ont vu se succéder trois directeurs de la publication en un an.

Ensuite, en octobre 2018, ses vitupérations et ses appels à une riposte virulente au cours d’une perquisition dans les locaux de la France insoumise, révélant un individu colérique et boursouflé d’une importance qu’il n’a pas, n’ont pas arrangé les choses.

Et cet automne, suite des règlements de comptes avec la publication d’un livre à charge signé du politologue et ex-membre de la FI Thomas Guénolé. Dans La chute de la maison Mélenchon, il décrit un parti qui fonctionne sur le mode « dictatorial » et qui s’assure de la soumission de ses membres selon les méthodes d’une « machine à broyer ».

Le résultat ne s’est pas fait attendre.

De 19,6 % des suffrages exprimés pour une participation de 77,8 % lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2017, la FI est tombée à 6,3 % pour une participation de 50,1 % lors des Européennes de 2019. Quant à M. Mélenchon personnellement, sa cote de popularité est au plus bas. Dans le baromètre Elabe pour « Les Echos » du mois d’octobre 2019, seules 16 % des personnes interrogées disent avoir une bonne opinion de lui contre 70 % qui expriment au contraire une mauvaise opinion.

Cette dégringolade ne pouvait plus durer, il fallait absolument faire quelque chose !

Coup de chance, le paysage politique français ne manque pas de politiciens de tous bords avides d’avoir eux aussi leur quart d’heure de célébrité dans un jeu de ping-pong de petites phrases et d’huile jetée sur le feu où les extrêmes prennent un dangereux plaisir à se renvoyer la balle.

À ce titre, la diatribe récente de Julien Odoul, élu du Rassemblement national (RN), contre une mère voilée venue accompagner des élèves en visite au Conseil régional de Bourgogne a servi de prétexte idéal à tous les islamo-gauchistes pour se lancer dans une grande opération « halte à la haine et au racisme, halte à la droite et l’extrême-droite » comme ils les aiment.

Diatribe pas très futée, il faut bien le dire, à tel point que même au sein du RN, nombreux sont ceux qui se sont sentis un peu gênés aux entournures. Le fait est que cette dame ne demandait rien à personne et qu’elle est maintenant dûment convaincue que les Français lui en veulent et que la France l’opprime. Bingo !

C’était peut-être l’effet recherché par M. Odoul : créer les conditions qui allaient lui permettre de montrer à quel point les musulmans ne s’intègrent pas – et c’est à coup sûr un effet que la gauche adore récupérer pour dénoncer encore et encore les relents de colonialisme et de racisme qui polluent l’esprit ordinaire de la France.

Petit problème pour Mélenchon, quand même : et que devient la laïcité dans tout cela ?

Après tout, juste après les attentats de Paris de 2015, ne se fendait-il pas d’un tweet des plus clairs à propos de l’opinion qu’on peut avoir relativement à l’islam ?

Eh bien, je ne vous étonnerais certainement pas en vous disant que le député de Marseille a pris récemment sa plus belle plume de blog pour persister et signer dans sa volonté de participer à la marche du 10 novembre :

« Nous avons appris à connaître avec la ‘théologie de la Libération’ en Amérique latine comment la religion pouvait aussi ne pas être qu’une drogue qui annule la volonté d’agir pour changer le monde mais parfois l’exact contraire. »

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Autrement dit, la religion n’est pas toujours l’opium du peuple. Quand elle adopte les canons de la gauche, comme ce fut le cas de la théologie de la libération dans les années 1970 et 1980 et comme c’est le cas de l’islamo-gauchisme qui fait actuellement son chemin au Parti communiste, à la CGT et à la France insoumise, il faut y voir « le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur », nous explique Mélenchon en citant Marx.

Si l’on peut à juste titre s’étonner de sa « laïcité à géométrie variable », il faut bien voir que l’engagement fondamental de Mélenchon n’a pas changé : il est marxiste, il fait partie du clan des « progressistes », et c’est à l’aune de cet engagement de toujours qu’il considère tour à tour les diverses idéologies qui peuvent le servir. Si vous êtes de droite ou si vous vous opposez à un grand pays communiste comme la Chine, votre religion est un opium à combattre. À l’inverse, si vous êtes de gauche, votre religion devient une admirable libération des opprimés.

Rien de religieux là-dedans. Pas de foi, pas de transcendance. Juste une alliance politique objective (et désastreuse) comme savent en nouer opportunément les hommes politiques avides de pouvoir.

Ainsi, tout comme la gauche en général est toujours prête à donner l’absolution aux plus sanguinaires dictateurs, pourvu qu’ils soient estampillés « de gauche », Jean-Luc Mélenchon est toujours prêt à jouer les idiots utiles de n’importe quelle religion, charia incluse, pourvu qu’elle soit gaucho-compatible. Il pense que cela lui sera utile en vue des prochaines élections et surtout, c’est exactement conforme à son idéologie.

Nous avons vraiment des hommes politiques formidables ! Ça promet…


Pour en savoir plus sur l’aimable personnalité gaucho-cabotine de Jean-Luc Mélenchon, je vous invite à lire :
· Mélenchon fut 20 ans sénateur et se prétend « insoumis » ! (29 août 2016)
· Dans « la rue » de Mélenchon, tous les trottoirs sont à gauche (28 septembre 2017)
· Mélenchon, démocrate en carton (14 mai 2018)


Illustration de couverture : Jean-Luc Mélenchon tout sourire à la marche contre l’islamophobie à Paris le 10 novembre 2019. Photo Twitter.

9 réflexions sur “Marche contre l’islamophobie : Mélenchon déteste les religions … sauf si elles sont de gauche !

  1. Animal politique inoxydable, tentant toutes les tactiques pour se maintenir, son choix va radicaliser un peu plus la secte insoumise.
    Jean-Luc est vraiment un produit de l’ancien monde, peut-être le meilleur allié du Président, donnant à ce dernier des allures de président posé, comme le fait également la Marine.
    Néanmoins, cette voie choisie est hypocrite et intenable : comment peut-il défendre « en même temps » l’islamisme et le mariage pour tous, combattre l’islamophobie et l’homophobie, se battre pour le progressisme et la charia ?
    A un moment, ses troupes vont se regarder et ils se verront en ennemis mutuels…

  2. L’analyse des motivations de l’extrême-gauche est très intéressante. Effectivement, il y a des contradictions dans ses prises de position, mais on peut aussi discerner une logique.

    Il faut rapprocher votre analyse des aventures les plus récentes du politiquement correct. De nombreux observateurs ont relevé les collisions incessantes entre les différentes minorités (ou présumées telles) qui se disputent le trophée de la victimisation gauchiste : Noirs, femmes, musulmans, homosexuels…

    L’une des plus significatives, probablement, est celle qui oppose, ces temps-ci, les féministes (éventuellement homosexuelles) aux transsexuels (transgenre en langage PC).

    Les premières soutenaient les seconds, jusqu’au moment où ces derniers ont voulu pousser leur avantage trop loin. En particulier dans le sport. Des hommes qui se prétendent femmes (sans nécessairement avoir subi d’opération) revendiquent le « drouâ » de participer aux compétitions féminines. Et l’obtiennent.

    Du coup, des féministes impeccablement « correctes » sur le plan politique, et même militantes homosexuelles comme la joueuse de tennis Navratilova, trouvent qu’on pousse le bouchon un peu loin, étant atteintes directement au portefeuille. Si des hommes, sous prétexte qu’ils se revendiquent transsexuels, peuvent concourir avec des femmes (même vaguement masculines et homosexuelles déclarées), il va de soi que ces dernières vont perdre à tous les coups.

    Personne n’avait le droit de le dire, sauf des femmes munies de la double Carte (victimes du patriarcat + homosexuelles). Fureur des transsexuels dont les droits sont piétinés, etc.

    Je vous conseille l’analyse de Jim Goad dans la revue américaine d’extrême-droite Taki’s Magazine, car c’est là qu’on rejoint la vôtre :

    https://www.takimag.com/article/tyranny-triumphant-part-ii-zhe-who-controls-the-past

    Il s’appuie sur des faits extrêmement précis pour démontrer que, dans la grand concurrence victimaire, le transsexuel trône au sommet de la hiérarchie. Pourquoi ? Eh bien parce que, si la gauche parvient à imposer l’idée qu’un homme peut déclarer qu’il est une femme, ou vice-versa (y compris sans altération anatomique ou hormonale), alors ce sera le triomphe de la dictature la plus absolue. La volonté de la gauche au pouvoir prévaudra sur les réalités les plus manifestes, celles que personne ne saurait contester. Si la gauche gagne là-dessus, alors plus rien ne pourra lui résister.

    Nous n’en sommes pas loin : en plusieurs endroits des Etats-Unis et du Canada, vous êtes désormais passible des tribunaux, ou d’autres sanctions, si vous appelez un transsexuel à l’aide d’un pronom sexué normal, et non à l’aide du pronom imaginaire qu’il s’est attribué. Ou bien, si vous rappelez son ancienne identité, ou si vous l’appelez Madame au lieu de Monsieur.
    On a, bien entendu, inventé de nouveau mots pour ces délits : « dead-naming », « misgendering ».

  3. Il faut comprendre en quoi cette religion est de gauche.
    Elle interdit le prêt à intérêt … donc le prêt en pratique …
    Elle interdit l’épargne sous menaces infernales, et la taxe avec un hyper-ISF à 2,5% la zakât.
    En conséquence de quoi la société civile ne peut mener aucun projet privé sans le secours du pouvoir politique.
    Naturellement le pouvoir politique investit d’un tel avantage en profite, l’islam régit donc tous les aspect de la vie.
    L’islam est le communisme + Allah.
    L’inverse du christianisme, fort peut normatif, et donc propice à la mise en concurrence des systèmes politiques et juridiques.

  4. Personnellement je me fiche de Mélenchon comme de ma première brassière, mais je suis alarmée quand j’apprends, dans Le Canard Enchaîné du 13 novembre – qu’alors que notre pays est au bord de l’explosion sociale et toujours sous la menace importante du terrorisme – une note de la police du renseignement territorial, datée du 27 septembre annonçant la possibilité de violences à Chanteloup-les-Vignes, n’avait pas été transmise aux autorités supérieures, ni au préfet, parce qu’elle avait été jugée trop alarmiste par le chef local des RT.

  5. C’est fou comme on dirait que tous (élus, journalistes, réseaux sociaux, manifs) entretiennent et contribuent à cette sordide saga passablement névrotique. Les évènements s’enchaînent avec régularité alimentant ainsi les bla-bla, diatribes et les cuisines politiciennes. Beaucoup en vivent de ce commerce !
    Alors qu’il suffirait de déclarer l’application de la charia (texte de juristes non divin contrairement au coran) illégale en France…Mais à oui il y aurait des conséquences diplomatiques (géo politiques comme on dit)…et alors ?
    Quand ce produira ce déclic salvateur pour nous et pour les musulmans ? Qui osera ?

    Comme le démontre, Naëm Bestandji,
    https://www.atlantico.fr/decryptage/3582657/accuse-d-etre-une-association-islamiste-le-ccif-affirme-que-cela-n-a-jamais-ete-prouve-vraiment–naem-bestandji
    analogie des idéologies islamistes (charia réexhumée, revisitée par ceux-ci) avec Mein kampf. Provoquons l’application des lois de 1933 (avec tout le folklore vestimentaire et démonstratif) sur quelques parties de notre territoire juste pour voir comment nos gouvernants et le microcosme réagiraient pour le coup !

    Et d’abord, qu’est-ce que foutaient ces élèves en visite au Conseil régional de Bourgogne ? Déjà pour des adultes, cela demande un gros effort et une sacrée motivation pour suivre pendant des heures, les échanges et les délibérations d’un conseil alors pour des gamins il faut vraiment être cinglé de les laisser entrer au lieu qu’il soit tout bonnement à l’école pour apprendre à lire, écrire et compter !
    Supprimons définitivement ces sorties scolaires; de mon temps, il y en avait qu’une les bonnes années !

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