Points bonus pour les boursiers ou l’égalitarisme en mode délire

Ne croyez surtout pas que le défi de l’enseignement supérieur consiste à fournir les meilleures formations aux meilleurs étudiants dans une multitude de domaines en évolution constante, très variés et adaptés à toutes sortes de profils pouvant aller de l’Intelligence artificielle aux métiers du tourisme – pour citer deux exemples d’aptitudes très différentes – afin de leur ouvrir une vie d’adulte autonome sur le plan économique comme sur le plan personnel, car ce n’est absolument pas le cas.

Depuis que les Gilets jaunes ont fait porter une partie de leur colère sur les « élites » qui nous gouvernent – trop parisiennes, trop technocratiques, trop formatées et trop concentrées vers le haut de l’échelle sociale – il n’est plus question que d’une chose : la sélection à l’entrée de la petite dizaine d’écoles les plus prestigieuses qui les forment doit refléter exactement la composition sociale de la France et le nombre de boursiers sur critères sociaux admis aux concours doit absolument augmenter. Ils sont actuellement 38 % dans tout l’enseignement supérieur et seulement 11 % à Polytechnique, ça ne peut plus durer !

Déjà en avril dernier, lors de sa conférence de presse de sortie du Grand débat, Emmanuel Macron avait frappé fort en annonçant la disparition de l’ENA dans sa forme actuelle. Sans s’interroger sérieusement, hélas, sur les raisons de la détestation de cet organisme de formation. S’il l’avait fait, peut-être aurait-il entrevu le plomb bureaucratique, le formatage collectiviste, la fausse excellence – ou, pour le dire plus positivement, l’excellence complètement gaspillée – d’un établissement entièrement créé pour satisfaire les besoins d’un État tentaculaire conçu comme l’alpha et l’oméga de toutes les activités humaines. Or ceci ne prend pas la tournure de régresser.

Début juin, la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal emboîtait le pas du Président en confiant une mission « ouverture sociale » à huit établissements supérieurs de renom (les 4 écoles normales supérieures, Polytechnique, HEC, ESSEC et ESCP Europe). Argument de la ministre à l’époque :

« Il est temps d’avoir, dans nos grandes écoles, une représentation plus ressemblante de notre société, dans sa diversité géographique et sociale. »

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Autrement dit, il est temps d’en passer par des « obligations » d’égalité via une pratique extensive de la discrimination dite un peu vite positive. Il
est temps que l’État prenne des mesures afin d’obliger tout sous-ensemble de la population, tel que Conseil municipal, comité de direction d’une entreprise, diplômés d’une école, personnes nominées pour un prix, etc… à avoir une représentation proportionnelle aux diversités observées dans la population générale. Il est temps de faire advenir cette égalité « réelle » qui passionne les Français et qui semble se dérober devant l’égalité acquise dans la loi.

Peu après, Frédérique Vidal avait le plaisir de voir que Sciences Po Paris ouvrait le bal dans son concours d’entrée par l’introduction de quotas de boursiers et la suppression de ses épreuves écrites considérées comme un scandaleux marqueur de discrimination sociale. Là encore, on évita soigneusement de se poser les bonnes questions : compte tenu de notre modèle social et de notre monopole de l’Éducation nationale, qui plus que l’État français influe sur le niveau d’instruction et sur la vie socio-économique et culturelle de ses citoyens ?

Dans ce contexte hyper-étatisé, le nouveau mode de sélection à l’entrée de Sciences Po Paris, loin de viser le seul critère de l’excellence auquel l’établissement devrait se cantonner strictement, ne se réduirait-il pas en réalité à une sorte de cache-misère destiné à masquer la décrépitude mille fois recensée de l’Éducation nationale ainsi que l’échec de politiques publiques coûteuses sur le plan de la prospérité ? Pour rappel, le chômage des jeunes français en avril 2019 dépassait les 20 % contre 5,3 % en Allemagne et 6,2 % aux Pays-Bas.

Lundi 14 octobre dernier, nouveau pas dans le délire égalitariste, nouveau pas dans l’aveuglement satisfait de ce qui ne marche pas en France, nouveau sourire béat de tous ces bien-pensants qui s’imaginent œuvrer pour le bien commun mais qui, en réalité, prennent « les autres » pour un troupeau indistinct de faibles d’esprit qu’il faut intégralement contrôler sur la base des critères sociaux définis par le pouvoir en place en dehors de toute référence aux talents particuliers de chacun :

Les huit grandes écoles chargées de la mission « ouverture sociale » par la ministre ont rendu leurs rapports. Parmi bon nombre de propositions déjà évoquées (et souvent déjà mises en œuvre sous une forme ou sous une autre) portant sur la diversification des filières d’entrée ou sur du tutorat auprès des élèves des quartiers défavorisés, elles préconisent de plus que les boursiers sur critères sociaux des classes préparatoires se voient attribuer des points de bonification lors des épreuves d’admissibilité des concours (les écrits) :

« Le nombre de points pourrait être basé, par exemple, sur le statut de boursier de l’enseignement supérieur, ce qui permettrait de le moduler en attribuant un nombre de points plus élevé pour les niveaux de bourses plus élevés. »

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Selon Alain Joyeux, président de l’association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales (Aphec), les collègues enseignants qu’il sonde depuis lundi « sont choqués, ahuris, ils sont plongés dans l’incompréhension face à une telle mesure. »

On peut les comprendre.

Il y a d’abord rupture évidente d’égalité devant la sélection par concours qui a assuré l’excellence des grandes écoles française depuis leur création. On cherche en vain une excellence similaire du côté des universités qui se signalent plutôt par des échecs en série en première année de licence. C’est dire le niveau des bacheliers à leur sortie de l’Éducation nationale.

Il y a ensuite assurance d’un effet de seuil au détriment parfaitement injuste des élèves des classes moyennes qui se situent juste au-dessus des critères sociaux d’obtention d’une bourse. Il y aura enfin à coup sûr tous les détournements possibles pour bénéficier de ce coup de pouce non académique, comme ce fut le cas pour la carte scolaire et comme c’est le cas de toutes les réglementations et interdictions purement idéologiques.

Sans compter que, comme dans toute discrimination « positive », s’installera inévitablement  un doute sur la valeur académique effective des bénéficiaires de ce système de bonus. Une injustice de plus. Un mépris de plus vis-à-vis d’élèves qui sont entrés en prépa mais qu’on juge incapables de réussir par eux-mêmes, par leur travail, par leur opiniâtreté et par leurs capacités intellectuelles.

Je serais à la tête d’une démocratie libérale, ma fierté ne résiderait pas dans le fait d’avoir le plus de boursiers sur critères sociaux possibles dans l’enseignement supérieur – ou de consacrer le plus d’argent possible à indemniser les chômeurs – mais au contraire dans le fait de n’en avoir aucun !

Non pas en raison de la méchanceté mesquine que le politiquement correct mal informé attribue volontiers aux libéraux, mais parce que, la prospérité économique et la qualité éducative ayant été restaurées par une politique de recul des interventions de l’État et de restitution aussi bien de rayon d’action que de richesses prélevées par l’impôt aux particuliers et aux entreprises qui les ont produites, il n’y aurait plus lieu de prévoir des mesures compensatoires à grande échelle.

Mais à voir nos dirigeants et leurs thuriféraires se féliciter chaque fois qu’ils mettent au point un nouvel emplâtre censé compenser les dégâts de leurs politiques antérieures, on se demande vraiment si l’État français n’a pas pris acte de sa médiocrité fondamentale dans tout ce qu’il touche – et c’est beaucoup – et tente dorénavant seulement de la masquer.

Si l’on ne peut faire baisser le chômage et améliorer le pouvoir d’achat, montrons au minimum combien nous aimons les personnes dont on a accru les difficultés, et comme nous protégeons bien les plus défavorisés d’entre nous !

Rien d’admirable là-dedans. Seulement une manipulation vicieuse qui écrase les talents individuels. Et qui, malheureusement, tourne maintenant au délire. Comme le disait Raymond Aron, « l’égalitarisme doctrinaire s’efforce vainement de contraindre la nature, biologique et sociale, et il ne parvient pas à l’égalité mais à la tyrannie. »


BULLETIN  MEDICAL

Mon opération, quoiqu’assez lourde – 6 ouvertures, une quarantaine d’agrafes, 8 vis et deux plaques en titane pour empêcher ma vertèbre abîmée de se fracturer plus et d’endommager la moelle épinière – mon arthrodèse, donc, s’est bien passée et je récupère de façon très satisfaisante.

La biopsie a révélé que je souffrais d’un cancer du sang appelé myélome multiple. Les douleurs osseuses et les fractures pathologiques que j’ai eues en sont justement des symptômes. Des globules blancs du sang qu’on trouve dans la moelle osseuse, les plasmocytes, se reproduisent en surabondance et produisent des anticorps inutiles de façon complètement désordonnée. Ils se logent dans les os, ce qui résulte souvent en douleurs et fractures.

Le traitement consiste en une série de protocoles de chimiothérapie. Comme je suis « jeune » et « en bonne santé », je vais avoir droit à la totale. Cela a commencé hier par la prise matinale pendant quatre jours d’un comprimé à base de cortisone. Ce sera ensuite piqures à l’hôpital plus médicaments par voie orale les lundis et jeudis deux semaines sur trois pendant trois à quatre mois.

Prochain bulletin à la fin de cette première période, quand j’en serai à « l’autogreffe ». Je vous laisse chercher. Et je vous confirme que je ne vous abandonne pas mais que le rythme de publication suivra et ma forme et mon emploi du temps médical. C’est serré. Bon dimanche à tous et à bientôt !


Illustration de couverture : Remise du rapport sur l’ouverture sociale des grandes écoles aux ministres commanditaires. Lundi 14 octobre 2019. Photo Twitter.

39 réflexions sur “Points bonus pour les boursiers ou l’égalitarisme en mode délire

    • Vraiment désolée que vs soyez obligée d ‘en passer par là et merci de continuer à donner de vos nouvelles qd vs le pouvez.
      Nul doute que vs preniez le problème avec courage mais cela n’empêchera pas des moments de découragement.
      Je pense à vous et ne suis pas là seule manifestement. Nous avons besoin de vs,de vos analyses et de votre courage sans faille concernant cette lutte sans fin pour proposer le libéralisme a une société qui semble peu intéresser à défendre sa liberté.
      À bientôt Merci.

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  1. Merci à vous Nathalie.

    Je sais ce que vous traversez, non pour l’avoir expérimenté personnellement mais pour être resté 3 ans en apnée pour celui de mon fils.

    Je ne commenterai même pas cette autre mesure déplorable qui ira dégrader encore plus notre enseignement, nos dirigeants, incompétents chroniques, ne valent pas votre peine.

    Vous avez tout mon soutien et mes amicales pensées.

    Au plaisir de vous lire avec de bonnes nouvelles.

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  2. J’ai réagi sur FB à votre papier, mais ici, je vous souhaite le meilleur moral pour supporter le traitement que vous devez subir, et que votre état de santé s’améliore jusqu’à une réelle guérison. Nous avons besoin de personnes comme vous qui savent vraiment réfléchir aux enjeux de notre société, et les exprimer au plus grand nombre.

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  3. Égalité de droits, ce fut le fondement d’un ordre qui paraissait plus juste… Ce système d’accès aux grandes écoles sera donc discriminatoire ! Ce qui est surprenant de prime abord c’est de supprimer les épreuves écrites, dans les faits c’est la meilleure façon de favoriser les enfants de l’élite qui sont faciles à distinguer des enfants des gilets jaunes par leur accent et leur langage…
    Pour ne pas connaître la température il est très simple de casser le thermomètre.
    Que Dieu vous bénisse.

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  4. Nathalie
    Merci pour ta newsletter. J’y découvre cependant ta maladie… Nous sommes de tout cœur avec toi et si tu peux t’échapper quelques jours, tu es la bienvenue dans le sud pour un repos bien mérité.
    Bises de toute la famille Beregi

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  5. Il y a 38 ans, quand je passais les concours, existait un classement « élèves étrangers » avec un quota de places réservées dans les écoles. Ca permettait à des élèves généralement mal classés d’intégrer. A priori ça ne se faisait pas au détriment d’autres, l’idée étant qu’une fois diplômés, ils repartiraient faire ministre, ou président, dans leurs pays d’origine …
    Le moindre mal serait d’augmenter les promotions existantes, du nombres d’élèves « intégrés pour raisons sociales », mais cela créerait à terme une école produisant 2 types de diplômés Hi & Lo : un mulet ne deviendra pas un pur sang, quand bien même on lui ouvrirait les portes des meilleurs haras …

    Oh, et « glad to see you back » 😉

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  6. Chère Nathalie
    Votre courage vous honore et je vous souhaite, au nom de notre équipe, un prompt rétablissement.
    Vos articles sont passionnants et ils montrent une acuité et un discernement rares à notre époque où le convenu et le politiquement correct priment.
    Soyez assurée de notre soutien et de nos encouragements pour votre combat quotidien
    Bien à vous
    Richard Krieger

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  7. « Notre diversité géographique et sociale. » C’est bon, pas la peine de nous faire un dessin : il s’agit de diversité raciale. Ou, plus exactement, de favoritisme en faveur des immigrés.

    C’est l’importation pure et simple des mesures de discrimination positive en vigueur depuis de longues années maintenant aux Etats-Unis. C’est une recette infaillible pour ruiner la qualité de l’éducation. Les Noirs les plus lucides reconnaissent que cela leur a beaucoup nui à eux, comme aux Blancs et à tous les autres.

    Mes voeux les plus sincères vous accompagnent en vue de votre rétablissement.

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    • « pas la peine de nous faire un dessin : il s’agit de diversité raciale »
      Il y a certainement de cela, mais plus largement je pense que ça fait aussi référence à cette fracture Paris Province dénoncée par les GJ.
      Il n’empêche que l’on plonge là dans une vision purement marxiste de la société basée strictement sur les classes sociales.
      Qui dit qu’un élève boursier (qui a donc déjà reçu une bourse) est moins bien armé pour réussir ses concours qu’un élève non boursier dont la famille se déchire ou qui sort de maladie ou qui a vécu une rupture amoureuse douloureuse ou … On pourrait imaginer mille autres critères « d’inégalité » sans jamais arriver à l’égalité fantasmée d’un monde de clones parfaits, ce qui montre d’une part l’absurdité de la discrimination positive et d’autre part le parti pris en faveur d’une sorte de lutte des classes de nos pouvoirs publics.
      Perso, je tombe totalement à la renverse à l’idée que les directeurs des ENS ont pu faire une telle proposition. Réflexion limitée, idéologie partout, c’est très très inquiétant.

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      • « Qui dit qu’un élève boursier (qui a donc déjà reçu une bourse) est moins bien armé pour réussir ses concours qu’un élève non boursier » euh, d’abord, c’est un élève qui passe le concours, pas la bourse, s’il réussit, c’est parce qu’il en a les capacités, point !
        Autrefois, il y a bien longtemps, les bourses étaient attribuées aux élèves méritants, et je crois qu’il y a une ambiguïté malsaine, mélange d’admiration (boursier =méritant) et de compassion (boursier=méritant, mais pauvre) qui motive toutes ces histoires.
        @Robert : je ne suis pas du tout surpris que les directeurs d’ENS, foyers traditionnels gauchistes, soutiennent ce genre de délires. Et ils ne sont pas seuls, loin de là … La culpabilité empreinte de compassion, d’une élite, qui cherche dans ce type d’actions une sorte de rachat, un pardon pour être trop douée …
        En 81 plusieurs profs de mon école étaient conseillers du gouvernement Mauroy … et le socialisme était la seule idée acceptable. (pour vous dire si j’ai fait du chemin depuis 😉 )

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  8. C’est encore une fois poser le problème dans le mauvais sens. La formation si elle est primordiale n’est pas une fin en soi. La finalité première c’est de donner du travail aux jeunes et pour cela, il faut que leur formation initiale soit en phase avec les besoins des entreprises. Or non seulement 400 000 emplois ne sont pas pourvus comme le répètent nos industriels mais du coup ceux-ci se refusent à investir et développer certaines filières car il savent qu’ils n’auront pas les compétences utiles à disposition et en plus cela les incite à descendre en gamme de produits pour se retrouver alors dans celles où les pays en développement nous concurrencent mortellement.

    En définitive, la France dépense à pure perte des milliards d’euros pour un enseignement qui ne donne satisfaction ni aux jeunes, ni aux entreprises. Ainsi ce sont avant tout les jeunes en situation d’échec scolaire, âgés entre 18 et 24 ans, qui sont sur le marché du travail quand le système de l’apprentissage en Allemagne permet de suivre des formations professionnelles plus inclusives. Les filières arts, lettre, sciences humaines et sociales attirent un très grand nombre d’étudiants (près de 80 000 demandes de la part des bacheliers en 2017) tout en ayant un taux d’insertion professionnelle de 61 % quand, dans le même temps, la filière économie et gestion n’attire que 54 000 élèves avec un taux d’insertion de près de 80 %. Le taux d’échec est plus faible dans les IUT et dans les grandes écoles.

    17 % des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur ont des compétences inférieures à la moyenne de l’OCDE. Bref, encore un gadget idéologique inutile qui ne règle en rien les fondamentaux économiques qui devraient être la seule finalité !

    Bon courage pour la suite de vos traitements qui seront évidemment les plus appropriés. Mais dans la mesure de ce qui sera possible ne rien négliger autour de ce qui serait un accompagnement positif, magnétiseurs ou autre, repos en altitude, c’est bon pour les globules, enfin tout ce qui pourrait vous faire plaisir.
    Notre fils ainé fut frappé d’un lymphome de burkitt à 14 ans, chimio évidemment mais aussi médecines parallèles, plus sa présence un WE aux JO d’hiver de 92 (il était espoir de ski) alors qu’il était déclaré condamné, a miraculeusement changé la donne. Il est vivant en bonne santé, sportif toujours, marié avec deux enfants, ce qui paraissait impossible au départ.

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    • La coexistence d’un chômage massif et d’une offre d’emploi non pourvue, tout aussi massive, est l’une des particularités les plus incriminantes du prétendu modèle français.

      La ruine de l’instruction scientifique est probablement l’un des facteurs importants à l’origine de ce problème.

      Mais que voulez-vous espérer, dans un pays dont le ministre de l’Economie ne sait pas que 100 x 100 = 10 000 ? Il ne faut plus s’étonner que nos gouvernants soient incapables d’équilibrer le budget !

      Ecoutez attentivement la fin de l’interview vidéo ici : https://www.sudouest.fr/2011/02/23/bruno-le-maire-ce-ministre-de-l-agriculture-qui-ne-connait-pas-la-signification-d-un-hectare-325259-4720.php . Non seulement Bruno le Maire, ministre de l’Agriculture, était incapable à l’époque de donner la superficie d’un hectare, ce qui est assez croquignolet ; mais la fin de l’échange montre qu’il n’est même pas capable de calculer 100 x 100 de tête ! Et le gars est chargé de manipuler les miyards qu’il pompe dans nos poches !

      Christian Gérondeau, polytechnicien et auteur de travaux climato-réalistes, a récemment rappelé cet amusant factoïde. Il a aussi rapporté sa consternation, à l’issue d’une intervention qu’il avait faite devant un groupe de députés et de sénateurs, consacrée à la production d’énergie. Aucun d’entre eux ne savait ce qu’était le courant alternatif — notion pourtant indispensable pour comprendre les problèmes du stockage et du transport de l’énergie. Compréhension qui est à son tour nécessaire pour légiférer utilement sur l’écologie, les énergies alternatives et autres sujets à la mode.

      Il a aussi rappelé qu’il n’y avait aucune épreuve de mathématiques à l’entrée de Sciences Po : on peut y entrer sans savoir faire une règle de trois. De même, a-t-il dit, on peut parfaitement passer son bac sans épreuve de maths. La seule discipline commune à toutes les filières étant… la philosophie, matière où le blablatage règne en maître.

      D’après lui, en revanche, tous les dirigeants chinois sont ingénieurs, et l’équivalent du bac, en Chine, porte exclusivement sur les matières scientifiques.

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  9. Chers lecteurs,

    Je vous remercie du fond du coeur de vos si sympathiques messages de soutien. J’ai eu le plaisir de voir des lecteurs devenir commentateurs et cela me fait un immense plaisir. Vous comptez beaucoup pour moi, car bien sûr ce blog n’est pas destiné à rester une sorte de petit journal intime de mes pensées, mais à participer le plus largement possible au débat public, à l’argumentation et à l’échange des idées à propos de la légitime « recherche du bonheur » des hommes qui naissent sur cette terre.
    Je vous l’avoue, alors que j’émerge favorablement des suites de mon opération, alors que je sais maintenant exactement ce que j’ai, alors que le facteur temps s’est éclairci, je me sens gonflée à bloc pour affronter la suite. Mon moral est excellent, et vous n’y êtes pas pour rien ! Ce cancer ne sait pas ce qui l’attend !

    A bientôt, Nathalie MP

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  10. « C’est dire le niveau des bacheliers à leur sortie de l’Éducation nationale. »
    Dans la section d’un prof d’université que je connais, ils donnent des cours de rattrapage en math aux 1ère années, parce que sinon même pas la peine d’enseigner la suite vue que les bases mathématiques nécessaires ne sont pas acquises.
    .
    Je suis très triste d’apprendre les problèmes de santé qui vous arrivent et vous souhaitent bcp de courage dans cette épreuve et un pron rétablissement.

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  11. Chère Nathalie,
    Félicitations pour votre article très pertinent et si juste!
    En effet, comment maintenir l’appellation de concours, si la mesure du succès aux écrits devient dépendante de l’origine sociale ou physique des étudiants.
    En réalité, à en croire les statistiques, la sélection se fait majoritairement en amont car la qualité de la prépa est très déterminante dans les chances d’intégrer les grandes écoles.
    En prepa, les cartes sont rebattues et les origines sociales vite oubliées sous la charge de travail…
    Certaines initiatives, sans doute encore insuffisantes, ont été menées pour diversifier la provenance des étudiants en classe preparatoire, avec un coup de pouce pour les frais de scolarité ou de logement des boursiers, ou encore l’ouverture progressive aux filières universitaires.

    Plein de courage pour combattre votre maladie !

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  12. Madame,

    Merci pour votre excellent article. Il m’apparaît de plus en plus clairement que, pour paraphraser le titre d’un ouvrage que j’ai lu récemment, nous sommes « des lions menés par des ânes. »

    Soyez assurée de mon soutien dans le combat que vous menez contre la maladie et de tous mes vœux de prompt rétablissement.

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  13. Réjouissons-nous (si l’on veut) d’être, sur ce point, « en retard » sur les Etats-Unis. La ville de Seattle prévoit de mettre en place, dans ses écoles, un cours destiné à montrer à quel point les mathématiques sont racistes et d’extrême-droite.

    Pour l’instant, ce n’est qu’une proposition de la municipalité, et le cours devrait être facultatif. Mais vu la tournure que prennent les choses au pays de Trump, il y a tout lieu de croire que la chose va passer comme une lettre à la poste. Et que le facultatif va devenir obligatoire.

    L’idée consiste à instaurer un cours « d’ethno-mathématiques ». Les professeurs apprendront aux enfants que « les connaissances mathématiques anciennes ont été volées par la culture occidentale ». Pour avoir de bonnes notes, il faudra être capable « d’expliquer l’inégalité foncière du système d’examens standardisé utilisé pour opprimer et marginaliser les personnes et les communautés de couleur », « expliquer comment les mathématiques ont été utilisées pour abuser des ressources naturelles » et « expliquer comment les mathématiques sont à l’origine de l’oppression économique ».

    Contrairement à tout ce que vous ont expliqué ces salopards de vieux mâles blancs jusqu’ici, « la théorie mathématique et ses applications sont enracinées dans l’histoire ancienne des peuples et des empires de couleur ».

    Jusqu’à présent, expliquent les fonctionnaires gauchistes de Seattle, « les mathématiques ‘occidentales’ ont été définies comme l’unique expression légitime de l’identité et de l’intelligence mathématiques. Cette définition de la légitimité a ensuite été utilisée pour aliéner les personnes et les communautés de couleur. La conséquence a été d’oblitérer la contribution historique des personnes et des communautés de couleur [aux mathématiques]. »

    Pour éradiquer ces idées nauséabondes, il conviendra de persuader les élèves « qu’ils sont capables de construire et de décoder leurs propres savoirs mathématiques, de construire et de décoder la vérité et la beauté mathématiques, de manière à enrichir leur expérience et l’expérience des personnes de leur communauté. »

    A l’issue du cours, les élèves devront être capables « de créer des versions alternatives de l’origine des connaissances mathématiques ». « Ils seront en mesure de comprendre l’intérêt mathématique de faire des erreurs, tant pour les individus que pour leur communauté. Ils devront être capables de critiquer les systèmes d’oppression qui empêchent les personnes et les communautés de couleur d’accéder aux connaissances mathématiques. »

    En particulier, ils devront être capables de répondre aux questions suivantes : « Comment les mathématiques sont-elles manipulées afin de permettre le maintien des inégalités et de l’oppression ? Qui est l’oppresseur ? Qui sont les victimes ? Est-il important de donner le résultat correct ? Que signifie un résultat correct ? Qui affirme qu’un résultat est correct ? »

    Je n’invente rien : tout cela est noir sur blanc dans la présentation officielle du programme :

    https://www.k12.wa.us/sites/default/files/public/socialstudies/pubdocs/Math SDS ES Framework.pdf

    (SWBAT : « students will be able to », les élèves devront être en mesure de.)

    Ce projet a été porté à la connaissance du public non pas par Facho-Magazine, mais par la revue spécialisée Education Week :

    https://www.edweek.org/ew/articles/2019/10/11/seattle-schools-lead-controversial-push-to-rehumanize.html

    Et aussi par le site libéral Reason :

    https://reason.com/2019/10/22/seattle-math-oppressive-cultural-woke/

    On voit bien le but de la manip. Il s’agit d’instaurer l’idée que, si les Noirs, et les non-Blancs dans une moindre mesure, ont de mauvais résultats en maths (mais pas les Asiatiques du Sud-Est, qui ont des meilleurs résultats que les Blancs), c’est parce que ces derniers sont racistes.

    Ce n’est pas parce que les Noirs sont nuls en maths : c’est parce que les Blancs les empêchent d’avoir de bons résultats, car les examens sont truqués. Simultanément, la notion même de résultats justes en maths est raciste, il n’y a pas de bons résultats : ce qui est important est qui a le pouvoir, c’est à dire qui définit le bon résultat. Il suffit que les Noirs prennent le pouvoir pour qu’ils réussissent en maths, et d’ailleurs « les enfants construisent leurs propres savoirs », ils n’ont pas besoin de profs pour leur dicter ce qui est vrai.

    Peu importe que la première allégation (les examens sont truqués) soit contradictoire avec la seconde (la notion même de résultat juste est une tromperie, la vérité n’existe pas).

    Il s’agit de faire oublier ce qui est manifeste, grâce au fameux « système d’examens standardisé » en vigueur aux Etats-Unis (le SAT), et qui permet d’établir des statistiques raciales de la réussite scolaire : les Noirs, décennie après décennie, ont des résultats, en moyenne, dramatiquement inférieurs à ceux des Blancs.

    C’est particulièrement apparent en mathématiques, discipline où les résultats sont étroitement corrélés à l’intelligence pure. Ce qui est parfaitement normal, puisque la science a établi depuis longtemps (mais le politiquement correct gauchiste interdit de le dire), que le QI des Noirs est inférieur de 30 % en moyenne à celui des Blancs (très précisément : le QI des Noirs d’Afrique est de 68 en moyenne, selon l’une des dernières études disponibles, contre 100 pour les Blancs). Différence énorme, qui ne peut être compensée par aucune « réforme » éducative que ce soit, puisque la science a établi que le QI est héréditaire (dans une proportion qui varie de 50 à 80 %) :

    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0160289609001275

    https://www.news-medical.net/news/2005/04/26/Race-differences-in-average-IQ-are-largely-genetic.aspx

    http://philipperushton.net/wp-content/uploads/2015/02/James-Watsons-Most-Inconvenient-Truth-Race-Realism-and-the-Moralistic-Fallacy-2008-by-John-Philippe-Rushton-Arthur-Robert-Jensen.pdf

    https://www.nature.com/articles/s41380-017-0001-5

    https://www1.udel.edu/educ/gottfredson/30years/Rushton-Jensen-reply-to-commentaries-on-30years.pdf

    De deux choses l’une : soit, dans l’intérêt de toutes les races, on reconnaît ces faits, et l’on renonce au gauchisme politiquement correct comme aux fariboles « anti-racistes ». Soit, comme l’écrit l’éditorialiste Rod Dreher dans American Conservative, « Des ponts vont finir par s’écrouler. Et ce sera encore la faute des Blancs » :

    https://www.theamericanconservative.com/dreher/woke-math-in-seattle/

    Bien sûr, avec une telle politique, « Seuls les enfants de riches pourront apprendre les maths : ceux dont les parents pourront les mettre à l’école privée. Les autres, quelle que soit leur race, iront à l’école publique et deviendront de plus en plus idiots. »

    On ne triche pas avec la science. Il n’y a pas de mathématiques de droite et de mathématiques de gauche.

    Les bonnes âmes devraient s’aviser qu’il est incroyablement cruel et cynique, vis-à-vis des Noirs, de prétendre que leurs problèmes de réussite scolaire, sociale et professionnelle sont dus au « racisme » (version de gauche), ou à leurs mérites insuffisants et à leur manque d’efforts (version de droite). Si les mots ont un sens, c’est, précisément, incroyablement raciste d’exiger d’eux des performances qu’ils sont incapables, en moyenne, de fournir.

    Personne ne s’aviserait d’exiger d’un cul-de-jatte qu’il devienne champion de la course de haies — à défaut de quoi il serait moqué, stigmatisé, et, simultanément, entretenu dans la croyance que c’est la faute des fabricants de haies.

    Le seul résultat de cette politique est de conforter la bonne opinion que les « anti-racistes » ont d’eux-mêmes, quelle que soit leur race. Elle ne peut que conduire les Noirs au désespoir, et toutes les races à la destruction. Tout le monde a besoin de ponts. Et personne ne peut s’épanouir s’il est persuadé qu’une réussite à laquelle il aurait droit lui échappe par sa faute.

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    • Ben moi, on m’a obligé à adopter les chiffres arabes et je me sens opprimé. Si javais pu adopter les chiffres français en Math, j’aurais bien mieux réussi. snif.
      Et ca ds la ville de Boeing et Microsoft.

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    • Votre commentaire fait froid dans le dos: on pourrait bien avoir ce même genre de délire gaucho aussi en France.
      Cela dit, vous affirmez que les Noirs sont moins intelligents que les Blancs: je vous cite:
      « le QI des Noirs est inférieur de 30 % en moyenne à celui des Blancs (très précisément : le QI des Noirs d’Afrique est de 68 en moyenne, selon l’une des dernières études disponibles, contre 100 pour les Blancs). »
      Il faudrait déjà contrôler la validité de telles études: quel échantillon de population a été mesuré, prendre en compte la culture, le vécu, le milieu social, les liens affectifs et l’émulation des enfants par leur parents, etc, etc. Les êtres humains ne sont pas des machines, les performances intellectuelles sont directement influencées par tous ces facteurs. C’est pour cela que l’Éducation Nationale porte, de nous jours, une telle responsabilité.
      Je pense que vous avez tort de faire de telles affirmations qui pourraient bien vous valoir des poursuites judiciaires. J’espère pour vous que SOS Racisme, le MRAP et autres ne lisent pas ce blog…

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      • @ Pfaustur

        « Il faudrait déjà contrôler la validité de telles études. »

        Il faudrait que vous commenciez par les lire. L’avez-vous fait ? J’en doute, car sinon vous auriez appris que beaucoup d’entre elles sont des méta-études, consacrées justement à vérifier la validité de toutes les études antérieures sur le sujet.

        L’un des liens que j’ai fournis contient justement la réfutation des objections similaires à celles que vous sortez de votre poche, sans imaginer une seule seconde que vous pourriez n’être pas le premier à les avoir émises, ni que des milliers d’heures de travail leur ont déjà été consacrées par des scientifiques qui ont voué leur vie à l’étude de l’intelligence.

        La conclusion ne fait aucun doute : « this is settled science », comme on dit dans la langue du pays qui a inscrit la liberté d’expression dans sa constitution. Et, entre nous, cela fait plus d’un siècle que « this is settled science ».

        La preuve, d’ailleurs, est que vous n’avez que la menace politique et la répression à m’opposer : « Je pense que vous avez tort de faire de telles affirmations qui pourraient bien vous valoir des poursuites judiciaires. J’espère pour vous que SOS Racisme, le MRAP et autres ne lisent pas ce blog… »

        Evidemment que de telles affirmations pourraient me valoir des poursuites judiciaires. Toute affirmation sortant aussi peu que ce soit des prescriptions du politiquement correct de gauche peut vous valoir des poursuites judiciaires. Nous vivons dans un régime où dire la vérité est passible des tribunaux. Si vous avez peur des poursuites judiciaires, il ne faut pas vous battre pour la liberté.

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  14. Quand j’étais en terminale, dans les années 70, mon prof de philo, chef de cellule du parti communiste local, soutenait sans rire que les différences intellectuelles entre les élèves tenaient exclusivement à l’environnement familial, à l’exclusion de toute autre cause. C’était le début de cette idéologie gauchiste mortifère du « tous égaux » qui, puisqu’elle n’est pas réalisable par le haut, se crée en nivelant par le bas. Et quand bien des années plus tard, mon fils a passé son bac en natation, il a eu une note moins bonne que des copains à lui qui avaient fait un moins bon temps, mais qui avaient mieux que lui su, avant le départ, donner le temps qu’ils pensaient faire. J’imagine lors d’une compétition qu’on donnerait la médaille d’or au 3 ou 4ème pour cette raison! Mais ça, ce n’est vrai qu’en France, aucune autre nation au monde n’agit ainsi. Les autres nations savent que la nature n’est pas gentille, et que le monde est basé sur la compétition. Les effets de cette idéologie commencent à sérieusement se mesurer maintenant, et ça va coûter cher…
    Nathalie, je vous souhaite de guérir vite, et de continuer à écrire dans votre blog!

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  15. Bonjour Nathalie,
    Je voudrais juste vous dire que je prie pour vous, pour votre guérison . Je suis de tout coeur avec vous et je concentre toutes mes pensées positives pour vous accompagner dans votre guérison.
    Bien sincèrement
    Jean-Claude

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  16. Chère Nathalie,
    Je vous lis depuis de nombreuses années avec un grand intérêt et j’apprécie la pertinence de vos analyses.
    Je vous remercie pour le temps que vous consacrez à votre blog. C’est un rayon de lumière dans le ciel très lourd du débat politique actuel.
    Je vous souhaite de vous rétablir très vite.
    Bien sincèrement.
    Thierry

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