Essai sur le mode de vie européen

Il existe bien un « mode de vie européen » qu’il faut impérativement « protéger ». Pas une suite finie de comportements culturels ponctuels répertoriés mais plutôt le primat de la personne sur le groupe et le respect non négociable des droits naturels des hommes.

« Protéger notre mode de vie européen » – tel est le titre inhabituel du poste dévolu à l’un des 26 commissaires européens désignés cette semaine par la future(1) Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. D’après la lettre de mission correspondante, il s’agit plus concrètement de prendre en charge les questions de formation, d’emploi, de migration et de sécurité.

Dans cette perspective, cet intitulé évoque immédiatement l’idée que les instances européennes cherchent à rassurer des Européens intensément chamboulés socialement et politiquement depuis 2015 par la pression migratoire d’outre-Méditerranée, perçue bien souvent comme un risque économique et culturel, et par le terrorisme islamique, qui a porté ces dernières années une atteinte mortelle à notre sécurité.

Chamboulés à tel point qu’hormis la dimension écologique et climatique, le critère de l’ouverture ou de la fermeture des frontières aux migrations est pratiquement devenu le seul qui compte en politique aujourd’hui, même s’il déborde plus généralement sur l’idée que le localisme, jugé mignon, sain, solidaire, écologique et tout ce que vous voulez, doit l’emporter sur la mondialisation, résolument rangée au rayon des systèmes qui tuent les travailleurs (gauche) et brisent les peuples (droite).

Donc soulager les angoisses européennes face aux migrants en faisant la promesse que l’Europe gardera son identité, que ses frontières seront protégées et que son mode de vie sera préservé. C’est ainsi que j’ai compris l’intitulé du poste et c’est ainsi que cela a été entendu par la plupart des observateurs, qu’ils soient de droite – et pour la plupart dubitatifs – ou de gauche – et pour la plupart indignés face à une rhétorique qui semble calquée mot pour mot sur les discours de Marine Le Pen.

À voir cependant avec quels soins paritaires(2) les futurs commissaires ont été choisis, je pense qu’une telle dénomination est beaucoup plus politicienne que politique. Elle traduit surtout les délicats équilibres à ménager entre les pays et les forces politiques en présence, ainsi qu’une opération de communication très étudiée en direction des opinions publiques européennes. Beaucoup de quotas à respecter dans cette affaire et peut-être pas autant de compétence et d’intégrité qu’on le souhaiterait (mais c’est un autre sujet…)

Sans oublier que Mme von der Leyen arrive sur la scène européenne avec une réputation de « progressiste » qui n’a pas spécialement brillé à la tête du ministère allemand de la Défense. Il était temps de corriger le tir ; va pour la « protection de notre mode de vie européen ». Une opération en tous points gagnante qui lui permet de bénéficier du soutien de deux dirigeants a priori aussi peu compatibles politiquement que le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le Président français Emmanuel Macron.

Mais indépendamment des circonstances particulières de la formation de la prochaine Commission européenne, je trouve que l’arrivée inopinée de l’expression « Protéger notre mode de vie européen » dans l’actualité est une excellente occasion de se reposer la question de ce que signifie le libéralisme dans un monde qui ne s’articule plus uniquement – et simplement – sur l’opposition entre le monde libre qui reconnaît la personne et le monde soviétisé qui la dissout dans les impératifs arbitraires du groupe.

L’Europe a une histoire, une longue histoire, c’est une évidence. Mais cette histoire est-elle uniquement ou majoritairement chrétienne, comme voudraient le croire les partisans de l’inscription des racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution européenne ? Lorsqu’on parle de christianisme, il semble difficile d’oublier l’héritage de l’Ancien Testament et l’on se retrouve déjà avec une double tradition judéo-chrétienne.

De la même façon, lorsqu’on évoque la France, on en vient forcément à penser à Clovis et aux Francs qui venaient du nord, puis, avant ça, à la Gaule et aux influences gallo-romaines. Et nous voici à Rome. De Rome, nous voici en Grèce et de Grèce nous voici en Mésopotamie et même en Perse avec Alexandre.

L’histoire de l’Europe, c’est au minimum tout cela. L’histoire de l’Europe jusqu’à aujourd’hui, c’est un monde en mouvement, c’est un monde de grandes découvertes, c’est un monde d’art et de sciences et, par-dessus tout, c’est un monde qui est venu progressivement à l’idée de liberté parallèlement à l’émergence de l’individualisme fondamental que nous avons hérité puis approfondi à travers les apports de la Grèce, de Rome, de l’universalisme chrétien, de la Renaissance puis des Lumières.

Et c’est en suivant ce chemin d’émancipation des personnes individuelles par rapport aux obligations (religieuses, familiales, politiques, économiques…) imposées « d’en haut » par les gouvernants ou par des groupes sociaux que l’histoire de l’Europe s’est élargie à l’histoire du monde occidental.

Ce sont bel et bien les hommes qui font l’histoire. Le déterminisme historique et le sens de l’histoire chers aux marxistes n’existent pas. Pour l’individu qui se voit agir au jour le jour, l’histoire ressemble à l’empilement puis la succession sans intention de l’ensemble de tous les micro-agissements de tous les hommes. Elle n’a pas de sens particulier et on ne peut que la constater a posteriori. Dans cette optique, l’histoire est un ordre spontané. Comme disait Raymond Aron (de mémoire) :

« Les hommes font l’histoire, mais ils ne savent pas quelle histoire ils font. »

On peut y discerner des récurrences, car les hommes ont malgré tout des similitudes psychologiques, ils connaissent l’histoire – celle qui a été étudiée – et ils ont amassé à la fois expérience personnelle et héritage culturel familial et éducatif, mais rien n’est vraiment écrit d’avance. Chaque nouvel homme qui nait sur terre entend mener lui-même sa recherche du bonheur et invalide l’idée qu’on serait arrivé au bout du chemin.

Or il me semble que prétendre « protéger notre mode de vie européen » est justement une façon de fixer le bout du chemin et de décréter la fin de l’histoire de l’Europe – à la date d’aujourd’hui et même, si je lis bien tout ce que je lis, notamment sur les réseaux sociaux, de préférence 60 à 80 ans en arrière (c’est-à-dire grosso modo avant la fin des empires coloniaux).

L’histoire de l’Europe ne s’arrête pas aujourd’hui, elle continue. Et si l’on tient à ce que ce mouvement (spontané) vers l’avenir reste le plus fidèle possible au mouvement (spontané) qui a rendu possible l’éclosion des libertés civiles et la reconnaissance de l’initiative individuelle, on peut, on doit considérer que l’héritage européen est comme le code de la route par opposition au plan totalement construit de A à Z qui dicterait à chaque conducteur le parcours suivant lequel il doit obligatoirement circuler.

C’est précisément l’exemple que prend Friedrich Hayek dans La Route de la Servitude, au chapitre VI consacré à la « Rule of law » ou « état de droit » par opposition à toute forme de planisme :

« On peut soit établir un code de circulation, soit dire à chaque automobiliste où il doit aller. »

Le code de circulation (état de droit) est élaboré a priori, pour une longue durée et n’implique pas une préférence pour des fins ou des individus particuliers. Tandis que la seconde solution (planisme) donne au législateur tout pouvoir sur les individus et lui permet de favoriser certaines catégories aux dépens d’autres.

Il en résulte que toute personne, migrante ou autochtone, qui respecte le code de la route est à coup sûr fidèle aux valeurs libérales européennes contrairement à toute personne, migrante ou autochtone, qui l’enfreint. Or ce code de la route est simple : il consiste à ne porter atteinte ni à la vie, ni à la liberté, ni aux biens des autres personnes.

À l’État de veiller à ce que ce code soit universellement respecté – et, oui, je l’accorde volontiers, le respect des biens et des personnes devrait être non négociable et il est pourtant fort mal garanti, en tout cas en France.

Mais, me direz-vous, admettons que la question de la sécurité des biens et des personnes soit enfin prise au sérieux ; cela ne changerait rien au fait que l’arrivée massive de migrants attirés par nos nombreuses allocations sociales soit totalement incompatible avec notre situation économique caractérisée par un chômage élevé et crée en conséquence une angoisse économique et sociale compréhensible !

L’État-providence que nous entretenons en France à grands frais entraîne effectivement des distorsions sur le marché des migrations, lesquelles ne devraient dépendre que du jeu de l’offre et de la demande sur les marchés de l’emploi et des études. Mais l’État-providence n’est pas un problème des immigrants, c’est un problème de la France. Il concerne d’ailleurs tous les Français qui se retrouvent baignés tout autant que les migrants dans l’illusion d’un système économique où prix et salaires sont faussés.

De plus, à supposer que le point ci-dessus soit résolu, il est inexact de penser que l’arrivée de main d’œuvre peu qualifiée comme c’est le cas depuis quelques années a pour effet de faire baisser les salaires des travailleurs locaux. La raison en est simple : un migrant qui arrive dans un pays ne va pas seulement y travailler, il va aussi y consommer pour lui et pour sa famille, et il va éventuellement y monter sa propre petite entreprise.

Pour toutes ces raisons, il serait dommage que le libéralisme, dont la gauche américaine a déjà subtilisé le terme « liberals » pour mener à bien dans la loi son agenda constructiviste égalitariste et progressiste, soit maintenant préempté par des constructivistes de droite sous le label trompeur de « libéral-conservateur » dans lequel le libéralisme se limiterait à quelques baisses d’impôt ciblées tandis que le conservatisme (au sens européen) serait juste l’occasion de mettre en place un certain nombre d’actions (comme les crèches dans les halls d’accueil des mairies) et d’interdictions (comme la fermeture des frontières sur la base de la nationalité d’origine) afin de préserver non pas l’esprit du « mode de vie européen », mais son image d’Épinal.

Dans l’esprit libéral, toute personne qui arrive sur terre a le droit de mener sa vie comme elle l’entend, dès lors qu’elle respecte aussi ce droit pour les autres. Considérée comme responsable et capable de discernement, elle est libre de ses choix, aussi bien dans les domaines économiques et politiques que culturels ou religieux et elle a le droit de les exprimer ou de manifester pour eux, sans pour autant vouloir les imposer aux autres.

C’est exactement ce que nous dit la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis (1776) très largement inspirée de l’esprit des Lumières qui s’est développé en Europe au XVIIIème siècle – et ce sera ma conclusion :

« Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur(3)de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. »

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Pour compléter cet article, je vous invite à lire aussi :
Pourquoi, comme Hayek avant moi, « I am not a conservative » (14 janvier 2018)
Migrants : et si l’on remplaçait les quotas par la vérité des flux ? (21 juin 2018)


(1) La nouvelle Commission doit entrer en fonction le 1er novembre prochain. Elle devra d’abord être approuvée par le Parlement européen.

(2) Un commissaire par pays, 13 hommes et 14 femmes ; 10 conservateurs, 10 socio-démocrates, 5 libéraux (rebaptisés Renew Europe dans la ligne Macron, ce qui les rapproche des socio-démocrates) et 2 « autres ».

(3) Je précise que la nature ou l’existence d’un créateur est un sujet distinct qui importe peu pour la portée universelle de ce texte.


Illustration de couverture : Fond de carte de l’Europe. Documents pédagogiques de l’Académie d’Aix-Marseille.

18 réflexions sur “Essai sur le mode de vie européen

  1. « Or ce code de la route est simple : il consiste à ne porter atteinte ni à la vie, ni à la liberté, ni aux biens des autres personnes. »

    Dans ce contexte, l’immigration massive ou non n’est pas un problème majeur ; cela c’est bien passé (ex. main d’œuvre italienne, espagnole … début du siècle dernier pour travailler dans les carrières ou autres mines de charbon …) . Cela continue à bien se passer dans d’autres parties du monde tel que les USA, le Canada, l’Australie.,. Plus récemment, l’intégration des immigrants est un problème majeur dans certains pays européens : la volonté d’une partie difficilement quantifiable de vouloir imposer aux autochtones des traditions, coutumes et principes religieux nécessite une réaction (beaucoup plus) ferme.

    La journaliste franco-marocaine Zineb El Rhazoui (la femme la mieux protégée de France) pourrait nous en dire long sur le sujet.

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  2. Et si on se laisse aller à une petite réflexion sur les danses européennes, on a le plaisir de constater que, si le boléro est espagnol, la tarentelle italienne, la czardas hongroise et la valse viennoise, la bourrée et le branle sont bel bien français !

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  3. Excellente analyse bien mesurée et pourtant d’un sujet difficile.

    Personnellement je pense qu’il y a un maximum de cinéma donc une amplification extraordinaire des problèmes où ils ne sont pas pour cacher ceux qui sont en revanche beaucoup plus angoissants pour l’Europe.
    Donc effectivement, « La dénomination est beaucoup plus politicienne que politique et c’est une opération de communication très étudiée en direction des opinions publiques européennes ». Mais l’auront-elles entendue ? Pas sûr ! Donc en fait c’est vraisemblablement inutile.

    Plus opérationnellement, nos gouvernants faisant toujours preuve d’un énorme bon sens ont particulièrement rigidifié les obtentions de visa ou les titres de séjour, 4 à 6 mois de délai maintenant ou refus de renouvellement pour des gens qui soit travaillent déjà en France, soit y viennent faire une période professionnelle. Mais pour les sans-papiers qui ne parlent pas ou mal le français, c’est la générosité qui doit prévaloir, n’est-ce pas en toute irresponsabilité.
    Parce qu’il y a une bien-pensance de l’universalité de l’humain mondial qui lui donne le droit de vivre à fortiori s’il provient d’un endroit où il a été maltraité, où il veut et sans devoir particulier, encore moins si ce dernier est d’une spécificité locale. Or il est tout à fait normal qu’il y ait des pluralités de convictions et d’exigences qui s’imposent aux nouveaux arrivants.

    Oui « la sécurité des biens et des personnes soit enfin prise au sérieux », la preuve c’est que nous avons la justice la plus pauvre de l’OCDE, moins bien dotée que la culture.
    Oui notre Etat-providence est le plus généreux de l’OCDE donc comme a dit Collomb, le benchmark est vite fait, c’est la France la plus avantageuse, c’est effectivement la distorsion qui fausse complètement le jeu.
    Ces deux constatations devraient obliger à suspendre toute immigration jusqu’à nouvel ordre ! En ayant pour objectif de rouvrir dès que possible les frontières lorsque les conditions seraient revenues satisfaisantes.

    A force de vouloir satisfaire à la fois idéologies bien-pensantes et faire quelque chose pour contenir les populismes, on loupe complètement « la recherche du bonheur » !

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  4. Encore un plaidoyer libéral en faveur de l’immigration de masse. Les arguments sont toujours les mêmes, et ils sont fallacieux.

    L’essence de l’Europe serait exclusivement un code de la route. Voilà une singulière façon de dévaloriser sa propre civilisation. En somme, les millions d’Européens qui ont oeuvré ou ont donné leur vie pour leur patrie, pour leur civilisation, seraient morts seulement pour un « code de la route » ? C’est grotesque.

    Quiconque consentirait à « ne porter atteinte ni à la vie, ni à la liberté, ni aux biens des autres personnes » serait européen ? A ce compte-là, les trois quarts des habitants du globe (mettons) seraient européens.

    Minute ! Pour être européen, il faudrait consentir à ne pas attenter à la vie d’autrui ? Il faudrait donc déclarer la guerre hors-la-loi ? Du temps où l’Europe était en guerre, elle n’était donc pas européenne ? Absurde.

    L’Europe, c’est, entre autres choses, la plus belle musique de l’histoire de l’humanité. Donc l’essence de Bach, c’est de « ne porter atteinte ni à la vie, ni à la liberté, ni aux biens des autres personnes » ? Ca ne tient pas debout.

    Vous allez jusqu’à nier l’évidence, en prétendant que l’histoire de l’Europe ne serait pas « uniquement ou majoritairement chrétienne ». Pourquoi ? Parce qu’elle est judéo-chrétienne ! Lamentable sophisme. Le christianisme est judéo-chrétien, par définition… Le christianisme est la seule religion dont le livre sacré reprend et inclut le livre sacré d’une autre religion… En tirer argument pour prétendre que le christianisme n’est pas fondamental dans l’identité européenne, c’est une blague.

    Autre argument éculé : l’Europe a changé. Il y a eu des migrations par le passé. Par conséquent, aucune migration ne saurait menacer l’Europe, pourvu qu’on mette fin à l’assistanat. Absurde.

    L’Europe est effectivement caractérisée par son ouverture aux autres civilisations, et par sa capacité d’assimilation. Il ne s’ensuit pas que cette dernière soit infinie. Elle est, bien au contraire, sélective. L’Europe a assimilé le christianisme, religion moyen-orientale (et en fait, lui a permis d’exister) ; mais elle a violemment rejeté l’islam, et avec raison. Assimiler ne veut pas dire se soumettre.

    Aucune civilisation ne peut résister à une invasion massive et prolongée. L’homme ne vit pas du code de la route. L’homme vit de ses relations avec autrui, de sa culture, de ses émotions, et donc de sa nation. Vous faites complètement abstraction de la réalité nationale dans l’histoire européenne. S’il y a quelque chose qui est important dans la civilisation européenne, c’est bien l’existence des nations et l’importance des identités nationales.

    Peut-on imaginer une Europe sans l’identité nationale anglaise, sans l’identité nationale française, sans l’identité nationale polonaise, sans l’identité nationale grecque ? Bien sûr que non. Subsisteraient-elles après une invasion massive de Maliens, d’Afghans, d’Albanais, de Turcs et de Marocains ? Bien sûr que non.

    Vous nous sortez un article douteux prétendant établir que les immigrés ne feraient pas baisser les salaires. Il faudra poser la question aux maçons, aux peintres, aux plombiers, aux ouvriers agricoles… et aux Américains en concurrence avec les titulaires de visas H1B. L’un des arguments utilisés par cet article est que les immigrés créeraient des entreprises. Et alors ? Quel rapport ? Quant à la « création d’entreprise », il s’agit plus souvent d’auto-entrepreneurs Uber ou de kebabs, que de Google ou de Schneider Electric. Les immigrés ouvrent les kebabs que les Français refusent d’ouvrir… effectivement, ça nous manquait.

    De toutes façons, l’argument n’est pas pertinent. Les immigrés ne feraient-ils pas baisser les salaires, que leur arrivée en masse serait indésirable. Il n’y a pas que l’argent dans la vie. Il y a aussi le bruit et les odeurs, les viols et la religion, bref il y a tout ce qui fait qu’une invasion a, de tout temps, été considérée comme une menace mortelle par les peuples en bonne santé.

    Le tout est de savoir si nous sommes encore en bonne santé, et donc en mesure de nous défendre par tous les moyens, ou si notre volonté de suicide sera la plus forte, quels que soient les prétextes sous lesquels elle se présente : le libéralisme n’en est qu’un parmi d’autres.

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    • Pas toujours le cas Robert Marchenoir, mais fondamentalement d’accord avec votre plaidoyer. Bravo pour ce cri du cœur face à un papier de Nathalie MP qui, une fois n’est pas coutume, passe à côté… et produit de nombreux contresens.

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    • Sujet difficile comme je l’avais pressenti, les fantasmes ont la peau dure !

      « plaidoyer libéral en faveur de l’immigration de masse. Les arguments sont toujours les mêmes, et ils sont fallacieux. »
      Ben non il n’y a pas de plaidoyer pour une immigration de masse car il n’y aurait surement pas d’immigration de masse si nous vivions effectivement dans un régime libéral. La régulation se ferait automatiquement ! Allez voir en Australie ou en Nouvelle Zélande.

      « code de la route » est l’expression de Hayek, il n’y a pas d’histoire de civilisation là-dedans ! Tout de suite les grands mots.

      « L’Europe, c’est, entre autres choses, la plus belle musique de l’histoire de l’humanité. Donc l’essence de Bach » Bof, moi qui suis un baroqueux de la pire espèce (mais amateur de jazz aussi), peut vous affirmer que depuis le début du XXème siècle la musique, n’est influencée que par la musique noire américaine donc africaine. Il n’y a pas de musique (et de danse) contemporaine à fortiori européenne sans leur influence !

      Oui le christianisme est fondamental dans l’identité européenne mais le problème est que le nouveau pouvoir spirituel est guidé par la foi dans les droits de l’homme (exacerbé , mon commentaire précédent) qui contrôle de plus en plus strictement l’expression de la souveraineté populaire. À tel point que l’autonomie du temporel, naguère laborieusement conquise face à l’Église, reste à reconquérir face aux nouveaux clercs. « Les sociétés occidentales, qui se flattent d’être affranchies de la religion dans la conduite des affaires de la cité, sont en réalité soumises à un nouveau pouvoir spirituel tenu pour légitime par les élites, mais non par les peuples » nous dit Philippe d’Iribarne !

      L’Europe n’a pas assimilé que le christianisme mais aussi les Francs autour du Rhin, les Alamans dans la plaine d’Alsace, les Burgondes dans la vallée du Rhône et les Vandales dans le sud de l’Espagne. Non plus ils sont arrivés poussés au cul par les vikings ou les tartares pour s’installer à la place d’un empire romain en décomposition. Ils avaient un grand désir d’adaptation aux coutumes et à la religion des peuples en place. Celle-ci n’a pas disparu, elle s’est transformée avec ces influences. Certes l’islam n’a pas marché et pourquoi aurait-il plus de chance d’un avenir aujourd’hui ? Grotesque le scénario !

      « abstraction de la réalité nationale dans l’histoire européenne » Oui mais c’est l’histoire ! que restera-t-il du norvégien, du hollandais, du grec, et même de l’allemand ou de l’italien dans une ou deux générations ? Et pourquoi la conséquence serait-elle la disparition de l’Europe ?

      Si nos maçons, nos peintres, nos plombiers, nos ouvriers agricoles sont moins bons que les immigrés, bien soit ils s’améliorent, soit ils font un autre métier. Au XVII et XIXème les italiens étaient maçons ou plâtriers parce que les français ne savaient pas faire par rapport à la demande et alors ?

      Les arguments ne sont pas pertinents et il n’y a donc pas de suicide.

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      • @ Tino

        « Il n’y aurait surement pas d’immigration de masse si nous vivions effectivement dans un régime libéral. La régulation se ferait automatiquement ! Allez voir en Australie ou en Nouvelle Zélande. »

        Non, bien sûr… Il n’y a pas d’immigration de masse aux Etats-Unis, ni en Australie, ni en Angleterre, ni aux Pays-Bas (récemment vantés ici pour leur libéralisme exacerbé), ni en Suisse.

        En Australie (qui est une île), je vous signale que la régulation est tellement « automatique », qu’ils ont dû faire intervenir l’armée, pour mettre un coup d’arrêt au phénomène. La marine, en l’occurence. Et établir un camp de concentration sur une île déserte. Cela ne les empêche pas d’avoir des attentats musulmans…

        En Nouvelle-Zélande, il vient d’y avoir un attentat sanglant contre une mosquée… Une mosquée ? En Nouvelle-Zélande ?

        Mais vous allez peut-être me dire que tous ces pays ne sont pas vraiment libéraux ? Un peu comme les communistes disent que l’Union soviétique n’était pas vraiment socialiste ?

        « Bof, moi qui suis un baroqueux de la pire espèce (mais amateur de jazz aussi), peut vous affirmer que depuis le début du XXème siècle la musique, n’est influencée que par la musique noire américaine donc africaine. Il n’y a pas de musique (et de danse) contemporaine à fortiori européenne sans leur influence ! »

        Oui, une grande partie de la musique de merde contemporaine est en effet influencée par la musique noire. Et donc ? Booba, c’est la même chose que Mozart ? Ce qui passe pour de la musique actuellement en Europe n’en est pas. La vraie musique est la musique classique, que seule l’Europe a su produire. C’est évidemment à celle-là que je fais allusion.

        Les fantasmes sont de votre côté.

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      • @ RM
        1. Analysez les statistiques concernant homicides, vols, viols et situez-nous par rapport à Australie et Nouvelle-Zélande et faites toutes les corrélations utiles, efficacité justice, curseur libéral etc….
        https://knoema.fr/atlas/topics/Statistique-criminelle
        Bon maintenant on peut pas savoir si ce sont des mâles blancs ou d’une autre espèce qui en sont responsables…

        2. « Booba, c’est la même chose que Mozart »
        Ben assurément non, mais en cherchant bien on peut trouver un compositeur ou un musicien « de merde » au XVIII ou au XIX ème en Europe (mâle blanc bien sûr) !

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    • @ Tino

      Je n’ai rien compris à votre dernier commentaire. Qu’affirmez-vous sur la criminalité en Australie et en Nouvelle-Zélande ? Contrairement à ce que vous dites, il est parfaitement possible de connaître le taux de criminalité spécifique par race et par religion. Il suffit de se reporter aux statistiques américaines, très claires sur ce sujet. Ou même aux statistiques françaises. C’est peut-être « interdit », mais même en régime communiste, l’information finit par sortir…

      Cependant, vous avez déplacé la cage de buts à roulettes. Vous ne m’avez pas répondu, et vous avez changé de sujet : considérez-vous que l’Australie, ou d’autres pays que j’ai nommés, ne sont pas libéraux ? Et considérez-vous que l’Australie, ou ces autres pays, ne connaissent pas de graves problèmes dûs à l’immigration de masse ? Dans les deux cas, vous auriez tort.

      Quant à votre assertion selon laquelle la musique contemporaine serait aussi bonne que la musique classique, sous prétexte qu’à l’époque classique on trouvait des compositeurs aussi mauvais que Booba, elle est tellement absurde qu’elle ne mérite aucun commentaire.

      Les méfaits de l’immigration de masse sont tellement évidents, qu’il suffit de se baisser pour ramasser des preuves :

      En Espagne et en Italie, esclavage sexuel des femmes immigrées originaires de Roumanie et du Maroc, employées dans l’agriculture :

      https://correctiv.org/en/top-stories-en/2018/04/30/rape-in-the-fields
      https://correctiv.org/en/top-stories-en/2018/05/03/in-the-hands-of-the-mafia

      Ne parlons pas du « salaire » de ces femmes, qu’il faut évidemment chercher avec un microscope…

      A Londres, les meurtres au couteau sont devenus presque quotidiens. Ils sont presque exclusivement commis par des immigrés, la plupart noirs :

      https://www.dailymail.co.uk/news/article-6351699/Man-Londons-116th-murder-victim-year-stabbed-death.html

      L’immigration de masse appauvrit (bien évidemment) les pays hôtes :

      http://socialaffairsunit.org.uk/digipub/content/view/18/27

      Quant à l’argument du type « si ma tante en avait, on l’appellerait mon oncle » (si ces pays étaient vraiment libéraux, selon un libéralisme utopique qui n’a jamais existé nulle part, alors l’immigration de masse ne poserait aucun problème), il est très aisé à réfuter.

      Ne rentrons même pas dans la discussion oiseuse consistant à savoir si l’Angleterre est vraiment libérale ou pas, les Etats-Unis vraiment libéraux ou pas…

      Nous sommes confrontés à des maux gravissimes et massifs provoqués par l’immigration de masse à travers tout l’Occident. Allons-nous perdre du temps en d’aimables conversations d’intellectuels consistant à se demander si tel ou tel pays serait vraiment libéral, et sinon, à attendre qu’il le devienne ? En supposant, bien entendu, que cela règle tous les problèmes — ce que personne n’a jamais été en mesure de prouver, et pour cause ?

      Ou devons-nous agir dès à présent pour mettre fin à des méfaits non pas hypothétiques, mais bien réels ?

      La réponse ne fait aucun doute pour quiconque a la tête sur les épaules, et prend ses décisions en fonction des réalités, et non pas en fonction de telle ou telle idéologie.

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      • 1. Grossièrement, la criminalité est largement plus faible dans ces pays plus libéraux (donc moins avantageux socialement) que nous, avec immigration plus contrôlée et drastiquement choisie. Ce sont des chiffres avec une fiabilité assez bonne, Tous les articles d’appréciations plus ou moins orientées par des journalistes qui ont toujours tendance à largement en rajouter, il faut bien qu’ils mangent, n’ont aucune crédibilité vu de moi. C’est d’ailleurs sur ce thème, ce qui m’énerve le plus !
        Le curseur libéral, on peut quand même l’observer facilement avec les dépenses publiques/PIB dont le montant des dépenses sociales. Nous les franchouilles on est au max avec les conséquences max !
        Comment s’en étonner ?
        Repositionnez la cage de buts à roulettes au bon endroit, ça permet d’être plus objectif.

        2. Moi je prends autant plaisir avec la musique contemporaine qu’avec la musique classique. C’est évidemment affaire de goût. Je peux aussi citer des compositions du classiques particulièrement ennuyeuses et je pense que nous connaissons aujourd’hui peut-être 30% des compositions du 17ème-19ème qui sont encore jouées. Tout le reste est voué à l’oubli. Qu’est ce qu’il y a d’absurde ?

        Pour autant, je partage avec vous les méfaits d’une immigration massive et non choisie. Nos sociétés européennes ne sont ni racistes, ni égoïstes, elles l’ont largement prouvé mais il y a une capacité à absorber qui est effectivement très largement dépassée et qui exacerbe les crispations, c’est humain et réel.

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      • « Grossièrement, la criminalité est largement plus faible dans ces pays plus libéraux (donc moins avantageux socialement) que nous, avec immigration plus contrôlée et drastiquement choisie. »

        Admettons, bien que je n’aie jamais lu d’études à cet effet (et j’en consulte un certain nombre). Vous tenez désormais un discours différent. Vous dites que ces pays (lesquels ?) non seulement seraient plus libéraux, mais contrôleraient davantage leur immigration.

        Qu’est-ce qui vous permet de dire qu’une plus faible criminalité, dans ces pays, serait due au libéralisme, plutôt qu’à une immigration moindre, ou, d’ailleurs, à une répression plus sévère de la délinquance ?

        Ce qui est absolument certain, c’est que des centaines d’études montrent une corrélation indiscutable entre l’immigration et la délinquance. Je rappelle qu’en France, la majorité des détenus sont musulmans. Qu’aux Etats-Unis, la majorité des meurtres sont commis par les Noirs (qui représentent 13 % de la population).

        Oui, je sais, la plupart des Noirs américains ne sont pas des « immigrés » au sens strict du terme, mais justement : ces chiffres montrent qu’il y a des constantes raciales et culturelles propres aux peuples, qui subsistent des siècles après leur déplacement hors de leur milieu d’origine.

        « Pour autant, je partage avec vous les méfaits d’une immigration massive et non choisie. »

        Sur ce point, nous sommes donc d’accord.

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  5. N’y a-t-il pas un paradoxe entre d’un coté la liberté des individus européens, leur droit de propriété (inexpugnable) et de l’autre coté l’invasion abracadabrantesque de migrants sans foi ni lois, si ce ne sont leurs leurs qui ne nous conviennent absolument pas !

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