Chômage (III) : Quand le taux britannique tombe à … 3,8 % !

L’Office for National Statistics, c’est-à-dire l’équivalent britannique de notre INSEE, vient lui aussi de publier ses chiffres sur l’emploi au premier trimestre 2019. On apprend ainsi que le taux de chômage du Royaume-Uni est tombé à 3,8 % (graphe ci-dessous), alors que la France continue à planer à 8,8 %. Cet exemple particulièrement révélateur, mais pas unique en Europe, constitue un excellent prolongement de mes deux articles précédents sur le chômage français qui persiste à être structurellement élevé (Chômage I) et sur les fausses solutions keynésiennes (Chômage II).

Un taux de chômage de 3,8 % contre 8,8 % chez nous : le match Royaume-Uni / France semble plié. Il l’est d’ailleurs depuis un bon moment : fin 2015, c’était environ 5 % outre-Manche contre 10,3 % en France.

Mais ce serait compter sans les multiples subterfuges, excuses et pieuses protestations qui nous enjoignent systématiquement en pareil cas (comme dans cet article de France Culture) de considérer que notre modèle social se caractérise par une exigence supérieure d’égalité et de solidarité tandis que les petits boulots, les contrats « zéro-heure », la précarité et la pauvreté seraient sans conteste l’infâme marque thatchérienne de l’économie britannique :

« Il faut dire que cette baisse du taux de chômage est largement due à une multiplication des emplois précaires, petits boulots et autres jobs indépendants. Ces derniers ont explosé au Royaume-Uni depuis une dizaine d’année, grâce à la libéralisation et la flexibilisation toujours plus importante du marché du travail. »

S’ensuit l’inévitable couplet sur les terribles réformes Hartz de libéralisation du marché du travail dans le cadre des réformes entreprises par Gerhard Schröder entre 2002 et 2005 en Allemagne – pays dont le taux de chômage est actuellement de 3,2 %, excusez du peu !

L’analyse des chiffres montre cependant une réalité très différente.

Au premier trimestre 2019, le nombre de chômeurs britanniques a diminué de 65 000 personnes pour tomber à un total de 1,3 million. A comparer à nos 2,5 millions (dans les statistiques(*) de l’INSEE) pour une population équivalente de 67 millions.

Ajoutons que non seulement le Royaume-Uni jouit d’un taux de chômage très inférieur à celui de la France, mais que le taux d’activité, c’est-à-dire le nombre de personnes actives par rapport au nombre total de personnes de 15 à 64 ans, y atteint 78,5 %. Le même résultat pour la France tombe à 71,9 % (graphe ci-dessous à gauche), c’est-à-dire juste en dessous de la moyenne de l’OCDE comme le montre le schéma de droite (chiffres de 2017) – cliquer pour agrandir :

          

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Les statistiques britanniques publiées hier nous apprennent également que les salaires (primes incluses) ont augmenté de 3,2 % sur un an, soit 1,4 point de plus que l’inflation qui fut de 1,8 % sur la période. Comme aux Pays-Bas, le dynamisme de l’économie a amené le pays au plein emploi. Il en résulte des tensions pour recruter, notamment dans les secteurs du commerce de détail, les activités sociales et médicales et l’hôtellerie-restauration, ce qui pousse momentanément les salaires à la hausse.

On observe en effet que même en cette période d’incertitude sur le Brexit qui fait que, de façon assez extravagante, les élections européennes auront tout de même lieu, le dynamisme comparé de l’économie britannique ne se dément pas. Alors que la croissance française fut de 0,3 % au premier trimestre 2019 – c’est-à-dire moins que prévu, ce qui n’a pas empêché Bruno Le Maire de faire assaut de satisfaction – la croissance du Royaume-Uni s’est montée à 0,5 %.

Quant aux petits boulots et aux contrats « zéro-heure » dont on finirait par croire en France qu’ils constituent les seules formes d’emploi disponibles pour nos pauvres voisins anglais, il convient de remettre les choses à leur place. A l’époque où de grandes réticences se manifestaient en France contre la loi Travail de Myriam El Khomri, on nous expliquait volontiers que lorsqu’on avait un contrat « zéro-heure » en Angleterre :

« On vous appelle de temps en temps et on vous dit : vous allez pouvoir travailler une heure, et ensuite on vous laisse. » (Natacha Polony, BFMTV)

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Une fois de plus, ces propos convenus et répétés en boucle sont très éloignés de ce qu’il se passe vraiment. A fin décembre 2018, les fameux contrats « zéro-heure » concernaient seulement 2,6 % des personnes dans l’emploi sur presque 33 millions d’emplois. La moyenne des heures hebdomadaires travaillées à ce titre était de 24 heures contre 36 heures pour l’ensemble des emplois et la tranche d’âge des jeunes de 15 à 24 ans était la première concernée.

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A ce stade, il n’est pas inutile de rappeler que le chômage des jeunes (moins de 25 ans) atteignait presque 22 % en France fin 2018, tandis qu’il n’était que de 11,4 % au Royaume-Uni (schéma ci-contre, cliquer pour agrandir).

Que cet écart béant ne suscite pas en France d’autres commentaires que le verbiage habituel contre la précarité ultra-libérale en vigueur au Royaume-Uni est non seulement incompréhensible mais surtout gravement irresponsable de la part de tous nos dirigeants politiques.

Tout à l’inverse, on trouve toujours un organe de presse ou un autre – par exemple dans cette reprise d’une dépêche AFP dans un article de l’hebdomadaire Le Point – pour vous faire savoir que si le chômage est bas, les chômeurs restants ne sont pas, mais alors pas du tout à la fête. Mais contrairement à ce qui se passe chez nous, et comme le souligne une travailleuse sociale anglaise interrogée pour l’occasion :

L’allocation chômage britannique « n’est pas faite pour que les gens puissent vivre avec, plutôt pour qu’ils retrouvent un emploi le plus vite possible. »

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Là se situe en effet l’une des grandes différence entre les pays à faible taux de chômage et la France. Que préfère-t-on ? Des personnes autonomes dans l’emploi, ainsi amenées à accumuler les expériences professionnelles et rendues capables de rebondir, ou des personnes sans emploi donc en manque d’expérience de terrain, parfois sur très longue durée, mais soutenues ad vitam ?

Pour finir, j’aimerais souligner qu’on se tromperait en faisant du critère d’appartenance ou non à l’Union européenne le seul élément déterminant de la plus ou moins grande vitalité économique des pays européens. Le Royaume-Uni est certes sur le départ et à l’instant où j’écris, j’hésite à le classer parmi les membres ou les non membres de l’Union européenne.

Mais quoi qu’il en soit, et quelles que soient ses raisons pour rechercher plus de liberté en dehors des frontières européennes, il est suffisamment d’exemples au sein même de l’UE, y compris parmi les pays qui en font partie depuis l’origine, notamment l’Allemagne ainsi que mon exemple favori, les Pays-Bas, pour montrer que les différences tiennent fondamentalement au degré de libéralisme en vigueur dans le pays considéré, c’est-à-dire au primat de l’esprit de responsabilité individuelle sur l’esprit de redistribution collectivisée.

Car ce n’est pas l’UE qui nous oblige à étatiser et monopoliser l’éducation et la sécurité sociale, ce n’est pas l’UE qui nous pousse aux déficits budgétaires, à la dépense publique incontrôlée et à la dette galopante, ce n’est pas l’UE qui nous oblige à entraver l’activité de nos entreprises par une loi Pacte purement française et ce n’est pas l’UE qui demande que toutes ses directives soient appliquées au centuple selon la méthode du « gold plating » (ou sur-réglementation) que les Français affectionnent.

D’où la froideur compréhensible avec laquelle les propositions d’Emmanuel Macron pour l’Europe, lesquelles consistent à vouloir appliquer de l’Atlantique aux Carpates les belles idées qui ruinent la France, ont été accueillies par nos principaux partenaires…

Bref, le chômage britannique à 3,8 %, encore un exemple à méditer, je crois.


(*) Précision du 16 mai 2019 : La France mène deux suivis du chômage, celui de l’INSEE évoqué plus haut et celui de la DARES qui compte environ 3,5 millions de chômeurs inscrits dans sa catégorie A (personnes complètement sans emploi). Les deux statistiques devraient correspondre mais depuis quelques années, elles sont fortement divergentes.


Illustration de couverture : L’horloge de Big Ben et le drapeau britannique, Londres, Royaume-Uni.

30 réflexions sur “Chômage (III) : Quand le taux britannique tombe à … 3,8 % !

  1. Merci pour votre billet étayé et documenté.

    Je n’ai jamais compris cette compulsion française à vouloir se singulariser à tout prix en voulant appliquer un « modèle » national qu’on veut vendre comme vertueux et continuer de se planter sans en tirer les enseignements qui s’imposent et, surtout, en donnant des leçons aux autres pays en les fustigeant.

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  2. Madame,
    À mon actif je confesse l’emploi des termes suivants :

    Violence, ignorance, type, Monsieur, brute, pote, malade [*], Maître des trolls ; utilisés comme substantifs.
    Ignoble [*], exécrable ; comme adjectifs.
    Inhumainement, moralement ; adverbialement.

    Ce sont des termes qualifiants, de « qualité française », employés pour décrire le comportement scripturaire d’une personne laquelle, entre autre, a fait état d’une relation étroite entre le caviar et les GJ.

    L’emploi de ces mots n’est pas inconvenant ! Je ne suis pas « malpoli ». Je récuse absolument cette accusation !

    Encore un instant, Madame le bourreau !

    Il y a quelques jours l’Athélé nous a fait voir un GJ dans « son jus ».

    Un boulanger au chômage dont la femme s’est barrée, deux filles qu’il voit les week end. Un bourg de la « ruralité ». Au fond du trou, dans une désespérance épaisse il nous avoue avoir pensé faire une bêtise ! Puis il a trouvé un boulot, l’environnement proche s’est penché sur cet être, la mairie l’a embauché, 1.000 € par mois, un CDD qui se termine dans un an mais il espère obtenir un CDI à la suite ; il est cantonnier, on le voit s’activer au cimetière respectueusement, méticuleusement comme les humbles.

    Dès les premiers ronds-points il a participé. Il y a trouvé du réconfort, de la camaraderie, de la « fratitude », entre pauvres !

    Le samedi il va récupérer ses deux fillettes. On passe au supermarché, on discute ce que l’on peut acheter pour se sustenter. On ressort avec un caddie peu rempli, un euphémisme ! « Combien avez-vous dépensé lui demande-t-on ? », 23 € avoue-t-il ! Les petites sont pleines de joie, elles ont choisi la barquette de gâteaux secs pour le dimanche !

    C’est un français, un petit blanc veux-je dire, dans la quarantaine, à qui il manque des dents, un artisan dans la boulange qui a perdu son job à cause …comment on dit déjà…à cause des « restructurations » économiques du marché mondial ! Sans doute ! Pour plus consulter les économistes distingués !

    Ce « type » n’a manifestement jamais mangé du caviar. Il ne sait même pas ce que c’est, de quoi on lui parle là !

    Alors comment qualifier celui qui vient nous prétendre que ce malheureux revendique d’en avoir chaque jour sur sa table ; et gratuitement ?
    Je ne répondrai pas à cette question ; je serai obligé d’être malpoli ; et même carrément injurieux !

    [*] Terme utilisé par Françoise, blogueuse que vous n’avez jamais menacée d’exclusion pour autant que je sache.

    À suivre…

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    • @zonzon, votre confession est sympathique et votre anecdote sur ce GJ pauvre est touchante. Les deux ont l’inconvénient d’être complètement hors sujet car sans le moindre lien avec l’article de Nathalie…

      Vous écrivez plutôt bien. Pourquoi ne pas créer votre propre blog? Cela vous permettra de vous exprimer en totale liberté (ou presque, puisque la liberté d’expression s’exerce dans les limites de la loi…)

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  3. Une fois de plus, on constate l’efficacité de la turbine à mensonges, qui vient aussi bien de la gauche (France Culture) que de la « droite » (Natacha Polony).

    Cette dernière représentant une forme particulièrement caractéristique de la bêtise contemporaine. Au moins, sur France Culture, on entend des choses passionnantes et des hommes de valeur. Certes, il y a l’obligatoire robinet gauchiste en service, mais enfin il n’y a pas que ça.

    Tandis que Natacha Polony, c’est la tête de linotte qui surfe sur la vague de droite pour nous refiler les vieux rogatons marxistes — et qui le fait avec l’arrogance des imbéciles.

    « On propose aux Français de s’aligner sur la productivité du Bangladesh », nous disait, en 2016, sur BFM TV, la madame qui est passée directement de fonctionnaire à journaliste, et de journaliste à essayiste, sans jamais faire un détour par la case travail.

    Et depuis, elle nous assène sa prodigieuse ignorance comme si nous étions des mioches face à la professeuse qu’elle fut (c’est ainsi qu’il faut dire, je suppose ?).

    BFM TV, je le rappelle, c’est cette immonde chaîne de télévision ultra-libérale, dont les journalistes sont tellement avides du sang des prolétaires (et à la solde de la finance juive internationale) que les Gilets jaunes les attaquent physiquement dans la rue.

    Dans l’extrait vidéo que vous nous indiquez, on lit que « la journaliste était invitée à débattre avec l’économiste Robin Rivaton mercredi soir sur BFM TV sur le loi Travail ». Et qu’a-t-elle dit ?

    « Les Français sont contre cette loi. Il y a un refus de la part des Français de voir détruire le modèle social qui est le leur. Ce qu’on leur propose, c’est quoi ? C’est de s’aligner sur la productivité du Bangladesh. Il faut arrêter ! »

    On comprend donc que pour Natacha Polony, « journaliste », la productivité, c’est très mal, car ça consisterait à faire suer le burnous. Le grand patronat français trouverait que la productivité des sans-dents à gilet jaune serait insuffisante, et souhaiterait l’aligner sur celle du Bangladesh, dont les patrons seraient bien plus habiles à exploiter les travailleurs.

    Voyons donc ce qu’il en est. L’une des mesures de la productivité, d’après l’Organisation internationale du travail, est la production par travailleur à PIB constant, en parité de pouvoir d’achat.

    http://tiny.cc/01uq6y

    Le pays du monde qui a la meilleure productivité, selon cet instrument de mesure (donc le pays le plus détestable, selon la logique de Natacha Polony), est le Luxembourg, avec 216 165 dollars de PIB par travailleur en 2018 (c’est une estimation modélisée).

    Les Etats-Unis sont au 13ème rang, avec 114 990 dollars par travailleur.

    La France est au 31ème rang, avec 95 846 dollars par travailleur.

    Et le Bangladesh est au… 227ème rang, avec… seulement… 9 217 dollars par travailleur.

    Et les patrons ultra-libéraux français souhaiteraient donc réduire leur production par travailleur, pour la ramener du 31ème rang mondial au 227ème rang, celui du Bangladesh. Avec la complicité (à l’époque) du faux socialiste et vrai complice du grand capital François Hollande.

    Voilà ce que nous dit la « journaliste et essayiste » Natacha Polony.

    Sur la chaîne de télévision « ultra-libérale » BFM TV.

    Comment se fait-il que cette péronnelle péremptoire et imbécile soit « invitée à débattre » avec des économistes sur BFM, et non mise dehors à coups de pied dans le derche avec perte et fracas ?

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    • @Marchenoir: Polony ? Wiki: « Après des études au lycée privé Notre-Dame de Bury de Margency, dans la vallée de Montmorency (Val-d’Oise), elle suit les classes préparatoires littéraires des lycées Jules-Ferry et Louis-le-Grand à Paris. Elle obtient un DEA de poésie contemporaine, puis l’agrégation de lettres modernes (1999).
      Elle enseigne en 1999-2000 au lycée Jacques-Feyder d’Épinay-sur-Seine comme professeur de lettres stagiaire avant de démissionner de l’Éducation nationale. Elle devient, en juin 2001, secrétaire nationale du Mouvement des citoyens (MDC) aux questions de société, puis membre du bureau du Pôle républicain, chargée du droit des femmes. En juin 2002, elle est candidate aux législatives pour le Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, dans la 9e circonscription de Paris où elle obtient 2,24 % des suffrages exprimés ».
      Formation en poésie… Enseignante dans le public… Membre active du parti de Chevènement…Militante féministe… no comment.

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      • Toutefois,il faut bien reconnaître – et je le fais à mes risques et périls – que si on sait tout de Natacha Polony, on ne sait rien de Robert Marchenoir qui intervient avec talent sur une multitude de blogs pour surveiller et punir sans avoir jamais à justifier d’où il parle.

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      • @ Mildred

        D’ailleurs il faut bien reconnaître qu’on ne sait rien non plus de Mildred, qui intervient avec un talent dont, charitablement, on ne dira rien, sur au moins un blog libéral, pour fliquer des intervenants tout aussi anonymes qu’elle, comme c’est la règle sur Internet.

        Et elle le fait avec un jargon freudo-marxiste tiré de la naphtaline. J’écrirais ici pour « surveiller et punir » (titre du livre où le dégénéré marxiste Michel Foucault a expliqué, en gros, que la prison c’est mal parce que c’est capitaliste), et je ne justifierais pas « d’où je parle ».

        C’est une assez jolie inversion accusatoire. Il me semble que j’écris ici pour commenter les sujets évoqués par Nathalie concernant l’économie et la politique, avec des faits et des arguments, et sur une ligne libérale.

        Tandis que vous, effectivement, vous venez de « surveiller et punir », autrement dit de vous livrer à une attaque personnelle sortie de nulle part, sans la moindre provocation de ma part.

        Et vous avez l’immense culot de prétendre que j’aurais à « justifier d’où je parle », illustrant une fois de plus l’insupportable prurit autoritariste français. Qu’est-ce qui vous fait croire que vous avez le droit de jouer les petits flics politiques kaguébistes à l’égard d’autrui ?

        Les gauchistes et les étatistes, eux, peuvent déblatérer tant qu’ils veulent sans que personne ne vienne leur chercher des noises. Forcément, ils disent la vérité par définition, ils sont dans le camp du Bien.

        En revanche, dès que quelqu’un s’avise de dévier de la Bonne Pensée, et, en particulier, d’écraser les arpions d’une idole de la droite de gauche, ici Natacha Polony, alors vous avez toujours un sournois qui sort du placard en vous attaquant de biais.

        Non pas pour proposer des contre-arguments sur la productivité du Bangladesh (pour ça, il faudrait, non pas avoir du talent, mais simplement travailler), mais en se livrant à des sarcasmes, des insinuations et des calomnies.

        Ça marche dès qu’on dégonfle les baudruches prétendument « souverainistes ». Le phénomène est exactement le même avec la Russie. Nous avons tout un mouvement qui prétend être de droite, parce que le communisme est vraiment fatigué et indéfendable, mais qui, dès que l’on gratte un tout petit peu, s’avère recycler la vilenie marxiste sous une défroque plus contemporaine.

        C’est le communisme, moins l’immigration. Staline avait inventé ça il y a longtemps : c’est le socialisme dans un seul pays. Même en URSS, ils ont fini par se rendre compte que ça ne marchait pas.

        Quans un escroc est démasqué, il montre les dents. Il crache par terre et il vous insulte.

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      • @ Mildred
        « on ne sait rien de Robert Marchenoir (…) » :
        N’est-ce pas le cas de tous les commentateurs ? Et quoi qu’il en soit, il n’y a aucune comparaison possible entre la position élito-médiatique d’une Polony, laquelle est largement relayée, enregistrée et filmée dans tous les médias et qui est maintenant à la tête de la rédaction de Marianne, et un commentateur lambda sur un blog lambda.
        En ce qui concerne Natacha Polony, je considère personnellement que les propos qu’elle tient dans la vidéo que j’ai relayée ne sont qu’ignorance prétentieuse.
        Enfin, je vois mal ce que ce commentaire a à voir avec la choucroute. Voir commenter le genre de beauté des commentateurs jusqu’au harcèlement sans jamais apporter un argument, une opinion, sur le sujet du billet, c’est lassant. Faites-nous plutôt part de vos idées pour faire baisser le chômage. On est tout ouïe.

        AVIS GENERAL
        Que ce soit clair : Personne n’obtiendra de moi l’exclusion d’un commentateur. En revanche, je m’autorise à bloquer les commentaires qui relancent la machine à harcèlement anti-RM – et plus généralement tout commentaire gravement insultant ou diffamatoire (cas dans lesquels n’entrent pas la divergence d’opinion, exprimée avec courtoisie et argument naturellement).
        On est ici pour un débat d’idées. Je demande à tout le monde de participer aux commentaires comme si on était tous en conversation ensemble chez moi.

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    • @ Robert Marchenoir
      N’exagérons rien ! J’ai simplement voulu vous titiller à cause de votre : « péronnelle péremptoire et imbécile » qui m’avait paru inutilement désobligeant pour exprimer votre désaccord avec Natacha Polony.
      Je dois dire que je n’ai pas été déçue par le résultat !

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  4. On peut ajouter la mesure de la flexibilité du travail (Employment Flexibility Index) :
    https://en.llri.lt/labour
    qui prend en compte, les restrictions sur les contrats à durée déterminée ; l’existence et le niveau du salaire minimum ; la durée maximale de la période d’essai ; les restrictions sur le temps de travail ; les restrictions sur le nombre de jours de travail dans la semaine ainsi que sur le travail de nuit ; les restrictions en matière de congés payés ; la lourdeur des processus de licenciement ; les motifs qui légitiment le licenciement…
    Evidemment nous sommes bons derniers de l’OCDE !

    Et alors au-delà du chômage, on pourrait mesurer la qualité de notre vie sociale. Trouver un service ouvert aux heures où on en a besoin est de plus en plus difficile dans notre pays; pas seulement les services de l’Etat mais ceux de beaucoup de commerçants.
    Trouver en France, un restaurant ouvert pour vous servir après 14 heures est devenu quasiment impossible même dans une grande ville; il y a un mois, en plein après-midi (vers 16 heures), un copain canadien propose d’aller boire une bière : le premier bistrot au hasard nous répond on ferme alors qu’il y avait encore du monde sur la terrasse. « Chez nous on reste ouvert jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de client » s’est étonné le copain…
    Eh oui c’est le client (le marché) qui impose le travail et donc l’emploi et non le contraire.
    Le contraintes qui résultent de toutes ces rigidités sont devenues littéralement invivables, pour que tout le monde soit finalement perdant : le client et l’employé !
    Voila où nous ont mené nos exigences supérieures. Certains qui n’ont pas peur du ridicule, proposent d’harmoniser la fiscalité, les indemnisations chômage, maladie etc…pour toute l’Europe en donnant exemple de la France évidemment.

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    • Comme nous sommes en pleine campagne pour les élections du 26 mai prochain, je présume que beaucoup d’entre nous se sont amusés à goûter les slogans et revendications diverses des partis le temps de leurs diffusions quotidiennes.
      Notamment, celui de Mme Arthaud, de Lutte Ouvrière, dont le colistier présent vitupérait contre les riches qui incarnent forcément tous les maux de la société. J’ai entendu « parasites », entre autres c…….rétineries récurrentes depuis 40 ans.

      D’autres listes reprenaient en gros cette thématique foireuse: redistribuer les richesses.

      Nous n’en sortirons pas. C’est affligeant.

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  5. Les contrats « zero-heure » britanniques relevant, je suppose, du travail temporaire. Nonobstant que le travail temporaire peut etre un choix personnel, il est bien plus bas au Royaume-Uni (6,0% de la population active, selon [Eurostat](https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/-/DDN-20170502-1), cf. graphique ci-contre) qu’en France (16,1%), qui cumule donc un chomage eleve et une « precarite » elevee du travail.

    ![graphe](https://ec.europa.eu/eurostat/documents/4187653/7825811/IMG+1+News+Temporary+employment.png « Travail temporaire dans les membres de l’ UE »)

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  6. Bonjour, pour aller régulièrement en Angleterre en tant que touristes et fréquenter assidûment leurs train
    on peut constater que les anglais ne sont pas malheureux je ne dit pas qu’ ils sont heureux.
    Mais il n’ ont pas fait le choix du tout TGV, pourtant j’ apprécie leurs services privés ferroviaire.

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  7. Et quand bien même il y aurait des emplois mal rémunérés en UK, celui qui ne satisfait pas de cet emploi, peut immédiatement en trouver un autre (« en traversant la rue ») du fait du plein emploi britannique. On peut également évoquer à ce propos la formation professionnelle de l’un et l’autre pays: en France elle est accaparée par les syndicats (qui y puisent leur source majeure de financement) et s’adresse majoritairement aux « insiders ». Ses résultats sont calamiteux comme on peut le constater au faible taux de réinsertion qui ne fait pas baisser celui du chômage. En UK, on peut considérer, comme le dit Nathalie dans son article, que les jobs y compris mal rémunérés, sont des moments privilégiés de formation sur le tas, au contact des réalités, dont le coût n’est pas pris en compte dans l’évaluation réelle du salaire reçu par son bénéficiaire britannique. Enfin lorsqu’on parle d’emploi précaire en UK, encore faut-il mettre en parallèle le volume bien plus important des CDD français s’ajoutant aux précaires du chômage de masse que notre système développe structurellement.

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    • Je confirme les dires de Gaston79 pour en avoir fait l’expérience moi-même au milieu des années 1990.

      A la fin de mon service militaire de 14 mois dans la Marine (j’avais rempilé et volontairement embarqué) et avec une misérable maîtrise d’histoire en poche, les alternatives qui s’offraient à moi étaient les suivantes : passer un concours et rentrer dans la fonction publique ou dans l’armée à un échelon subalterne (non), retourner à la fac puis passer un concours dans la fonction publique pour y entrer à un échelon plus élevé (non !), ou tenter ma chance dans le privé avec une période de stages plus ou moins longue, tout en bas de l’échelle. J’ai choisi une quatrième voie : l’expatriation au Royaume-Uni, où j’avais eu la chance de terminer mes étude grâce au programme Erasmus (à l’époque, on avait été 3 à se présenter pour 10 bourses offertes pour une année d’étude à l’université de St. Andrews en Écosse. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un peu l’ambiance de l’école d’Harry Potter, à côté de l’un des terrains de golf les plus célèbres du monde).

      Je suis arrivé là-bas avec mon sac de marin, encore à moitié habillé en tenue de travail de matelot. Je me suis inscrit au Job Centre – c’est comme ça que ça s’écrit en anglais de la Reine – et j’ai trouvé en trois jours un boulot à ma mesure : agent de nettoyage à mi-temps d’une station d’ambulance du NHS, de 07:00 à 11:00, payé à la semaine pour environ 500 euros mensuels. Avec l’entraînement que j’avais reçu dans la Marine et ses « postes de propreté » quotidiens (= corvées), c’était parfait. L’après-midi, je faisais le tour des agences de recrutement avec mon petit costume-cravate et j’y décrochais parfois un travail d’appoint en intérim. Tout cela a duré 6 mois, j’ai perdu 5 kilos à force de sauter des repas, mais j’ai aussi fait beaucoup de progrès à l’oral et en particulier dans la compréhension de l’argot cockney.

      Au cours d’une de ces missions d’intérim, j’ai rencontré un autre Français qui travaillait comme opérateur de nuit pour une société de cartes téléphoniques prépayées. Or, j’avais été opérateur des transmissions sur un porte-avions et j’avais travaillé de jour et de nuit jusqu’à 15 heures par jour pendant mon service (c’était l’époque des opérations de l’OTAN en Yougoslavie). J’ai été immédiatement recruté; ça tombait bien, mon logeur, un Irlandais alcoolique, venait de me virer de chez lui. J’y ai passé 4 ans, à travailler 7 jours d’affilée de minuit à 08h00 avant une période de 7 jours de congés. Je touchais un bon salaire et j’ai profité de ces nuits pour apprendre à me servir d’un ordinateur, en particulier de Word et d’Excel; je prenais également des cours d’anglais à l’université. J’ai mis à profit mes semaines de récupérations pour aller visiter l’Asie du Sud-Est, mais aussi pour cherche du boulot en Irlande alors en plein boom. J’y allais de nuit, en autocar, toujours avec mon sac de marin.

      Mon parcours Outre-Manche s’est terminé à Dublin, où j’ai fini par trouver un emploi de cadre dans une entreprise américaine. J’y suis resté 18 mois avant de rentrer définitivement en France. Avec l’expérience acquise pendant ces 5 ans et demi, je n’ai jamais eu aucune difficulté pour trouver du travail depuis. Plusieurs choses m’on frappées à mon retour : l’extrême individualisme et les tensions communautaire qui règnent en France (« la guerre de tous contre tous », comme dirait Robert Marchenoir)- et Dieu sait s’il y a des gens de toutes les couleurs au Royaume-Uni) et cette naïve croyance de la plupart des Français selon laquelle les droits priment sur les devoirs et tout doit être résolu par l’État.

      J’ai entendu parler de l’État britannique en tout et pour tout deux fois : en arrivant, lorsque j’ai du remplir un formulaire de 5 pages pour demander une carte de Sécu, qui fait office de carte d’identité là-bas; et en partant, lorsque le même État m’a demandé si je voulais me faire rembourser les impôts que j’avais réglés depuis le 1er janvier de l’année en cours. J’ai cru rêver. Je ne sais pas si ça a beaucoup changé depuis 20 ans, mais j’ai gardé de ce pays le souvenir d’une liberté que je n’ai jamais retrouvée depuis. On vous y fiche une paix royale.

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      • Je ne sais pas si j’ai encore le droit de dire quelque chose ici, mais j’ai trouvé votre récit très intéressant. Cependant je me pose une question : pourquoi avez-vous choisi de rentrer en France ?

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      • @Mildred: J’ai choisi de rentrer en raison de la cherté des logements en Irlande comme en Angleterre (m’endetter sur 50 ans pour acheter un logement mitoyen et 50 m² de jardin, très peu pour moi), et du mal du pays. C’est bien, de bosser 50 ou 60 heures par semaine, mais cela laisse finalement peu de temps pour rentrer en France pour les vacances ! En 5 ans et demi, on perd de vue pas mal de monde. Mes parents sont décédés quelques années plus tard et j’aurai eu au moins la joie de les revoir plus d’une fois par an entre temps.

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      • Suite à un commentaire pour une fois pertinent de Françoise, l’un des « trolls résidents » (comme on dit) du blog de Nathalie, je précise que je suis parti travailler à Londres trois ans après mon séjour étudiant à St. Andrews. L’accent n’y est pas vraiment le même que dans le Fife, et l’argot non plus. Quant au parler irlandais, c’est encore autre chose.

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  8. Ah, l’ineffable Natacha Polony. Elle s’exprime plutôt bien, avec pas mal de fougue. C’est dommage qu’elle se contente d’aligner les idées à la mode sans la moindre cohérence ni réflexion… Maintenant que je sais que c’est une poète tout s’explique 😀

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