Hamon : salaires, dividendes et grosse salade !

La perspective des élections européennes donne incontestablement au Grand débat national des allures de foire à la démagogie, et pas seulement de la part du gouvernement. Au petit jeu du « yaka fokon aille chercher l’argent là où il est » sur fond de disqualification constante du profit réalisé par les entreprises, l’ancien candidat très malheureux du PS Benoît Hamon se montre presque aussi brillant que Bruno Le Maire.

Il faut dire qu’avec un tout petit 2,5 % dans les sondages actuels, son nouveau parti « Génération.s » est en bonne voie d’anéantissement électoral en mai prochain. Comment s’en sortir ? Comment relancer une campagne moribonde ? En agitant vite quelques mots-clefs susceptibles de déclencher les réflexes pavloviens habituels dans son électorat. Nous sommes à gauche, donc coucou revoilou tout le champ lexical inusable du profit, des dividendes, des riches et des patrons.

C’est d’autant plus habile qu’en France, le retentissement négatif de ce vocabulaire dépasse largement le cercle de l’extrême-gauche. « Nos vies valent plus que leurs profits ! » s’exclamait Olivier Besancenot dès 2007. Succès immédiat ! D’après une étude de l’institut CSA, les Français considèrent que c’est le meilleur slogan des campagnes présidentielles de 2007 et 2012.

Si l’on s’en tient à la sphère économique, « profit » est peut-être le mot le plus détesté de la langue française. Chez nous, tout discours consensuel sur les méthodes pour éradiquer pauvreté, chômage et injustices sociales passe obligatoirement par la condamnation des « profits excessifs » réalisés par les entreprises et celle des dividendes non moins scandaleux qu’elles versent à leurs actionnaires.

Interrogé la semaine dernière par Jean-Jacques Bourdin dans le cadre de l’opération « 30 propositions de lois citoyennes » lancée par RMC en lien avec le Grand débat, Benoît Hamon joue donc sur du velours lorsqu’il propose soudain une nouvelle « règle » de gestion des entreprises :

« Si on veut que les salaires augmentent, que les gens vivent bien, il faut des règles. Pour 1 € de dividendes distribué, 1 € d’augmentation de salaire. »

Simple en apparence, cet énoncé s’avère en réalité des plus embrouillés. Hamon sait-il de quoi il parle ? La question se pose.

S’agit-il, une fois que le bénéfice d’une année est connu, de le distribuer à parts égales entre les salariés et les actionnaires sous forme de salaire pour les uns et de dividendes pour les autres ? S’agit-il de se fixer comme volume d’augmentation de salaire d’une année le montant des dividendes distribués au titre de l’année précédente ? A quel moment les cotisations sociales sur les salaires interviennent-elles ? Bref, on voudrait écrire un projet de loi sur la base de cette « règle » qu’on n’aurait pas fini de s’arracher les cheveux.

Mais sur le plan de la propagande électorale, tout y est : dividendes, répartition de la richesse, égalité plus-que-parfaite à 50/50. Pas de doute, c’est furieusement « citoyen » et c’est censé répondre au fait qu’aujourd’hui, selon Benoît Hamon (audio, 03′ 23″) :

« Celui qui produit, à qui on va demander des efforts, qui va rogner sur son temps de pause…, bref celui-là n’a aucun bénéfice de ses efforts tandis que ceux qui ont donné les ordres, qui vont partir avec les parachutes dorés, eux ramassent tout. »

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Il est vrai que le sujet est arrivé dans l’émission alors que Jean-Jacques Bourdin demandait à Benoît Hamon de réagir sur « l’affaire Technip » :

Ce groupe spécialisé dans l’ingénierie pétrolière (bateaux, plateformes, équipements de forage, etc.) traverse actuellement une très mauvaise passe. La fusion réalisée début 2017 avec un groupe américain d’activité similaire devait l’aider à faire face à la conjoncture morose du secteur, mais la valorisation escomptée n’est pas au rendez-vous. Depuis, l’action a perdu 40 % de sa valeur et les résultats 2018 se résument à une perte colossale de 2 milliards de dollars en raison de provisions pour dépréciation d’actifs du même montant.

Là où le bât devient particulièrement blessant, c’est que le dirigeant de Technip est sur le point de partir en retraite avec un « package » valorisé à 14 millions d’euros qui ressemble beaucoup à une véritable prime à l’échec.

Benoît Hamon s’appuie donc sur ce cas particulier pour en tirer la conclusion générale que « c’est la preuve que ce système est dingue », ce qui l’amène immédiatement à revendiquer l’augmentation du salaire minimum et la limitation des écarts de salaire dans les entreprises – sujet sur lequel il s’avère incroyablement en phase avec Bruno Le Maire.

Une analyse détaillée dira si ce cas est effectivement dingue – « inacceptable » pour reprendre le terme employé par le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux et par le ministre de l’économie Bruno Le Maire. Mais en attendant d’en savoir plus, il est bon de signaler – à ce dernier notamment, car il semble l’ignorer – que l’Etat est actionnaire de Technip via la BPI et l’Institut français du pétrole, qu’il a accepté la fusion de 2017 et que les conditions de départ du dirigeant avaient été organisées et validées par l’assemblée générale des actionnaires plusieurs années auparavant.

Il n’est pas inutile non plus de rappeler que ce cas, même très choquant et même très médiatisé comme toutes les affaires de parachutes dorés, est très isolé. Comme le signale Nicolas Doze à la fin de sa chronique sur ce sujet, le salaire moyen d’un chef d’entreprise français est de 5 000 €. Beaucoup d’entre eux ne se paient pas et ne vivent que de dividendes, ce qui ne les empêche pas de « faire des efforts », de « se lever tôt », bref de consacrer toutes les minutes de leur vie au développement de leur entreprise avec la pleine conscience de leur responsabilité vis-à-vis de leurs salariés et de leurs clients.

Mais admettons l’indécence ponctuelle du parachute doré du PDG de Technip. La proposition de Benoît Hamon n’en témoigne pas moins de sa faible compréhension du fonctionnement d’une entreprise.

Pour dire les choses le plus simplement possible(*), le résultat d’une entreprise est constitué du chiffre d’affaires réalisé pendant l’année moins ses dépenses : coût des matières, frais généraux (loyer, électricité, etc.), salaires et cotisations sociales, dotations aux amortissements des machines et dotations aux provisions pour risques (dévaluation d’un stock par exemple). Si le solde est positif, l’entreprise est alors redevable de l’impôt sur les sociétés.

C’est seulement une fois que tout ceci a été payé que se pose la question de savoir si l’entreprise va conserver ses bénéfices pour les réinvestir ou en distribuer une partie aux actionnaires sous forme de dividendes.

Remarquons d’abord que le fait de payer des dividendes une année n’engage nullement l’entreprise à payer systématiquement ce montant chaque année alors que dans le cas d’un salaire, une augmentation accordée une année sera payée toutes les années qui suivent tant que le salarié reste dans l’entreprise.

Il faut savoir ensuite que dès qu’un dividende est versé, la valeur de la société baisse mécaniquement du montant exact du dividende, puisque que ce dividende n’est jamais qu’un bout de la valeur de l’entreprise remis en cash aux actionnaires. Cela se voit très bien dans le cours de l’action des sociétés cotées : il baisse, avant de repartir éventuellement à la hausse si l’entreprise se met à créer à nouveau de la valeur. N’en déplaise à M. Hamon, le rapprochement salaires dividendes n’a rigoureusement aucun sens économique.

Avant d’en arriver au profit et aux dividendes, les salaires ont donc été payés. Pas seulement les salaires, mais aussi les formations, les intéressements, les participations aux résultats et les divers bonus négociés dans l’entreprise. Une ambiance sociale détériorée et des salaires plus bas qu’ailleurs rendraient rapidement l’embauche très compliquée. Le chômage élevé qu’on connaît en France masque cette réalité, mais dans une situation de plein-emploi telle qu’elle existe chez nos voisins (et telle qu’elle pourrait exister chez nous si l’on voulait bien arrêter de croire tout ce que racontent les Hamon, Le Maire et consorts), les entreprises doivent veiller de près à leur attractivité auprès des salariés.

Un anticapitaliste comme Benoît Hamon s’imagine volontiers que l’unique but d’un entrepreneur consiste à baisser les salaires à seule fin de servir les dividendes les plus élevés possibles, mais le fait d’évoluer sur un marché concurrentiel pour attirer sur le long terme non seulement des clients mais aussi des salariés et des actionnaires rend cette idée complètement absurde. Non pas qu’on ne verra jamais un patron « rincer » une entreprise vite fait bien fait – mais dans ce cas on parle bien d’un patron voyou que le marché (et la justice) aura vite fait d’évaluer à sa triste mesure.

Dans le cas général, le profit reflète exactement ce qui fait la spécificité de l’entrepreneur : sa capacité, non pas seulement à avoir du capital, mais surtout à faire bon usage de ce capital. Comme l’écrivait Ludwig van Mises en 1952 dans un chapitre consacré à la fonction sociale du profit, « c’est de l’intelligence de l’entrepreneur, de son travail de réflexion, que les profits émergent en dernier ressort. » Il en résulte que :

« L’une des fonctions principales du profit consiste à placer le contrôle du capital entre les mains de ceux qui savent comment l’employer au mieux pour la satisfaction du public. »

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Naturellement, pour Benoît Hamon, le risque pris par l’actionnaire ne vaut rien. Il appelle cela « l’argument du Medef et de tous ces riches parmi les riches », comme si le fait d’être riche ne vous autorisait qu’à payer pour les autres et perdre de l’argent.

Peut-être M. Hamon ne le sait-il pas, mais en cas de faillite, les actifs de la société sont vendus et les créanciers sont remboursés dans un ordre qui montre bien qui prend le risque in fine : l’Etat, qui ne s’oublie jamais, se sert d’abord pour les dettes fiscales et sociales ; viennent ensuite les salariés, puis les banquiers et les fournisseurs, puis, s’il reste quelque chose, les horribles actionnaires…

Les politiciens ont toujours préféré financer leurs « entreprises » par l’impôt. On comprend pourquoi : ni risque à affronter ni effort à fournir, mais une bonne grosse coercition enveloppée dans trois épaisseurs de tchatche sur l’intérêt général et la justice sociale.


(*) Pour plus de détails, je vous invite à consulter ma page Le Cas de la Baraque à Frites.


Illustration de couverture : Benoît Hamon (Génération.s) lors de l’émission Bourdin Direct sur RMC le 21 mars 2019. Photo Twitter.

32 réflexions sur “Hamon : salaires, dividendes et grosse salade !

  1. L’homme du RIE. Pas de doute, avec lui on roule tous à vélo après 5 ans de son programme.

    C’est ce que disait H16 dans son billet d’avant-hier (Comment ruiner….); une des étapes consiste à rendre le petit peuple totalement ignorant pour mieux le leurrer.

    Une petite couche de justice sociale, une petite couche d’égalité et c’est reparti.

    J’espère juste qu’il en n’est qu’à se demander comment mener campagne pour espérer franchir le seuil du remboursement.

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    • « Pas de doute, avec lui on roule tous à vélo après 5 ans de son programme. »

      On ne pourrait même pas, vu les objectifs zero carbone et l’orientation verte, il serait impossible d’avoir du caoutchouc pour fabriquer la selle et les pneus !

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  2. 14. « Les militaires n’ont pas envie de tirer sur le peuple ! » nous affirme Gilbert Collard.
    Encore faut-il que les recrues ne viennent pas trop de là-bas. Depuis l’affaire de la Contrescarpe on est devenu méfiant !

    15. Hidalgo en tête des sondages ! De quoi rendre la capitale définitivement inhabitable.
    On votera Griveaux ! Il a une bonne tête. Celle du giton du peintre dont Caravage a peint le portrait au centre de « La vocation de Saint Matthieu ».

    16. « Ne pleurez pas Yvonne, maintenant elle est comme les autres ». Charles de Gaulle à son épouse devant la tombe de la petite Anne quelques jours après son décès.

    France 2, 13 h 15 le dimanche, 24 mars, un documentaire sur l’épouse du dernier homme légendaire français !

    L’esprit divin souffle partout. Parfois même à la télé !

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    • @Zonzon: Non seulement, rien, dans les documents historiques actuellement connus, ne prouve que le Caravage avait un « giton », mais, de plus, le personnage le plus proche du peintre lorsqu’ il peint la toile à laquelle vous faites allusion, est celui qui est vu de dos assis sur le banc: Lionello Spada, lui-même peintre de grand talent!

      Quant à l’esprit divin de De Gaule, vous seriez divinement « inspiré » de lire « L’Abolutisme inefficace » de l’excellent (sans divinité) Revel. Mais cela suffira-t-il pour vous déciller le regard que vous portez sur le « Grand Charles », mégalomane hors-pair?

      Il faut arrêter de croire tout ce qu’on dit à la TV…

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  3. L’inculture économique des politiciens m’a toujours effrayé. Mais comme l’inculture économique des journalistes est quasiment au même niveau, il n’y a pas beaucoup d’espoir qu’ils jouent leur rôle de contradicteurs face à tous les étatistes de gauche qui encombrent les plateaux télé. J’aimerai tant qu’un journaliste demande un jour a quelqu’un qui tape sur les dividendes cette question simple:
    J’ai une fortune de 10 000 euros d’actions, je reçois 300 euros de dividendes bruts, à combien s’élève ma fortune ensuite ? (La réponse étant 9 910 puisque mes actions ne valent plus que 9700 et que l’état prend 30% des dividendes bruts).

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  4. « Si on veut que les salaires augmentent, que les gens vivent bien, il faut des règles. Pour 1 € de dividendes distribué, 1 € d’augmentation de salaire. »

    Hop-hop-hop-hop… une minute. Si l’on veut que les gens vivent bien, ils faut en effet des règles : pour 1 € de dividendes distribué, 1 € de salaires distribué. Tu crois qu’on l’a pas vue, ton énorme arnaque ?

    Sinon, au chapitre des entreprises à participation d’Etat, j’aimerais signaler l’amusant cas d’Arc International. Vous ne le savez peut-être pas, mais l’Etat fort et stratège possède des intérêts dans les arts de la table, de même que l’Etat britannique pré-thatchérien possédait une agence de voyages, une entreprise de déménagement et plusieurs ratons-laveurs.

    En effet, le patriotisme économique et la souveraineté alimentaire nous imposent de nationaliser (partiellement) la production d’assiettes et de verres à pied, sans quoi ce serait le bololo international et la Chine nous mangerait la laine sur le dos.

    Arc International, basé, je vous le donne en mille, à Arcques dans le Pas-de-Calais, est le leader mondial des arts de la table. Bizarrement, et en même temps, comme dirait l’autre, il va de plan de sauvetage en plan de sauvetage, tous alimentés par le bon pognon gratuit des autres, qui pousse sur l’arbre à biftons planté dans la cour de l’Elysée :

    Un accord à 120 millions d’euros pour aider le groupe Arc, en difficulté…

    http://www.leparisien.fr/economie/un-accord-a-120-millions-d-euros-pour-transformer-le-groupe-arc-en-difficulte-25-03-2019-8039406.php

    …vient d’annoncer le ministère de l’Economie dans un communiqué.
    « Dans le cadre de cet accord, l’Etat s’engage, aux côtés de la région Hauts-de-France et de la Communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer, à contribuer au tour de table en complément des ressources apportées par les partenaires du groupe. »

    Le fait que « le leader mondial des arts de la table » emploie 5 000 personnes en France n’est peut-être pas étranger à ce surprenant accès de générosité sur notre dos.

    Mais attendez… ce n’est pas la première fois. Le 20 mai 2017, Bruno Le Maire annonçait déjà « le sauvetage du groupe Arc » :

    http://www.leparisien.fr/economie/industrie-bruno-le-maire-annonce-le-sauvetage-du-groupe-arc-20-05-2017-6966480.php

    Ce jour-là, Bruno Le Maire s’était rendu au siège du groupe Arc, « fleuron mondial des arts de la table, en restructuration permanente depuis le milieu des années 2000 », pour annoncer « la concrétisation d’un nouveau plan de sauvetage financier. Une bouffée d’oxygène, de quelque 35 millions d’euros, attendue depuis des mois par les 4 900 salariés du groupe qui redoutaient de ne pas percevoir leur salaire du mois de juin.

    « Un signe fort qui illustre la confiance renouvelée que portent nos investisseurs à notre stratégie », s’était félicité à l’époque Tim Gollin, président exécutif du groupe Arc. Tu m’étonnes.

    « Dès son arrivée à 11 heures, un accueil des plus chaleureux attendait donc Bruno Le Maire. Direction, salariés, syndicalistes, élus locaux, préfet… tout le monde semblait déjà conquis par ‘cet homme plutôt agréable’. »

    Ben en effet. Quand t’arrive, avec dans tes poches, 35 millions d’argent gratuit des autres, l’accueil est chaleureux, et t’es considéré comme un homme agréable. (Sinon, des mecs habillés en jaune t’aspergent de peinture et d’acide.)

    Mais… attendez. Le groupe Arc avait déjà été « sauvé » par l’Etat français : « Fin 2014, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, avait piloté le premier plan de sauvetage d’Arc et sa reprise par un fonds américain. Mais, depuis quelques mois, le groupe faisait face à d’importants problèmes de trésorerie. Et les banques, échaudées par un abandon de créances de plus de 300 millions d’euros, refusaient de faire crédit à nouveau. »

    Donc moi, brave con ne connaissant rien au dossier, je suis obligé d’en conclure que l’Etat français finance à fonds perdus une entreprise américaine (malgré qu’elle soit leader mondial de son secteur, ce qui devrait la mettre à l’abri du besoin), tout simplement parce qu’elle la pressure comme un citron avec ses impôts et ses cotisations « sociâââles », et que par conséquent il se trouve obligé de redonner continuellement de la main gauche une partie du pognon qu’il lui extorque de la main droite.

    Tout cela pour ne pas avoir à se retrouver avec un « plan social » de 5 000 personnes dans les gazettes, ce qui ferait mauvais effet au moment des élections.

    Tandis que les patrons américains de la boîte en profitent probablement pour faire un peu de comptabilité créative, puis venir pleurer misère auprès de l’Etat françoué, connaissant fort bien les ressorts de ces messieurs.

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  5. La politique des dividendes est très complexe à analyser :
    https://www.persee.fr/docAsPDF/ecofi_0987-3368_1990_num_12_1_1695.pdf
    Des mensonges, des effets d’affichage vis-à-vis de la concurrence, bref, les facteurs qui expliquent le mieux le montant du dividende versé sont le dividende passé et le bénéfice par action actuel. Les deux sont extrêmement liés.
    D’abord une part appréciable des dividendes versés aux particuliers est réinvestie en achat de titres de l’entreprise.
    Ensuite sauf dans le cas où l’entreprise n’aurait pas de projets suffisamment rentables, le taux de distribution des dividendes devrait être très faible, voire nul, pour maximiser la valeur de la firme sur le marché. Donc si les dividendes ont particulièrement augmenté en France, ces dernières années, il y aurait lieu d’être particulièrement INQUIET !
    Même que quelquefois des entreprises empruntent pour payer un dividende qu’elles ont annoncé mais qui est supérieur au montant des résultats effectivement réalisés. Et comme l’argent n’est pas cher grâce à Draghi…… on frise le délire total.

    Le traitement fiscal privilégié des plus-values par rapport aux dividendes devrait conduire les dirigeants d’entreprises à limiter au maximum le montant des dividendes distribués, et ceci dans l’intérêt même des actionnaires. Mais comme on vient de passer à une flat-taxe, il y a eu effet d’aubaine particulièrement fort cette année !

    En conclusion la poussée de fièvre sur les dividendes de nos crétins de service devrait être proportionnelle aux angoisses pour les profits futurs.
    L’évolution du retour sur capital en France devrait nous préoccuper un maximum :
    https://brunobertez.com/2019/01/02/petite-lecon-deconomie-pour-les-uns-et-les-autres/

    Les politiciens devraient gouverner pour prévoir, hélas aucune stratégie ne préoccupe les imbéciles de service. D’ailleurs, ils ne sont pas aidés et finissent par croire dur comme fer aux énormes bêtises qu’ils profèrent, pour les avoir entendues des « experts ».
    Les voila ceux qui sont écoutés depuis bien trop d’années, l’inteligencia française brossée ce jour par l’IREF :
    https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/La-conjuration-des-antiliberaux-ou-plus-c-est-gros-plus-ca-passe
    Plus nuls tu meurs !

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    • Ah, merci pour cet article de Nicolas Lecaussin, ça m’évitera d’avoir à me taper davantage d’Alain de Benoist dans le texte (épreuve pénible, je puis en témoigner). Un exemple typique de la droite de gauche, tendance extrêmement vivace dans s’pays.

      A noter qu’Attali a aussi prôné des réformes libérales, sauf erreur, donc c’est vraiment le moulin à paroles qui produit à volonté.

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    • euh, pour ce qui est du « traitement fiscal privilégié des plus-values par rapport aux dividendes » concernant les plus values immobilières, hors résidence principale,, c’est 19 % d’impôt sur la plus value (dégressif sur 22 ans, merci Giscard) et 17 % de charges sociales … je n’avais pas compris être autant privilégié ! 😉

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      • Oups, enlever « privilégié » dans la phrase. Concernant l’immobilier à la différence des investissements en actions, c’est autre chose puisque de toute façon il subsiste l’IFI, les diverses taxes, mutation, CSG, bref la totale !

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  6. Merci Nathalie de nous rappeler (espérons que les supporters de Hamon liront votre article) la chronologie comptable et économique de la répartition de la valeur crée par l’entreprise, les salaires étant toujours prioritaires et bénéficiaires de la plus grande partie de la richesse produite, les dividendes n’arrivant qu’en fin de parcours.. voire pas du tout. Pour les chiffres, on se reportera d’ailleurs utilement à l’excellent étude de l’Institut Molinari à ce sujet (http://www.institutmolinari.org/IMG/pdf/entreprises-cac40-2018_fr.pdf) indiquant qu’en 2016 par exemple pour les entreprises du CAC, la valeur ajoutée a d’abord profité aux salariés pour 240 milliards, puis à la fiscalité pour 66 milliards, aux actionnaires enfin pour 32 milliards. Sans oublier, concernant les actionnaires, que le montant brut des dividendes n’a strictement aucune signification s’il n’est pas rapporté à la capitalisation correspondante permettant ainsi d’avoir une idée du taux de rentabilité de leur placement. Or il se trouve que la capitalisation du CAC en 2016 était de l’ordre de 1300 milliards, ce qui pour 32 milliards de dividendes, représentait un taux d’intérêt brut avant impôt inférieur à 3 %…Voilà le scandale dénoncé par Hamon !

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    • Attention, la rentabilité d’un placement en action ne se mesure pas par le dividende, mais par les bénéfices. Une partie de ces bénéfices peut être distribué sous forme de dividendes, mais comme le rappelle Nathalie, cela fait baisser mécaniquement la valeur de l’action du même montant. Il faut le dire et le répéter: le dividende n’est pas une rémunération de l’actionnaire. La comparaison avec les salaires montre une mauvaise comoréhension (hélas très répandue) de la notion de dividende.

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      • Non la livraison des dividendes ne fait pas baisser l’action ou alors le CA a mal décidé du montant qui peut être d’ailleurs à 0 et du principe. C’est beaucoup plus subtil, en fait tout dépend des profits attendus et de la conjoncture mais aussi de l’image de confiance. « La politique des dividendes est neutre vis à vis de la valeur de l’action » comme l’explique et le démontre le doc que j’avais glissé dans mon précédent commentaire.

        Mais très très loin de ces considérations qui échappent totalement à Mr Hamon et tous les autres imbéciles, leur compréhension est beaucoup plus basique, puérile, immature, etc…: En fait ces blaireaux trouvent odieux que le CACGR (celui qui inclut les dividendes versés sur le CAC) ait augmenté en cumulé beaucoup plus que les salaires moyens sur une période de vingt ans par exemple.
        Voila d’où sort le boniment : « Pour 1€ de dividendes distribué, 1€ d’augmentation de salaire » !
        Sauf que leur cerveau ne peut pas piger qu’il a fallu miser un capital épargné sur des profits futurs espérés : un capital et un espoir, deux fondements de la mécanique des investissements en actions.

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      • « Non la livraison des dividendes ne fait pas baisser l’action » :
        Désolée, mais non.
        Quand, sur le bénéfice réalisé une année, on décide de distribuer mettons 2 € par action, ces deux € étaient déjà intégrés dans le prix de l’action et comme ils quittent la société, la valeur de l’action baisse automatiquement de 2 €. En fait, elle perd 2 € non pas au versement mais dès que le versement est annoncé car le marché anticipe toutes les infos.
        On peut avoir le cas d’une société qui distribue tous les ans 30 % de son bénéfice en dividendes. Le marché s’y attend et a déjà anticipé ce versement régulier dans le cours de l’action qui est donc un peu plus bas que ce qu’il serait sans cette anticipation et qui donc ne subit pas de baisse spécifique au moment du versement. Mais si une année elle décide de ne verser que 10 % ou 50 %, alors là le marché accusera le coup en révisant la valeur de l’action de la différence entre 10 et 30 % ou 50 et 30 %.
        Bien évidemment, la valeur d’une société étant la valeur actualisée des flux futurs qu’elle sera capable de générer, le cours de l’action résulte d’une multitude d’informations (technologie, clients, produits, etc.) et d’anticipations du marché ; mais ceteris paribus, un versement de dividendes entraîne une baisse mécanique du cours de l’action.

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      • Nathalie, je suis d’accord avec Tino, le « mécanisme » est plus complexe, que la simple opération comptable que vous résumez à 2€ de bénéfice distribué = baisse de l’action de 2 €.
        La seule valeur d’une action étant le prix auquel elle s’échange sur les marchés …

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  7. J’ai vu sur le site d’une radio une photo avec un fonctionnaire brandissant une pancarte sur laquelle était écrit « Un fonctionnaire coûte moins cher qu’un actionnaire ».

    Cet abruti ne comprend pas que s’il n’y a plus d’actionnaires, il n’y a plus d’entreprises et qu’il ne sera jamais payé. Cette photo en dit long sur l’inculture économique des gens de ce pays .

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  8. Pingback: Salaires, dividendes : Benoît Hamon ne comprend toujours rien à l’économie | Contrepoints

  9. @ Hermodore

    a. Au centre du tableau il y a ce personnage dénué de toute ambiguïté : c’est un giton chatoyant, richement entretenu dont la vêture éclatante montre qu’il appartient à un homme fortuné. Son visage – dans la pleine clarté – surmonté d’un éclatant chapeau à plumes à la suivez-moi jeune homme est mol, rondouillard, aux chairs déjà marquées par la luxure frelatée, dont le regard vide nous renvoie à une passivité servile.

    Qu’il soit le giton de Caravage, celui du commanditaire ou d’un tiers ami est sans importance.
    Sa position centrale délimite le massif christique à droite et le monde de la « phinance » à gauche où les historiens d’Art se disputent pour savoir, du beau vieillard digne qui pointe son doigt ou du petit crétin qui compte des écus à l’extrême gauche, qui est Matthieu.

    Le geste du Christ, désignatoire, garde son mystère ; seul il sait qui il désigne dans un moment où Matthieu ignore encore tout de sa destinée !

    b. Rien ne prouve que « Caravage avait un giton » mais tout prouve que dans cette époque renaissante il n’y avait, autour des riches et puissants de la papauté, qu’opulence ostentatoire et luxure, que la profession de peintre était en marge de l’honorabilité : exécuter des représentations divines sentait le souffre. Comme ailleurs les comédiens qui n’étaient pas ensevelis en terre chrétienne. Sans oublier la chaleur du sang italien – qu’un Poussin, homme tranquille et sage, sans giton, ne possédait pas !
    Un giton, Caravage…mais sa peinture en est remplie !

    c. Lionello Spada (Il porte bien son nom), peintre de grand talent, proche de Caravage – nous ne pouvons qu’admirer votre érudition – est ce personnage au centre, attablé face au giton, « prit par derrière » et qui nous a dans le dos – dont le regard est dirigé hors du champ du tableau pour bien marquer qu’il ne participe pas à la scène évangélique, est dans une posture de grande vulgarité, l’expression de son visage s’allie superbement avec sa rapière dont on a envie de dire qu’il l’utilise probablement plus souvent que ses pinceaux.
    Proche du peintre ! Force est de constater que dans ce tableau Caravage ne lui fait pas de cadeau !

    d. Jean-François Revel. Je suis partagé. Dans les années 60 j’étais emballé. Il se prenait en enfilade ce qu’il était d’usage de désigner à l’époque par « la droite la plus bête du monde » ! Un vrai régal.
    Tout ça c’est bien quand on est jeune et sportif. Mais vient peu à peu le glissement progressif du plaisir de l’embourgeoisement et l’on se retrouve à diriger une presse conforme « sans divinité » ! Vous avez bien raison d’ajouter ce qualificatif au sujet d’un homme résolument agnostique affligé d’un rejeton grand moine d’une religion loufoque ! Pour un matérialiste pur sucre la pilule est amère !

    Admiratif, puis indifférent, je me pris à vouloir vérifier mes anciennes amours. Au hasard je me suis plongé dans « Contre censures », un recueil d’articles de journaux de l’époque. Grosse déception, Zonzon avait aimé ça !
    J’avais changé, lui aussi, ainsi que le temps. Too bad ! Cela m’apprendra à conserver des vieilleries ! A part les lois scientifiques rien ne demeure longtemps !

    Tout ceci pour vous dire que je ne me plongerai pas dans « L’Absolutisme inefficace » pour réviser ma pensée sur le « Grand Charles » !

    e. Mégalomane hors-pair ? Là vous commencez à faiblir ! À partir d’une certaine notoriété ils sont tous mégalos, tous ! Spécialement ceux qui font dans la politique ! C’est une nécessité « professionnelle ! Chez De Gaulle ce fut « la certaine idée de la France ». Pour notre prince actuel c’est « la certaine idée de lui-même » qu’il se forgea au sein d’une famille mauderne et chez les « bons pères » où il eut l’heur de rencontrer une enseignante qui aurait dû être vertement réprimandée dans une société tenant debout !

    f. « Il faut arrêter de croire tout ce qu’on dit à la TV… » Alors là, permettez ! Vous sortez allégrement des clous ! Puis -je me permettre de dire que votre formulation est d’une mollesse insigne !
    Je vous propose une autre, plus roborative : « Considérer comme mensonge pur et simple tout ce qui est dit à l’atélé ».

    g. Récusant ma formule : « dernier homme légendaire français » vous préférez « mégalomane hors-pair » !
    C’est votre opinion. Celle, respectable, de tous les antigaullistes.
    De nos jours, les choses étant ce qu’elles sont, il ne reste guère pour l’être que deux raisons notables :
    – avoir été Pétainiste en 40.
    – avoir été Algérie Française en 58.

    Biffer les mentions inutiles !

    h. Venons-en pour conclure à l’important en espérant que vous ne m’en voudrez pas si je me permets de vous dire qu’il vous a totalement échappé !

    A cette phrase, d’une émotion à en mourir : « Ne pleurez pas Yvonne, maintenant elle est comme les autres », prononcée par un père à son épouse, un couple qui vient de perdre une petite fille qui fut, on peut l’imaginer, l’être le plus cher qui leur fut donné, une intense préoccupation de tous les instants.

    Un exemple pour le monde, l’exercice d’un devoir hautement humain en un temps où les enfants abandonnent aisément les parents et les parents ne se préoccupent plus vraiment de donner une éducation susceptible de se diriger dans leur vie !

    Une phrase chargée de Foi puisqu’elle suppose que leur fille « est » quelque part ; et d’Espérance « comme les autres » : son destin amoindri de femme qui tourna court, ne l’empêchera pas de se réaliser dans l’éternité !

    La Foi et l’Espérance, dans une phrase prononcée devant une tombe !

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    • Pas du tout. Il y a une raison très actuelle d’être anti-gaulliste, qui n’exige ni d’avoir été pétainiste, ni d’avoir soutenu l’Algérie française : c’est d’être anti-communiste, libéral, moderne et pragmatique.

      Le général de Gaulle est co-responsable de la communisation de la France. Il exprimait son intérêt pour une alliance avec l’Union soviétique avant même la Seconde Guerre mondiale.

      Etre gaulliste aujourd’hui, c’est, pour beaucoup de gens, une façon un peu plus respectable et dissimulée d’être communiste : anti-libéralisme, anti-américanisme, poutinisme, culte de l’Etat fort et stratège, militarisme, chauvinisme, préférence pour les chimères par rapport aux réalités, amour des « grands projets » qui ont, pour la plupart, raté (plan Calcul, Caravelle, paquebot France, ordinateurs Bull, Concorde, télévision couleurs SECAM que seuls les Russes nous ont achetée, et encore : parce qu’il y avait un espion russe dans l’entourage du général de Gaulle qui s’en est chargé…).

      L’urgence, aujourd’hui, c’est de décommuniser la France. Exactement comme en Russie, au passage. Aucun des deux pays ne s’est livré à cet acte historique indispensable.

      Cela nécessite d’abord de reconnaître que la France est un pays communiste depuis 1945, puis d’avoir le courage de dire qu’il faut en sortir. Annôner de Gôl, de Gôl, de Gôl, c’est exactement le moyen de ne jamais s’y résoudre.

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      • Mon cher Robert,

        Qu’est-ce qui vous permet de supposer, de faire entendre aux populations, que je serais moins anticocommuniste que vous ; que je serais étatiste, vieillot, irréaliste et chimérique ; peut-être même poutiniste !
        C’est à croire que vous m’en voulez !

        Que diriez-vous si je proclamais à la ville et au monde que vous êtes un agent de Moscou ? Alors là on vous entendrait glapir ! Et plus d’un de vos « amis » s’écrierait Goal ! Goal ! Goal !

        Tout cela parce que j’ai rapporté au sein de ce vénérable blog une parole d’un vieil homme au bord d’une tombe, un personnage que j’ai eu l’audace de proclamer « dernier français légendaire » !
        Bien sûr, à côté de Mbappé !

        Et vous assortissez votre démonstration par une série de griefs que chacun aura à honneur de commenter.

        Quant à moi je me contenterai de citer votre énumération des désastres – Plan calcul, Caravelle, paquebot France, ordinateurs Bull, Concorde, SECAM – en notant que vous vous gardez bien d’évoquer la bombinette, ce machin qui nous permet de vivre en paix en Europe depuis 50 ans !

        Tous ces « désastres » contribuèrent à maintenir un haut niveau scientifique dance pays ! Ils tournèrent court non pas à cause de nos ingénieurs mais par la malfaisance de nanarques homosexuels, incapables et boursouflés qui chassèrent les scientifiques des postes directoriaux !

        J’attends patiemment celui qui nous fera sortir du cocommunisme ! Vous, peut-être ? Soyez assuré que je collerais immédiatement dans votre roue mon cher Robert !

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      • Je ne parlais pas de vous, Zonzon. Pourquoi tout ramener à vous ? Vous n’êtes pas le seul gaulliste en France.

        Vous assurez que les différents désastres technologiques que j’ai évoqués ne sont pas dûs aux ingénieurs, mais aux « énarques homosexuels ». Vous êtes ingénieur ? Hétérosexuel ?

        Cette façon de « raisonner » me paraît assez peu anti-communiste, voyez. Elle me paraît même décidement communiste, ou fasciste — enfin sectaire, anti-libérale, obscurantiste, et de nature à favoriser l’abêtissement et l’avilissement des populations.

        Il est bien question des ingénieurs ! Je parlais, par exemple, de la décision politique de lancer le paquebot France, juste au moment où le transport maritime de passagers allait être détrôné par l’avion, et en en soumettant l’exploitation à la dictature communiste de la CGT, en plus. Les résultats ne se sont pas fait attendre, et n’ont rien à voir avec les « ingénieurs ».

        Le général de Gaulle n’était pas un ingénieur, que je sache. Il prenait des décisions politiques, et c’est pour cela qu’il est admiré. Il conviendrait que ses admirateurs consentent à discuter de ses conneries politiques, sans détourner la conversation sur les « énarques homosexuels » ou les « ingénieurs ».

        Ingénieurs qui ne sont pas des saints non plus, d’ailleurs (et il doit bien en exister qui sont homosexuels). Il y a de mauvais ingénieurs, des ingénieurs qui plantent des entreprises parce qu’ils « ingénient » trop et ne sont pas suffisamment fouettés par des dirigeants non ingénieurs, etc.

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  10. Mon Cher Robert,
    Un petit mot avant d’aller dormir.
    Vous avez raison, il ne faut pas être excessif. Bien entendu il y a des nanarques qui n’en sont pas. Forcément ! Mais ceux-là sont les moins connus. Par force ! Ils sont banaux !

    Mais ne l’êtes-vous pas excessif quand vous affirmez, brut de décoffrage, que de Gôl « exprimait son intérêt pour une alliance avec l’URSS avant même la Seconde Guerre mondiale » sans faire allusion à sa clairvoyance et sa rouerie, voulant faire croire à votre lecteur basique que ce type était une sacrée ordure ! Ce n’est pas bien cela !

    Quant au paquebot France « le lancer juste au moment où le transport maritime de passagers allait être détrôné par l’avion… », décision dont vous vous gaussez sottement, décision en avance sur son temps, anticipatrice ; cet homme du XIXème siècle n’avait-il pas prévu que la mer deviendrait « un lieu de vacances » pour des gens simples qui embarquent aujourd’hui par paquet de dix mille pour des croisières de rêve ; la plaisance à portée de toutes les bourses. Une Anabase maritime des temps modernes. Imaginez un peu le succès de notre « France » !

    Quant à ses « conneries politiques », ouvrez le feu ! Nous répondrons ! Une manière élégante de mesurer l’insondable bêtise et l’incoercible veulerie des politiciens d’aujourd’hui !

    Vous me demandez des détails intimes. Ce n’est pas l’habitude de la maison. D’autant que vous êtes vous-même un personnage très secret, énigmatique, partie de votre charme ! Nous ignorons jusqu’à votre fuseau horaire.
    Plus tard, peut-être, dans une vingtaine d’années, je dis pas !

    Ps. Vous m’affirmez que je ne suis pas le seul gaulliste en France. Cela me rassure ! Je vous remercie pour votre obligeance.

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    • Le France n’était pas un paquebot de croisière. Il avait été conçu pour desservir une ligne régulière. Aurait-il été conçu pour la croisière, qu’il aurait immanquablement fait faillite aux mains du syndicat communiste.

      C’est d’ailleurs ce qui s’est passé. Après son abandon par la France, le navire lui-même a été vendu à une entreprise privée étrangère, qui l’a utilisé pour des croisières. Il serait inemployable aujourd’hui dans ce but. La conception même d’un navire de croisière contemporain n’a rien à voir avec celle des anciens paquebots de transport de passagers, comme le France. Vous faites de l’anachronisme.

      Si le gouvernement créait, aujourd’hui, une entreprise d’Etat pour vendre des croisières, et la mettait sous la coupe de la CGT comme le France l’était à l’époque, elle ferait faillite de la même manière.

      Contrairement à vous, je m’abstiens de faire des caricatures. Je n’ai pas écrit que de Gaulle était une « ordure », et j’écris en présumant que mes lecteurs sont intelligents, et non des « lecteurs basiques », comme vous le dites élégamment. Ce qui n’est pas très gentil pour les gens qui viennent ici. Personne ne peut avoir compris que je fais de de Gaulle une « ordure ». Les mots ont un sens, et je vous prierais de ne pas déformer les miens.

      J’ai simplement évoqué un fait historique, peu connu, qui est important pour analyser notre situation actuelle.

      Enfin, je ne vous demande aucun détail personnel. C’est vous qui dites que les responsables de ce qui a foiré dans la politique gaullienne étaient des « énarques homosexuels », ce qui n’est ni « excessif », ni « brut de décoffrage », ni une façon de détourner la conversation par la calomnie et l’outrance, bien entendu…

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  11. @ Robert Marchenoir 28 mars à 18 h 35

    Paragraphes 1, 2 et 3 RETOUR SUR LE PAQUEBOT « FRANCE »

    On pensait avoir vu le bout de l’affaire ! Que nenni, il nous en ripoline une seconde couche ! Un dossier forclos depuis un demi-siècle, qui n’intéresse plus personne et dont la plupart des gens d’aujourd’hui ignorent tenants et aboutissants. Tout juste si une poignée d’esthètes a encore en mémoire la ligne élégante et raffinée du bâtiment ; un objet somptueux, encore plus beau dès lors qu’il se révéla inutile ; une création technologique des ouvriers, techniciens et ingénieurs français !

    Pour ramener le calme nous tentâmes de prendre la chose à la rigolade, relativiser, minimiser, recadrer la « chose » dans une perspective historique, refermer le chapitre « profits et pertes » ! Peine perdue, mal nous en a pris, pour solde de tout compte nous récoltâmes un mot-quolibet : anachronisme !
    Céline aurait dit : « Il est lourd ! »

    Bon !

    On peut tout de même s’interroger : qu’est-ce qui passionne RM dans cette histoire, cette remémoration opiniâtre, cet attachement à une péripétie digérée ! Digérée, évacuée, pas pour tout le monde, pas pour les monomaniaques qui cherchent et trouvent à alimenter constamment leur obsession !

    La réponse, il nous la donne, en clair : «…il aurait immanquablement fait faillite aux mains du syndicat communiste. » et « … une entreprise d’Etat pour vendre des croisières, et la mettait sous la coupe de la CGT comme le France l’était à l’époque, elle ferait faillite de la même manière. »

    L’obsession de RM s’appelle communisme !

    Le France nous renvoie à Saint-Nazaire, fief rouge ; et aux Chantiers de l’Atlantique, fief cégétiste ; aux ports et ses dockers dont le pouvoir va jusqu’au blocage total du pays en paralysant les approvisionnements, en concertation avec les cheminots, les postiers, les aiguilleurs du ciel…

    RM est unidimensionnel ; il n’a qu’une seule grille de lecture, sa vision du monde est uniformément rouge. Dès qu’il peut saisir une opportunité il balance sur les infames cocos ! Tout procède d’eux dans son esprit obnubilé ! Sa vision économico-politique se réduit au marxisme pur et dur, cause de toutes les iniquités. Rien d’autre !
    Il bondit sur chaque dossier, si minuscule soit-il, si éloigné dans sa substance, pour déclencher une logorrhée anti poutinik !

    On commence à comprendre la chanson ! Cela devient lassant ! Inefficace ! À côté de la plaque ! Y aurait-il tentative pour nous berlurer ?

    Paragraphes 4 et 5 CAILLASSAGE DE LA STATUE DU COMMANDEUR

    1. D’abord il y a : « Le général de Gaulle est co-responsable de la communisation de la France. Il exprimait son intérêt pour une alliance avec l’Union soviétique avant même la Seconde Guerre mondiale. » [*]

    Whouah ! « communisation », « alliance avec l’URSS » ! On est chez les rouges !

    On en reprend une seconde rasade : « Etre gaulliste aujourd’hui, c’est, pour beaucoup de gens, une façon un peu plus respectable et dissimulée d’être communiste. » [*]

    Les Gaullistes d’aujourd’hui ne sont que des communistes qui se « dissimulent » !

    2. Et une première réponse : « Mais ne l’êtes-vous pas excessif quand vous affirmez, brut de décoffrage, que de Gôl « exprimait son intérêt pour une alliance avec l’URSS avant même la Seconde Guerre mondiale » sans faire allusion à sa clairvoyance et sa rouerie, voulant faire croire à votre lecteur basique que ce type était une sacrée ordure ! Ce n’est pas bien cela ! » [**]

    Pour celui qui n’a pas encore réalisé que RM a un comportement phobique – par exemple le lecteur « basique », terme pris dans le sens de élémentaire, moyen, inattentif, peu concerné, pas très branché sur cette période lointaine de l’entre-deux guerres, a fortiori ceux qui ne connurent ni l’occupation ni la guerre d’Algérie et mai 68, et naturellement tous ceux qui subirent une scolarisation post-Haby, tous ces braves gens, basiques donc, sont peu au fait de la politique étrangère des années 30 et de ses subtilités comme de ses lâchetés et de ses abandons – faire entendre que le Général visait une alliance avec Staline, sans explication de gravures, peut être considéré à juste titre comme une atteinte à son intégrité morale, son intelligence, sa lucidité ; d’autant que la personne qui se prononce en ce sens exprime en permanence le dégoût le plus acéré à l’encontre des cocos, particulièrement de leur patrie à l’est du Niémen !

    Que « cela ne soit pas bien » tombe sous le sens ! Que l’on puisse imaginer – quand on a un esprit léger, peu concerné par la question, préoccupé de bien d’autres sollicitations, un basique quoi ! – que ce de Gaulle soit finalement un pas grand-chose, un sacré traître et, lâchons le mot, une ordure, il n’y a pas loin !

    Courir le risque de faire croire aux basiques – parce que les autres savent à quoi s’en tenir sur les prolégomènes de la seconde guerre mondiale et sur l’acuité du regard du Général – ce genre de balivernes est plus qu’abject !
    Quand on fait cela on perd tous ses droits à s’offusquer sur l’emploi de mots « forts », on ne peut plus clamer qu’on « s’abstient de faire des caricatures » [***]

    Et quand on ajoute : « J’ai simplement évoqué un fait historique, peu connu, qui est important pour analyser notre situation actuelle. » on crève tous les plafonds de la tartufferie et de l’obscurantisme car ce fait historique était des plus connus et n’est strictement d’aucun intérêt pour analyser le monde actuel, dominé par les phénomènes migratoires et les antagonismes religieux.

    Paragraphe 6 et dernier DES MOTS ; DES PERSONNES ; DE LA SEXUALITÉ ; POUR EN FINIR !

    RM n’a pas écrit que de Gaulle était une « ordure », c’est sûr ! Cela ne passerait pas car ses lecteurs sont « intelligents » ! Seuls les miens sont « basiques » !
    Du coup ses siens lecteurs « n’ont pas pu avoir compris » qu’il fait « de de Gaulle une ordure ». Mais ils ont quand même compris que « ce type » a fait ami-ami dans le temps avec les bolcheviques !

    Et aujourd’hui les gaullistes pratiquent « l’anti-libéralisme, l’anti-américanisme, le poutinisme, le culte de l’État fort, le militarisme, le chauvinisme, préférer les chimères aux réalités, l’amour des grands projets. »

    RM continue à voir des cocos partout ! Heureusement que ses lecteurs sont « intelligents », ils peuvent faire le tri dans ses propos ! Ils ont bien compris cette fois que le seul danger perçu par leur mentor est le communisme, que ce sont ces chiens de rouges qui rongent la société européenne, que nous n’avons pas d’autres ennemis qu’eux !
    Si cela n’est pas une « fixation » c’est, au bas mot, une perception partielle de la réalité !
    Ils vont être désorientés ! Il y a quand même des limites à la crédulité !

    Les mots « ont un sens ». Sexualité est un mot très fort, dangereux d’emploi, on ne sait pas trop où on va aller avec un vocable pareil. Alors, quand il s’agit d’homosexualité on a un mouvement de recul mal assumé ! L’associer à un groupe humain, ça craint ! Adopter une attitude pusillanime à son sujet c’est se priver d’un regard objectif sur la société tant cette pratique s’est banalisée. Il y a deux raisons conséquentes : l’une tient à la pratique d’un prosélytisme subtil et féroce, l’autre en la constitution d’un lobby puissant et homogène. Dans la société civile ce lobby coexiste à côté des framacs, des gauchistes, des royalistes, des tradis, des juifs, de la HSP, etc.. , et que la société vaticane en est ébranlée vigoureusement depuis peu !

    Pour le dire rapidement, dans certains organismes publics ou d’État le malheureux qui n’est ni marxiste, ni framaque, ni homosexuel est « à poil » !

    Ainsi en est-il dans la haute fonction publique et il n’est pas impertinent d’évoquer l’homosexualité énarchique.
    D’autant que les exemples ne manquent pas ! La constitution dans cette caste « d’hommes de pouvoir » d’une fraternité sexuelle ne peut heurter que les niais !

    Ce n’est nullement « une façon de détourner la conversation par la calomnie et l’outrance, bien entendu… »
    Et « les responsables de ce qui a foiré dans la politique gaullienne », énarques – homo ou hétéro – nous préoccupent beaucoup moins que ceux qui nous emmènent aujourd’hui par des chemins néfastes !
    Ceux-là ne sont pas tous des communistes invétérés !
    Croire à cette fable réductrice c’est se mettre à la marge des forces vives de la Nation !

    J’ajoute une connotation personnelle, de vous à moi ! Vous « ne me demandez aucun détail personnel. » Bien ! Mais quand même, vous interrogez : « Vous êtes ingénieur ? Hétérosexuel ? ». Peine perdue, je ne renseigne ni sur mon métier, ni sur mes pratiques sexuelles. Mais je ne voudrais pas vous quitter sur une trop mauvaise impression ; je vous livre un secret : je ne suis pas psychiatre !

    Et un regret ! Ces échanges, faisant suite à cette petite phrase du Général – phrase qui m’embua les yeux toute une soirée – n’auraient pas eu d’existence si vous aviez sagement médité dans le calme plutôt que de vous lancer une fois de plus à l’attaque !
    Il n’est jamais trop tard !

    « Ne pleurez pas Yvonne, maintenant elle est comme les autres. »

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