Où va l’argent ? (II) : Plongée dans les chiffres de la délinquance

Sale coup pour Gérald Darmanin ! Tout récemment, il nous assurait (tweet ci-dessous) que l’argent des contribuables était judicieusement utilisé par l’Etat pour apporter aux Français les meilleurs services possibles, notamment en matière de sécurité – ceci pour tenter de répondre à la désormais fameuse question initiale des Gilets jaunes « Mais qu’est-ce que vous faites du pognon ? » Depuis, les Gilets jaunes se sont laissés envahir par des groupes violents et des revendications « vénézuéliennes » façon CGT, mais d’un point de vue libéral, la question reste très pertinente.

Or le tout dernier rapport Cadre de vie et sécurité portant sur 2017 et publié hier 6 décembre 2018 par l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) sous l’égide de l’INSEE (rien que du très officiel, donc) a dû tomber comme une douche froide de plus sur le gouvernement. Car oui, hélas, les résultats sont… Comment dire ? Préoccupants.

En fait, ils sont franchement médiocres – à tel point que le journal Le Monde, en général plutôt pudique sur ces sujets « sécuritaires », titre carrément sur la « forte hausse » des cambriolages et des violences. De plus, ils confirment si besoin était que non, le « sentiment d’insécurité » des Français n’est pas qu’un sentiment éthéré formé via des légendes rurales ou urbaines et autres fake news scandaleusement répandues à dessein par de sombres agitateurs du peuple irresponsables.

Il n’y a guère lieu d’être étonné. Un sondage Odoxa réalisé en octobre 2018, c’est-à-dire il y a 2 mois à peine, nous apprenait que 64 % des Français se sentent souvent (16 %) ou de temps en temps (48 %) en insécurité, soit un niveau très proche du record enregistré par ce baromètre.

Ce sentiment, dans lequel la part du terrorisme diminue nettement, est essentiellement lié au fait que 60 % d’entre eux ont été victimes à un moment ou à un autre d’un des faits suivants : menaces et agressions verbales, cambriolages, agressions physiques, vol à l’arraché, agressions sexuelles.

Et sur tous ces points qui empoisonnent la vie quotidienne, seulement 21 % des personnes interrogées font confiance au gouvernement pour les combattre, score le plus bas du baromètre. En 2016, ce score était de 24 % pour Hollande, puis il était remonté à 40 % au début du mandat d’Emmanuel Macron. Encore une dégringolade brutale pour le Président…

Le rapport de l’ONDRP vient mettre des éléments concrets sur tout ceci. Ni sondage sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes, ni comptage des dépôts de plaintes, il consiste en une vaste enquête menée auprès de 16 000 ménages métropolitains dont les membres (de 14 ans ou 18 ans et plus, selon les questionnaires) ont été interrogés en face-à-face au cours du premier semestre 2018 sur les événements de 2017.

Appelé « enquête de victimation », ce type de suivi de la délinquance qui existe en France depuis 2006 nous vient des Etats-Unis d’après le constat que toutes les victimes ne déposent pas plainte et que toutes les plaintes ne subissent pas le même traitement administratif d’un lieu à un autre et d’une année à une autre. Il permet donc de prendre en compte toutes les victimes afin de dresser un bilan complet de la délinquance.

Les résultats de cette année tranchent négativement avec ceux des années précédentes car le nombre d’indicateurs toujours en hausse ou repartis à la hausse après une période de baisse est nettement plus élevé que d’habitude (voir page 6 du PDF, soit page 4 de la numérotation du document) :

· Les vols de voitures et de deux-roues à moteur sont en baisse, notamment parce que les systèmes de sécurité des constructeurs sont de plus en plus performants.

· Les injures, les vols de vélos, les vols sans effraction dans les résidences principales, les débits frauduleux sur comptes bancaires (tweet) et les vols avec violence ou menaces sont plutôt stables par rapport à 2016.

· En revanche, du côté des grandeurs à la hausse, les cambriolages atteignent leur plus haut niveau depuis 2006 et l’augmentation observée entre 2016 et 2017 est de 21 %. Les vols sans violence augmentent fortement en 2017 (+ 46 %), ainsi que les violences physiques hors ménage. Voir tweets ci-dessous :

Les violences sexuelles hors ménage sont également en très forte augmentation, tout comme les violences physiques ou sexuelles au sein du ménage. Mais l’ONDRP signale qu’il convient de prendre ces deux derniers résultats avec prudence en raison d’une reformulation des questions en 2017 et de l’impact possible du mouvement #MeToo (dit aussi en France #BalanceTonPorc) créé dans la foulée de l’affaire Harry Weinstein, du nom de ce producteur hollywoodien accusé d’agressions sexuelles.

L’enquête suit par ailleurs deux indicateurs de perception de l’insécurité : celle ressentie à son domicile (17 % des personnes de 14 ans et plus, soit 8,7 millions d’individus) et celle ressentie dans son quartier ou dans son village (22 % des personnes de 14 ans et plus, soit 11,5 millions d’individus). L’une comme l’autre sont en augmentation de 1 point en 2018, atteignant leur point le plus élevé depuis 2006.

La tendance générale est donc des plus préoccupantes, car elle révèle non seulement que certains crimes et délits n’amorcent pas de baisse, mais également que certains autres dont on avait observé le retrait sont de nouveau orientés à la hausse.

Dans le premier article « Où va l’argent », je prenais l’exemple de l’infrastructure de transport dite Grand Paris Express pour mettre en évidence combien l’Etat était peu scrupuleux de l’argent des contribuables, combien il se lançait dans des projets stupidement pharaoniques pour la seule gloire de certains élus, combien ces projets étaient mal budgétés à dessein au départ pour mieux passer dans l’opinion, puis combien ils étaient mal gérés ensuite. Toutes raisons d’avoir des doutes intenses sur l’efficacité des prélèvements obligatoires, une fois engloutis dans la machine infernale de la dépense publique.

Avec ce second opus concernant la sécurité, on touche à un domaine qui ne figure pas en tant que tel dans les revendications des Gilets jaunes, mais il n’en demeure pas moins qu’il a un coût en échange duquel les Français voient leur sécurité mal assurée, avec une dégradation entre 2016 et 2017. Les réponses données dans le sondage Odoxa de 2018 ne laissent pas présager d’amélioration.

C’est grave, car si l’Etat ne devait faire qu’une seule chose, ce serait bel et bien d’assurer la sécurité des personnes et des biens à travers une police bien organisée, une justice indépendante et un système pénitentiaire convenable.

Or l’on sait que le budget attribué au ministère de la Justice (judiciaire et pénitentiaire confondus) est invraisemblablement inférieur à celui du ministère de la Culture (7,3 et 10 milliards d’euros respectivement en 2019). Les moyens humains et matériels font défaut face à un nombre de dossiers en augmentation permanente. Résultat, les délais de traitement sont devenus légendairement longs et les Français sont 75 % (en 2014) à estimer que la justice fonctionne mal.

Quant aux forces de police et de gendarmerie qui nous occupent plus particulièrement ici, elles souffrent moins d’un manque de moyens humains que d’une organisation qui défie le bon sens et les met en permanence sous pression.

La profession est en effet en plein malaise : entre la mauvaise coordination des différentes unités entre elles, les missions d’un intérêt second telles que surveillance routière et protection des VIP,  le temps passé à des tâches purement administratives au lieu d’être sur le terrain, la déception de voir que bon nombre de petites peines prononcées ne sont pas appliquées, l’encadrement de manifestations violentes, sans compter le manque de repos et l’absence de considération de la part de la hiérarchie, les conditions de travail sont devenues telles que le taux de suicide est 3 fois plus élevé chez les forces de l’ordre que dans la population française générale.

Ainsi, en dépit des sommes astronomiques qu’il nous prélève – plus de 1 000 milliards d’euros en 2017 soit 48,4 % du PIB, on constate que l’Etat français est incapable d’assumer correctement son rôle régalien de protecteur des personnes et des biens, le seul qui justifie fondamentalement son existence.

En plus de toute la gloriole qu’il met à être stratège et providence, mille missions improbables l’appellent, de la fabrication d’objets en porcelaine via la Manufacture de Sèvres jusqu’au développement d’une appli mobile pour aider les taxis à « concurrencer » les VTC, tandis que la mission sécurité, accomplie par des forces de l’ordre au bord de la rupture, peine à s’extraire de l’échec que les Français lui reprochent avec de plus en plus d’insistance. 

Seul accomplissement remarquable, sa capacité à saboter dans l’incompétence et la débâcle financière toutes les missions auxquelles il se consacre, qu’elles soient absolument nécessaires, complètement superflues ou totalement loufoques.


Sur les effectifs de police et gendarmerie, le nombre de crimes et délits ayant fait l’objet d’un dépôt de plainte, les taux d’élucidation et les comparaisons internationales, voir l’article : « Mais que fait la police ? » (05/11/2016).


NOTE DE SERVICE DE LA MAISON MP

Chers lecteurs,

Voici bientôt 4 ans que je tiens ce blog libéral auquel vous contribuez grandement par vos lectures, commentaires et partages. Peu à peu, j’ai eu le plaisir de voir se former une petite communauté bien vivante autour de mes articles. C’est pourquoi je propose aujourd’hui à ceux qui le souhaitent (et le peuvent) qu’on se retrouve autour d’un verre pour faire connaissance et discuter de nos sujets préférés en toute décontraction.

Jeudi 10 janvier 2019 à Paris de 18 h à 20 h.
Le lieu exact sera précisé quand j’en saurai plus sur le nombre de participants.
Vous pouvez me contacter par mail : Nathalie_MP@sfr.fr


Illustration de couverture : Police nationale. Photo MaxPPP.

14 réflexions sur “Où va l’argent ? (II) : Plongée dans les chiffres de la délinquance

  1. Un budget justice deux fois inférieur à l’Allemagne, deux fois moins de juges par 100.000 habitants, une paperasserie sans cesse alourdie pour les policiers. Le privilège de l’Etat, qui était auparavant celui du roi, est de rendre la justice, ce n’est plus qu’un champ de ruine.

    Qui trop embrasse mal étreint dit le dicton, à force de se disperser, l’Etat oublie ce qui est sa mission essentielle et qui devrait être la seule digne de son intérêt, le régalien.

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  2. Bonjour Nathalie.

    Ce qui m’effraie à la lecture de votre constat est que cette période d’instabilité, que je vois perdurer, va servir les ambitions et inclinations de certains trublions de métier.

    Les forces de l’ordre mobilisées en masse, seront plus volontiers détournées de leur fonction intrinsèque que l’agitation va grandir et que Macron est acculé au point de ne la contenir que par la force des matraques.
    Je n’augure rien de bon des évènements de demain. A moins d’un revirement miraculeux pour lui auquel je ne crois, je vois ce pouvoir moribond. Le sentiment d’une totale déréliction est prégnant.

    Je pense qu’à terme les banlieues se joindront à la partie pour favoriser cette déstabilisation qu’ils espèrent viscéralement. Je sens cet embrasement national et nous n’avons rien pour y faire face efficacement.

    Pendant ce temps se profile dans une quasi indifférence la signature de Marrakech dans 3 jours qui, selon moi, signe l’arrêt de mort de l’Europe.

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  3. Est-ce qu’il y a un domaine où on peut considérer que les résultats de l’Etat français sont satisfaisants ou même qu’il y aurait une inflexion positive ?
    Voila l’idée d’un article sur ce blog ou alors la recherche serait-elle vaine ?
    Pourtant quand on a tendance à tout rater la sagesse recommande de concentrer tous ses moyens sur quelques domaines les plus ciblés possibles avant d’envisager de s’étendre. .

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    • « Est-ce qu’il y a un domaine où on peut considérer que les résultats de l’Etat français sont satisfaisants ou même qu’il y aurait une inflexion positive ? »

      Oui. L’attractivité économique. L’entrepreneuriat. Le développement des start-up. Depuis quelque temps, on entend, sur BFM, des chefs d’entreprise ou des financiers vous dire, avec un accent américain à couper au couteau, que la France est une terre d’élection pour implanter des entreprises, qu’ils adorent les ingénieurs français, nombreux et très bien formés et ainsi de suite.

      La « starteuppe nécheunne » est une réalité, que se refusent à voir les gilétistes bas du front seulement capables de réclamer « le cul de Macron ». Le nombre de jeunes Français qui rêvent de créer leur entreprise est considérable, et c’est une révolution par rapport au temps, pas si lointain, où la majorité d’entre eux rêvaient de devenir fonctionnaires.

      C’est en partie à Macron qu’on le doit. Il serait bon de le reconnaître, au lieu de faire chorus avec la foule imbécile qui vomit, justement, sur les startup et « les écoles de commerce », et rêve de revenir au temps béni des hauts fournaux et des chaînes de montage de Renault, grâce auxquels nous avions le bonheur de bénéficier d’un parti communiste puissant et inféodé à Moscou.

      Contrairement à la fable répandue par les Nicolas Dupont Gnan-gnan, Natacha Polony et autres « paysans » grattant la terre pour vendre trois légumes moches, ce n’est pas avec la paysannerie de subsistance, les « artisans » ou des « petits commerçants de centre-ville » qu’on redonnera prospérité et emplois à la France.

      C’est en créant nos propres entreprises mondialisées, comme les Suisses, comme les Allemands et comme… les Français. Les rouges-bruns passent leur temps à nous dire qu’il faut lécher le cul à Poutine « parce qu’il y a beaucoup d’entreprises françaises en Russie », mais au premier rang de ces entreprises figure Auchan. Une horrible leader mondialisé de la grande distribution, cette même grande distribution contre laquelle les rouges-bruns n’ont pas de mots assez durs.

      Et lorsqu’on aura une industrie prospère et mondialisée, alors nous aurons aussi une population suffisamment aisée pour nourrir des artisans de la France profonde, des petits commerçants dans des trous paumés et des agriculteurs de luxe artisanaux.

      Parce que ce n’est pas Jacline Mouraud, avec ses somptueux revenus d’accordéoniste et d’hypnothérapeute, qui va pouvoir payer un bras à un Meilleur ouvrier de France pour se faire faire de la ferronerie sur mesure dans sa masure.

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      • Je pense qu’il y a méprise. Quand j’évoque l’Etat français, il s’agit des services assurés par l’Etat et non pas les entreprises françaises.

        Néanmoins l’attractivité française vue par BFM, c’est un peu de la propagande ou la méthode Coué, enfin comme vous voulez.
        « La « starteuppe nécheunne » est une réalité » ; réalité ? il s’agit là d’une France virtuelle qu’ils vous ont fait rêver…
        Certes les français sont parmi les plus grand créateurs au monde, c’est incontestable mais il y a deux options ; soit ils se sont tirés ailleurs depuis longtemps ou ils créent en France mais ce sont débrouillés pour payer leurs impôts ailleurs, soit malheureusement, ils ont abandonné pour cultiver leur jardin.

        « que se refusent à voir les gilétistes » : alors là c’est rigolo parce que je connais plusieurs startupper comme on dit qui vivent et produisent dans des campagnes plutôt improbables au milieux des bouseux et sont peut-être parmi les GL ! Comme quoi catégoriser les espèces n’est pas si évident !

        « C’est en partie à Macron qu’on le doit. Il serait bon de le reconnaître » Ah ouais grâce à son mauvais slogan publicitaire de la « start-up nation ». Voilà encore du pipo décrété et tenu pour possible par les crétins. Comment peut-on croire à de pareilles balivernes quand même un créateur spécialiste de son domaine a beaucoup de mal à déceler l’avantage concurrentiel. De plus qu’a-t-il fait pour favoriser d’une quelconque façon la vie des entrepreneurs ? Le seul véritable levier sur lequel il a un pouvoir étant celui des charges. On ne peut pas dire que ce soit une réalité ni une perspective en tout cas pour l’iFRAP :
        http://www.ifrap.org/budget-et-fiscalite/vers-le-retour-du-ras-le-bol-fiscal-en-2019-0

        « lorsqu’on aura une industrie prospère et mondialisée, alors nous aurons aussi une population suffisamment aisée pour nourrir des artisans de la France profonde »
        On peut rêver mais manifestement on n’est pas sur la trajectoire :
        http://www.rexecode.fr/public/Indicateurs-et-Graphiques/Competitivite-l-observatoire/Tableau-de-bord-de-la-competitivite/Indicateurs-de-la-competitivite-francaise
        Contrairement d’ailleurs aux italiens moqués et vilipendés par notre Macron qui eux ont su garder un réseau de PME innovantes et souvent leaders mondiaux. Nous qui avions une myriade d’entreprises innovantes et incomparables encore dans les années 70, toutes disparues en fumées fiscales !

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      • Non, non, ce n’est pas un slogan publicitaire. Ce sont de vraies entreprises, de vrais entrepreneurs et de vrais témoignages. Quant à l’action de l’Etat, c’est celle qui consiste à créer un cadre favorable à la création d’entreprise. Elle existe, il faut le reconnaître. Je sais bien qu’il y a une délectation à peindre tout en noir et à hurler avec la meute, mais il faut savoir saluer ce qui est fait.

        Il est inutile de me dégringoler des liens négatifs, j’ai les mêmes en magasin et je peux vous en coller jusqu’au bas de la page.

        Je ne parle pas des créations à l’étranger, je parle des créations en France. Que ces gens paient leurs impôts à l’étranger, c’est une affirmation péremptoire de votre part, vous n’en savez rien. Quand bien même ce serait le cas, je suis contre les impôts et pour la richesse, et je considère que la fraude fiscale est un devoir civique. Donc je trouverais ça très bien. Ca leur ferait plus de ronds à investir dans leur boîte, moins pour engraisser des fonctionnaires inutiles, et plus pour acheter de la hi-fi de luxe française et de l’agriculture bio hors de prix.

        Il n’y a pas que les mesures concrètes qui comptent. Il y a aussi le climat. Quand vous avez un président qui fait l’éloge des startup, ça attire davantage les investisseurs que lorsque vous avez un président qui « avoue ne pas aimer les riches ». Un type comme Mounir Mahjoubi est très bien, et je regrette, on n’en avait pas des comme lui avant Macron. Que Bruno Bonnell soit député, c’est très bien, on en avait zéro de son profil avant lui.

        Les années 70 ne sont pas une référence. C’est fini, les années 70. C’est derrière nous. Le pompidolisme, les hauts-fournaux et France Télécom, c’est du passé. Maintenant, il faut se coltiner la mondialisation et le numérique. Et ça passe aussi par des Français qui vont créer des entreprises en Chine. Ou des filiales. Ce sont ces gens-là qui feront l’avenir de la France. Pas des gens qui vendent des trucs dans leur département, parce que c’est « local » et qu’il ne faut pas péter du carbone.

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  4. @Robert Marchenoir
    La mondialisation et le numérique existaient déjà dans les années 70. Avec de nouveaux mots on veut nous faire croire à la grande découverte, du bla-bla, rien de nouveau à part l’accélération. Et nos entreprises françaises étaient enviées, copiées. Alors que s’est-il passé ?
    Vous allez dire encore un lien négatif :
    http://www.lefigaro.fr/conso/2018/12/05/20010-20181205ARTFIG00013-les-sites-de-e-commerces-francais-boudes-par-les-consommateurs-etrangers.php
    Mais dégringolez moi des liens positifs pour voir.
    C’était d’ailleurs l’option du début de mon commentaire !

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    • Tino,

      Je faisais allusion au changement de tendance refleté ici, par exemple :
      https://fr.reuters.com/article/technologyNews/idFRKBN1O5253-OFRIN

      Je ne vais pas vous coller deux cents liens. Ecoutez BFM (ce n’est qu’un exemple), et vous aurez tous les jours des signes similaires.

      Votre lien du Figaro, qui suggère une mauvaise performance des sites de e-commerce français, n’est pas significatif. Vous avez regardé la source ? Idéalo, un comparateur de prix. Ce n’est pas sérieux. C’est le contraire qui est vrai.

      C-Discount est une remarquable réussite du e-commerce français généraliste. Il a une part de marché extrêmement significative en France comparé à Amazon. C’est un véritable exploit. Personnellement, je n’achète jamais chez eux et je les déconseille, car je pense que ce sont des truands, mais la France est probablement le seul pays européen qui a riposté avec succès au rouleau compresseur Amazon. En ayant un site Amazon.fr sur son sol, en plus. C’est grâce à C-Discount.

      Il y a d’autres remarquables réussites françaises en e-commerce : Vente Privée, par exemple. Le Bon Coin, dans une genre différent.

      Mais nous parlons encore de « commerce ». Le terrain de jeu s’est déplacé. Réussite mondiale française sur le Web : BlaBlaCar. Creusez, vous en trouverez beacoup d’autres. Imaginez ce qu’on pourrait faire si les timides réformes libérales de Macron étaient poussées nettement plus loin.

      A ce sujet, j’ai été particulièrement choqué par je ne sais quelle ministresse qui a donné l’ordre aux Français de faire leurs courses de Noël chez les pitis commerçants di proximiti (ceux qui n’existent plus), pour leur sauver la mise suite aux exactions des Gilets jaunes. Au lieu, a-t-elle dit, d’acheter chez les monstres américains aux doigts crochus du e-commerce.

      Cette dame aurait peut-être pu conseiller aux Français d’acheter chez les monstres français aux doigts crochus du e-commerce ? Chez C-Discount, par exemple ? Quand finira-t-on, en France, de mener les guerres d’avant-hier, et de dénigrer nos prorpes champions économiques ?

      Mais non : Internet, c’est le diable capitaliste, et il faut que les Français achètent leur camelote à l’épicier en blouse grise en bas de chez eux (qui n’existe plus depuis un demi-siècle).

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      • Bon ok quelques réussites mais tellement d’innovations étouffées pas la technostructure fiscale. Songez aux coûts du plan calcul, de la télématique, etc…combien de milliards gâchés et de créateurs (dans leur garage) qui ont soit eu la chance de se faire absorber à l’étranger, soit ils ont disparu étouffés.
        Quant à Mounir Mahjoubi et Bruno Bonnell, même si ils ont les meilleures intentions, il y a de quoi être très dubitatif sur leur efficacité vu leur positionnement. A par les discours incantatoires de salon et les petits fours, quels choix feront-ils et quel sera leur bilan ? Il ont peu de chance de trouver les pépites, mieux vaut donner beaucoup d’air et laisser faire le marché.

        Et pour la ministresse, il faudrait qu’elle se rende compte de l’étranglement forcené de la circulation en ville, organisé par les élus pris en otage par les khmers verts, des prix du stationnement assortis des amendes augmentés de près de 50% (1ere source d’augmentation des recettes municipales) par ses mêmes élus qui sanglotent sur leurs dotations.
        Les pitis commerçants, c’est tellement sympa, qu’on y traine. Il faut lui dire que c’est un nouveau luxe !

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