Gilets jaunes : Et si maintenant on parlait dépenses publiques ?

Voilà, c’est fait, la grande journée d’action des Gilets jaunes contre la hausse des taxes sur les carburants a eu lieu. 288 000 manifestants, des blocages dans toutes la France, le soutien de 74 % des Français, ce n’est pas rien pour un mouvement né spontanément sur les réseaux sociaux. Reste maintenant à tirer les leçons de l’événement. C’est évidemment le rôle du gouvernement et d’Emmanuel Macron, premier interpelé dans cette affaire, mais il me semble que c’est aussi à nous, les Français, qu’il revient de réfléchir très sérieusement à ce que nous voulons pour l’avenir du pays.

Pour ma part, je n’apprécie guère les méthodes de contestation qui consistent à prendre tout le monde en otage par des blocages, que ce soit dans les facs, à la SNCF ou sur les routes. Je n’apprécie pas plus cette façon autoritaire de laisser passer les gens à la seule condition qu’ils opèrent une sorte de capitulation en acceptant de porter un gilet jaune. Mais dans la mesure où les gouvernements successifs ont toujours fait preuve de beaucoup de patience, voire de bienveillance, à l’égard des débordements syndicaux, on voit mal pourquoi les Gilets jaunes seraient moins bien traités que la CGT.

Le gouvernement espère probablement que la colère exprimée le 17 novembre ne sera rien de plus qu’une crise de nerfs passagère et que moyennant quelques déclarations du style « je vous ai compris » et d’éventuelles compensations supplémentaires en direction des foyers les plus modestes et les plus dépendants de leur véhicule, il parviendra à étouffer rapidement la crise. Mettre une fois de plus la poussière sous le tapis et ne surtout rien changer, en quelque sorte.

Mais il aurait tort. Il est certes facile de reléguer les Gilets jaunes à un mouvement ringard d’obsédés de la bagnole « qui roulent au diesel » et on a beau jeu de se moquer des petites manies complotistes de certaines figures médiatiques du mouvement. Il n’en demeure pas moins qu’au-delà de la hausse des taxes sur les carburants, la première raison de la contestation est un ras-le-bol fiscal qui n’a rien d’une hallucination : la France est bel et bien la championne des prélèvements obligatoires, qu’ils soient fiscaux ou sociaux.

En 2017, ils ont battu un nouveau record, dépassant les 1 000 milliards d’euros soit un taux de prélèvement sur PIB de 45,4 %. Soyons fiers : suivant les années, nous sommes à la première ou à la seconde place mondiale ! N’allez surtout pas croire Gérald Darmanin ou Bruno Le Maire qui n’ont de cesse d’expliquer qu’ils baissent les impôts. Sur le quinquennat, leur ambition ne va pas plus loin qu’une baisse parfaitement anecdotique de 1 point de PIB.

Et n’allez surtout pas acheter l’adage, le lieu commun de l’étatisme survolté, selon lequel tout ce « pognon » est complètement légitime à être prélevé puisqu’il finance la santé, la sécurité et l’éducation :

C’est oublier un peu vite qu’en dépit de dépenses plus élevées que partout ailleurs, notre Education nationale est lamentablement peu performante, notre système de santé soufre cruellement de désorganisation et de pénurie, nos policiers sont en pleine crise existentielle et notre justice est l’inexplicable parent pauvre du budget de l’Etat. C’est oublier un peu vite les flops de l’Etat-stratège et les dérives de l’Etat-providence, c’est oublier un peu vite les privilèges petits ou grands que l’Etat accorde si facilement et si discrètement à ses élus et à ses fonctionnaires.

Il s’avère donc que le gouvernement ne reviendra pas sur la fiscalité des carburants. Edouard Philippe l’a confirmé hier soir, dans la foulée de François de Rugy, envoyé en première ligne pour marteler l’argument de l’urgence écologique :

« En matière de fiscalité écologique, nous poursuivrons la trajectoire prévue. Ne pas le faire serait de l’inconscience. »

Accroché à ce « courage » qui serait la marque des grands réformateurs qui ne reculent pas devant les immobilismes, quitte à prendre le risque de l’impopularité – et sur ce point, c’est bingo tous les jours – le gouvernement préfère mettre en cause la situation catastrophique laissée par les gouvernements précédents – ce qui n’est pas faux – et répéter un peu comme un mantra qu’il « garde le cap » – ce qui ne sert à rien quand on n’a plus aucun cap si ce n’est boucler le budget sans se faire taper sur les doigts par l’Union européenne.

A vrai dire, il n’a guère le choix. Sur le plan politique, il ne veut pas paraître encore plus faible alors qu’il est justement en pleine phase d’affaiblissement à quelques mois des élections européennes ; et sur le plan des comptes publics, comme aucune réforme structurelle profonde n’a été menée depuis 18 mois et comme Emmanuel Macron a jugé bon de relever personnellement le défi climatique après le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris, le bouclage du budget en dessous d’un déficit de 3 % est une opération de haute voltige dans laquelle la transition écologique est largement et opportunément mise à contribution.

Mais le fond du problème, c’est que pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron a entrainé bon nombre de Français dans une sorte de pensée magique selon laquelle on allait pouvoir retrouver la prospérité sans effort. Il suffisait de penser printemps, il suffisait de s’enivrer de beaux discours et d’envolée lyriques. On allait pouvoir s’en sortir en douceur grâce au mystérieux miracle du « en même temps ».

Il est frappant dès lors de constater que les Gilets jaunes baignent eux aussi dans le même type de pensée magique.

Là où le gouvernement répète avec obstination qu’il a fait le choix de « taxer la pollution plutôt que le travail », indiquant ainsi très clairement qu’il ne baisse pas les impôts mais qu’il en augmente certains pour en baisser d’autres, les Gilets jaunes, du moins ceux qui ont émis des suggestions, préconisent de supprimer les hausses de taxes sur les carburants et de les remplacer par le retour de l’ISF. Ce n’est pas tant le niveau de la pression fiscale qui les préoccupe que le fait qu’elle s’applique à eux.

Autant le gouvernement se leurre quand il s’imagine que taxer l’énergie fossile n’a aucune incidence sur l’activité des entreprises donc sur le travail, autant les Gilets jaunes – et, je pense, beaucoup de Français, même très éloignés de la manifestation du 17 novembre – font fausse route quand ils s’imaginent pour leur part qu’il suffit de taxer les riches pour rétablir l’égalité et la justice dans ce pays.

En effet, c’est le niveau global des prélèvements, toujours plus élevé pour assumer des dépenses toujours plus débridées (57 % du PIB), touche-à-tout et privatrices de liberté, qui est facteur d’appauvrissement, de croissance en berne et de chômage de masse. A cette situation de détresse, l’Etat répond par encore plus de prélèvements et de gabegie dépensière pour assurer la « redistribution » des riches vers les pauvres avec pour seul résultat d’accroître encore plus le chômage et la pauvreté.

En conséquence, si le souhait des Français consiste bien à voir la prospérité et l’emploi revenir, la revendication concernant l’annulation des hausses de taxes sur les carburants ne peut que s’accompagner de la recherche d’une baisse de dépenses au minimum équivalente. Entre 2018 et 2019, il est prévu que les recettes de la TICPE augmentent de 4 milliards d’euros. Nous les Français, sommes-nous prêts à voir l’Etat se désengager de 4 milliards – en remettant par exemple l’audiovisuel public entre les mains d’acteurs privés ? Et notons qu’il ne s’agit là que de 0,4 % de tous les prélèvements obligatoires, une paille, l’épaisseur du trait.

Aussi, la vraie question est beaucoup plus radicale que cela. Nous les Français, excédés par la pression fiscale qui nous tombe dessus, sommes-nous prêts à voir l’Etat abandonner ses monopoles sur l’Education et la santé, et sommes-nous prêts à le voir se désengager progressivement de ses missions non régaliennes ? Sommes-nous prêts à reprendre nos vies en main et à exercer à nouveau nos possibilités de choix, plutôt que de nous laisser mener du berceau au cercueil par des décisions étatiques toujours coûteuses et souvent déficientes ?

Faute de regarder avec courage et lucidité où nous mène notre addiction aussi totale qu’irraisonnée à l’Etat, je crains qu’aucun gouvernement, même animé d’une volonté réformatrice sincère, ne soit jamais en mesure de répondre à nos attentes.


Illustration de couverture : Des Gilets jaunes expriment leur ras-le-bol fiscal, Paris, 17 novembre 2018. Photo : L’Express.

36 réflexions sur “Gilets jaunes : Et si maintenant on parlait dépenses publiques ?

  1. Bonjour Madame,
    Votre billet est intéressant, comme toujours.
    Mais l’ orientation qu’ il contient n’ est pas vraiment réjouissante : encore plus de chaos social et encore plus d’ injustices. Le retour au paléolithique ne doit pas être une option. Il fallu des millénaires à l’ espèce humaine pour s’extraire de l’ animalité et de la loi de la jungle.Veuillez de grâce ne pas nous y ramener.

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    • C’est ça : il y a eu le paléolithique, et puis est venu le socialisme. Avant le socialisme, c’était l’animalité et la loi de la jungle. Depuis le socialisme, c’est l’amour et les petits oiseaux.

      A force de biberonner le socialisme depuis le berceau de père en fils, non pas depuis le paléolithique, mais depuis au moins l’avènement de Mitterrand et même depuis la Libération, les Français sont devenus complètement idiots.

      La loi de le jungle, c’est précisément celle que nous avons aujourd’hui, grâce à votre socialisme et à votre étatisme bien-aimés : la grande fiction par laquelle tout le monde tente de vivre aux dépens de tous les autres.

      Cette loi de la jungle que défend Jacline du Gilet-Jaune, lorsqu’elle proteste contre les taxes, mais que, dans le même souffle, elle se plaint de « la baisse des dotations de l’Etat aux collectivités locales », et prétend que la seule chose qui pourrait apaiser la colère du « peuple », c’est la réinstauration de l’ISF.

      J’ai entendu les gilets jaunes réclamer la baisse des impôts ; je n’en ai entendu aucun réclamer la baisse de la dépense publique. Je veux dire : celle qui arrive dans leur poche. Parce que pour protester contre « la vaisselle de l’Elysée », il y a du monde, pas de problème.

      Le mouvement des gilets jaunes, comme une bonne partie du mécontentement anti-Macron, ce n’est pas un appel au libéralisme : c’est une manifestation de plus de la rage dépensière et punitive des Français. De la haine de tous contre tous. Toujours plus d’Etat, toujours plus de « service public », et toujours plus d’impôts frappant les autres, qu’il convient de punir parce qu’ils sont riches, chefs d’entreprise, américains, pollueurs ou je ne sais quoi encore.

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      • Entièrement d’accord !
        Le paradoxe de la France, exiger la baisse des impôts … pour soi, et la ponction (illusoire) pour les autres. Mais nous atteignons maintenant un niveau critique où le socialisme n’a pas d’autre option que de répercuter directement sans intermédiaire sur ses électeurs la charge des-dits impôts. L’impôt devient doucettement moins indolore, et donc un peu plus transparent, et un peu plus piquant.

        Du coup, les autres devenant une ressource en raréfaction, on se rend mieux compte qu’on est soi-même l’autre d’un autre soi-même, et ça pique au porte-monnaie car, ce coup-ci, ça sort directement de la poche de soi-même, la ponction devant être exécutée par soi-même au détriment de soi-même. C’est tellement plus sympa, juste et eco-citoyen quand c’est l’entreprise qui paye des charges patronales, et que l’employé est soi-même persuadé que c’est vraiment l’entreprise qui a payé.

        Ne nous y trompons pas, il n’y a pas d’appel à la liberté en France. Le gouvernement est tellement aux abois qu’il n’arrive plus à masquer les prélèvements sous le voile de l’illusoire ponction des autres. La majorité des français dans la rue exige que le socialisme fonctionne comme promis aux élections, c’est à dire que la facture serait toujours envoyée à quelqu’un d’autre. Manque de bol, cette fois-ci la facture est adressée directement à celui qui a exigé qu’elle soit envoyée à tout autre sauf lui.

        Finalement tout cela nous montre que l’échec du socialisme est inscrit dans les gènes du socialisme car reposant sur un paradoxe insoluble: chacun veut vivre aux dépends des autres, mais en même temps chacun est l’autre d’un autre.

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    • Le modèle que défend l’auteur de ce blog est tout simplement celui en vigueur en Suisse. Et je ne pense pas qu’on puisse qualifier la Suisse de pays arriéré où y règne la loi du plus fort.
      Si vous voulez des pays arriérés, regardez du côté de ces formidables républiques socialistes, populaires ou bolivariennes qui, dans le meilleur des cas maintiennent leur pays à l’âge où ils ont pris le pouvoir (Cuba) ou les renvoie carrément plusieurs décénnies en arrière (Venezuela), dans tous les cas sans possibilité de développement.
      Si vous voulez de la loi du plus fort, la France et son capitalisme de connivence en est un bon exemple, ou les grosses entreprises marchent main dans la main avec l’État (Alsthom), imposent leur loi pour pouvoir plus facilement écraser la petite concurrence, recevant prébendes et subsides pour pouvoir eux-même se maintenir lorsque la situation se dégrade. Voire ont carrément un monopole d’État (SNCF), idéal pour écarter toute concurrence qui pourrait faire mieux, même lorsqu’ils ne fournissent pas le service promis.

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  2. La hausse du prix du carburant a été le déclencheur d’un mouvement d’un ras-le-bol spontané mais confus avec des revendications « bateau, fourre-tout » visant à éviter les sujets tabous: les charges de l’état (on ne voulait pas se braquer les fonctionnaires), l’immigration (crainte d’être assimilé à l’extrême droite), les restrictions de liberté d’expression et de mainmise de l’état dans tous les domaines, le népotisme, le copinage qui règnent en maîtres dans notre « belle? »république.
    On aurait pu également dénoncer, ce qui est à mon sens le plus grave, la « profanation » de la démocratie avec un système électif qui roule le peuple dans la farine à la grande satisfaction du système:
    – députés en marche 308 élus -majorité absolue- avec 14% des voix des inscrits au 1er tour et 16% au second (40 millions d’inscrits n’ayant pas voté pour eux). Bien entendu ces gens là s’estiment légitimes et clament: « On nous a élu pour gouverner alors nous gouvernons… ». Pas gênés du tout.
    On aurait pu aussi dénoncer la signature du pacte pour les migrants concocté par l’ONU qui sera à la signature, sans même en référer au peuple, en décembre prochain, ouvrant ainsi grandes les portes à des gens dont nous n’avons pas besoin, qui ne seront pas plus heureux que chez eux et qui nous en tiendront pour responsables.
    Alors, on parle de l’hôpital qui ferme et qui bien souvent incapable de vous soigner faute de matériel et de compétences vous envoie en hélicoptère vous faire traiter au CHU le plus proche ou pas.
    Alors après ces fausses revendications, viendront les vraies promesses apaisantes qui seront rapidement oubliées et vogue la galère.

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  3. le néofascisme socialiste et non-libéral de ce gouvernement.
    « on » se trompe de coupables (même si ce sont leurs recruteurs les responsables)
    Un fonctionnaire en France coûte en moyenne jusqu’à la fin de sa retraite 3,6 millions d’€uros (chiffre de la Cour des Comptes présidée par le socialiste Didier Migaud) si vous prenez la peine de multiplier ce montant par le nombre d’agents de l’État à remercier dans les dix ans qui viennent c’est à dire de un à deux millions sur les quasiment 10 millions (y compris ceux qui n’en n’ont pas le titre mais sont censés en assurer la fonction, avec les officines « sponsorisées », pardon ) nous aboutissons à un chiffre pharamineux de 3500 à 7000 milliards d’€uros qui fichent le camp chaque années pour le plus médiocre résultat qui soit celui de l’augmentation de la misère, à croire que l’état fabrique des pauvres pour enrichir ses troupes de ponx.

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  4. Et oui, c’est « Et après on fait quoi ».
    Car notre gouvernement est budgétairement complétement coincé. Alors tous les faux prétextes sont bons, la lutte contre l’émission du CO2 sinon la fin du monde en est un particulièrement mensonger, voir cynique.
    Ou alors on baisse les dotations aux collectivités qui s’empressent de tirer profit sur toutes les marges qui leur restent, stationnements et PV, taux d’abattements pour les taxes foncières et d’habitations en trichant même sur le taux moyen par commune, en augmentant le dénominateur par les garages et remises, taxes d’enlèvement des ordures d’un coût réel surestimé, bref..
    Car les collectivités sont coincées aussi, parlez à un de vos conseiller général des mineurs non accompagnés (MNA) pour voir la grimace, Le nombre des gamins qui trainent explose littéralement et à 5000 €/mois et par gamin, ça va faire 1,5 Mds pour 2018 (nationalement) à financer en plus par les CG. Peut-être quelques euros pour payer votre plein y contribueront (affectation au social), indirectement vous subventionnerez les diverses mafias du maghreb et du sahel, avec la complicité des ONG…:
    Ce pays part à vau-l’eau avec la succession des gouvernements lâches (pas courageux du tout) que nous avons élu.
    Alors oui une fois pour toute, que veulent les français ?
    L’Etat de droit appliqué avec lucidité et courage et le reste pour la société civile qui étouffe de taxes et de règlement pour qu’elle se prenne en charge avec courage. Sinon les manifs, ne sont que du folklore ou du défoulement, pas mieux que celui organisé par les syndicats subventionnés.

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    • D’ailleurs ça y est, les syndicats les rejoignent. Et le gouvernement a lâché pour la Réunion…
      Les citoyens pleurent dans les jupes de leur Etat nounou qui dans sa grande générosité (lâcheté) va arrêter de faire des misères.
      Donc déficit supplémentaire si on ne revoit pas les dépenses drastiquement.
      Un jour sera la faillite et les citoyens (enfants) vont apprendre ce que c’est que la misère.
      Le désordre amènera alors à recomposer l’Etat de droit, avec peu de moyens donc limité par force et les citoyens auront forcément appris à se prendre en charge pour tout le reste..
      Je ne vois que cette issue.

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  5. La révolte des gilets jaunes est née suite à l’envolée du prix du gazole. Mais il révèle en fait un triple problème :
    – l’effondrement de la qualité de service délivrée par l’Etat.
    – l’envolée de la pression fiscale
    – l’envolée de la contrainte administrative

    Ces trois phénomènes sont liés et le mécontentement actuel le perçoit confusément, même si ce n’est pas formulé.

    Réduire le périmètre de l’état et alléger la réglementation permettrait de réduire efficacement la charge fiscale. Moins de lois, moins de contrôles, donc moins de personnel.
    Ajouter à cela la suppression (où, soyons réaliste, la diminution) des dépenses inutiles (comités théodules, subventions en tout genre, avantage en natures indus, postes de prestige de complaisance…) et le poids de la fiscalité devrait pouvoir diminuer d’1/3 (estimation précise au doigt mouillé).

    Ca n’en prend pas le chemin, s’il y a bien une réforme qui n’est pas envisagé, c’est bien la rationalisation de la dépense publique.

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  6. Si l’argent était bien employé,la tipp est un impôt qui me plait bien,tout le monde le paie(à condition d’avoir une bagnole évidemment,mais qui n’en a pas)et ça c’est nouveau,j’en ai marre d’être le seul a casquer parce que j’ai une petite affaire qui gagne un peu de pognon

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    • Le problème, c’est qu’on a déjà épuisé depuis longtemps toutes les assiettes d’impôt qui frapperaient tout le monde : la TVA (20 % ! c’est énorme !)… l’électricité (50 % environ : calculez sur votre facture, si vous y arrivez)… le logement… la télévision… les assurances… le tabac… et ne parlons pas des revenus, naturellement.

      De plus, le problème, avec les taxes punitives et comportementales, c’est que lorsqu’elles atteignent leur but, elles cessent de rapporter. D’après Eric Verhaeghe, c’est ce qui se serait passé avec l’essence. La consommation aurait baissé (voitures plus efficaces, peut-être baisse de l’activité économique), et par conséquent, le gouvernement aurait été obligé d’augmenter l’impôt, tellement celui-ci est indispensable dans le budget.

      On peut retourner le problème dans tous les sens : la seule issue, c’est la baisse de la dépense publique. Aucun exploit de plomberie fiscale ne permet d’augmenter la quantité de liquide. On peut bien « répartir » tant qu’on veut, quand il n’y a plus assez à répartir, c’est cuit.

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  7. Bonjour,
    Lorsque vous dites : « Pour ma part, je n’apprécie guère les méthodes de contestation qui consistent à prendre tout le monde en otage par des blocages, que ce soit dans les facs, à la SNCF ou sur les routes », je le comprends, mais vous savez qu’en France, si vous ne faites pas la « guerre » vous n’êtes pas écouté.
    Ces gens n’ont pas d’autre choix pour se faire entendre et ne vous en déplaise, ils sont bien plus nombreux que vous qui crachez quotidiennement sur eux ou sur les fonctionnaires en faisant l’amalgame entre les utilitaires mal payés et les parasites surpayés !
    Peut-être que les solutions pour redresser le pays sont en partie de celles que vous préconisez, pourquoi pas, toutefois à force de se faire presser par une classe sociale aisée dont vous faites probablement partie, ces gens ont la légitimité de se plaindre et d’espérer recueillir le fruit de leur travail quel qu’il soit.
    Je suis en effet d’accord avec vous sur le fait qu’il faut arrêter de subventionner tout et n’importe quoi, surtout la misère, mais cela ne peut se faire d’un seul coup.
    L’État, le catastrophisme, la pollution, etc. tous en avons marre, mais tous avons voté pour les Pieds nickelés qui sont actuellement au gouvernement (pas moi bien sûr) : le bâton pour se faire battre …
    Cordialement

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    • « Vous qui crachez quotidiennement sur eux ou sur les fonctionnaires en faisant l’amalgame entre les utilitaires mal payés et les parasites surpayés ! »

      Voilà pécisément l’arnaque lacrymale à laquelle il faut mettre fin. Il n’y a pas les bons fonctionnaires et les mauvais. Tous sont mauvais, par définition. Le socialisme est une grosse cochonnerie, par définition.

      Les seuls fonctionnaires qui sont tolérables sont ceux qui sont en petit nombre. S’ils sont en petit nombre, eh bien ! cela voudra dire qu’on n’en aura que là où ils sont indispensables : soldats, policiers, juges, ambassadeurs et un micro-poil d’aministrateurs (parce qu’il faut toujours deux-trois clampins pour pousser du papier et faire les additions). ET C’EST TOUT.

      Arrêtez de nous faire chialer avec vos fonctionnaires qui sont mal payés, et que donc il faudrait garder (vous, je suppose). C’est stupide. Vous ne vous êtes jamais posé la question de l’abyssale connerie de ce cliché gauchiste : telle partie du fonctionnariat est un enfer pour ses membres, par conséquent il faut absolument la conserver ? C’est exactement le contraire !

      Une fois qu’on aura viré tous les fonctionnaires inutiles, alors on pourra payer correctement ceux dont on a vraiment besoin. Un fonctionnaire mal payé x des millions = un pognon de dingue. Apparemment, on n’a plus besoin de connaître les quatre opérations, pour rentrer dans la fonction publique.

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      • Au fond, mis à part les juges, les soldats et les policiers ( vous semblez avoir oublier les gardiens de prison: très important, les gardiens de prison, !!!), de quoi avons nous besoin ? De rien assurément. Même pas d’ enseignants, ces foutus bons à rien. Du reste, vu leur salaire, ils ne doivent pas être bons à grand’ chose … Mon épouse ( Deug, Licence, Maîtrise, DEA + 1 an de formation = Bac 7 ) et 26 ans d’ ancienneté, tout cela pour 2210 € par mois, franchement, c’ est donné ! Le chauffeur du camion poubelle qui passe toutes les semaines devant chez moi gagne, primes et 13ème mois compris, mieux sa vie ( bulletins de salaire en mains ). Mais vous avez certainement raison.

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      • @ Couyssan

        Qu’est-ce qui vous fait croire qu’un professeur doit absolument être payé par l’Etat pour être un bon professeur ? J’ignore quel est le niveau intellectuel véritable de votre épouse (je ne parle pas de celui allégué par ses diplômes), mais je constate que le vôtre n’est pas fameux.

        Vous vous rendez coupable de l’absurdité maintes fois répétée par les étatistes, maintes fois réfutée par les libéraux, mais superbement ignorée par les gens comme vous, qui confond l’axiome de départ avec la conclusion à démontrer.

        Il vous incombe, en tant qu’étatiste, de démontrer que nous avons besoin d’un million de professeurs payés par l’Etat. Et vous le faites en prétendant que s’ils n’étaient pas payés par l’Etat, alors il n’y en aurait pas du tout, car par définition un professeur ne peut être qu’un fonctionnaire. Vous savez qu’il y a quelque chose qui s’appelle l’entreprise privée ? Vous savez que certaines personnes travaillent sur le marché libre, que leurs clients s’en portent fort bien et eux aussi ?

        Est-ce que vous nous prenez pour des imbéciles, ou bien est-ce involontaire de votre part ?

        Vous embrayez aussi sec sur une autre absurdité argumentative flagrante, adorée des étatistes : vous vous plaignez du salaire, censément insuffisant, que gagne votre épouse fonctionnaire, vous vous plaignez qu’elle gagne moins qu’un éboueur… et vous en concluez… qu’il faut à tout prix conserver ce système fonctionnarial, qui traite si mal votre épouse.

        Encore une fois : êtes-vous à ce point déficient intellectuellement, ou vous payez-vous notre tête ?

        Vous êtes ici sur un blog libéral. Les sottises que vous venez de nous servir ont été réfutées mille fois. La moindre des courtoisies, de votre part, serait d’étudier un peu ce qui s’est écrit ici, et sur d’autres sites libéraux, et puis, après seulement, de venir nous apporter une contradiction un peu plus réfléchie que cela, un peu plus constructive, un peu plus intelligente. A moins, bien sûr, que votre objectif ne soit de démontrer l’absurdité de la doctrine socialiste.

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    • « Vous qui crachez quotidiennement sur eux ou sur les fonctionnaires » etc.. dites-vous.
      Outre le fait que je ne crache sur personne mais sur un système politique et social vampirique, je me permets de vous faire remarquer que je ne vous force pas à me lire, que je ne vous empêche nullement de commenter comme vous l’entendez, que je ne vais pas bloquer des routes avec une dizaine de comparses libéraux et que je ne délivre pas le permis de circuler à condition que les gens fassent leur autocritique et se convertissent au libéralisme.
      Alors par pitié, épargnez-nous vos raisonnements ridicules et vos amalgames foireux.

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  8. Quand on veut tout en même temps, il ne faut pas s’étonner que cela aille à hue et à dia… Quand on ne sait pas où on est, quel que soit le cap, on ne sait pas où on va… Quand on a fait la politique économique du président précédent, on a tort de persister à couler notre beau pays. La belle prose de NP, que je lis avec plaisir, les commentaires me ravissent, mais j’aimerai bien qu’on me propose une liste de mesures concrètes et acceptables pour diminuer la dépense publique. Les bobos me font bien bobo, parole de gilet jaune et de bonnet rouge…

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    • Il ne faut pas une liste de mesures concrètes mais un objectif concret.

      Concrètement la France doit ramener la part de l’Etat dans le PIB près des 40% (au lieu de 60% actuellement).

      Les mesures suivront pour servir l’objectif. La quantité inouïe de gâchis, d’incompétence et de pognon cramé inutilement de façon inefficace est tellement abyssale que l’on n’a que l’embarras du choix.

      Un exemple: comment la France pourrait-elle survivre si l’on supprimait la commission Théodule de supervision des tourner à droite des vélos au feu de signalisation ? Impensable, la vie citoyenne en deviendrait trop horrible et insupportable.

      Trêve de plaisanterie, il faut bien se rendre compte que la seule issue possible est la baisse drastique du poids de l’Etat dans la vie du peuple, le même peuple réclamant majoritairement le maintien ou l’augmentation de la présence de l’Etat, à condition que ce soit un autre qui paie. Comme chacun est l’autre d’un autre, trouvez-moi une résolution à cette équation.

      Tout ça revient à demander aux chasseurs de décréter l’interdiction de la chasse. C’est juste foutu, et il n’y a qu’une bonne faillite qui puisse rappeler à chacun que l’on peut difficilement vivre au-dessus de ses moyens éternellement. Quoique, finalement, c’est peut-être bien la faute d’un autre, si possible plus riche.

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      • Cher Monsieur Kris,

        Votre proposition peut surprendre certains par son radicalisme. En effet vous proposez de réduire de 20 points de PIB les dépenses de
        l’ État soit 440 Milliards.
        Sachant que le budget 2019 de l’ État équivaut à 423 Milliards, votre proposition consiste à néant les dépenses de l’ Etat. Donc plus d’ armée, ni police ni juges, ni écoles, ni hôpitaux, ni routes, ni ambassades, ni culture etc.
        J’ ose le dire franchement : un tel mode de vie ne serait pas très populaire.
        Cordialement.

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      • M. Sur, il est tout à fait incomplet de parler du budget de l’Etat. Il faut parler de l’ensemble des dépenses publiques qui comprennent l’Etat, ses agences, les organismes de sécurité sociale et les collectivités territoriales, soit un total de dépenses de 1292 milliards d’euros en 2017 :

        Cela comprend toutes les dépenses de fonctionnement, toutes les subventions et autres allocations, et toutes les prestations sociales. Baisser la dépenses, cela veut dire réduire le périmètre d’intervention de l’Etat global (pas seulement les ministères) et changer le modèle de couverture maladie et retraite.

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      • Je vous prie de bien vouloir m » excuser de ce quiproquo , mais il m’ avait bien semblé lire
         » part de l’ Etat » . Vous vouliez sans doute parler des dépenses publiques, c’ est à dire dépenses de l’ Etat + collectivités locales + protection sociale.
        Bonne soirée.

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      • Oui Jean, cette précision est absolument fondamentale, merci, personne n’avait compris. Est-ce que ça ira si je dis « ensemble aggloméré de la totalité de la bureaucratie française et de ses administrations centralisées ou décentralisées de type soviétique » à la place de « Etat » ? Ou alors plus consensuel: secteur non marchand.

        « Etat » me convient car je n’ai qu’un seul mot à taper, et englobe toute la sphère publique financée par une ponction dans la poche des citoyens + de la dette (= ponction dans la poche des petits enfants des-dits citoyens)

        Ces distinctions ça me rappelle les différences entre impôts, taxes, cotisations, redevances et prélèvements. Assez peu de Français payent des impôts sur le revenu, donc tout va bien, de quoi se plaint-on ?

        Une belle soirée à vous aussi 🙂

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  9. La seule issue à cette crise politique et sociale majeure,la seule issue immédiate,démocratique et conforme à nos institutions est la tenue d’un référendum sur la politique fiscale du gouvernement (hausse du prix du carburant) :que les Françaises et Français soient consultés,qu’ils donnent leur avis !Le résultat du scrutin permettra à M.le président de la République d’en tirer les conclusions qui s’imposent,sans perdre la face.Peut-on être + royaliste que le roi ?Le général De Gaulle en son temps (en 1969)n’avait-il pas organisé semblable référendum ?Si M.Macron est un démocrate comme il aime à le dire fréquemment cette procédure démocratique de consultation ne devrait pas lui poser le moindre problème,tant moral que politique.
    Nous devrions donc savoir, assez vite si sommes toujours en démocratie ou bien dans un régime qui dérive lentement mais sûrement vers la tyrannie.

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    • <<<<<<<<<<<<<<<<<<<A la une de Gala et de la presse people le mois dernier : " Le couple Macron décide de refaire la décoration des 365 pièces de l' Elysée". Il y a 3 semaines : Un nouveau service de table pour l' Elysée : 300.000,00 €". La semaine dernière: "Coup de neuf dans la salle de bal de l' Elysée : 500.000,00 € de travaux". Cette semaine : "Les moquettes de l' Elysée font peau neuve : 300.000,00 € pour le remplacement de 1000 M² de moquette". Alors, que l' on tague l' arc de triomphe, que l' on saccage les boutiques des Champs Elysées, que l' on y brûle les limousines, je ne suis pas certain que cela me chagrine beaucoup. Avec mes 387 € de retraite mensuelle, le premier commerce à 11 km, le premier médecin disponible en moins de 3 semaines à 42km, le premier dentiste – non, ça, c' est du luxe, faut pas rêver, mon gars – , au fond, ça me ferait presque plaisir. Au moins, faute de liberté et d' égalité, pourrons peut – être y gagner un soupçon de fraternité, celle du désenchantement et de la révolte !

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      • – Votre retraite à 387 € : ce n’est pas normal. Etes-vous favorable à la retraite par capitalisation, qui vous aurait permis un niveau de vie incomparablement plus élevé, et qui permettrait aux générations suivantes de ne pas subir votre sort ?

        – Le premier commerce à 11 km : je ne vois pas en quoi ce serait anormal. Ça dépend où vous habitez. Si vous habitez la campagne profonde, c’est parfaitement normal. La campagne, par définition, c’est l’endroit où il n’y a rien. Par définition, c’est l’endroit où les gens sont plus pauvres qu’en ville.

        Les gens sont gavés de télévision et d’Internet de nos jours, qui leur montrent ce qui se passe dans les villes. Ils en viennent à considérer qu’on peut avoir la ville à la campagne. Ce n’est pas le cas.

        Etes-vous favorable à la baisse massive de la dépense publique ? Elle seule permettrait aux Français de s’enrichir, de créer des emplois, et de constituer, par conséquent, une clientèle pour les petits commerces même dans les petites localités. Petits commerces qui ont besoin, bien sûr, de vendre nettement plus cher que les grandes surfaces pour exister ; et qui ont besoin, donc, d’une clientèle suffisamment nombreuse et prospère pour se lancer.

        – Le premier médecin disponible à moins de 3 semaines à 42 kilomètres : ce n’est pas absolument anormal. Vous pensez sérieusement qu’il y a eu un « bon vieux temps » où l’habitant du moindre village français avait un médecin à 5 kilomètres de chez lui ?

        Ce qui n’est pas normal, c’est que le médecin ne puisse pas, lui, venir chez vous ; qu’il y ait, effectivement, pénurie de médecins ; que les délais de rendez-vous s’allongent de façon démesurée hors des grandes villes ; que certains spécialistes deviennent inaccessibles ; que tous les Français, même dans les campagnes, n’aient pas accès, d’une manière ou d’une autre, aux soins médicaux de base, que la richesse de notre pays serait amplement à même de leur fournir.

        Etes-vous favorable à la suppression de la Sécurité sociale, qui permettrait de parvenir à cet objectif ? Plus précisément : êtes-vous favorable à la mise en concurrence de la Sécurité sociale avec l’assurance-maladie privée, dès le premier euro, ce qui reviendrait à peu près au même ?

        Etes-vous favorable à la suppression de 20 % des postes de fonctionnaires, qui permettrait aux candidats à la médecine libérale d’envisager de gagner correctement leur vie ?

        Ce qui est absolument certain, c’est que le remplacement de la vaisselle de l’Elysée par de l’Arcopal, ou de sa moquette par du Saint-Maclou, ne permettrait pas d’arriver à ces objectifs.

        Cela permettrait, certes, d’assouvir une fois de plus la jalousie et la haine sociale des Français. Leur fureur à l’égard de qui est plus prospère qu’eux. Une fois qu’ils auront pété un bon coup, que leur arrivera-t-il ? Eh bien ! ils seront aussi pauvres qu’avant. Voir plus, puisque le mécanisme étatiste et égalitariste qu’ils encouragent aggrave leur appauvrissement.

        C’est précisément cette haine des riches qui provoque la pauvreté des Français. Si vous haïssez les riches, vous amenez mécaniquement la pauvreté. Cela devrait tomber sous le sens.

        Les Américains ont élu Donald Trump, poussés par des revendications similaires relatives à leurs conditions de vie. Pourtant, même chez les trumpistes les plus enragés, dans l’Amérique la plus profonde, je n’ai pas remarqué la moindre revendication pour que l’on diminue le luxe de la décoration de la Maison Blanche, pour que le président se déplace dans une plus petite voiture, pour qu’il prenne le train au lieu de l’hélicoptère, toutes revendications habituelles en France.

        L’économie américaine se porte mieux que la nôtre. Le chômage y est trois fois plus bas. Les Américains sont-ils plus stupides que nous ?

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