Capitalisme : L’objet idéal de votre indignation, Since 1750.

Depuis la fin du baroque et la mort de Bach (1685-1750), rien ne va plus sur cette planète. Alors que tout n’était que luxe, clavecin et volupté, il a fallu que des individus véritablement sans scrupule se mettent à étudier les sciences, la médecine, l’économie ; il a fallu que des apprentis sorciers irresponsables comme Turgot en France ou Adam Smith au Royaume-Uni se mêlent de chercher les lois de la richesse des nations ; il a fallu que des profiteurs de la pire espèce commencent à exploiter les ressources et les hommes. On ne les remercie pas : qu’on parle d’inégalités sociales ou d’environnement, le capitalisme nous a précipités au bord de l’abîme !

Pure ironie de ma part, bien sûr 😉 Mais c’est pourtant la thèse qui était présentée ces jours-ci dans le journal Le Monde, à point pour faire écho aux cris d’alarme lancés en début de semaine par l’OCDE et le GIEC à propos du réchauffement climatique. Pour l’OCDE, les engagements signés lors de la COP21 de Paris en décembre 2015 risquent de rester lettre morte dans la mesure où seulement 9 pays sur les 180 signataires ont présenté des plans de limitation des émissions de CO2 – c’est dire si le sujet passionne ! Quant au GIEC, il tenait à secouer les consciences devant la catastrophe qui s’annonce : si rien ne bouge, le seuil d’un réchauffement de 1,5 °C (seulement ?) par rapport à l’ère pré-industrielle sera atteint entre 2030 et 2052.

Si le GIEC et l’OCDE – et Ségolène Royal et Nicolas Hulot et une jolie brochette de « rich & famous » – nous appellent à l’action, c’est parce que le réchauffement climatique, rebaptisé d’ailleurs changement climatique pour s’adapter au manque de consistance scientifique de l’ensemble du sujet, est considéré comme « anthropique » : l’homme, par ses activités industrielles et ses modes de transport basés sur les énergies fossiles, serait directement responsable des transformations et des dégradations prévisibles de la planète.

C’est ainsi qu’est né le nouveau concept de « l’anthropocène ». Non officiellement reconnu par les géologues mais très en vogue dans les milieux de l’écologie radicale, il caractérise la nouvelle ère géologique dans laquelle la Terre serait entrée en raison de l’impact global significatif des activités humaines sur l’écosystème. C’est bien l’ensemble de l’humanité qui est en cause, à l’exclusion de toutes les autres espèces, en raison de la maîtrise initiale des hommes sur le feu.

Mais aux dernières nouvelles de l’anticapitalisme, ce concept s’avère trop vague et entraîne une culpabilisation qui ne tient pas compte des différences de motivations et de classes sociales parmi les hommes. Qu’est-ce que le paysan pakistanais ou l’ouvrier de chez Toyota ont à voir avec tout cela ? Rien, si ce n’est qu’ils subissent l’exploitation intensive des ressources naturelles et les dégâts environnementaux subséquents.

Ce n’est donc pas l’espèce humaine considérée comme un tout qu’il faut rendre responsable du désastre écologique et du réchauffement climatique, mais le capitalisme et lui seul dont les dérives remontent très précisément à la révolution industrielle enclenchée par l’invention de la machine à vapeur par James Watt en 1769 (d’où ma photo de couverture). A partir de là, on assiste au développement d’une économie :

« fondée sur la consommation croissante de combustibles fossiles (…) en lien étroit avec le processus d’accumulation du capital qu’elle suppose » et qui va générer « une croissance continue des émissions de gaz à effet de serre ». 

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Foin d’anthropocène, nous sommes donc entrés dans le « capitalocène », c’est-à-dire l’ère « du système capitaliste triomphant, incapable de contenir sa course effrénée au profit. »

Conséquence appréciable immédiate, l’homme est réhabilité comme habitant de la Terre, les écologistes ne sont plus les ennemis de l’humanité et la fin du monde n’est plus le risque ultime. En revanche, le capitalisme est enfin ravalé conceptuellement et officiellement dans sa position d’ennemi numéro 1 de l’humanité et c’est bien la fin du capitalisme qui doit motiver dorénavant toute action écologique et politique digne de ce nom.

Remarquez qu’on s’en doutait. Depuis que le communisme réel s’est effondré sur lui-même, les nostalgiques de l’ordre collectif imposé n’ont eu aucun mal à discerner les potentialités, non pas de l’écologie comprise comme une insertion harmonieuse de l’homme dans son milieu de vie qui fait que l’économie est une écologie, mais les potentialités de ses versions culpabilisantes et anxiogènes pour ré-instaurer un nouvel ordre mondial planifié et autoritaire.

Le « capitalocène » permet de faire le lien définitif entre l’activisme de l’écologie décroissante pour le bien de la planète et l’activisme politique anticapitaliste pour le bien des travailleurs.

Il rencontre à merveille les objectifs d’une ONG comme Oxfam, toujours prompte à nous mettre face aux inégalités qui se creusent, s’accroissent et deviennent plus criantes et plus alarmantes tous les jours – à condition de faire l’impasse sur quelques petits problèmes méthodologiques gênants ; à condition de considérer que la sortie de la pauvreté de millions de personnes et la hausse constante du niveau de vie et de l’espérance de vie depuis 1750 ne sont pas des accomplissements positifs à mettre au compte de l’économie libérale (qui a besoin de capitaux pour fonctionner) et de la mondialisation. Et à condition de considérer que la maîtrise de l’énergie n’est pas un élément essentiel du développement.

Hier 9 octobre 2018, Oxfam a justement sorti l’un de ses nombreux rapports sur les inégalités. Contrairement à ses publications habituelles qui cherchent à les quantifier, il s’agissait de mesurer si les 157 Etats étudiés faisaient des efforts pour les réduire. Je ne vous étonnerai pas en vous disant que les trois critères retenus dans cette évaluation, loin de s’attacher à mettre en valeur la production de richesse, sont entièrement centrés sur la redistribution : 1. niveau des dépenses sociales, 2. niveau de la fiscalité progressive sur les entreprises et les particuliers les plus aisés et 3. renforcement des dispositions légales en faveur des salariés, dont le niveau du salaire minimum.

Il en résulte sans surprise que la France est plutôt bien placée dans ce baromètre (8ème rang). On connaît le niveau remarquablement élevé de nos dépenses publiques et de nos prélèvements obligatoires, ainsi que l’intense rigidité persistante de notre code du travail malgré les réformes récentes (El Khomri 2016 puis Macron 2017). On connaît aussi notre taux de chômage, notre faible croissance, notre niveau de dette, mais Oxfam ne se préoccupe pas de ces détails. Pas grave d’avoir presque 6 millions de chômeurs s’ils sont indemnisés …

Cependant, selon l’ONG, cette enviable situation pourrait ne pas durer compte tenu des mesures effroyablement ultra-libérales que le gouvernement de M. Macron a déjà mises en place ou persiste à vouloir introduire : baisse de la fiscalité des entreprises, suppression de l’ISF, remise en cause de certaines aides sociales comme les APL – tout ceci montrerait que le fameux modèle social de la France est en grave danger.

La CGT, FO, Solidaires, l’UNEF (étudiants) et la FIDL (lycéens) sont d’accord avec cette analyse. Oubliant commodément les milliards supplémentaires annoncés dans le plan pauvreté et le plan santé qui attestent que M. Macron croit tout autant qu’Oxfam et M. Martinez aux vertus supérieures de la redistribution, ils nous ont donc offert hier une nouvelle journée de mobilisation contre la « destruction de notre modèle social » conformément aux impératifs du « capitalocène », débordements compris.

Que l’espérance de vie française soit passée de 25 ans en 1750 à plus de 80 ans en 2017, que les personnes vivant dans l’extrême pauvreté ne représentent plus que 9 % de la population mondiale aujourd’hui contre 99 % au milieu du XVIIIème siècle tandis que dans le même temps cette population passait de moins de 1 milliard d’individus à plus de 7 milliards et que, sur ces 7 milliards, 5 milliards de personnes ne vivent ni dans des pays à bas revenus ni dans des pays à hauts revenus, mais dans des pays à revenus intermédiaires – un détail de l’histoire sans intérêt dont ne s’encombrent nullement ceux qui veulent faire passer le capitalisme pour le fossoyeur de la planète et de l’humanité.

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L’objet idéal de votre indignation
Since 1750


Illustration de couverture : Machine à vapeur des Ateliers Victor Brasseur à Lille 1890. Photo :  Wikimedia Commons.

29 réflexions sur “Capitalisme : L’objet idéal de votre indignation, Since 1750.

  1. Bonjour Madame,

    Sans vouloir tempérer votre enthousiasme pour le capitalisme, je me permets de porter à votre connaissance les faits suivants :

    – malgré internet, intelligence artificielle, Google, Microsoft etc, la croissance actuelle de la plupart des pays occidentaux -dont la France- gravite autour de 1,5%. Ce taux est à comparer avec le taux de croissance de 1,27% relevé en France pour la période 1820 -1870 par l’économiste Angus Maddison pour le compte de l’OCDE.

    – plus grave: ce taux de croissance famélique n’est obtenu que grâce à la création dans tous les pays de l’OCDE de 3 euros de dette pour 1 euro de croissance ( aux USA : 3 dollars de dette pour générer
    1 dollar de croissance), sans oublier la formidable activation de la planche à billets par toutes les banques centrales ( FED, BCE, BOJ etc) pour un montant de plus de.. 10.000 milliards de dollars ces cinq dernières années. Dans les Echos , J-M Vittori qualifiait cette injection de monnaie créée ex-nihilo de  » piqûre de morphine », sans laquelle le système ne pourrait plus fonctionner.

    En conclusion, ces éléments justifient les cris d’alarme lancés par les gardiens du système capitaliste que sont la BRI et aujourd’hui le FMI qui ne voient aucune possibilité d’éviter un krach et une crise économique de même ampleur que celle de 2008.

    Bien à vous,
    Jean Sur

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    • Ah certes, une crise pourrait bien se profiler à l’horizon. Mais est-ce la faute des entrepreneurs (qui forment la trame réelle du capitalisme) ou celui des Etats appuyés de leurs banques centrales (BCE en UE) qui, à force de Quantitative Easing et d’Etat-providence financé par de la dette – ce qui conduit à introduire des distorsions dans l’évaluation des risques – ont inondé le monde de liquidités sorties de nulle part ?

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      • Je vous remercie pour votre réponse, mais je ne suis pas sûr que dans un monde qui étouffe sous une surproduction généralisée ( d’où le chômage) , la réduction massive des moyens de consommer que supposerait un arrêt du soutien à la demande réglerait la situation.
        Quant à l’Etat-providence, avec 140 milliards d’aides annuelles aux entreprises ( chiffre communiqué par M. Darmanin le 23/05/18 sur France Info) auxquelles vont s’ajouter 20 milliards supplémentaires de baisses de cotisations patronales inscrites au budget 2019, on se demande à qui il profite vraiment?

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      • Le chômage est dû à la surproduction généralisée ? Vous êtes sûr de vous, là ? Donc la France, qui connaît, depuis quarante ans, un chômage massif, largement supérieur à celui de nombreux pays capitalistes comparables, est coupable de « surproduire » par rapport à l’Allemagne, aux Etats-Unis, à l’Angleterre, au Danemark, aux Pays-Bas, à la Suisse et j’en passe ?

        Pour produire, il faut des bonshommes, non ? Donc toutes choses égales par ailleurs, si on « surproduit », il y a plus de gens au travail, donc moins de chômeurs ? D’ailleurs la surproduction, elle se définit par rapport à quoi ? Comment s’appelle le secrétaire général du Parti communiste qui fixe la « bonne » quantité de production ?

        Et attendez… il me semble que les gens de votre parti passent leur temps à se tordre les mains au sujet de la « désindustrialisation » de la France… donc la France se désindustrialise… et en même temps elle surproduit ? Vous êtes sûr que ce qu’elle surproduit, ce ne seraient pas des fonctionnaires, par hasard ? Et des allocations ? Et des subventions ? Et des règlements ? Et de l’idéologie étatique et socialiste ?

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      • Cher Monsieur,
        Je suis étonné qu’un économiste de votre trempe ignore ce fait fondamental de l’économie mondiale;;depuis plus d’un siècle ! Eh oui , nous avons quitté l’époque médiévale et nous baignons désormais dans une économie mondialisée. Ce qui est un scoop incroyable pour vous est depuis longtemps une évidence pour tous.Ainsi M. Lorenzi, le président du Cercle des Economistes, écrit dans
         » le Monde » du 4/03/2010:  » la crise, qui est pour partie financière, est surtout une crise de surcapacité de production à l’échelle mondiale, ce qui a deux conséquences majeures:une concurrence acharnée sur les prix et une accélération des mécanismes de délocalisation ».
        Plus récemment M. Roubini, qui fut le seul à prédire la crise des subprimes, écrivait dans les Echos du 5/02/15 que » l’économie mondiale était malade de ses surcapacités ». Avis partagé par M.Patrick Artus, professeur à Polytechnique, qui note dans  » Pourquoi il faut partager les revenus » :  » il y a excès global des capacités de production au niveau mondial ».
        Au niveau des entreprises, cela se concrétise ainsi:
        – le cabinet Alix Partners estime ( le Monde du 18 juin 2013 ) qu’il y a « dix usines automobiles en trop en Europe ». Constat partagé par le regretté patron de FIAT, Sergio Marchionne qui appelait dans le Figaro du 21 mars 2012  » à réduire de 20% les capacités de production en Europe »
        Quasiment tous les secteurs industriels et agricoles sont en surproduction:
        – l’acier ( l’OCDE demande l’accélération des réductions de capacité ( les Echos du9/03/18)
        – l’aluminium (  » le marché reste surabondant » dans les Echos du 23/06/15
        – les panneaux solaires, les puces électroniques, les imprimantes 3D.
        – les pneumatiques :  » 50 millions de pneus en trop » déclare le patron de Pirelli ( Figaro 17/06/09)
        – les arts de la table :  » l’ensemble du marché est devenu surcapacitaire » ( Echos du 23/09/13)
        – l’horlogerie :  » surcapacités de production » ( Echos du 23 /03/17)
        -les batteries de lithium  » qui tournent à 20% de leurs capacités au niveau mondial ( Echos du 18/08/14)
        –  » toutes les grandes maisons de marque de luxe brûlent leurs invendus » article des Echos du 7/09/18
        à propos de lla marque Burberry.
        –  » HM ( Suède) brûle ses invendus ( 4,3 milliards de dollars) dans une centrale électrique.selon François Lenglet (RTL)
        – pour le Wall Street Journal du 27/04/15 :  » Global Economic Puzzle : Too much of eveything » et il énumère: pétrole, charbon, coton, acier etc
        – le maîs ( Echos 30 /03/16), le lait ( Echos 19/02/16), le porc ( Echos 2/03/16 :  » 10 millions de porc en trop » etc
        Bien à vous
        Jean Sur

        _

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      • Jean Sur, j’espère que vous ne m’en voudrez pas, mais la lecture de votre commentaire a déclenché chez moi, une petite hilarité …

        « Quant à l’Etat-providence, avec 140 milliards d’aides annuelles aux entreprises ( chiffre communiqué par M. Darmanin le 23/05/18 sur France Info) » …..
        140 milliards d’aides annuelles aux entreprises ? … des « aides » ?… vraiment ?… c’est pour le moins cocasse !
        Vous savez,… ou vous ne savez pas, … mais je pense que vous savez, … que la terminologie employée est une terminologie typiquement gauchiste. Des individus qui ont de l’économie une vision très particulière qui n’appartient qu’à eux … C’est pour cela que je m’étonne que vous l’utilisiez …
        Parler d’aides est tout simplement hallucinant. Ainsi donc, pour faire un parallèle plus terre à terre, si je vous vole 1000 euros et que sur ce vol je vous en rend 100, vous considérez que par cette restitution, je vous fait une aide de 100 !!… C’est un concept très intéressant qui devrait intéresser tous les voleurs de la terre et leur enlever toute culpabilité … Ils vont être nombreux à venir vous voir … Et si c’est Darmanin qui l’affirme, alors là,… c’est à hurler de rire …
        Non, rendre une petite partie de ce que les entreprises ont déjà versé, ne peut en aucun cas être considéré comme une aide. Mais ça, je pense que vous le saviez déjà … Par contre, que cette terminologie soit utilisée par l’état, n’est pas le fruit du hasard, et est surtout riche d’informations …

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    • Pourquoi s’arrêter à 1870 ?
      Car justement, la plus longue des républiques françaises (la 3ème) a été dans sa première phase 1871 à 1914, un rare moment où le respect des libertés l’a emporté nettement sur les tentations autoritaires. Oui la Fance a connu le libéralisme et si vous lisez Jacques Marseille (« L’Argent des Français »), les Français ne se sont jamais autant enrichis sur la période; la croissance était largement supérieure aux 5% !

      Les milliards injectés par les banques centrales et les gouvernements se retrouvent dans le système bancaire. Et non dans l’économie. Si les banques n’emploient pas cet argent sous forme de prêts, c’est parce qu’il n’y a pas de demande solvable suffisante.
      Une part plus grande doit revenir au capital et une part plus petite doit être laissé aux salaires parce que les profits sont insuffisants. La politique qui consiste à augmenter la masse de capital et à faire pression sur les salaires produit …de la surproduction, comme on ne sait plus à qui vendre! Il faudra sans cesse augmenter le recours au crédit pour compenser l’insuffisance de pouvoir d’achat.

      Ce sont les gouvernements qui ont poussé à la dérégulation financière afin de pouvoir s’endetter plus pour payer les additions de leurs promesses électorales. Ce sont les banques centrales complaisantes qui ont accepté de mener les politiques monétaires ultra-laxistes qui ont permis les dérives bancaires.
      Nous sommes donc dans un système absurde, excés de capital, donc insuffisance de profitabilité, donc incidence sur les revenus salariaux, donc demande à l’économie pas assez élevée (surproduction), donc pour éviter les faillites et la destruction on brade le crédit qui inflate la valeur du capital et gonfle la masse de dettes donc le stock de capital qui cherchant sa rentabilité augmente encore avec des profits de plus en plus insuffisants.
      Au cours des 30 dernières années, toutes les politiques monétaires accommodantes destinées à enrayer les récessions économiques sous couvert de théories keynésiennes n’ont eu pour résultat que d’encourager et de stimuler le développement de la finance spéculative conduisant à des crises financières
      Une seule issue à espérer, une remontée rapide de la rentabilité du capital à la suite du démarrage d’un nouveau cycle technologique de long terme. Alors rien ne peut s’opposer à ce mouvement de réorientation de l’économie réelle sauf à se soustraire définitivement aux bienfaits de l’économie de marché et au rôle central accordé à l’entrepreneur dans la vraie création de richesse.
      Sinon pour nous libérer du fardeau des grandes banques et des États-Providences, nous allons devoir, un jour où l’autre, accepter de tomber avec eux. Il faudra alors assumer notre erreur.

      Depuis quarante ans nous sommes gouvernés par des rentiers qui n’ont qu’un ennemi, le Libéralisme qui après tout est le seul corps de pensée qui a identifié la différence entre la rente et le profit !

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  2. Grand merci pour cet excellent pamphlet sur l’anticapitalisme en général et les idéologies gauchistes en particulier.
    Une seule remarque : la « pauvreté » (9% de la population mondiale) reprise par France 24 sur ses graphiques est en fait « l’extrême pauvreté » – définie par la World Bank (dernier rapport du 29/9/2018) comme vivant sur moins de $1.90/Jour à parité de pouvoir d’achat (2011). Si le nombre de personnes vivant sous ce seuil c’est effondré depuis 1990, il continue à croitre en Afrique Subsaharienne (démographie galopante/corruption politique/…) et pourrait représenter circa 80% de cette catégorie en 2030 toujours d’après la WB. Voilà un véritable souci planétaire bien identifiable qui devrait faire l’objet de toutes les attentions au niveau mondial, plutôt que cette fumisterie de GES anthropique.

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  3. Eh oui, que ce soit Oxfam, ou toutes les autres chapelles (sectes ?) de même obédience, ont en commun une caractéristique qui les relient : Produire des théories fumeuses, pour vivre sur l’argent des autres, à titre de moyen d’existence …
    Ce n’est pas pour rien, qu’elles portent le sobriquet de pastèques, qui leur va comme un gant …
    Leur tropisme, lié à la volonté de régenter la vie des autres, s’accommode mal de la liberté que produit le capitalisme.

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    • Cher Citoyen,

      Je me réjouis d’avoir suscité votre l’hilarité, car les occasions de rire sont tellement rares. Quant à votre remarque pertinente sur l’utilisation abusive du terme  » aides publiques », vous avez tout à fait raison d’en dénoncer le caractère gauchiste. J’aurais dû employer le terme d » ‘assistanat » qui me semble effectivement plus adéquat.
      Ainsi par exemple le 18/11/ 2014, Alain Madelin dénonce dans les  » Experts » ( BFM Business)
       » la facture totale de l’ assistanat aux entreprises , 140 milliards par an ».
      Cette  » assistance » de 140 milliards en 2014 (160 milliards en 2019) est à comparer aux 26 milliards
      d’IS ( impôts sur les sociétés 2018 / PLF2019 / les Echos 5/10/18) .
      Sachez, cher Citoyen, que je comprends parfaitement votre détresse : l’IS étant égal à 1,18% du PIB, il s’agit bien d’une spoliation inacceptable.
      Bien à vous,
      Jean Sur

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      • @ Jean Sur

        « L’IS étant égal à 1,18% du PIB »

        A supposer que ce chiffre soit exact (ce sur quoi je fais toutes réserves), la comparaison est idiote. L’impôt sur les sociétés n’a pas à être comparé au PIB. Il doit être comparé aux bénéfices des sociétés. Et plus exactement, c’est l’ensemble des prélèvements obligatoires, quelle que soit leur appellation, qui doivent être rapprochés des bénéfices. L’impôt sur les sociétés, c’est comme l’impôt sur le revenu : on se focalise sur lui, et on oublie tous les autres.

        Vous citez Alain Madelin : eh bien ! justement. Il est la preuve que les libéraux sont opposés aux subventions. Toutes les subventions. Celles qui bénéficient aux individus, celles qui profitent aux entreprises et celles qui atterrissent dans la poche des « artisses », des « assoces » immigrationnistes et autres vaches sacrées des stato-gauchistes.

        La position des libéraux est cohérente, contrairement à la vôtre.

        Quant à la surproduction, où voulez-vous en venir ? Il faut établir un gouvernement mondial, qui ordonnera à chacun combien produire ? Ah non, zut, vous êtes contre la mondialisation. Il faut établir un gouvernement français facho-communiste, qui ordonnera aux Chinois d’arrêter de produire ? Qu’essayez-vous de démontrer ?

        Je note que dans votre rage démonstratrice, vous faites des « amalgames » de la plus belle eau. Si des industriels du prêt-à-porter brûlent des invendus, ce n’est pas parce qu’il y a surproduction ; c’est parce que la nature même du marché de la mode féminine veut que les produits soient éphémères. Il y a donc naturellement des invendus. Les soldes, vous savez ce que c’est ?

        En conséquence, H & M, et d’autres, brûlent les vêtements qui sont passés de mode. Au lieu de les mettre simplement à la poubelle, par scrupule écolo-gauchiste. Et les écolo-gauchistes, qui, comme tous les gauchistes, ne sont jamais satisfaits par aucune concession à leurs lubies, ont hurlé dans les médias « parce que c’est honteux de brûler des vêtements, alors qu’il y a tant de petits négrillons qui se promènent tout nus au pôle Nord sans avoir rien à se mettre sur le dos ».

        Raison pour laquelle vous avez des titres de ce type dans les journaux.

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      • Euh, Jean Sur, … ainsi donc, dans l’inventaire à la Prévert des impôts et taxes de ce pays, quand ce n’est pas des taxes sur les taxes, l’IS serait serait pour vous la seule prédation à laquelle les entreprises seraient soumises ? Insidieusement, ou volontairement, quelque chose a dû vous échapper ….
        Juste une remarque en passant … Une rapide recherche sur le net (Wiki) donne pour 2014 un IS à 36 Mds. Mais peu importe, ce n’est une goutte d’eau dans l’océan.
        Et dans l’inventaire de ce que paient les entreprises, au-delà de la prédation de Bercy, chacun sait que L’URSSAF, pour ne citer qu’eux, ne vit que d’amour et d’eau fraiche … bien sûr …
        Quant à Madelin, et à « l’assistanat », … par un jour pluvieux, il a certainement glissé sur un tract gauchiste, et s’étant cogné la tête sur le trottoir, l’espace d’un instant il aura cru ce qu’il lisait … Je pense que depuis, il s’est ressaisi …
        D’ailleurs, les entreprises sont tellement « assistées » dans ce pays, que dès qu’elles en ont l’opportunité, elles mettent les voiles pour un ailleurs beaucoup moins « assisté », … s’échappant par là, de « l’assistanat » auquel elles sont soumises !
        C’est bien la preuve, qu’ici, « l’assistanat » y est insupportable …
        Merci, pour cette l’hilarité …
        Mais je vous accorde que dans les très grosses entreprises, qui souvent ne sont plus des entreprises mais des administrations (comme par hasard), il y en a qui sont beaucoup plus assistées que d’autres … Comme disait Coluche avec l’égalité … ceci pouvant expliquer cela …

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  4. Depuis la fin du baroque, seulement ? Certains datent le début de la fin des haricots à la Renaissance, en particulier dans une optique chrétienne.

    La Renaissance aurait marqué la naissance de l’humanisme, et à partir de là, tout s’enquillerait inéluctablement. J’ai même lu de savantes analyses expliquant pourquoi l’invention de la perspective, en peinture, relevait de la scélératesse (ça se tient, mais je serais incapable de vous restituer le raisonnement).

    Je connais même un essayiste libéral qui défend cette thèse. Il est russe et anti-poutiniste, en plus, donc son CV coche pas mal de cases à mon tableau d’honneur.

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  5. En réponse à Mr Jean Sur, parlons en effet du cadeau fait par Macron aux entreprises françaises, soit 20 milliards d’euros de baisse définitive de charges (… enfin comme peuvent l’être en France les baisses définitives de fiscalité..) citées par Darmanin.
    Le même oublie de nous dire que nos entreprises marchandes dégagent actuellement (chiffres 2016) une valeur ajoutée de 1275 milliards.
    L’imposition actuelle de nos entreprises (prélèvements obligatoires et taxes diverses) est la plus élevée d’Europe avec un taux global de prélèvement de 62,2 % du chiffre d’affaires soit 793 milliards (voir graphique comparatif des taux de prélèvements sur « https://www.pwc.com/gx/en/paying-taxes/pdf/pwc_paying_taxes_2018_full_report.pdf » page 77), alors que les entreprises allemandes sont prélevées seulement à hauteur de 48,9 % de leur CA, les britanniques à 30,7 %, les italiennes à 48 % etc etc.
    Le « cadeau fiscal » de 20 milliards dénoncé par la gauche et vous-même ramène le prélèvement des entreprises françaises de 793 à 773 milliards, donc leur taux de prélèvement sur CA de 62,2 % à 60,6 %, laissant la France toujours en tête du sinistre classement des entreprises les plus ponctionnées d’ Europe.
    Vous remarquerez également qu’en y ajoutant les « 140 milliards » hypothétiques de Darmanin (c’est quoi leur détail ?) et en les retranchant du montant des prélèvements, la France reste ENCORE devant l’Allemagne, les britanniques, les Italiens etc…
    Croyez-moi, vous devriez plus raisonnablement vous interroger sur la question suivante: les prélèvements obligatoires français sont les plus hauts du monde, la dépense publique la plus élevée du monde rapportée à ses richesses, et pourtant l’ensemble des services publics « manquent de moyens », les gens sont mal logés, l’enseignement est mauvais, l’insécurité progresse, le chôme est lourd et endémique, les transports sont pourris etc etc. Mais qu’est ce qu’il font donc de tout cet argent d’aprés vous ???

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      • Vous avez raison Oblala, ce qui confirme encore davantage la comparaison à l’encontre de la France car la VA est inférieure au CA (on retranche les consos intermédiaires), et sachant que le graphique comparatif est donné en CA. Le montant des prélèvements en euros est donc très supérieur aux chiffres indiqués dans mon commentaire.

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  6. Niveau des dépenses sociales élevé avec 1 % de la population mondiale, la France dépense 15 % des dépenses sociales mondiales, 32 % de la richesse nationale consacrée aux prestations sociales. Mais en queue pour l’ascenseur social :

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  7. « dans un monde qui étouffe sous une surproduction généralisée ( d’où le chômage) »

    Le chômage n’est pas dû à une « surproduction généralisée », pour la bonne raison que nombre de pays sont en plein emploi. Il est dû en France à un marché du travail verrouillé, impossible à libéraliser afin de créer des emplois, du fait du blocage syndical et celui de la gauche de la gauche, et ce sont les plus faibles qui en pâtissent.

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  8. Comme disait un célèbre philosophe … Mais jusqu’où s’arrêteront-ils ?
    Pour ma part, je suis d’accord avec cet article lorsqu’il met l’accent sur un mal sournois et porté aujourd’hui par l’anticapitalisme obscur. Il serait cependant intéressant de mesurer un autre mal sournois contenu dans certains propos anti-gauchistes évoqués çà et là.
    Le monde n’est pas blanc ou noir …

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  9. Pingback: Capitalisme : l’objet idéal de votre indignation, Since 1750 | Contrepoints

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