Cauchemar : imaginez la Coupe du Monde sans sélection …

Mise à jour du 15 juillet 2018 J’imagine que ça ne vous a pas échappé : l’équipe de France a gagné la Coupe du monde de football 2018 par 4 buts à 2 contre la Croatie à l’issue d’un match parfois étrange !

La finale de la Coupe du monde de football 2018 entre la France et la Croatie va se jouer demain 15 juillet 2018. Vingt ans après l’euphorie de 1998, la France va-t-elle décrocher son deuxième titre de champion du monde ? Quant à la Croatie, « petit » pays de 4 millions d’habitants, va-t-elle enfin obtenir le précieux trophée dont elle s’était approchée de si près, en 1998 justement, en perdant en demi-finale, contre la France justement, et en remportant ensuite la petite finale contre les Pays-Bas ? Beaucoup d’espoir, donc, et beaucoup d’enjeu sportif et mental des deux côtés ! 

Si la France gagne, je serai enchantée – sans en faire le plus beau jour de ma vie ni les plus riches heures de l’histoire de France. Et si elle perd, je ne me vois pas sombrer dans une irréparable déprime.

Autant il semble tout naturel d’encourager l’équipe dont on se sent le plus proche, que ce soit celle de son pays à l’occasion des grandes compétitions internationales ou, plus prosaïquement, l’équipe locale dans laquelle votre fils joue tous les dimanches, autant il est sain de s’incliner devant le talent supérieur de l’adversaire et savoir reconnaître « le beau jeu », le beau but, le bel essai, le beau slalom, d’où qu’il vienne. Quitte à se dire qu’une occasion de revanche ne manquera pas de se présenter.

La logique sportive, la logique de la confrontation entre joueurs individuels ou en équipe ne veut-elle pas « que le meilleur gagne » ? La formule a l’air d’un lieu commun. En tout cas, sportivement, ça reste sinon une évidence(*) du moins l’objectif.

Aussi, à l’occasion de cette Coupe du monde 2018 telle qu’elle est vécue en France, il est extrêmement amusant de constater que les Français sont pris d’une passion ardente pour le spectacle de pure compétition que leur offre un système froidement sélectif aux antipodes de l’esprit égalitariste qui tend à s’imposer dans la société.

Qui dit « meilleur » dit forcément travail, effort, sélection et prise de risque, sans oublier une certaine part de chance qui tombera de façon complètement aveugle sur l’un ou l’autre des concurrents.

Et qui dit « gagne » dit forcément qu’il y aura des perdants. Pendant longtemps, le sportif, c’est d’abord celui qui perd. Mais sa réaction ne sera pas de se dire que c’est « trop injuste » ni de réclamer par pétition que tout le monde gagne. Au contraire, il tirera une leçon de ses échecs, éventuellement en abandonnant le sport s’il pense qu’il n’est pas fait pour ça, mais surtout en s’entraînant plus et mieux afin d’être un jour le vainqueur.

Si Didier Deschamps a pour titre celui de « sélectionneur », ce n’est pas pour rien – notons d’ailleurs avec plaisir que le politiquement correct n’est pas encore passé sur ce scandaleux vocable. Umtiti, Griezmann, Mbappé etc. ne sont pas là par hasard. Ils ont été spécialement choisis, parmi de nombreux autres joueurs, sur leurs compétences en foot, pas pour faire joli sur la photo ou pour faire plaisir à leur maman ou pour satisfaire les obsédés de la diversité obligatoire. L’objectif, c’est de gagner, bien sûr, et seul cet objectif a motivé Deschamps dans la composition de son équipe.

Et même là, rien ne garantit la victoire finale. Pas d’abonnement, pas de place réservée. De grande équipes sont tombées pendant cette Coupe du monde, on les reverra peut-être dans le futur. La France et la Croatie ont été aux abonnés absents depuis 1998, les revoilà en 2018, et tout reste à faire sur le terrain. Sélection impitoyable des joueurs, sélection des équipes, c’est à ce prix que l’on devient un grand sportif reconnu comme tel par le public et par ses pairs.

Mais imaginez un instant que les épreuves sportives se passent selon les critères égalitaristes qui prévalent de plus en plus partout ailleurs. Comme à l’école maternelle, tout le monde pourrait participer, même celui qui n’attrape jamais le ballon. Et comme à l’école maternelle, il n’y aurait plus ni perdants ni gagnants et celui qui n’attrape jamais le ballon aurait quand même sa médaille. Il serait trop horrible de traumatiser dès le plus jeune âge un pauvre petit garçon qui ne demande qu’à bien faire. Ce n’est pas de sa faute, s’il est malhabile avec un ballon. Il suffit de lui donner des points d’avance ou que sais-je encore pour réparer cette injustice de la vie.

Bref, il suffit de mettre un peu partout de la discrimination positive et des quotas hommes femmes, blancs noirs, hétéros homos, adroits maladroits avec un ballon, un pinceau, un marteau, avec les mots, avec les chiffres etc. – il suffit d’en mettre dans les examens, dans les salaires, dans les recrutements, dans les films et les conseils d’administration, et tout le monde sera heureux dans le meilleur des mondes possibles.

Eh bien, non. Si les épreuves sportives se passaient ainsi, aucun joueur ne ferait plus d’efforts pour s’entraîner, ce serait ennuyeux à mourir, personne ne s’y intéresserait, personne ne regarderait les matchs. Il n’y aurait plus ni héros, ni exploit. Il n’y aurait même plus le moindre mérite à faire quoi que ce soit puisque tout se vaut, tout est pareil et tout le monde peut le faire.

Peu à peu, le foot tel qu’on le connaît n’existerait plus, le sport tel qu’on le connaît n’existerait plus – à moins de le subventionner lourdement et de l’imposer aux téléspectateurs sur des chaînes publiques de moins en moins regardées et de plus en plus subventionnées. Les Français n’auraient plus aucune raison d’être fiers de leur équipe de foot comme ils le sont aujourd’hui et comme ils le seront peut-être encore plus demain soir.

C’est pourtant la société « idéale » que certains activistes appellent de leurs voeux. Si les motivations annoncées se drapent complaisamment dans le noble souci de garantir l’égalité des chances, il en résulte cependant un désastreux mouvement de nivellement par le bas qui s’appuie aussi sur la jalousie (comme je ne serai jamais le meilleur, j’exige que personne ne soit le meilleur) et sur une certaine condescendance implicite à l’égard de ceux qu’on prétend protéger (ces pauvres femmes, ces pauvres noirs, etc. ils n’y arriveront jamais, il faut qu’on les aide).

Et c’est pourtant la société « idéale » qui a déjà gagné de larges quartiers sur les campus américains et que nos gouvernements passés et présents ont à coeur de faire advenir. Le Bac à 88 % de réussite constitue un excellent exemple car il concerne pratiquement toutes les familles. Les quotas de femmes dans le cinéma et le « name and shame » à tout propos dès lors qu’une Marlène Schiappa peut détecter une lacune de diversité purement numérique en sont d’autres.

En espérant que cette entreprise de démolition de l’initiative, de l’effort, du travail et du mérite individuel finira par être écartée par le simple bon sens, laissons-nous captiver par le combat acharné, mais à la loyale (comme dans concurrence non faussée) que vont se livrer deux équipes de foot qui représentent sans doute ce qui se fait de plus sévère en matière de sélection.


(*) Une évidence trop souvent ternie dans le passé par des affaires de dopage (cyclisme) et des petites magouilles dans les fédérations sportives. Mais pour ce qui est du foot, notons avec satisfaction l’introduction de l’arbitrage vidéo.


Illustration de couverture : Umtiti marque contre la Belgique et envoie la France en finale de la Coupe du monde de Foot 2018. Photo : AP.

18 réflexions sur “Cauchemar : imaginez la Coupe du Monde sans sélection …

  1. Chère Nathalie, je m’apprêtais à vous mitonner un de ces commentaires spirituels, sur la présidente Croate, dont « des photos en bikini » montraient les nombreux avantages … et de dire que la comparaison avec les politiciennes de chez nous était sans appel, que la Dame avait des arguments à nous faire demander le passeport croate d’urgence … et puis patatras, c’est un fake ! Dommage 😉

    Ceci dit, vous oubliez de relever le tour de passe passe que font nos dirigeants :quand ils parlent du foot, c’est l’équipe, c’est le collectif et tous ces mots qui évoquent la diversitude vivransamblesque qu’ils nous vendent à longueur de temps … Et le spectateur, ne voit que ça, l’équipe, le collectif, la sélection, le travail individuel, on oublie !

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  2. En effet. Faisons un pas de plus, et constatons que la nécessaire sélection ne met pas en valeur les meilleurs seulement sur le critère du mérite et de l’effort. Elle le fait aussi sur le critère génétique, qui, du point de vue de l’individu, relève uniquement du hasard, et se trouve à l’opposé du mérite. La force de l’athlète est génétique. L’intelligence du chef d’entreprise est génétique. Dans une large mesure.

    Il est nécessaire de le reconnaître, non seulement parce que c’est vrai, mais parce que l’inverse conduirait à désespérer Billancourt (mutatis mutandis). Un certain discours ambiant, y compris libéral, suggère que si vous ne gagnez pas douze millions de patates par an, vous êtes un trou du cul. Un paresseux. Un nul.

    L’écrasante majorité des « talents que recèlent nos banlieues » ne seront jamais footballeurs vedettes à la Coupe du monde (pour reprendre une carotte démagogique qu’on leur tend sous le nez, à droite comme à gauche). Tout simplement parce qu’ils n’ont pas les capacités génétiques pour l’être. L’écrasante majorité des Français ne seront jamais start-uppers à gagner des miyards. Tout simplement parce que l’écrasante majorité sont trop cons pour cela.

    OK, OK, soyons un peu plus politiquement corrects : parce que l’écrasante majorité n’ont pas reçu, à la naissance, le capital biologique nécessaire pour jouir d’une intelligence hors du commun. Chose nécessaire pour atteindre les échelons les plus élevés de la société. Chose qui est largement due à la loterie génétique. Dans une fourchette de 50 à 80 %, très précisément, nous apprend la science. Ce qui est considérable.

    Ce que je viens d’écrire est le consensus scientifique. Hélas, le consensus médiatique est à l’opposé. C’est ennuyeux, car les décisions politiques fondamentales sont prises en fonction du second, et non du premier.

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  3. Après la célèbration de nos troupes hier, on peut rappeler la devise d’une école d’officier qui met en relief l’effort comme moteur…
    Nos élites formées aux sciences politiques, rien que cette expression fait déjà frémir, forgent des vérités virtuelles. Elles sont déconnectées des faits, soumises aux modes et peut-être aux consignes données derrière le paravent des Loges.
    L’égalité de la devise de la République n’est que l’abrégé de l’égalité de droits qui est, elle seule, le socle de nos institutions.
    Liberté et Fraternité ne sont que des mots pour épater la galerie.
    C’est l’égalité de droits qui promeut l’effort et encourage l’humain à se dépasser.

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  4. Bien entendu, écrit comme cela, cela paraît invraissemblantesque, mais c’est davantage une caricature. Comme toutes les caricatures, elles exagèrent le trait.
    Il ne convient pas d’aller vers un tout égalitaire, nous sommes d’accord, mais permettre à chacun de vivre dans des conditions correctes et éviter que certains ne vivent dans des conditions indécentes, opulence ou indigence.
    Il faut donc un cadre avec des limites en bas comme en haut.
    Sinon, nous sommes bien d’accord que les exemples donnés ne sont pas à suivre ou perpétrer.

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  5. « le sport tel qu’on le connaît n’existerait plus – à moins de le subventionner lourdement et de l’imposer aux téléspectateurs sur des chaînes publiques de moins en moins regardées et de plus en plus subventionnées. »
    Mais si mais si, le sport est subventionné à donf :
    http://www.lesenquetesducontribuable.fr/2015/09/24/le-sport-francais-dope-aux-subventions-detat/49628
    et les chaines de télé aussi, c’est tout l’art de nous obliger à payer pour un loisir que nous n’avons pas forcément choisi, en tout cas pas moi.
    Et encore en plus des subventions, il y a l’achat de places pour assister aux matchs avec l’argent du contribuable, pour inviter les copains, et puis diverses participations (rien en dessous du million) pour construire stades, musées, écoles de foot…
    et ça rapporte électoralement un max….du pain et des jeux comme il a été proclamé.
    Voila un autre aspect du foot mais qui n’enlève rien à votre thèse sur la sélection, ni à l’exploit de Deschamps et ses qualités managériales indiscutables, de fait.

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    • Ils s’en foutent. Ils sont « Champions du Monde ».
      Le français « moyen » n’a qu’une seule chose à faire. A payer, à repayer encore et encore. Surtout, s’il ne se s’est pas « aperçu » que les chanteurs du « stade de Moscou » étaient d’origines extra européennes. Comme le faisait remarquer le sélectionneur croate. La France et toute l’Afrique contre la Croatie.
      Alors, pauvres français que nous sommes, raquez, raquez, il vous restera toujours une pièce de monnaie, pour vous faire croire que vous êtes riches.

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      • Que vous le vouliez ou non, c’est bien l’équipe de France qui a gagné et l’équipe croate qui a perdu.
        Je crois avoir déjà dit que les commentaires racistes intégrés à toutes les sauces et sur tous les sujets n’étaient pas les bienvenus ici.
        Je rappelle que je tiens un blog libéral, ce qui veut dire qu’on considère les personnes non pas en fonction d’une appartenance ou d’une caractéristique physique, mais seulement en fonction de ce qu’elles font, chacune à titre personnel. Et ne sont condamnés – après un jugement à charge et à décharge – que ceux qui portent atteinte aux personnes et aux biens, peu importe tout le reste.

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  6. Non, la société actuelle en France n’est pas du tout « égalitariste » et ce qui se passe dans le football ne déroge pas à la règle commune ! car malgré d’éventuels discours prônant la réussite de tous, nous en sommes bien loin. Beaucoup aujourd’hui sont devenus les laissés pour compte d’un monde qui tend à devenir hyper sélectif sinon dans les paroles du moins en actes. Rappelons par exemple que sur une génération de 800.000 jeunes en France, il en manque déjà un quart qui n’ont pas vus le jour, faute de « place » pour eux et que parmi les 800.000 qui restent, 150.000 n’obtiendront pas le bac que l’on dit, bien à tort, à la portée de tous. Cette hyper sélection se poursuit dans la vie professionnelle où l’on voit de nombreuses personnes sombrer dans des emplois où elles ne parviennent pas à déployer le meilleur d’elles-mêmes, sans oublier toutes celles qui sont sans emploi …

    Tout juste peut-on dire que la loi du sport de très haut niveau est, cela va sans dire, encore plus sélective que d’autres comme toute voie d’excellence. Il n’y a là rien d’étonnant.

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    • Désolé, mais avec un « taux de réussite » frôlant les 90 %, on ne peut pas dire que le bac est sélectif ! Et encore plus désolé, la biologie fait que certains sont plus aptes que d’autres qui ne sont pas pour autant des « laissés pour compte » ! L’escroquerie des politiques, et en particulier des socialiste est de faire croire que « tout le monde peut tout,faire » au nom de la sacro-sainte égalité qu’ils ont copieusement dévoyée. C’est ce mensonge, responsable de l’échec de milliers de jeunes, pas « la sélection impitoyable et inhumaine » !

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      • Voilà bien un commentaire fort hâtif qui reste campé sur une position d’idéologue prompt à dénoncer les positions adverses et qui, ce faisant, oublie l’essentiel du commentaire (voir à la fin de cette réponse).

        Remarquons d’emblée que « le » bac est une fiction intellectuelle. Mieux vaudrait parler « des » bacs et de leur diversité. Sinon de leur évolution puisque, dès 2020, nous verrons la fin des séries et l’apparition des spécialités. Soit, non pas un pur jeu de mots mais bien la consécration d’une nouvelle sélection … Espérons que cette nouvelle sélection aura l’intelligence de ne pas écarter les littéraires des études de médecine comme cela se produit depuis des années au détriment de la santé des Français !

        Rappelons pour mémoire que l’obtention du bac par tous ou presque n’a pas d’abord été voulue pour de bêtes et naïves considérations égalitaires mais par analyse trop hâtive des besoins d’une société dite avancée dans laquelle ne subsisteraient plus que des emplois hautement qualifiés. Ce que les fait démentent évidemment et ce qu’une analyse théorique plus approfondie aurait pu anticiper.

        Le 90% de réussite s’entend déjà sur un reste ! Soit plus d’un millions de naissances potentielles par an, diminué de plus de 200.000 avortements et de 150.000 jeunes qui ne passeront jamais le bac. Sur un million, en voici déjà 350.000 sans le bac. Excusez du peu.

        Pour les tenants d’un soi-disant égalitarisme, passons donc sous silence l’hémorragie susdite et intéressons-nous à ces près de 90% de bacheliers.

        Beaucoup d’entre eux sont déjà barrés en chemin par l’absence de mention et n’obtiendront que les reliefs d’un enseignement supérieur qui ressemble à une grande lessive : mal orientés, orientés par défaut, bêtement sélectionnés, formés de manière abracadabrantesque dans certains domaines, … nos étudiants vont ensuite rejoindre la cohorte des innombrables chômeurs ou vont occuper des emplois sans aucun rapport avec leur formation.

        Redisons-le ici. Persistons. Le problème n’est pas de savoir si le bac est ou n’est pas sélectif. Devrait l’être ou ne pas l’être. Le problème dépasse largement la question du bac. Voir à ce propos le commentaire laissé sur l’article de Nathalie au sujet du bac.

        La suite de votre commentaire rappelle hélas la triste rengaine des « aptes » et des « non aptes » et les relents d’une sélection naturelle qui devrait s’appliquer de manière quasi automatique pour éliminer les uns et conserver les autres. Beau programme en vérité qui nous rappelle aussi les heures les plus noires du XXème siècle quand des apprentis sorciers démoniaques tentaient de « nettoyer  » l’Europe.

        Au lieu de se focaliser sur la question du bac, mieux vaudrait s’interroger sur les besoins réels d’un pays comme la France, en l’état actuel et dans un avenir prévisible. Mieux vaudrait également prévenir les générations montantes qu’elles vont devoir relever des défis colossaux qui nécessitent plus que l’obtention d’un bac : l’acquisition d’un caractère bien trempé qui ne se laisse pas abuser par les mensonges de l’art mondain qu’il soit d’ordre esthétique, politique, culturel ou scientifique.

        Voir à ce sujet : https://nouvelleslettresouvertes.blogspot.com/2014/

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    • « car malgré d’éventuels discours prônant la réussite de tous, nous en sommes bien loin. »
      Ca veut dire quoi « la réussite de tous » ?
      Pour moi, cela ne veut rien dire. Celui qui réussit à mon sens, est celui qui arrive à vivre par ses propres moyens. Le niveau de pauvreté étant en dessous de 14% (fourchette large), cela veut dire que 86% des francais ont réussis. Est-on donc si loin ?
      Maintenant si le critère de réussite, c’est boulot au 35 heures, pas fatiguant, voiture, maison, maison secondaire, vacances au bout du monde,…. effectivement on en est probablement loin.
      Un deuxième critère de réussite pour moi, c’est que qq’un arrive à identifier les compétences qu’il a et développe une expertise ds ce domaine qui profite à la société ou à des sociétés. On en est également loin car la réussite recherchée n’est pas en fonction des possibilités et limites individuelles, qui existent qu’on le veuillent ou non, mais en fonction d’une norme que l’on abaisse au fur et à mesure que l’on se rend compte que seule une minorité peut atteindre.
      Lorsque tout le monde a le Bac, est ce une réussite ? Oui à niveau constant, non si le niveau est abaissé pour permettre à plus d’élèves de l’obtenir.
      Alors d’abord merci de définir ce que veut dire « réussite ».

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      • Merci pour cette question.

        Une part de la réponse est déjà contenue dans le premier commentaire : quand plus de 350.000 jeunes sur un million de naissances potentielles ne voient pas le jour (plus de 200.000 avortements) et 150.000 ne décrochent jamais le bac soit disant à la portée de tous, nous sommes très loin d’une réussite pour tous. En l’occurrence, réussir c’est déjà pouvoir être en vie et ne pas être exclu d’une immense majorité qui décroche un sésame (qui serait devenu indispensable et ne l’est pas en réalité).

        Réussir c’est ne pas se retrouver au chômage après des études plus ou moins longues ou après avoir été lessivés et pressurés par des entreprises malhonnêtes ou par des organisations indigentes. Voir à ce sujet la liste innombrable des maladies professionnelles largement sous-estimées voire occultées par des acteurs qui n’ont guère intérêt à ce que cette réalité émerge … Voir à ce sujet l’excellente analyse de Christophe Dejours : j’ai très mal au travail (https://www.youtube.com/watch?v=BLet1cNcGlw).

        Réussir, c’est aussi s’épanouir en dehors de toute considération scolaire ou professionnelle sans pour autant prétendre séparer les domaines comme si l’on pouvait dresser à l’intérieur des personnes des cloisons étanches capables d’isoler tel ou tel pan de leur existence.

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    • De toute façon, bientôt, les LREM extrêmement progressistes, voteront en cœur, une « obligation » à toutes les entreprises non start-up, d’embaucher des chômeurs et des non bacheliers et des décrochés de l’EN. Alors, la sélection par le DRH des PME&PMI de France & de Navarre pour les besoin de l’entreprise seule, les LREM s’en balancent. Ce sera le volet « sociale » de la macronie championne du monde.

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  7. Merci pour ce « biais » de lecture intéressant.
    J’en rajouterai un: l’idée de nation.
    Lorsqu’il s’agit de politique, le concept est relégué au rang de lubie extrémiste allant contre la paix des peuples.
    Lorsqu’il s’agit de football et de sport en général, les politiques se trouvent soudain un amour non dissimulé pour leur nation. Surprenant.
    Je suis curieux de voir à quoi ressemblera le mondial de football le jour où il n’y aura plus de nation en europe.

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    • @Pythagore : un peu comme la coupe d’Europe étendue au monde, où Paris affrontera Rio, Munich face à Dakar, Nice défiera New-York, et Naples rencontrera Adélaïde ?
      Des villes cosmopolitites plutôt que des états.

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