Les Français aiment la liberté … mais ils préfèrent l’Etat

Les Français aiment bien la liberté, mais ils préfèrent que l’Etat s’occupe de tout : tel est l’enseignement lapidaire et sans bavure qui ressort du 4ème baromètre sur « Les Français et le libéralisme » publié cette semaine par l’Ifop à la demande du journal L’Opinion et du think-tank Génération Libre de Gaspard Koenig. Indice de la schizophrénie des Français au regard de l’action politique, révélateur de leur demande incohérente, pour ne pas dire infantile, de liberté encadrée et subventionnée par le Dieu Etat, ce résultat reflète aussi la grande confusion qui règne dans les concepts économiques et politiques. 

Le sondage nous apprend en effet que parmi les trois mots de notre devise nationale, c’est le mot « liberté » qui réunit le plus de suffrages : 46 % contre 36 % pour l’égalité et 18 % pour la fraternité. Mieux, il nous révèle que le mot « libéralisme » évoque quelque chose de positif pour 57 % des personnes interrogées, score stable depuis le début du baromètre en 2014, le mot Etat venant juste derrière avec 54 %.

Mais le terme libéralisme a-t-il été préalablement défini ?

On se le demande quand on lit ensuite que ces mêmes personnes sont respectivement 83 % et 82 % à privilégier une gestion publique de la santé et de l’éducation et 73 % en ce qui concerne les activités culturelles et les loisirs. Même quelque chose d’aussi banal que l’examen du permis de conduire est considéré comme devant rester sous la houlette étatique pour 57 % d’entre elles.

On se le demande également lorsqu’on apprend qu’Emmanuel Macron est considéré par presque la moitié des Français (49 %) comme celui qui incarne le mieux les idées libérales en France. Remarquez que cela laisse la place à une autre moitié de personnes qui, comme moi, ne le pensent pas. Il n’en demeure pas moins qu’un avis si partagé sur le Président de la République après un an à la tête de l’Etat traduit le malentendu fondamental que les Français entretiennent avec le libéralisme.

A leurs yeux, tout ce qui ressemble de près ou de loin à un « cadeau aux riches », tout ce qui ambitionne, même faiblement, de remettre en cause des régimes spéciaux et des privilèges hors d’âge, tout ce qui s’apparente à un coup d’arrêt (on ne parle même pas d’une baisse) dans les fameux « moyens » qui coulent à flot depuis des décennies dans notre audiovisuel public, nos banlieues, nos transports, notre éducation etc. pour des résultats d’une médiocrité confondante, des prélèvements obligatoires parmi les plus élevés du monde et une dette publique d’un niveau excessivement dangereux pour la suite – tout ceci, qui relève au minimum du bon sens et d’un simple souci de bonne gestion, est globalement qualifié d’ultra-libéralisme, cet ultra-libéralisme qui n’est jamais qu’une politique d’austérité présentée sous les faux habits de la liberté (point de vue non libéral, je le précise).

Comme le signalait Daniel Tourre du Collectif Antigone lors du précédent baromètre de 2016, le malentendu sur le libéralisme est systématiquement voire sciemment entretenu par ses opposants qui ne manquent pas une occasion de le dévaloriser en le stigmatisant à tout propos et hors de propos :

« Le libéralisme doit sortir des cases dans lesquelles les étatistes l’ont mis, en faisant croire que libéralisme rimait avec productivisme, donc exploitation de l’homme. »

C’est encore plus vrai depuis que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, avatar moderne et incroyablement persistant des régimes totalitaires du XXème siècle dans leur version marxiste, fait figure de seule opposition active face à Emmanuel Macron.

Continuons la lecture de l’enquête – et plongeons plus avant dans notre schizophrénie française. Invités à dire si les mots qui leur sont présentés dans une liste évoquent quelque chose qu’ils aiment, les sondés placent en tête l’initiative (94 %) puis, quelques rangs derrière, la responsabilité et le mérite (92 %). L’entreprise et l’auto-entreprenariat sont à 82 % et 80 % ; ça reste assez logique. Mais l’économie de marché tombe à 52 % et le capitalisme à 30 %. C’est déjà beaucoup moins logique.

L’initiative n’aurait-elle de valeur qu’au service d’associations financées par les subventions étatiques ? Et qu’est-ce qu’une entreprise aux yeux des Français ? Un quasi-service administratif doté par les impôts des contribuables pour fonctionner, ou bien un projet issu de la réflexion personnelle d’une personne ou d’un groupe de personnes qui y engagent non seulement leur temps et leur intelligence, mais qui y risquent aussi des capitaux ? Manifestement, ce n’est pas clair.

Tout se complique quand on lit que si le capitalisme ne recueille que 30 % d’opinions favorables, le socialisme est à peine mieux loti avec 39 %. Et tout se complique encore plus lorsqu’on découvre que le terme « Etat-providence » est dernier ex-aequo du classement avec seulement 28 % d’opinions favorables (comme les GAFA). Voilà une heureuse surprise, est-on tenté de se dire. Si l’Etat-providence ne brille plus des mille feux que le roman français lui attribue depuis 1945, tout n’est pas perdu et des réformes structurelles fortes semblent possibles !

Hélas, hélas, encore une fois c’est sans compter sur l’incohérence permanente qui marque l’ensemble des résultats de cette enquête.

Interrogés par ailleurs sur leur sentiment à l’égard du rôle protecteur de l’Etat en matière sociale, les sondés sont 49 % à penser que l’Etat n’est pas assez protecteur (contre 37 % en 2016) et 31 % à penser qu’il est trop protecteur, contre 43 % en 2016. Conclusion, si le mot Etat-providence n’évoque que très faiblement quelque chose d’agréable, il faut croire que c’est uniquement parce qu’il ne serait pas assez développé aux yeux d’une belle majorité de nos compatriotes.

Mais à nouveau, surprise. Le revenu universel, qui pourrait être vu comme constituant le stade ultime et indépassable de Etat-providence, revenu universel dont Gaspard Koenig, commanditaire de l’enquête, s’est d’ailleurs fait l’avocat fervent, eh bien ce revenu universel est en perte de vitesse dans l’esprit des Français. Peut-être faut-il seulement y voir le fait que le débat l’entourant s’est évanoui avec l’échec de la candidature Hamon à la présidentielle – c’était en effet le centre de son programme. Toujours est-il qu’ils étaient 60 % à le juger favorablement en 2015 et qu’ils ne sont plus que 45 % aujourd’hui.

Globalement, les personnes interrogées sont 42 % à estimer que l’Etat devrait intervenir plus et 27 % à penser qu’il devrait maintenir son intervention telle quelle – et on sait qu’elle est extrêmement élevée, les dépenses publiques représentant 57 % du PIB. Seuls 31 % des sondés souhaitent une moindre intervention étatique.


Inutile de dire qu’une profonde déprime m’a saisie à la lecture de ce sondage. Ce sont moins les résultats intensément étatistes qui m’affligent que l’impression que les opinions politiques et sociales des Français sont fondées sur une méprise complète des valeurs portées par le libéralisme, une certaine ignorance des mécanismes économiques et un aveuglement (volontaire ?) quant au fait que plus d’Etat signifie obligatoirement moins de liberté.

Les efforts des étatistes pour discréditer le libéralisme jouent clairement en ce sens depuis la Révolution française qui a vu en quelque sorte triompher l’esprit autoritaire de « 1793 » en réaction à l’esprit libéral de « 1789 » (pour reprendre les catégories de Philippe Nemo dans Les deux Républiques françaises).

Mais on peut aussi penser que les libéraux d’aujourd’hui, malgré leurs travail acharné, malgré les nombreux think-tanks, journaux en ligne et autres blogueurs qui ont fleuri à mesure que les déficits s’empilaient, n’ont pas su éclaircir le sujet aux yeux de leurs compatriotes. Koenig et son revenu universel porté aussi par une extrême-gauche aux antipodes du libéralisme constituent un bon exemple de ce brouillage des cartes.

On pourrait être tenté d’abandonner, surtout quand on est un petit blog comme le mien. Mais quand on constate que la France fait véritablement figure de bête curieuse parmi ses pairs du monde développé, et quand on lit de plus dans l’enquête de l’Ifop que la valeur « France » est tenue en très haute estime – bref, quand on aime son pays, on se résout difficilement à le voir endosser peu à peu toutes les caractéristiques désolantes d’une star autoritaire qui s’empâte, d’une diva capricieuse qui se laisse aller, d’une caricature grotesque de solidarité et de dynamisme révolus, ainsi que je l’écrivais déjà il y a plus d’un an dans l’article « From beautiful France, with love. »


Illustration de couverture : Dessin de KAK pour le journal l’Opinion (mai 2016) d’après le célèbre tableau de Delacroix. Merci à eux pour leur aimable autorisation !

15 réflexions sur “Les Français aiment la liberté … mais ils préfèrent l’Etat

  1. Un biais important dans le mode de recueil : les interviews ont lieu par questionnaire auto-administré en ligne. Déjà quand l’étudiant vient chez vous avec un ordinateur, vous tendez à lui donner une bonne image de vous, voire à lui fournir la réponse que vous croyez qu’il attend. Alors le questionnaire auto-administré en ligne…
    Les stats, comme disait Sauvy, torturez les chiffres, vous leur ferez avouer tout ce que vous voulez. Ainsi, semaine après semaine, les hebdos publient des classements de personnalités auxquels les sondés sont censés vouloir voir jouer un rôle plus actif dans la vie politique. Il suffit de jeter un coup d’œil superficiel pour s’apercevoir que le classement en question repose sur une popularité résultant du bruit médiatique de la personne. Mélenchon en tête de liste.
    Donc pas besoin de sondage, les journaleux de la télé déroulent leur sempiternelle doxa marxiste. Avec des techniques issues de la publicité, genre micro-trottoir.
    Cela s’appelle endoctrinement.

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    • « Déjà quand l’étudiant vient chez vous avec un ordinateur, vous tendez à lui donner une bonne image de vous, voire à lui fournir la réponse que vous croyez qu’il attend. Alors le questionnaire auto-administré en ligne… »
      J’aurais tendance à dire que par questionnaire en ligne vous n’avez pas de bonne image à donner de vous. D’autre part les sondeurs, les sondeurs professionnels, connaissent bien le phénomène du « shy vote factor » et s’appliquent à en tenir compte.

      « Mélenchon en tête de liste. » Sauf que si Mélenchon fait du bruit, il n’y a aucune majorité de Français pour souhaiter qu’il joue un rôle politique important. Il y a une minorité bruyamment opposante, mais n’est-ce pas la réalité ? Dans le baromètre Ipsos Le Point (voir dans ma colonne latérale), il est à 30 % de bonnes opinions en mai 2018.

      Sur les sondages, voir mon article : « Sondages : que nous disent-ils ? » (31 mars 2017)

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  2. Le problème fondamental est que dans leur immense majorité les français n’ont aucune idée de la définition du libéralisme. Il faut dire que l’Ed Nat et les médias ont tout fait depuis la libération pour désinformer et caricaturer dans le but d’imposer leurs idées collectivistes et étatiques. Ensuite, comme le libéralisme n’a jamais été essayé en France, les français n’ont pas de référence historique concrète pour se faire une idée de ce qu’il représente. La tache de « rééducation » (excuser la formule totalitaire) est donc immense. Et nous avons besoin de blogs comme le vôtre, comme Contrepoints et l’IDL pour faire un travail d’information et de prosélytisme qui finira par payer… aidé par la faillite prochaine du socialisme étatique que nous connaissons tous depuis 40 ans ou 50 ans.

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    • Tout à fait d’accord. Moi-même je ne suis intéressé que très récemment au libéralisme et qu’est ce que c’est, lorsque j’ai entendu Fillon se faire traiter de Tatcherien et ultra-libéral. Cela semblait être des tellement gros mots, que je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir de quoi on parle.
      Toutefois les notions de responsabilité personnelle et de respect de la propriété d’autrui ont tjs été des concepts constitutifs de ma personne et de mon comportement même qd j’étais enfant.

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  3. Pulp Libéralisme devrait être une lecture obligatoire dans le cursus scolaire. Ça contrebalancerait un peu les profs majoritairement socialistes et les français appréhenderaient peut-être mieux ce qu’est le libéralisme. Quand on voit que Jacques Généreux enseigne à l’IEP Paris on comprend beaucoup de choses sur la formation économique des “élites”.

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  4. Excellent article ! Comment faites-vous pour suivre l’actualité, rédiger de très bons billets et satisfaires à vos obligations familiales et professionnelles ? Vous êtes certainement intelligente et organisée. Félicitations et encore merci !

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  5. J’ai lu le mois dernier le gros pavé « Raisonner sur les blés » de S Kaplan qui retrace méthodiquement la période 1763-1775 où les oppositions entre physiocrates (les libéraux extrémistes) et les partisans à un retour à une régulation et un contrôle forts sont particulièrement violents.
    D’abord Kaplan est anglais (marié à une française) et un oeil extérieur est toujours de bonne augure pour analyser notre histoire. Je ne connaissais pas les détails de cette période où on avait suffisamment convaincu Louis XV pour qu’il se déclare ne plus vouloir être le « prince nourricier » du peuple français et ceci par une loi de libéralisation particulièrement révolutionnaire (tentative avant-gardiste d’abandon de l’Etat providence si on traduit dans les termes d’aujourd’hui).
    Si la transposition trop directe ne peut être faite car évidemment les techniques de production (fragilités aux mauvaises récoltes en particulier) et de transport sont devenues incomparables, il demeure évident qu’ont été posées toutes les questions sur l’évolution vers un libéralisme idéal, sans doute trop brutal pour l’époque pour des tas de raisons. En est-il resté un traumatisme génétique chez les français ? Cela fut-il le germe de la révolution de 89 ? Difficile d’en établir la preuve évidemment.
    Kaplan a rassemblé tous les commentaires écrits de la période, en particulier, Diderot, Turgot et Necker qui auront mis toutes leurs énergies (et même Necker avec son argent personnel) pour consolider la tentative. Moins connu, le napolitain Galiani sans doute le plus pragmatique aura tenté avec son « Dialogues sur le commerce des blés » d’adapter aux circonstances, l’évolution libérale.
    On peut en tout cas en tirer l’enseignement qu’abandonner notre état providence aujourd’hui demeurerait une entreprise par étapes qui mettrait beaucoup de temps, vu comment les mauvais réflexes, les peurs, les rumeurs, les faux complots (pour soi-disant affamer le peuple du XVIIIè), l’éducation, les préjugés et idéologies et la dramatique falsification sémantique française, du libéralisme ont intoxiqué nos enfants…
    La puissance de nos médias et la vitesse de l’information n’ont rien changé bien au contraire malheureusement,

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    • L’abandon de notre état-providence se produira, non par étapes, mais brutalement. Le scénario est écrit d’avance: remontée des taux d’intérêt, défaut sur la dette, crise obligataire, retrait des créanciers, cessation de paiement. Les coupables (ceux qui ont creusé la dette en distribuant l’argent des autres à tour de bras) chercheront un bouc émissaire. L’ultra-libéralisme est un bon candidat…

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  6. Bon, je vais aller me flinguer. Ce titre est trop bon et trop déprimant.

    Je relève que la citation de Daniel Tourre n’explique pas le boxon intellectuel noir que traduit ce sondage, concernant l’esprit des Français. Si les libéralisme est vu avant tout comme l’exploitation de l’homme, comment se fait-il qu’il soit approuvé à 57 %, même pour ce qu’il n’est pas ? Il va falloir que je me plonge dans les résultats. Cette soupe n’est pas claire, c’est le moins qu’on puisse dire.

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  7. Merci à tous pour vos commentaires !

    A propos de la méconnaissance du libéralisme, Anankè l’a cité et je réitère : « Pulp libéralisme » est vraiment à lire et à offrir (pour fêter le bac de votre filleul, par exemple, bonne idée, non ?) J’en avais fait une présentation, ainsi que du site associé dantou.fr :
    « Cet été, lisez « Pulp Libéralisme » et consultez le Dantou ! » (Juillet 2016)

    A propos des blés, intéressante affaire du XVIIIème siècle citée par Tino, Turgot (lorsqu’il était contrôleur des finances de Louis XVI) tenta d’établir le libre-échange dans le commerce des céréales par suppression du droit de halage afin d’en faciliter la circulation. Cela lui valut l’opposition de tous ceux qui s’enrichissaient en spéculant sur les grains, notamment les nobles. De plus, les récoltes de 1774 et 1775 furent médiocres, entraînant une hausse des prix et les émeutes de la population connues sous le nom de « guerre des farines ».

    @ Pierreb1 :
    « Schizophrénie bien décortiquée => déprimante ou désopilante ? »
    Grâce au dessin de KAK, on peut rire de nos petits travers si caractéristiques, mais on arrive néanmoins à des niveaux d’étatisme d’une part et de confusion d’autre part, que je trouve totalement déprimants (et dangereux).

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    • Faux pour les nobles.
      La noblesse était surtout oisive et peu tournée vers le commerce. Au contraire la noblesse fût enthousiaste et porteuse pour le libéralisme au moins sur le plan philosophique (c’était à la mode) en pleine inconscience des réalités économiques et des conditions de mise en oeuvre. D’ailleurs pour les nobles propriétaires de terres, les réformes libérales favorisaient au moins temporairement une hausse des prix des récoltes avant d’atteindre un juste prix résultant du libre-échange.
      Certes il y eu de la spéculation de la part des négociants en grains exportant leurs stocks pour créer une pénurie en France afin de les réimporter pour les revendre plus chers. Mais cela fût plutôt marginal et mensongèrement amplifié par les opposants au libéralisme.
      Non ce qui est grave et profondément actuel et ce que démontre sans contestation possible, l’ouvrage de Kaplan à travers les différents témoignages de l’époque, c’est que les véritables opposants aux réformes libérales et qui les torpillèrent furent les parlementaires des provinces, Rouen et Bordeaux en particulier et les fonctionnaires des douanes et des administrations fiscales. Ce sont eux qui faisaient courir les rumeurs les plus folles, déclenchant ainsi des révoltes réprimées régulièrement par la troupe, faisaient la grève des contrôles ou subitement déployaient un zèle tatillon contrevenant aux décrets libéraux. Paris fût d’ailleurs exclu des décrets d’application car considéré comme administrativement trop dangereusement ingérable. Turgot avant qu’on le connaisse ministre, fût intendant général à Limoges et en a bavé pendant 13 ans (à partir de 1761), pour tenter de mettre en oeuvre correctement la réforme.
      Cela démontre catégoriquement que les opposants au libéralisme sont ceux qui tiennent le système étatique comme vital pour eux par ce qu’ils perdraient leur emploi et en quelque sorte deviendraient inutiles.
      C’est en cela que l’ouvrage de Kaplan prend toute son importance actuelle et avec 57% de dépenses publiques, même si on retire le régalien, nous avons l’explication (si tant est que nous en ayons eu besoin) de la féroce opposition de tous les subventionnés qui deviendraient parfaitement inutiles, éducation, culture, syndicats, presse et médias, connivences patronales, etc…en fait tous ceux qui font l’objet de tant d’attention sur ce blog !!!!
      Rien n’a changé sur le fond et en pratique.

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      • « Faux pour les nobles. La noblesse était surtout oisive et peu tournée vers le commerce. »
        Je ne suis pas du tout certaine de ce que vous avancez. La cour était contre Turgot et fut ravie de le voir tomber et voir Necker revenir, lequel Necker était nettement plus étatiste. Il est vrai que Turgot voulait aussi taxer les 3 ordres.

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  8. Turgot voulait taxer la noblesse, normal qu’elle ait tout fait pour l’éjecter.
    Necker était plus pragmatique. N’oublions pas qu’il a osé réduire le nombre de caisses de perceptions et donc le nombre de trésoriers, de comptables, commis, croupiers (supprimés car jugés inutiles) et de receveurs généraux (de 48 à 12) pour diminuer les « fonds morts » disait-il, voila qui n’est pas très étatique. Voila aussi une bonne façon de ne pas se faire que des amis et la preuve d’un certain courage que n’ont sûrement pas nos gouvernants actuels !
    « Les meilleures institutions d’Administration ne présentent que des inconvénients dans leur principe » lit-on dans son compte-rendu au roi de 1781 « Il faut autoriser & protéger la plus grande liberté de commerce.à l’intérieur mais l’exportation ne peut jamais être permise en tout temps et sans limite » etc..
    « Les idées établies et les postures intransigeantes, tropismes d’hommes qui méditent dans leur cabinet, ne peuvent déboucher au mieux, que sur un décalage avec la réalité et au pire sur une calamité » etc…
    Les frères Leleu du centre de mouture de Corbeil n’étaient pas des nobles et pourtant à l’origine du « complot de famine ». avec qui Turgot s’est compromis pour l’approvisionnement direct par l’Etat.
    https://books.google.fr/books?id=jJ5gAAAAcAAJ&pg=PA20&lpg=PA20&dq=freres+leleu+corbeil&source=bl&ots=FIKihxRoXr&sig=fE8pO4PTGWXQ5nbVcZ7wTqu1_1s&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjGs4uX2dPbAhUKXRQKHXTlA94Q6AEIMTAB#v=onepage&q=freres%20leleu%20corbeil&f=false
    Ils furent la hantise de Necker.
    Les lois de mai 1763 et juillet 1764 voulaient mettre fin à la tyrannie du pain en supprimant sa police et tous les contrôles qui régentaient le commerce. C’est le grand tournant libéral.
    Benjamin Constant n’était pas né.
    Ils furent maladroits et ignorants des sciences économiques comme le reconnaissait Necker.

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