Les inégalités selon Oxfam

Comme chaque année à la même époque, l’ONG Oxfam profite du Forum économique mondial de Davos pour alerter les dirigeants politiques, les chefs d’entreprise et les opinions publiques sur l’état des inégalités dans le monde. Elle a donc publié hier 22 janvier 2018 son détonnant rapport annuel 2018, dont la conclusion, toujours la même, est la suivante : les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont la marque distinctive du développement ultra-libéral et ultra-injuste que nous connaissons depuis plusieurs décennies et elles se creusent dans des proportions alarmantes. 

En fait d’alarme et de sensationnalisme, admirons la communication très étudiée avec laquelle l’ONG nous prend systématiquement à la gorge et force notre culpabilité de judéo-chrétiens en dépeignant un monde de misère noire soumis à la volonté implacable d’une poignée de personnes :

· Au prix d’une prolongation audacieuse des courbes (graphique ci-contre), le rapport 2015 prévoyait que « les 1 % les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016. »

· En 2016, Oxfam visait spécifiquement 62 hyper-riches : « 62 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ».
· 
Puis en 2017, ce chiffre tombe à 8. Et pas n’importe quel 8 : huit hommes. Pas femmes, hommes : « Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ». Inégalités ET discriminations des femmes, tout va vraiment de pire en pire.
· Aujourd’hui, autre angle d’attaque. Oxfam quitte (provisoirement) le terrain du patrimoine pour s’intéresser au revenu :

« Davos 2018 : Les 1 % les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées l’an dernier, la moitié la plus pauvre du monde n’en voit qu’une miette. » 

.
Si les conclusions de l’ONG ne changent guère d’année en année, la méthodologie non plus. Or elle a été l’objet de nombreuses critiques, ici en 2015, ici en 2016 et ici encore récemment par exemple.

Pour résumer, il faut savoir que les données utilisées (celles du Crédit Suisse et celles de Forbes) sont disparates et parcellaires selon les pays, que le patrimoine dont on parle est un patrimoine net de dette qui fait d’un étudiant américain endetté pour ses études une personne plus pauvre qu’un paysan indien, qu’il n’est pas tenu compte des différences de pouvoir d’achat et que les projections sont réalisées à partir de 2010, c’est-à-dire l’année où l’économie mondiale a commencé à repartir après la crise de 2008.

Pour les comparaisons, précisons que la définition du seuil de pauvreté retenue par les services statistiques de la plupart des pays est une notion relative. Il s’agit généralement de 60 % du revenu médian. Il en résulte que le seuil de pauvreté augmente avec le revenu médian et qu’il est très différent d’un pays à l’autre. De ce fait, un pauvre en France sera très riche en Inde, et quoi qu’on fasse, on aura toujours des pauvres. Oxfam n’a pas fini de pondre des rapports quand bien même tous les pays seraient devenus riches et prospères.

Concernant plus spécialement le rapport 2018, notons l’expression « empoché » qui tend nettement à faire du revenu des plus riches un vol au détriment des plus pauvres. Pour une ONG comme Oxfam, pour un Mélenchon ou pour un Filoche, la notion de création de richesse n’existe pas. Le gâteau est fixe, fini. Dès lors, tout ce que gagne un riche vient forcément en moins de ce que les autres pourraient gagner. Supprimons les riches en rognant sur leurs revenus et leur patrimoine et tous les pauvres seront, non pas riches car c’est odieux (sauf pour la fille d’Hugo Chávez), mais pourvus d’un revenu qui correspond à ce que Mesdames et Messieurs les humanitaires d’Oxfam sont prêts à leur accorder du haut de leur autoritarisme économique.

Or l’on parle de la richesse nouvelle créée en un an, une richesse qui n’existait pas auparavant et qui n’aurait pas existé si des capitalistes et des entrepreneurs n’avaient pas investi des capitaux et des idées dans des entreprises qui produisent des biens et des services utiles. Utiles car achetés à un certain prix par des clients consentants, ce qui permet ensuite à l’entrepreneur d’embaucher car son activité se développe. De plus en plus de personnes entrant ainsi dans l’emploi, le niveau de vie augmente, avec l’heureuse conséquence de développer aussi les services dans l’éducation, les transports, la médecine etc…

Ces évolutions positives ont eu lieu partout dans le monde, notamment en Asie. J’ai eu par exemple l’occasion de souligner combien la libéralisation de l’économie indienne opérée au début des années 1990 avait eu un impact fort sur la sortie de la pauvreté de millions de personnes et combien elle avait permis aux « intouchables », socialement condamnés à n’avoir que des métiers « impurs » mal rémunérés malgré les politiques de discrimination positive en leur faveur, d’accéder petit à petit à de nouveaux emplois et parfois même au statut d’entrepreneur.

Oxfam reconnaît d’ailleurs « qu’entre 1990 et 2010, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (à savoir avec moins de 1,90 dollar par jour) a été divisé par deux, et continue de décroître depuis. »

Soyons plus précis et plus à jour qu’Oxfam. En 1990, la population mondiale était de 5,3 milliards de personnes dont 37,1 % vivaient sous le seuil absolu de pauvreté et en 2015, elle était de 7,4 millards dont 9,6 % sous le seuil de pauvreté (voir graphique interactif). Autrement dit, pendant cette période, les très pauvres sont passés de 2 milliards à 710 millions tandis que la population mondiale augmentait de 2 milliards de personnes.

Il est évident que ce résultat, même remarquable, ne pourrait satisfaire personne. Ce qu’on souhaite, c’est non seulement de voir l’ensemble de la population sortir de la pauvreté, mais de voir de plus en plus de monde accéder à la classe moyenne et pourquoi pas, à la grande richesse. Ceci est totalement possible, et peu importe si certaines personnes parviennent à des niveaux de revenus ou de patrimoine considérablement plus élevés que le reste du monde, à partir du moment où tout le monde progresse.

Mais pour Oxfam, cette richesse qui échappe à son contrôle n’est pas « gagnée ». Il convient donc de la dévaloriser le plus possible. Elle ne serait pas le résultat du talent, d’un travail acharné et d’une prise de risque, mais plutôt le fruit de privilèges ou de relations :

« Les grandes fortunes sont bien plus souvent le produit d’un héritage, d’un monopole ou d’une connivence avec les gouvernements ».

Il ne fait aucun doute que le capitalisme de connivence existe et qu’il répond très mal aux besoins des consommateurs dans la mesure où il se développe partiellement hors marché en s’adaptant au dirigisme étatique en échange de subventions. Un libéral encouragera toujours la libre concurrence, pas un capitalisme déterminé par les exigences de l’Etat. De la même façon, les situations de monopole ou quasi-monopole ne sont pas souhaitables car le détenteur de la position dominante n’est plus encouragé à s’améliorer et le consommateur en pâtit.

Concernant l’héritage, si l’on considère les 8 hommes qui ont été ciblés nommément par Oxfam l’an dernier, on ne voit pas beaucoup d’héritiers mais beaucoup de nouvelles fortunes des technologies de l’information et des fondateurs de grand groupes – Bill Gates (Microsoft), Mark Zukerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon), Warren Buffet, Amancio Ortega (Zara), par exemple.

Leur patrimoine serait le résultat d’un héritage que cela ne changerait rien. Contrairement à ce que s’imagine Oxfam, il ne dort pas dans un coffre. Il est en partie réinvesti dans des entreprises existantes ou des startups qui à leur tour produisent et embauchent, en partie utilisé à consommer, ce qui génère également des possibilité de développement et d’emplois pour d’autres entreprises, et en partie – parfois une très grande partie – affecté à des fondations à vocations sociales ou culturelles. C’est notamment le cas de la Fondation Bill & Melinda Gates qui est dotée de 44 milliards de dollars pour agir dans les domaines de la pauvreté, de la santé publique et de l’éducation.

Mais Oxfam, complètement imbibé d’une vision statique des échanges économiques, considère que tout milliardaire en plus sur cette planète est un nouveau coup porté à l’avenir et à la prospérité de l’humanité, sans tenir compte du fait que les situations des uns et des autres sont très fluctuantes au gré des cours de bourses. Dans son rapport 2018, l’ONG explique :

« Le nombre de milliardaires a connu l’année dernière sa plus forte hausse de l’histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. On dénombre actuellement 2 043 milliardaires en dollars dans le monde. Neuf sur dix sont des hommes. » 

Non seulement « le boom des milliardaires » est vu comme le symptôme d’un système économique défaillant « qui enferme les plus vulnérables dans la pauvreté », mais s’y ajoute l’horrible discrimination homme/femme contre laquelle toute politique égalitaire se doit de lutter âprement. A tel point qu’on se demande si dans l’esprit de nos saintes ONG caritatives les milliardaires seraient éventuellement plus acceptables si seulement c’étaient des femmes ….

Finalement, pour réduire les inégalités qui préoccupent manifestement beaucoup plus Oxfam que la pauvreté, l’ONG en vient à préconiser exactement ce contre quoi j’écris à longueur d’articles dans ce blog :
· toute la richesse qui est jugée (de façon purement idéologique) en trop dans certaines mains doit impérativement être réduite par l’impôt afin de nourrir des dépenses publiques toujours plus élevées ;
· les écarts de salaires doivent être plafonnés ;
· le salaire minimum doit être renforcé partout – et tant pis si les expériences montrent qu’il écarte de l’emploi les personnes les plus vulnérables ;
· et la lutte contre les paradis fiscaux et tout ce qui est Paradise Papers doit être impitoyablement relancée.

Il s’agit donc de s’inscrire dans l’alignement parfait des thèses de matraquage fiscal développées par Thomas Piketty dans son ouvrage Le capital au XXIème siècle (dont la méthodologie et les conclusions ont également été fortement critiquées) et à l’opposé exact de tout ce qui a permis à tant de personnes de sortir de la pauvreté au cours des 25 dernières années.

Ce faisant, on engloutit en dépenses publiques, subventions et aide internationale tous azimuts des sommes qui ont plus de chance de décourager les initiatives et d’alimenter le capitalisme de connivence et la corruption partout où elles seront distribuées (voir Afrique, voir Vénézuela – un exemple à suivre d’après Oxfam en 2010 !) que de créer les emplois qu’elles ne manqueraient pas de générer, auraient-elles été consacrées à des investissements productifs sur un marché libre et concurrentiel.

Si je pouvais dire de bonne foi que la solution aux inégalités est simple, qu’il suffit de prendre plus aux riches pour redonner aux pauvres et que ceci fera accéder tout le monde à la prospérité et au bonheur, je le ferais – ce serait tellement plus confortable et tellement plus en phase avec le politiquement correct étatique qui prévaut en France !

Mais je n’y crois pas car les faits ne le démontrent pas. La volonté de lutter contre les « inégalités » entraîne de fait une tentation totalitaire et jalouse, une forme de domestication de la société dans des limites décidées par les gouvernants.

Le seul objectif impératif et juste, c’est que tout le monde soit mieux loti qu’avant. On n’a jamais trouvé mieux que la libéralisation de l’économie, l’innovation et les échanges pour y parvenir. 


Illustration de couverture : L’ONG Oxfam a publié son rapport 2018 sur les inégalités dans le monde.

27 réflexions sur “Les inégalités selon Oxfam

  1. Joffrin : Le spleen des milliardaires

    « Angoisse au sommet : les riches, depuis quelque temps, se trouvent… trop riches. Angoisse toute relative, il y a des situations plus éprouvantes. Mais cette vague prise de conscience sourd de l’ordre du jour de la Conférence de Davos, qui réunit chaque année, au pied de la «Montagne magique» chère à Thomas Mann, un vaste échantillon des puissants de la terre. Il s’agit cette année de «Créer un avenir commun dans un monde fracturé», euphémisme qui désigne en fait l’accroissement continu des inégalités à travers le monde et les moyens d’y remédier. Tardive lucidité dans un aréopage qui a systématiquement promu les «réformes de structure» (libéralisation des marchés, recul de la puissance publique, baisse des impôts) expliquant le creusement abyssal du fossé entre riches et pauvres. Le rapport annuel d’Oxfam, ONG mondiale qui publie chaque année un bilan des inégalités avant le symposium suisse, est effectivement vertigineux. On y apprend – ou on y rappelle – que l’inégalité est un des traits essentiels de cette mondialisation tant célébrée à ce sommet des huiles essentielles.

    Trois hommes, Bill Gates, Warren Buffett et Jeff Bezos, possèdent autant que la moitié des Américains les plus pauvres (160 millions de personnes). L’année dernière, 82% des richesses créées dans le monde sont allées aux 1% les plus riches, tandis que le revenu de la moitié des humains n’a pas bougé. Confirmation à l’envers de la «théorie du ruissellement» chère à feu Ronald Reagan. Par un étrange phénomène physique, depuis la «révolution conservatrice», les richesses ont tendance à ruisseler… vers le haut. On nuancera le jugement en constatant, comme le fait Oxfam, que le nombre des personnes vivant dans l’extrême misère a été divisé par deux grâce à la croissance mondiale. Mais l’ONG précise qu’avec une meilleure répartition, quelque 200 millions de personnes supplémentaires auraient pu échapper à la grande pauvreté.

    De toute évidence, cette situation inquiète une partie de la classe dirigeante, non qu’elle soit saisie d’une soudaine crise d’altruisme, mais parce que l’inégalité pourrait favoriser ici et là des révoltes électorales ou urbaines qui viendraient troubler la douce quiétude des milliardaires. Ce qui n’empêche pas le symposium d’avoir placé en orateurs stars deux dirigeants, Emmanuel Macron et Donald Trump, qui viennent de réformer l’impôt pour alléger le fardeau, déjà assez léger, qui pèse sur les 1% dénoncés par Oxfam. Un comité de lutte des milliardaires rouges se constituera-t-il à Davos pour leur faire la leçon et exiger de payer plus d’impôts ? On peut toujours rêver. »

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  2. Pingback: Les inégalités selon Oxfam | Ombre43

  3. Oxfam est une organisation d’extrême-gauche. Je ne vois d’ailleurs pas de quoi elle se plaint, puisque Bill Gates, Zuckerberg et les autres sont eux aussi de gauche, et mettent leur considérable fortune au service de l’idéologie de gauche (Bill Gates en inondant d’argent les Africains, Zuck en censurant les opinions de droite sur Facebook).

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  4. Les chiffres sont les chiffres, ils sont bruts, ce sont les interprétations qui sont foireuses. Que je sache, ces personnes n’ont pas volé leur fortune, ils ne l’ont pas héritée, ils ont inventé quelque chose qui a plu aux gens qui l’ont acheté. C’est finalement très sain.

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  5. Cet article du site libéral britannique Cap-X révèle un lot supplémentaire de mensonges dans l’étude d’Oxfam :

    https://capx.co/oxfam-is-entitled-to-its-own-opinions-but-not-its-own-facts/

    Ce n’est pas seulement que les chiffres d’Oxfam sont contestables, ou leur interprétation erronée : ils sont carrément frauduleux. Les « experts » communistes d’Oxfam fourrent tout simplement des données tripotées dans le tuyau ; en conséquence, ils recueillent à la sortie des pelletées de sottises. Un seul exemple :

    « To calculate the share coming from inheritances, he used Forbes data, which chalks up all wealth for individuals who inherited fortunes as “inherited wealth”, regardless of whether that wealth has grown substantially since the inheritance. »

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  6. C’est toujours d’actualité, « Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit … » (Goebbels).
    Vous avez développé tous les arguments possibles mais c’est évidemment difficile de lutter. Le mythe selon lequel les peuples s’appauvrissent a la vie d’autant plus dure qu’il fait partie désormais de la doxa. Nul n’a le droit de remettre en cause son bien-fondé…
    Davos est un théâtre de marionnettes où les riches font une com pour faire croire qu’ils tiennent les rênes mais ce monde les dépasse et ils n’ont presque aucun pouvoir. Trump ne voulait pas s’y rendre ? ira-t-il ?

    Le riche a depuis quelques décennies un fort coefficient bêta :
    https://www.courrierinternational.com/article/2011/11/03/ultrariches-et-tellement-fragiles
    Extrait car je ne sais pas si vous y aurez accès :
    « De 1947 à 1982, le coefficient bêta des 1 % les plus riches n’était que de 0,72, ce qui signifie que leurs revenus évoluaient conformément à ceux du reste des Américains. Or, entre 1982 et 2007, ce coefficient a plus que triplé.
    Comment expliquer cette nouvelle “richesse à fort coefficient bêta” ? Les économistes sont perplexes. La multiplication des bêtas élevés et le creusement des inégalités ont commencé en même temps, laissant à penser qu’ils ont des causes identiques. Jonathan Parker et Annette Vissing-Jorgensen pointent les nouvelles technologies de communication, qui permettent de déployer sur des marchés plus vastes les meilleurs professionnels et les meilleurs produits, qui de ce fait deviennent plus sensibles aux aléas économiques. D’autres spécialistes mettent en cause la mondialisation et les systèmes de rémunération dans lesquels les meilleurs raflent toujours la mise.
    Les riches d’aujourd’hui sont plus nombreux à avoir bâti leur fortune sur la part de leurs rémunérations payée en actions, sur un portefeuille de titres d’entreprises cotées en Bourse, sur la vente d’une société ou sur un poste dans la finance. Le sort de l’Amérique est lié à celui des riches à fort coefficient bêta. Leurs hypercycles deviendront les nôtres, alors que l’économie de consommation, les marchés financiers et les recettes fiscales connaîtront des bulles et des effondrements extrêmes. »

    Mais le fantasme de riches perdure comme s’ils avaient caché des montagne d’or dans un paradis fiscal et qu’on pourrait confisquer. Hélas ce n’est pas comme ça que l’économie tourne, elle fonctionne sur la confiance pour la compétence et la sanction est effroyable au moindre défaut.
    C’est typiquement Francisco d’Anconia (Atlas shruggled), dés que sa mine est nationalisée par le gouvernement mexicain, elle ne vaut plus rien !

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  7. Pingback: Oxfam : la récupération idéologique des inégalités | Contrepoints

  8. Tout est dit dans votre article.
    On a bien affaire avec OXFAM (ou Piketty) non pas à des analystes honnêtes qui pourraient, pourquoi pas, nous permettre d’évaluer l’efficacité économique de certains gros acteurs au regard des revenus qu’ils s’attribuent vs la valeur ajoutée qu’ils dégagent (en terme de création d’activités, d’emplois, de retombées fiscales..), mais bien à un procès punitif du riche dont la seule existence justifie la sanction.
    D’ailleurs si OXFAM se proposait d’évaluer l’efficience des « riches », il serait contraint de la comparer à celle de ceux qu’il propose probablement à leur place, à savoir les Etats. Et là ….
    On retiendra aussi de cet évènement, comme le souligne Nathalie , qu’OXFAM et Piketty (lequel vient de sortir une suite à son opus à succès), réitèrent les mêmes erreurs d’analyse que dans leurs affirmations précédentes, en dépit des nombreuses publications sur le sujet les ayant condamnées. Mais le slogan sur les inégalités étant particulièrement juteux grâce entre autres aux médias le reprenant tel quel , assurant à Oxfam et Piketty de confortables revenus (plus justes naturellement que ceux qu’ils dénoncent) , on comprend qu’ils ne souhaitent pas en réduire la portée, la vérité dût elle en souffrir…
    Les pratiques de la pire des publicités capitalistes ultra libérales entreraient-elles aussi dans les pratiques des justes ? Décidément, ce monde tourne à l’envers..

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  9. Bonjour et merci pour tous vos commentaires !

    @ JB : l’édito de Joffrin est vraiment superficiel. Il ne se pose aucune question (sur les chiffres, leur traitement, les raisonnements…) et préfère conclure sur le « rêve » de voir un « comité de lutte des milliardaires rouges » se lever et exiger plus d’impôt. Tout un programme bien angoissant.

    @ Robert Marchenoir : en effet, Bill Gates est un grand partisan du développement à coup d’aide internationale. En cela, il s’oppose aux travaux du Nobel Angus Deaton.
    Si cela vous intéresse, j’en ai spécialement parlé dans l’article « Oui, le monde a progressé ! »

    @ Le Gnôme : l’interprétation est clairement foireuse, mais même les chiffres sont suspects, car lorsque les données manquent, les trous sont comblés au gré de l’analyste ; et ne parlons pas du traitement qui se fiche totalement du pouvoir d’achat par exemple. Pour plus de détail, voir ce récent article du Monde.

    @ Tino : Effectivement, on observe que « les riches » qui figurent en haut de tableau sont sujets à grandes variations d’une année à l’autre.

    @ Bouju : La parole d’Oxfam and Co reste carrément biblique. En commentaire de l’article du Monde que j’ai cité plus haut, on peut lire par exemple (merci à ttoinou qui a porté ce commentaire à ma connaissance) :
    « Quel est le sens de ce « décodage » ? Oxfam est-il à côté de la plaque ? La montée des inégalités est bien là d’après nombre d’économistes. Les chiffres exacts n’existent pas, faut-il donc se taire ? Les décodeurs au nom de la rigueur mathématiques et méthodologiques ne sont-ils pas simplement les alliés objectifs des riches ? »
    Pas mal, non, dans le genre « m’emmerdez pas avec vos faits, je préfère garder mes illusions qui me permettent de passer pour noble et altruiste » ?

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  10. Chaque année on a droit à la même connerie. Cette affirmation repose sur une estimation du patrimoine *net* des gens. Avec cette méthodologie, si vous avez une pièce de 10 centimes dans votre poche et aucune dette, vous êtes plus riche que les 40% de gens les plus pauvres *combinés*. Un bon article (su base du rapport d’oxfam de l’an passé): https://splinternews.com/what-oxfams-misleading-stat-gets-wrong-about-inequality-1793858140 Les statistiques trompeuses d’Oxfam: https://splinternews.com/oxfams-misleading-wealth-statistics-1793844792
    Oxfam donne à son patron américain un salaire d’une valeur de plus d’un demi-million de dollars.
    Au moins 13 membres du personnel de haut niveau aux États-Unis d’Oxfam ont des salaires à six chiffres.
    Ensuite, ces hypocrites essayent de faire plus d’argent en faisant campagne sur l’inégalité.
    Bienvenue dans l’industrie de la pauvreté.
    Les mauvais critères: https://www.economist.com/news/finance-and-economics/21640444-oxfam-causes-stir-stat-wrong-yardstick
    Un excellent article sur le rapport d’Oxfam:
    Oxfam a droit à ses propres opinions. Mais pas ses propres faits:
    https://capx.co/oxfam-is-entitled-to-its-own-opinions-but-not-its-own-facts/
    Oxfam est une ONG d’extrême gauche. Ils avaient notamment comme modèle le Venezuela. Voilà un exemple: https://oxfamblogs.org/fp2p/venezuela-latin-americas-inequality-success-story

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  11. Oxfam est composé d’idéologues d’extrême gauche altermondialistes qui sous couvert de défendre une noble cause, promeuvent surtout leur idéologie.
    Chaque année, Oxfam a reprends la même méthodologie alors que cette méthodologie a été démontée. Oxfam a clairement le but de faire du sensationnalisme au détriment la vérité. EN gros, ils savaient à quel conclusion ils voulaient arriver et ils ont pris les chiffres qui leur permettraient d’arriver à la conclusion voulue. Pas très scientifique comme méthode.
    Je trouve quand même marrant qu’une association de lutte contre la pauvreté passent autant de temps à lutter contre les inégalités plutôt qu’à réduire la pauvreté.
    On ferait bien de s’intéresser aux activités d’Oxfam. Quelqu’un de fiable m’a déjà expliqué qu’Oxfam était lié à des achats d’armes au bénéfice de certains mouvements populaires d’Amérique-Centrale. Il m’a expliqué qu’Oxfam a des liens avec des organisations terroristes d’extrême gauche.
    Personnellement, j’ai été qu’à moitié surpris d’apprendre cela.

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  12. Le rapport d’Oxfam est absurde. Oxfam est clairement composé d’idéologues d’extrême gauche. Par exemple, Oxfam France est fortement lié à l’ATTAC qui est d’extrême gauche.
    Voici des articles intéressants sur ce rapport: http://www.slate.fr/story/97045/oxfam-chiffres
    http://www.trop-libre.fr/quelle-r%C3%A9alit%C3%A9-sur-l%E2%80%99accroissement-des-in%C3%A9galit%C3%A9s-un-rapport-oxfam-contestable/
    http://www.institutmolinari.org/reduire-la-faim-dans-le-monde-ou,2074.html
    encore un article article démontant la méthodologie d’Oxfam: http://blogs.reuters.com/felix-salmon/2014/04/04/stop-adding-up-the-wealth-of-the-poor/
    en suivant la logique de ce rapport: «ma nièce qui vient de recevoir ses 50 premiers centimes d’argent de poche est plus riche que les 2 milliards de gens les plus pauvres combinés».
    le site web Global Rich List ( http://www.globalrichlist.com/ ) permet d’évaluer sa richesse personnelle au niveau mondial. On peut ainsi voir que la limite pour faire partie du 1 % des personnes les plus riches du monde au niveau des revenus, il faut en France avoir un salaire de 28600 euros net par an (ce qui y inclut pratiquement tous les gauchistes y compris les dirigeants d’Oxfam dénoncant le 1%). (Je viens de faire le test à l’instant)
    Une bonne partie des classes moyennes des pays occidentaux font partie du 1% on manipule les gens en leur laissant croire que ceux qui font partis du 1% ce sont les multimillionnaires alors que pas du tout. Au niveau du patrimoine: si votre patrimoine net dépasse le seuil de 76 754 dollars/ 61 898 euros vous faites parti du 10% mondial. Et pour être dans le 1%, il faut avoir un patrimoine net de 621265. http://web.archive.org/web/20180124181618/https://pbs.twimg.com/media/DUUBWUSX4AEDZZ8.jpg un français sur deux fait partie des 10% les plus riches de la planète.https://ordrespontane.blogspot.be/2016/04/la-moitie-des-francais-sont-plus-riches.html?m=1
    Et au niveau de la France, avec 500.000€ de patrimoine, on fait partie des 10% les plus riches de France. Et au niveau des salaires, c’est plus au moins 40 000 euros par an pour faire parti du top des 10% des francais les plus riches.
    C’est toujours hallucinant de voir comme les gens n’ont aucune idée d’où ils se situent dans l échelle des salaires. Les gens dans le top 5% qui pensent être au niveau médian.
    Il faut toucher 7.350 € net par mois et par personne pour faire partie de ces 1% des plus riches de France.
    Et au niveau du patrimoine, pour faire parti du 1% les plus riches en France, il faut avoir 1.800.000 € de patrimoine
    http://www.atlantico.fr/decryptage/qu-faut-gagner-pour-etre-dans-1-francais-plus-riches-nathalie-cariou-1698781.html
    (P.S en général quand on parle des 1% on parle selon les revenus. C’est ce qui est le plus souvent utilisé. Le patrimoine tends à être beaucoup moins utilisé quand on parle du 1%)

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  13. Tous les égalitaristes perdent toute crédibilité quand on voit qu’ils passent sous silence le rôle joué par l’état dans la montée des inégalités. Par exemple, les banques centrales jouent un grande rôle dans la montée des inégalités expliquée ici
    http://davidstockmanscontracorner.com/how-central-banks-cause-income-inequality-mises-org/
    Pourtant, les gauchistes ne parlent jamais de cela. Cela me fait marré tous les gauchistes qui sont immigrationnistes et qui sont favorable aux QE: les QE creusent les inégalités tout comme l’immigration dans les pays riches accroissent les inégalités dans ces pays. C’est incohérent de défendre l’immigration puis reprocher qu’il y a trop d’inégalités dans notre pays.
    http://www.emploi-2017.org/quel-lien-entre-immigration-et-inegalites,a0478.html
    L’université de Linnæus a démontré que sans l’immigration les inégalités n’avaient pas augmenté en Suède. Je pense que dans bcp de pays riches, si on faisait de tels études, on arriverait à de tels résultats à savoir que sans l’immigration, il n’y a pas eu d’augmentation des inégalités.
    Que l’immigration pauvre dans les pays riches cause une montée des inégalités est un fait avéré par une multitude d’études. Cette étude montre que 46% de l’augmentation des inégalités entre 1990 et 1995 au Canada s’explique par l’immigration. https://www.jstor.org/stable/3552487?seq=1#page_scan_tab_contents
    Autre étude sur le sujet : http://www.statcan.gc.ca/pub/11f0019m/11f0019m2003198-fra.pdf

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  14. Je me demande si cette ONG manipulatrice et partisane résistera aux révélations des frasques (sous la ceinture) de ses cadres en Haïti.
    Je constate finalement que les rapports d’Oxfam sont menés par des professionnelles.

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  15. C’est un problème général dans les organisations internationales.

    https://www.thetimes.co.uk/edition/news/un-staff-responsible-for-60-000-rapes-in-a-decade-c627rx239

    Je copie l’article en entier parce que le Times est payant.

    Charity sex scandal: UN staff ‘responsible for 60,000 rapes in a decade’

    UN staff have carried out thousands of rapes around the world, a former senior official has claimed.

    Andrew MacLeod, who was chief of operations at the UN’s Emergency Co-ordination Centre, said that “predatory” abusers used development jobs to get to vulnerable women and children.

    He estimated that 60,000 rapes had been carried out by UN staff in the past decade, with 3,300 paedophiles working in the organisation and its agencies.

    “There are tens of thousands of aid workers around the world with paedophile tendencies, but if you wear a Unicef T-shirt nobody will ask what you’re up to,” he told The Sun.

    “You have the impunity to do whatever you want. It is endemic across the aid industry across the world. The system is at fault, and should have stopped this years ago.”

    He had arrived at his numbers by estimating that only one in ten rapes and assaults by UN staff was reported. The UN has faced greater scrutiny over sexual exploitation by its staff in recent years. In a report published by António Guterres, the secretary-general, last year, the body said that 103 allegations of sexual exploitation and abuse by UN staff were made in 2016; 52 of them against the peacekeeping mission in the Central African Republic. Nearly half of the allegations involved “one or more children”. The UN deploys 100,000 uniformed military and police professionals and 95,000 civilians around the world. Mr Guterres, a former Portuguese prime minister, said the UN had “wrestled for many years with the issue of sexual exploitation and abuse”.

    Lord Hague of Richmond and Jeremy Corbyn urged ministers not to rush to cut the aid budget in response to the Oxfam scandal. Writing in The Daily Telegraph, Lord Hague said that there was an “overwhelming strategic, as well as moral, imperative to deliver aid to the world’s poorest people”, but that the sector now needed to meet higher standards. Mr Corbyn, a regular Oxfam donor, said the charity’s conduct in Haiti was disgraceful but added: “It’s not a reason to cut the budget, it’s a reason to manage it carefully.”

    ***

    I interrupted male colleague on sofa with woman in his care but there was no investigation

    While working for the UN in Indonesia post-tsunami in 2004, I arrived home to find a male colleague on the sofa embracing a local woman (Imogen Wall writes).

    She was married, Muslim (in a very strict Muslim region) had lost a baby in the disaster and was under his management. She looked distressed. He looked cross — at the interruption. I was shocked. I mentioned it to colleagues: it turned out everyone knew. I was told it was in hand. There was no investigation — he was just quietly let go. And went straight to a new job.

    That was my first experience of sexual predators in emergencies abusing power. It wasn’t my last. Like most aid workers, I’ve seen harassment of staff, use of prostitutes, sex with aid recipients and rape, again and again.

    The last week has been excruciating for aid workers after The Times’s investigation into the Haiti scandal. What those men did was hideous. But what’s horribly familiar is how easily they moved between countries and agencies. It points clearly not to one agency’s scandal, but a systemic problem.

    I’m the founder of an online group of some 17,000 aid workers that has become a place for those trying to report a perpetrator, and/or who’ve been abused. When The Times’s story broke it was clear within hours that many members knew Roland van Hauwermeiren and had reported him.

    We get so many stories I lost count long ago: whistleblowers often in remote places, young, often trying to report someone who’s their boss and with whom they may share a house.

    No wonder so many stay silent. Ironically, Oxfam is seen as among the few agencies who’ve stepped up in response. Their measures — confidential hotline, special taskforce — are envied by many.

    So here’s my plea to the sector: get your act together. It isn’t fair to let Oxfam take all the flak. The Department for International Development: The plan to tackle this is great — see it through and fund it. The UN: let’s hear from Secretary-General António Guterres what they plan to do. Agencies: ’fess up, review HR and when you find perpetrators, throw them out and tell the world. Let’s see prosecutions, because if we don’t act I fear we may not be forgiven and I’m not sure we should.

    And colleagues: speak out. Maybe now you’ll be heard. This is the aid sector’s #metoo moment. Do we have what it takes to do the same?
    ___

    Imogen Wall is an aid expert and former senior UN spokeswoman. These views are her own.

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